le mémorial de l’Aéronautique Navale du Cap de la Chèvre

Mémorial de l’Aéronautique Navale du Cap de la Chèvre.

Construit en 1988 dans un encuvement de canon allemand datant de la Seconde Guerre Mondiale et appartenant à la batterie défendant le Cap de la Chèvre contre toute invasion alliée, le mémorial rend hommage aux aviateurs de l’aéronavale tombés en Atlantique Nord depuis la création de l’aéronavale en 1910.DSC05117DSC05121DSC05125DSC05126

Le mémorial est l’un des nombreux monuments commémoratifs présents sur la Presqu’île de Crozon. Il est installé depuis 1988 dans un encuvement de la batterie française du Cap de la Chèvre réutilisée par l’armée allemande lors de la construction du Mur de l’Atlantique. La longue liste des aviateurs disparus dans l’Atlantique Nord est classée année par année, depuis la date de la création de l’Aéronavale (1910), c’est-à-dire l’aviation embarquée sur des navires de guerre. Elle est inscrite sur des panneaux fixés sur la parois de l’encuvement.

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Au centre est élevé un monument en forme d’aile d’avion en granit, certains diront en forme de menhir. Le symbole est fort, une aile d’avion en granit et, à sa base, le dessin des constellations du ciel. On peut noter que deux aérostiers (ballons libres) morts en 1870 et 1902 sont également honorés. Le mémorial est accessible depuis le parking du Cap de la Chèvre en contournant par la droite le Sémaphore.

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L’Aéronautique navale a cent ans. C’est en effet en 1910 que la Marine reçut sa première machine volante. Il ne s’agissait encore que d’un frêle assemblage de bois et de toile dont le seul point commun avec les actