L’habitat fluvial en face de Suresnes

DSC08487DSC08403Se promener sur les quais, le long de la Seine, permet d’oublier les voitures et les immeubles du Paris d’aujourd’hui. En voyant ces « péniches » amarrées, on en vient vite à imaginer le XVIIIe siècle avec les chevaux de halage, pour les plus riches, ou, pour les plus pauvres, les femmes attelées par une bricole, tandis que les maris manœuvraient les bateaux (il paraît que ce n’était pas plus pénible que de tirer une simple charrette !). Puis, peu à peu, on découvre une grande diversité parmi tous ces bateaux et même que certains servent de logement permanent. Quelle est l’origine de ce phénomène ?DSC08390

DSC08393

Deux conjonctures doivent assumer la paternité de ce nouveau style de vie : d’une part la crise du transport fluvial dans les années 1960 et d’autre part l’agitation de mai 1968. La crise de 1960, causée par le développement du transport routier aux dépens du transport fluvial, entraîne la faillite de nombreux bateliers et dès 1970 beaucoup de péniches, type Freycinet notamment, partent à la ferraille en Hollande. L’agitation de 1968, d’autre part, permet l’épanouissement de l’originalité. Si l’on ajoute à cela un prix de l’immobilier et du crédit élevé, plusieurs personnes trouvent à se loger économiquement en achetant des péniches en Hollande, péniches qu’ils viennent amarrer dans Paris, à moindre frais puisqu’il n’existe aucune réglementation en la matière. La vie toutefois y est spartiate : pas d’eau, pas d’électricité, pas de téléphone (mais cela était général dans ces années-là !), pas de distribution du courrier. « C’était très folklorique ! On squattait les quais avec un accord tacite de l’administration. Tous les bateaux pouvant naviguer, on allait faire de l’eau au quai de Javel ; et pour l’électricité on utilisait le groupe électrogène du bord. Bien sûr on n’avait pas les PTT, mais on n’avait rien à payer ! « , raconte un ancien.DSC08388DSC08401DSC08399

DSC08396

Les propriétaires sont dès cette époque très divers : un petit-fils de Ferdinand de Lesseps a acheté une péniche en Hollande et s’est amarré près du pont d’Iéna, un photographe a choisi un voilier de 1920 qui cabotait en mer du Nord entre les ports belges (et qui fut motorisé vers 1930) pour l’amarrer au port Debilly. Citons aussi le dessinateur Folon qui habita le Blue Shadow près du pont d’Iéna, etc. Un tiers des gens qui habitent aujourd’hui le long de nos berges arrivèrent à cette époque. Parmi ceux qui sont venus depuis, beaucoup recherchaient une maison de campagne à Paris et l’ont trouvée sur les berges de la Seine, sans les inconvénients que connaissent les habitants des pavillons de banlieue.

DSC08405

DSC08411DSC08415Peu à peu l’administration veut mettre de l’ordre dans cette occupation sauvage des berges dans le bassin parisien, mais dès 1975 les propriétaires de bateaux-logements se regroupent au sein de l’Association de Défense de l’Habitat Fluvial (ADHF) ; en fonction des problèmes, des associations locales se créent et l’ADHF devient la fédération française. Il faut attendre 1994 pour voir l’adoption d’un cadre réglementaire de la domanialité publique gérée par les Voies Navigables de France qui délèguent une partie de leurs pouvoirs, pour Paris intra-muros, au Port Autonome de Paris. Aujourd’hui, tout bateau doit signer une convention d’occupation temporaire, payer une redevance mensuelle et acquitter la taxe d’habitation et d’enlèvement des ordures. En échange, il peut être raccordé à l’eau, l’électricité, le téléphone et bénéficier du service du courrier sur les quais aménagés.DSC08423

DSC08418

L’histoire des bateaux-logements, amarrés le long des berges du XVIe arrondissement situées de l’autre côté du Bois de Boulogne, entre le pont de Suresnes et la passerelle de l’Avre, est différente. Au début, vers 1975, il n’y a qu’un seul bateau amarré : le Vieux Galion, restaurant de bonne réputation. Par la suite quelques bateaux viennent, presque par hasard, s’amarrer le long de ces berges. Citons deux exemples qui illustreront bien l’extrême diversité de ces démarches.DSC08424

DSC08420

A 200 mètres environ en amont du Galion, on peut encore apercevoir un sous-marin : le C105 [qui venait d’être vendu au début de cette enquête]. Ce sous-marin, réplique du skipjak américain de 1959, fut construit par monsieur Delignon à Abidjan en 1978 pour en faire une discothèque face à l’hôtel Ivoire. Vers 1985, son propriétaire rentre à Paris et fait transporter sur le Saint-Didier le sous-marin, qui n’a pas de moteur, jusqu’à Rouen. Celui-ci devra attendre environ 5 ans à Conflans-Sainte-Honorine avant de venir s’amarrer près du pont de Grenelle où monsieur Delignon voulait rouvrir sa discothèque. Mais très vite on l’expulse et il trouve refuge allée du Bord de l’Eau.DSC08433

DSC08431

A 100 mètres en aval du Galion, le Pourquoi Pas est venu s’amarrer en septembre 1982. Sa propriétaire, Viviane, avait acheté en 1981, sur un coup de foudre, cette péniche Freycinet construite en 1929 pour transporter du grain en vrac. N’ayant plus de contrat, l’ancien propriétaire avait vendu 100.000 F ce « grand trou » d’une surface de 200 mètres carrés à aménager, avec petit habitat pour le marinier « tout en acajou ». Après les travaux, cette péniche devint un logement de 265 mètres carrés pour un prix de revient total d’un million de francs, prix très faible comparé à celui des appartements du XVIe arrondissement. Le Pourquoi Pas s’amarre d’abord au pied de la Maison de la Radio où travaille son propriétaire. Un papillon déposé à la timonerie lui ordonne de se déplacer au port Debilly. Hélas la seule place disponible est celle réservée aux pompiers. Après quelques mois de recherche, le Pourquoi Pas jette ses amarres de l’autre côté du Bois de Boulogne. « Il n’y avait que quelques bateaux, d’une part parce que la berge n’était pas aménagée pour recevoir des péniches (il faut une passerelle de 8 mètres pour monter à bord) et d’autre part parce que le stationnement y était interdit sous prétexte que le Bois de Boulogne était un site protégé », explique Viviane, qui ajoute « le plus dur était que nous n’avions que deux planches, pour servir de passerelle, dont l’élasticité était fort différente ! ».DSC08437

DSC08435

Peu à peu d’autres bateaux rejoignent cette berge et très vite les propriétaires créent l’Association Fluviale de Longchamp afin de défendre leurs intérêts. Il y a là 28 bateaux-logements considérés administrativement comme des squatters, mais qui paient régulièrement une redevance pour tolérance à utiliser le domaine public sans autorisation, terme que seuls les poètes de l’administration savent imaginer ! Il faudra attendre décembre 1998 pour que les Voies Navigables de France offrent des conventions d’occupation temporaire, comme à Paris intra-muros. La redevance est alors d’environ 270 euros par mois contre 760 au port Debilly, mais il n’y a ni eau ni électricité. Ces branchements seront réalisés seulement en 2004 et entraîneront un doublement de la redevance d’occupation temporaire.

DSC08444

DSC08456Entre le pont de l’Alma et le pont de Bir-Hakeim, on peut rencontrer des personnages passionnants. Sur la trentaine de bateaux-logements, qui y sont amarrés, vivent sept peintres, un psychiatre, un architecte, une astrologue, un diplomate anglais, un ancien administrateur d’un grand quotidien national, d’anciens cadres supérieurs de grandes entreprises, etc. Les berges de l’autre côté du Bois de Boulogne, entre le pont de Suresnes et la passerelle de l’Avre, abritent aussi des personnages extraordinaires : un kinésithérapeute, une Anglaise retraitée, un chef de village du Club Med, des hommes d’affaires ou du cinéma, un loueur de voiliers en Martinique, quelques navigateurs, un pilote longs courriers d’Air France, un bassiste d’un orchestre célèbre et même un professeur de trapèze volant de l’école du cirque de Nanterre.

DSC08448

Vivre sur une « péniche », comme on dit, présente des avantages et des inconvénients.

DSC08458

« Le vol n’est pas vraiment un gros risque », explique un propriétaire amarré au port Debilly, « les vitres et les portes sont blindées, et les cambrioleurs ne disposent pas de prises électriques à proximité. De plus on se surveille entre voisins et la police fluviale passe au moins toutes les heures. On compte en moyenne un cambriolage tous les dix ans. Le plus dangereux reste le 14 juillet et le 31 décembre où la racaille jette des bouteilles du haut des ponts ou des avenues avoisinantes. Par contre il faut faire très attention au feu, car l’aménagement intérieur est en bois, et aux inondations ; de plus la condensation produit entre cinquante et cent litres d’eau par mois dans les cales ; mais nous avons tous des pompes automatiques ». Un autre risque est dû à des chenapans, de tous âges, qui trouvent amusant de défaire ou de couper les amarres, mais la plupart des bateaux ont maintenant des filins métalliques qui ne peuvent se détacher que de l’intérieur. « On en voit toutefois dériver encore un de temps en temps mais la police fluviale intervient très rapidement. C’est statistiquement autant que les cadavres qui flottent sur la Seine ! » Enfin, derniers inconvénients : les bateaux-mouches qui passent en excès de vitesse pour améliorer le nombre de leurs rotations, et surtout le fait que l’autorisation de stationner est temporaire. Vers 1985 M Chirac avait voulu supprimer les bateaux-logements pour laisser la place à des bateaux-restaurants ; une campagne sur le thème « Sans péniches, Paris pleurniche » a eu raison de ce projet. Enfin rappelons que pour des raisons de sécurité les enfants doivent porter des brassards dès qu’ils montent sur le pont, et il n’est pas rare d’aider à repêcher le chien d’un voisin. Signalons aussi le prix du moteur de la péniche, mais heureusement un grand nombre de péniches se sont équipées, après la guerre, avec les moteurs de rechange d’une très grande fiabilité, prévus pour les chars Patton, qui étaient restés inutilisés et qui furent soldés.

DSC08463

Mais l’habitat fluvial a aussi de bons côtés. « Dès 23 heures la Seine devient tranquille comme un lac, et le matin on a le plaisir de voir les canards manger les algues le long des coques. », précise un propriétaire. « C’est vraiment la maison de campagne en plein Paris » ajoute un autre. Et comme dans les villages de campagne il y a le bateau avitailleur qui passe régulièrement pour le gaz et le fuel rouge, car une péniche consomme environ 8 litres à l’heure (à 10 kilomètres-heure) lors de ses déplacements. La plupart de ces bateaux organisent des promenades de 5 à 6 heures pour leurs amis, environ une dizaine de fois par an. Souvent les propriétaires, qui doivent tous obligatoirement avoir leur permis, font appel à des pilotes afin de pouvoir déjeuner tranquillement avec leurs invités sur la terrasse. « On ressent bien là le bonheur d’avoir un appartement parisien qui flotte et se déplace. » N’oublions pas de mentionner la très grande confraternité qui réunit tous ces propriétaires ; à la différence des habitants d’un immeuble, ils ont tous une passion commune : le bateau, et n’hésitent jamais à faire la fête entre eux.

DSC08466

Quant à l’eau de la Seine, elle n’est pas aussi sale qu’on le croit. En fait elle est très boueuse. En effet, on y trouve beaucoup d’anguilles, de truites saumonées, de carpes, de brochets et d’écrevisses américaines ; par contre il n’y a pas de perches qui aiment les eaux claires.

DSC08484

DSC08471

Il faut aussi signaler l’entente qui règne entre ces péniches et les clochards qui cherchent refuge sous les ponts. Une entraide s’est en quelque sorte créée de façon informelle: quelques victuailles ou couvertures quand il fait froid réconfortent ces SDF qui s’investissent d’autorité et surveillent les bâtiments de leurs bienfaiteurs. On se croirait revenus aux siècles anciens où chacun avait de l’honneur et le sens des valeurs ; mais que signifient ces mots aujourd’hui ?

DSC08475

DSC08477

Alors avez-vous envie d’acheter un bateau et de venir l’amarrer au cœur de Paris ? Hélas ce n’est pas si facile car il faut obtenir la permission temporaire d’occupation des berges publiques. Si l’on tient compte des 150 bateaux actuellement en liste d’attente et du fait qu’il n’y a qu’une ou deux places qui se libèrent chaque année, il vous faudra compter une centaine d’années avant de pouvoir réaliser votre rêve, en supposant que la réglementation ne change pas d’ici là. Une autre possibilité est d’acheter un bateau déjà amarré (quatre à cinq ventes par an), mais il faut savoir que le permis d’occupation temporaire n’est pas cessible et que toutes les démarches auprès de l’administration doivent être faites avant la signature de l’achat [il s’agit d’un bien mobilier, comme une voiture, et non d’un bien immobilier qui nécessite l’intervention obligatoire d’un notaire]. De plus, depuis 2005, chaque nouvelle autorisation exige que le bateau soit équipé d’une station d’épuration des eaux usées, obligation qui s’étendra à tous les bateaux en 2007. Mais, comme d’habitude, les normes ne sont pas encore publiées ! Enfin, sachez que les contrôles de sécurité sont très stricts : au moins tous les huit à dix ans une expertise du bon état de la coque doit être réalisée par un expert en montant le bateau en cale sèche, ce qui entraîne, avec les frais de carénage et de peinture, une dépense minimum de 5.000 euros. En dehors des redevances de stationnement et des taxes, les frais d’entretien sont légèrement supérieurs à ceux d’une résidence secondaire. Mais le plaisir de se réveiller au milieu des canards avec la tour Eiffel ou les arbres du Bois de Boulogne pour horizon a-t-il un prix ?

DSC08442

Publicités
Publié dans habitat fluvial, La Seine, Suresnes | Tagué | Laisser un commentaire

coucher de soleil à Porspoder

Porspoder se situe sur le littoral ouest du Pays de Léon, au bord de la Mer d’Iroise. Elle compte notamment sur son territoire la Presqu’île Saint-Laurent, au large de laquelle se trouve le Phare du Four. Porspoder est non loin de la pointe de Corsen limite géographique conventionnelle entre la Manche et l’Atlantique.

DSC08683

DSC08684

DSC08687Porspoder vient de porzh et poder (port et potier en breton), « Le port du potier ».DSC08692

 

DSC08697

La Presqu’ile Saint-Laurent : majestueux site naturel, rattachée à la terre ferme que par un mince isthme aux côtés duquel se situent les plages de La Grève Blanche ou plage des dames et La Grève des Bateaux ou plage des curés.

DSC08710 DSC08708

À la pointe de la presqu’île, il est possible d’admirer au loin le phare du Four. Au centre se situe un four à Goémon.

DSC08711     DSC08719 DSC08723

Île de Melon est une petite île inhabitée, qui renferme des vestiges mégalithiques tels que de nombreux menhirs et un dolmen. Elle servit longtemps comme carrière d’extraction de granit.

DSC08802

DSC08808

DSC08815

Petit port traditionnel « Porz Mazou » dont la particularité est d’avoir conservé, au fil des ans, le mode ancestral de mouillage sur pieux de bois dont l’histoire remonte au Moyen Âge.

 DSC08798DSC08775

Autres petits ports : Melon, Mesdoun et Porsmeur

DSC08781

Près de 8 kilomètres de littoral et des plages – du Nord au Sud : Plages des Colons, plages des Dames, plage des curés, Plage du Bourg, Plage de Mazou, Plage de Melon, Plage du Porsmeur.

DSC08784

DSC08773

Pointe de Gard’Sign et sa table d’orientation (1991) : point de vue à 180 degrés, 14 phares, feux et balises y sont visibles à l’horizon.

DSC08743

Le GR 34 dit « sentier des douaniers », l’emblématique sentier de grande randonnée.

DSC08764

DSC08759

 

 

 

Publié dans coucher de soleil, Non classé | Tagué | Laisser un commentaire

La plage des Blancs-Sablons

Cette immense plage de 2,5 km, exposée aux vents, constitue un excellent spot de surf. Sauvage, l’endroit est également propice à la baignade et à la pêche à pied ; à dénicher : moules, ormeaux et bigorneaux.

Parmi les plus belles plages du Finistère, au Conquet, s’étend l’une des plus célèbres plages du département. Prisée des familles, elle est aussi le terrain de jeu des amateurs de glisse. « C’est la plus grande du coin, donc on a vraiment de l’espace pour s’installer, courir, jouer au ballon. » Un Brestois  va à la plage avec ses enfants, il prend la direction du Conquet. En face, les îles de Béniguet, Molène, Ouessant. Un véritable écrin, sauvegardé par le conservatoire du littoral.

DSC00606DSC00610

Cette dune des Blancs-Sablons est fossilisée. Fragile, elle aurait pu disparaître dans les années 1970 sous un énorme projet immobilier. Les plages du Finistère:  au Conquet, s’étend l’une des plus célèbres plages du département. Prisée des familles, elle est aussi le terrain de jeu des amateurs de glisse.

« C’est la plus grande du coin, donc on a vraiment de l’espace pour s’installer, courir, jouer au ballon. » Les Brestois, dès qu’ils vont à la plage avec leurs enfants, prennent la direction du Conquet. En face, les îles de Béniguet, Molène, Ouessant : un véritable écrin, sauvegardé par le conservatoire du littoral.

DSC00617DSC00626DSC00632

« Les Blancs-Sablons, c’est la plage des Brestois, explique le gérant du camping des Blancs-Sablons, installé au-dessus de la plage. Il y a de la place, du sable, pas d’algues. » Les arguments sont nombreux pour expliquer un engouement qui ne date pas d’hier.

« En 1903, un tramway a commencé à relier Brest au Conquet, explique ce spécialiste de l’histoire de cette commune de pêcheurs. Dès lors, les Blancs-Sablons sont devenus une plage familiale. »

DSC00653DSC00663

Dans la seconde moitié du siècle dernier, les congés payés se développent et les dunes des Blancs-Sablons sont une destination de choix pour les amateurs de grand air et de camping sauvage. Les clients viennent camper ici depuis l’ouverture, il y a 35 ans. Avant, ils campaient dans la dune. C’est en partie pour cette raison que le camping, municipal à l’époque, s’y implante.

DSC00677DSC00681

Dans les années 1970, une grande menace a pesé sur la dune des Blancs-Sablons, avec un vaste projet immobilier. En 1971, des promoteurs, soutenus par la municipalité, voulaient y construire des maisons secondaires. Le projet incluait l’ensemble de la presqu’île de Kermorvan et de la dune. Une association d’opposants, menée par de nombreux vacanciers et des Brestois habitués de la plage, fera capoter le projet. Aujourd’hui, les seules constructions qui parsèment le littoral des Blancs-Sablons sont des forts datant du Second Empire. Sur la plage, les familles brestoises sont toujours là. Derrière, les campeurs aussi.

DSC00690DSC00693

Un spot de glisse idéal – Et depuis quelques années, une nouvelle population s’y plaît: celle des surfeurs. L’école Surfing Iroise a débarqué en 2010 aux Blancs-Sablons. Ce spot est idéal pour le surf et le bodyboard en été. Il y a des vagues, mais pas trop grosses : pour apprendre, c’est parfait ! Il y a d’autres très belles plages dans le coin, mais elles sont petites et il n’y a pas de houle.

DSC00697DSC00704DSC00707

Publié dans Brest, Le Conquet, nature, Surf | Tagué , | Laisser un commentaire

Le Mont Saint-Michel… de Brasparts

Le mont Saint-Michel de Brasparts (menez Mikael-an-Are) est l’un des sommets de la chaîne des Monts d’Arrée située en Bretagne sur la commune de Saint-Rivoal (Finistère). Il fait partie du parc naturel régional d’Armorique et domine la cuvette du marais du Yeun Elez. Il culmine à 380 mètres d’altitude et sur son sommet se trouve la chapelle Saint-Michel datant du XVIIe siècle.

Son sommet offre un des plus beaux panoramas sur les tourbières du Yeun Elez ainsi que sur le lac de Brennilis. Lorsque le temps le permet, on peut même apercevoir le pont de l’Iroise, la baie de Morlaix, une bonne partie du bassin de Châteaulin, les monts d’Arrée, les montagnes Noires, etc.

DSC00067DSC00068DSC00073DSC00078DSC00083

« En approchant de cette chapelle, la terre se dépouille d’arbres et de buissons (…) : elle n’est plus couverte que de bruyères et de rochers, brisés par les orages, ou décomposés par le temps. Tout prend un caractère sauvage, un air de mort ; c’est l’aspect d’un vaste désert, dont rien n’égaie ou ne varie la longue et fatigante uniformité. Les derniers villages, les derniers champs, forment des îles séparées, entourées de rochers, d’une espèce de tourbe, d’une terre noirâtre et marécageuse, résultat de bruyères corrompues, accumulées pendant des siècles. »

Un témoignage de 1902 indique : « Saint-Michel est particulièrement invoqué pour obtenir du beau temps pendant la récolte ; on le prie aussi pour les malades ; on voit assez souvent les pèlerins faire le tour de la chapelle à l’intérieur, nu-pieds ». Saint Michel était aussi invoqué pour les enfants et les infirmes : des béquilles en guise d’ex-votos étaient accrochées sur les murs ; il était aussi prié pour obtenir du beau temps lors des récoltes.

DSC00088DSC00092DSC00093DSC00098DSC00108DSC00117

L’allée couverte du Mougau-Bihan est un ensemble mégalithique composé de 24 gros blocs de pierre. Il est situé dans la commune de Commana dans le Finistère. Exploré dès le XIXe siècle, lors de fouilles dont il ne reste aucune archive, ce monument a été daté, par comparaison, entre 3 000 et 2 500 av. J.-C.

L’allée couverte a été classée par arrêté du 14 juin 1909. Ce monument est orienté nord-sud. Il est long de 14 mètres, et composé de parois de granite juxtaposées ; ces « piliers » étant distants de 1 à 1,30 m les uns des autres. Le « plafond » horizontal est formé de quatre dalles presque horizontales, la cinquième recouvrant la cellule au nord. La 5e dalle ne couvre pas la « chambre funéraire » mais une cellule terminale dite « Cella » qui donne sur le sud. L’« entrée » est située au nord. Sa largeur est moindre, car elle est à demie fermée par un pilier placé obliquement.

DSC00123DSC00128DSC00148DSC00157DSC00168DSC00173

Là-bas dans les Mont d’Arrée, endroit mystique à souhait et empreint d’authenticité un site très intéressant car préservé et également mis en valeur. Il s’agit d’un trésor bien caché…

A l’origine, l’allée devait être plus longue, peut-être entourée de menhir, et comprenait sûrement tertre et péristalites. Ce que nous pouvons admirer là est le squelette du monument d’origine. Par comparaison avec d’autres allées couvertes connues, on pense qu’elle a été édifiée au Néolithique Final, approximativement aux alentours de – 3 000 ans av J-C. Les représentations gravées dans la pierre, de probables « poignards à soie »,  nous prouvent que des échanges avec le monde méditerranéen existaient.

Cette datation en a été déduite par l’étude d’autres monuments caractéristiques, tel que la magnifique Allée Couverte de Prajou-Menhir à Trébeurden (22) qui porte des gravures similaires, et est également daté de cette période. Car malheureusement des fouilles ont été effectuées au milieu du XIXème Siècle par une équipe d’étrangers dont nous ne retrouverons aucunes traces.

DSC00178DSC00184DSC00192DSC00193

De plus, Mr A. Jarno (Archéologue du début du XXème Siècle) rapporterait lui la présence d’une magnifique pierre dressée anthropomorphe sur lequel, apparaissait « un homme tendant une lance ». D’après lui, ce menhir fut débité et servit à agrandir la route…

Le monument est exposé Nord/Sud, ce qui est une originalité pour ce genre de monument.

Cette allée couverte est exceptionnelle par le nombre important de gravures qui y ont subsisté. La particularité de ce monument, est que ces représentations, ordinairement présentent dans la Cella lorsque l’on parle de Prajou-Menhir à Trébeurden par exemple, se trouvent ici dans la chambre funéraire. Essayons d’entrer dans la tête d’un de nos ancêtres graveurs.

DSC00198DSC00203DSC00218DSC00222DSC00238

Quelle émotion de pénétrer dans l’allée et d’apercevoir ces gravures crées par nos ancêtres et marquées dans la pierre depuis 5000 ans et toujours là ! Et parlons de cette représentation dite féminine: les deux paires de seins, invoquant le culte de deux déesses (Mère, filles) ce qui est relativement courant dans les dolmens et allées couvertes de la même époque.

Pourquoi ce sublime monument a-t-il été construit ? Sur nos terres nous ne retrouvons pas d’ossements, le sol étend très acide, mais en région parisienne où le sol est calcaire, plus propice à la conservation de restes, certaines fouilles dans ce genre de monument ont mis en valeurs plus de 300 squelettes. S’agissait-il d’un lieu où une tribu entière était inhumée? Hommes/femmes et enfants sont encore protégés par les grosses pierres du dolmen, cette sépulture reste un lieu de culte. Les efforts qui ont permis de construire un tel édifice, n’étaient pas vains, il est toujours là… Témoin de la force et du courage de nos ancêtres… Un moment simple d’émotion dans notre belle région !

DSC00243DSC00255

Réservoir du Drennec : Ce réservoir artificiel d’une superficie de 110 hectares, alimenté en partie par l’Élorn et le Mougau, approvisionne en eau une partie du Finistère nord, dont Brest métropole océane, Landerneau et Landivisiau. Des aménagements permettent la pratique d’activités comme la voile, la natation et la randonnée sur les sentiers aménagés alentour.

Situé sur les communes de Commana et Sizun, ce lac bénéficie d’un classement en 1re catégorie pour la pêche à la truite. Le barrage est achevé en 1981 et inauguré en 1982 par Gaston Defferre, ministre de l’Intérieur. Il mesure 280 mètres de long et 30 mètres de haut. Il peut retenir 8,7 millions de mètres cubes d’eau.

DSC00264DSC00265

Le barrage et les rives du lac sont gérés par le Syndicat de Bassin de l’Élorn (Établissement public territorial de bassin). Depuis décembre 2009, la retenue du barrage est équipée de turbines pour la production d’électricité. Après presque 10 ans de recherche du meilleur site d’implantation, le Syndicat de bassin a pris la décision en 1979 de lancer la construction du barrage du Drennec sur la commune de SIZUN. L’intérêt était double :

  • Alimenter, dans de bonnes conditions, (notamment en été) l’usine de traitement de Pont ar Bled, qui dessert en eau potable l’agglomération brestoise (environ 300 000 habitants). La sécheresse de 1976 avait permis de s’apercevoir des difficultés potentielles d’approvisionnement en eau potable ;
  • Régulariser le débit du cours d’eau en fonction des besoins.

Après 3 ans de construction, le barrage a été mis en eau en 1982. D’une superficie de 110 ha, la retenue contient 8,7 millions de m3 d’eau pour une profondeur maximale de 20 m et 10 km de rives. Il est alimenté principalement par deux cours d’eau : l’Elorn et son premier affluent le Mougau.

DSC00228DSC00274

Publié dans Bretagne - histoire, cyclotourisme, randonnée, randonnée, Villes et villages remarquables, Voyages | Tagué , , , | Laisser un commentaire

L’anse de Morgat

Le Centre Nautique de Crozon Morgat (CNCM) est le site idéal pour la pratique de sports nautiques. Vous avez le choix entre l’anse de Morgat et son plan d’eau toujours accessible, protégé des vents dominants et des courants… et la houle tonique des plages de la façade ouest qui permettent une pratique quotidienne du surf.

DSC07498DSC07501DSC07503DSC07511

Un peu d’histoire – Autrefois le CNCM s’appelait le Yacht Club de Crozon-Morgat et était un regroupement de plaisanciers locaux réunis sous le statut d’association loi 1901. Depuis 1978, les batîments de Postofort, dont l’usufruit était jusque-là réservé à l’évêché de Crozon, permettent l’accueil des premières classes de mer. En 1991, le CNCM et le Centre Nautique du Relecq-Kerhuon créent une nouvelle marque : le Point Passion Plage où vous pouvez louer du matériel ou prendre des cours particuliers.

DSC07518DSC07532DSC07543DSC07548DSC07554

L’école de Voile – Postée à l’entrée du port de Morgat, elle permet un accueil large : activités scolaires, activités de loisirs ou sportives mais aussi évènements de grande envergure. Cette partie du CNCM abrite le pôle administratif du club (secrétariat, comptabilité et direction), l’atelier de maintenance mais aussi des salles de réunion ainsi que l’ensemble des commodités nécessaires à la pratique des activités nautiques.

DSC07563DSC07569DSC07581DSC07594DSC07601DSC07607

Quand vous louez au Point location, le bateau, la planche ou le kayak, est prêt à naviguer, au bord de l’eau. Le Point location permet de pratiquer selon ses envies sans avoir de contraintes matérielles, et sans passer par les stages traditionnels. La combinaison, le gilet, le harnais ou la ceinture de trapèze sont inclus. On bénéficie en plus de la surveillance du plan d’eau et de conseils personnalisés en cas de difficultés.

DSC07615DSC07639DSC07645DSC07649DSC07650

Optimist, Kayak, Funboat, Catamaran… L’anse de Morgat, située en baie de Douarnenez, est limitée par la pointe des Grottes à l’est et la pointe du Kador (Beg ar Gador) à l’ouest.

DSC07695DSC07706DSC07723DSC07731DSC08194DSC08198

Elle abritait autrefois le port sardinier puis thonier de Morgat. Avec l’épuisement des ressources halieutiques, le port de pêche est devenu un port de plaisance. Morgat, ancien petit port sardinier au fond de la Baie de Douarnenez, accueille les plaisanciers. L’accès se fait par un chenal dragué et le port est protégé par une jetée de roches agencées en arc de cercle.

DSC08203DSC08207DSC08213DSC08233DSC08238DSC08243DSC08258

Une plage de sable fin s’étend depuis le port et finit en galets côté est où le niveau du sable baisse depuis que les travaux d’agrandissement du port ont modifié les caractéristiques hydrodynamiques de l’anse de Morgat.

DSC08263DSC08273DSC08278DSC08283DSC08309

Le village de Morgat pourrait se référer à Ergat, chef breton ayant fondé le village, sanctifié en Saint Ergat. Il pourrait provenir aussi du breton Morgat signifiant « lièvre de mer », le nom de la seiche, en référence aux deux rochers caractéristiques prenant la forme d’un lièvre et d’une tortue situés à l’entrée du port.

DSC08315DSC08325DSC08340DSC08345DSC08350

Publié dans Crozon | Tagué , , | Laisser un commentaire

Charles de Gaulle

Le Mémorial.  – « C’est ma demeure » – Bien au-delà d’une présentation traditionnelle de l’Homme du 18 juin ou du premier Président de la Vème République, le Mémorial constitue un véritable rendez-vous avec l’histoire du vingtième siècle et une rencontre avec Charles de Gaulle dans son intimité.

DSC09168DSC09178DSC09187

Pensé comme le socle de la Croix de Lorraine, le bâtiment inscrit tout à la fois le personnage de Charles de Gaulle au cœur de la modernité et dans les paysages de Colombey-les-deux-églises qu’il affectionnait tout particulièrement. C’est par ailleurs dans cette commune qu’il choisit dès 1934 de s’installer en famille et qu’il fit l’Histoire en recevant dans sa demeure familiale le chancelier Konrad Adenauer en septembre 1958. Sa demeure familiale, la Boisserie est depuis quelques décennies ouverte au public mais il manquait cependant à Colombey-les-deux-églises, un lieu pour comprendre le personnage. Le Mémorial Charles de Gaulle en remplissant ce rôle complète ainsi un parcours de mémoire dédié au plus illustre des Français.

DSC09189DSC09192DSC09193DSC09197

« C’est ma demeure », avait écrit le général de Gaulle à propos de Colombey-les-Deux-Eglises dans ses Mémoires de guerre. Colombey, la deuxième capitale de la France, avait-on entendu. Lorsque Charles de Gaulle achète la Boiserie en 1934, Colombey-les-deux-Eglises ne pensait pas qu’un jour, son nom appartiendrait à la Grande Histoire. Au début, simple demeure de vacances, la Boiserie deviendra un lieu de retraite pour y écrire Ses mémoires mais aussi un lieu de repli politique jusqu’à sa mort.

DSC09198DSC09202DSC09212DSC09213DSC09223

Sur les traces de… Charles de Gaulle – Issu d’une famille bourgeoise du Nord de la France, saint-cyrien, Charles de Gaulle se fait très tôt remarquer auprès de sa hiérarchie militaire pour ses théories militaires en faveur d’une stratégie nouvelle de guerre de mouvement qui n’est pas suivie par l’état-major français. Nommé sous-secrétaire d’Etat à la guerre en 1940, il refuse l’armistice défendu par le maréchal Pétain après la débâcle française. Il lance son célébrissime appel du 18 juin 1940, depuis la BBC pour organiser la résistance extérieure. La France libre est née.

Rapidement, son charisme et sa popularité en France lui permettent de s’imposer à la tête de l’organisation résistante. La ferveur populaire qu’il obtient lors du discours de Bayeux, à la Libération, lui permet de s’imposer définitivement à la tête de gouvernement provisoire de la République française. Le style de Gaulle est né.

DSC09229DSC09233DSC09239DSC09242DSC09253DSC09254

Après avoir été président du gouvernement provisoire de 1944 à 1946, l’homme de tête, insatisfait de la IVe République quitte le gouvernement et crée un parti politique, le RPF (Rassemblement du peuple Français). En mai 58, rappelé au pouvoir lors de la crise algérienne, il réclame une nouvelle constitution taillée à sa mesure, à l’origine de la Ve République.

Président de la République de 1958 à 1969, le général de Gaulle mène une politique d’indépendance et de prestige extérieur de la France. Toutefois, de plus en plus contesté politiquement, notamment en mai 1968, il démissionne en 1969 après l’échec du référendum sur la réforme des collectivités territoriales. A la fin de sa vie, il se consacre à l’écriture de ses Mémoires dans sa demeure de Colombey-les-Deux-Eglises.

DSC09259DSC09274DSC09283DSC09298DSC09300

Le Mémorial Charles de Gaulle présente les différentes étapes de sa vie. De Lille, où il est né, jusqu’à Colombey-les-Deux-Eglises où il meurt, le musée retrace tous les instants de sa carrière militaire et politique. Des salles sont consacrées à la pensée et la stratégie militaire du jeune de Gaulle, à la guerre de 1939-1945 et son départ en Angleterre, à l’appel du 18 juin, puis à sa tentative de réunification de la résistance extérieure et intérieure. Vous y trouverez une collection de documents uniques, des journaux, des photos, des films et même la vieille Citroën noire qu’il utilisait dans les années 1950 !

Deux simples mots résonnent dans la mémoire de ce vieux peuple de France. Les deux chargés de symboles et de sens. Colombey, si proche de colombe, celle porteuse du rameau de la paix. Eglises, porteur de millénaires de croyance, de foi et d’espérance. En les associant, on parvient à marier la paix et l’espoir.

DSC09304DSC09309DSC09310DSC09320DSC09324

Et c’est là que Charles de Gaulle et Yvonne, née Vendroux, ont installé leur vie et leur destin pour eux et la suite de leur famille. Ils auraient pu choisir les rives de la Mer du Nord ou les landes de Lille ou de Calais, d’où ils étaient natifs. Non, pour des raisons à la fois intimes et stratégiques, Colombey-les-deux-Eglises fut choisi pour installer l’histoire d’une vie, vite transformée en destin.

DSC09326DSC09335DSC09339DSC09354DSC09355DSC09356

Intimes parce que les immenses paysages boisés, les pierres immémoriales de calcaire gris blanc, les rues villageoises cachant des vies de labeur et de rigueur derrière des façades closes ; cette proximité entre tous les éléments de la nature n’était-ce pas l’alchimie parfaite pour un être fragile, handicapé et chéri par-dessus tout ? La petite Anne qui mourut bien jeune après la guerre, dont Colombey fut le dernier refuge.

DSC09364DSC09371DSC09375DSC09386DSC09396

C’est à cette terre rude et chargée d’histoire que le Général et son épouse décidèrent de confier le corps de cette jeune fille que la mort avait transformé en « un être comme nous ». Y a-t-il plus de force symbolique que de confier la chair de sa chair à un sol sur lequel vous-même n’êtes pas né ? Et contre toute logique temporelle, les parents la rejoignirent pour reposer à ses côtés.

Anne accueillait Charles et Yvonne au royaume des ombres. Ce que le destin avait séparé, voilà que la même force les réunissait…Beaucoup voudraient penser qu’ici, à l’ombre de l’église, Charles repose comme tous les défunts de ce petit cimetière de campagne.

DSC09397DSC09408DSC09414DSC09415DSC09418

Non, De Gaulle est dans la mémoire des peuples, celle de millions d’hommes et de femmes qui n’ont jamais accepté la fatalité. Charles de Gaulle arrime et contient toutes les velléités de courage et d’engagement. Chaque année qui passe, de nouvelles générations de la planète, en apprenant De Gaulle, se sont débarrassées du sentiment d’impuissance et de découragement.

Colombey, lieu du cimetière de la famille de Gaulle, n’est pas qu’un village modeste et rugueux. Colombey est dans chaque être qui sait dire non à l’échec et à la bataille perdue ! Vous qui êtes à Colombey, qui avez rejoint ces petites allées aux graviers inégaux, pensez que des millions et des millions d’hommes savent que le sens ultime de la force de l’esprit, du devoir et de l’espérance est ici à nos pieds.

DSC09423DSC09428DSC09433DSC09434DSC09438

Et repartez vers Verdun, Douaumont, Dunkerque, les Glières, Bir Hakeim, El Alamein, le Mont Valérien, Berchtesgaden, Strasbourg, Berlin, Monte Cassino, renforcé dans l’idée que De Gaulle a quitté sa tombe pour être sur votre chemin et vous guider.

Jacques Godfrain

DSC09439DSC09443DSC09444DSC09449

Publié dans Colombey-les-Deux-Eglises | Tagué , , , | Laisser un commentaire

La confiture de groseilles, caviar de Bar-le-Duc

Bar-le-Duc est située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. Elle se trouve dans la région historique et culturelle de Lorraine.

DSC07586DSC07591DSC07596

La communauté juive dispose d’une synagogue qui n’est aujourd’hui plus utilisée faute de pratiquants. La synagogue, de style mauresque, est construite de 1871 à 1872 par l’architecte Charles Demoget. Dans la rosace de la façade avant figure une étoile de David, tandis que le mur-pignon est couronné par les tables de la Loi. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive est devenue trop petite pour qu’elle soit encore utilisée comme lieu de culte. Il existe un petit cimetière israélite datant du XIXe siècle, en lisière de forêt, qui comporte 126 tombes. Celui-ci a été vandalisé le 29 octobre 2010, lors des fêtes d’Halloween, et 49 tombes ont été profanées.

DSC07601DSC07605DSC07606

De l’époque du Moyen Âge où Bar-le-Duc était une cité fortifiée, il ne reste que de rares vestiges, le roi de France Louis XIV ayant ordonné la destruction du château-fort et des fortifications de la ville en 1670. Mais une partie des remparts du château a échappé au démantèlement, tout comme deux portes : la porte Saint-Jean, qui permettait d’accéder à la Ville Haute via un pont-levis, et la Belle Porte, du XIIe siècle, entrée principale du château. Des nombreuses tours que comptaient la ville, seules deux sont encore debout : la Tour de l’Horloge, du XIIe siècle, devenue un emblème de la ville grâce à ses deux cadrans donnant l’heure, et la Tour Heyblot, du XIIIe siècle.

La Tour de l’Horloge est une ancienne tour fortifiée devenue tour de l’horloge. Construite au Moyen Âge (XIIe siècle), elle est l’un des rares vestiges des fortifications du château de la Ville Haute. Avec ses deux cadrans donnant l’heure, elle est devenue l’un des emblèmes de la ville. Elle est classée aux monuments historiques depuis le 10 septembre 1941.

Les maisons en torchis et à encorbellement de cette époque ont pour la plupart été reconstruites en pierre de taille. Quelques maisons ont cependant été épargnées par ce changement architectural, dont deux sont classées : l’une à la Ville Haute, sur la place Saint-Pierre, datant de la fin du Moyen Âge, et l’autre en Ville Basse, sur la place de la Couronne.

DSC07610DSC07615DSC07616

Bar-le-Duc abrite à la Ville Haute un quartier qui constitue « l’un des ensembles urbains de style Renaissance les plus remarquables de France ». Les nombreuses demeures et hôtels particuliers affichent de riches façades ornées de frontons sculptés, de pilastres cannelés ou encore de gargouilles en surplomb.

DSC07621DSC07626DSC07627DSC09130

En dehors des comtes puis ducs de Bar et des maires de la commune, plusieurs personnalités sont nées, ont vécu ou ont fortement influencé la ville de Bar-le-Duc.

À la Renaissance, Marie de Guise devient reine consort d’Écosse en épousant le roi Jacques V. Le mathématicien et ingénieur militaire Jean Errard s’engage au service du roi de France Henri IV. Il est considéré comme un précurseur de Vauban.

Sous l’Empire, deux militaires au service de Napoléon se font remarquer : Nicolas-Charles Oudinot, duc de Reggio et maréchal d’Empire, dont l’hôtel particulier est aujourd’hui l’hôtel de ville. Nicolas Charles Marie Oudinot, duc de Reggio, né le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc (Meuse), mort le 13 septembre 1847 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d’Empire en 1809. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l’Empire, 34 blessures au total. En 1795-1796, il reçoit onze blessures : deux balles et neuf coups de sabre. Quand le futur maréchal Canrobert le rencontrera aux eaux de Barèges, en 1830, il aura ce commentaire : « Ce n’était qu’une passoire ».

Et Rémy Joseph Isidore Exelmans, maréchal de France, qui donne son nom à une place de la ville. Originaire de Bar-sur-Ornain, comme le maréchal Oudinot, Exelmans est fils d’un négociant. Il fait de brillantes études qu’il interrompt pour s’enrôler, le 6 septembre 1791 dans le 3e bataillon des volontaires de la Meuse commandé par Oudinot, alors qu’il est à peine âgé de 16 ans. Aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse, il fait les campagnes de 1792 à 1796 : il combat à Valmy puis à Fleurus. Déjà sergent-major, il fut nommé sous-lieutenant en l’an V (22 octobre 1796).

En 1797, il passe à l’armée d’Italie avec la division Bernadotte. Remarqué par ses capacités, il est fait lieutenant en l’an VI (19 juin 1798), et servit successivement à la suite des 34e et 43e demi-brigades. Nommé aide de camp du général Éblé, le 1er brumaire an VII (22 octobre 1798), il l’accompagne en Italie puis au royaume de Naples. Aide de camp du général Broussier (3 thermidor an VII), Exelmans se distingue lors de la conquête de la Pouille, au passage de l’Adda, à Castelnuovo, à Gera, et le 24 germinal an VII (13 avril 1799), il est nommé capitaine provisoire à la suite du 16e dragons par le général en chef Macdonald ; il entre ainsi dans la cavalerie pour ne plus la quitter.

Durant la seconde campagne d’Italie, Exelmans s’illustre dans une affaire près de Crémone, où il fait à lui seul dix prisonniers du régiment de Bussi et tue le lieutenant-colonel de Curtius au milieu du régiment. Le Lorrain eut une part considérable à la prise de Naples.

DSC09136DSC09140

Au XIXe siècle, Pierre Michaux et son fils Ernest inventent le vélocipède à pédales (appelé michaudine), tandis que l’homme politique Raymond Poincaré devient le 10e président de la République française de février 1913 à février 1920. D’autres personnalités de cette époque ne sont pas originaires de la ville mais ont contribué à son histoire. Le poète, romancier et académicien André Theuriet passa sa jeunesse dans la ville où il situe l’action d’un grand nombre de ses romans. L’ingénieur thermicien allemand Rudolf Diesel crée en juin 1897 la Société française des moteurs Diesel à combustion interne, dont le siège est à Bar-le-Duc. Aidé de son camarade barisien Frédéric Dyckhoff, il essaye pour la première fois son moteur en 1905, en faisant naviguer une péniche nommée Le Petit Pierre sur le canal de la Marne au Rhin.

Plus récemment, au XXe siècle, des Barisiens se sont fait connaître dans le domaine artistique, tels que le peintre Jean Dries, l’imitateur et acteur Didier Gustin, l’animatrice et mannequin Sophie Thalmann, Miss France 1998, et l’athlète spécialiste du triple saut Benjamin Compaoré.

DSC09146DSC09150DSC09155

La spécialité gastronomique de Bar-le-Duc est la confiture de groseilles épépinées à la plume d’oie, surnommée « caviar de Bar ». La première mention de cette recette date de 1344, et sa renommée va rapidement s’étendre dans les milieux bourgeois et aristocratiques. La reine d’Écosse Marie Stuart compare cette confiture à « un rayon de soleil dans un pot ». Alfred Hitchcock ne descendrait que dans des hôtels qui en proposent au petit-déjeuner. Le président de la République Raymond Poincaré l’introduit sur les tables du palais de l’Élysée. Le Premier ministre britannique Winston Churchill et l’écrivain Victor Hugo en raffolent. Aujourd’hui, cette confiture est exportée à travers le monde entier, de New York à Tokyo.

DSC09160DSC09161DSC09166

Publié dans Bar-le-Duc, Confiture de Groseilles, Meuse | Laisser un commentaire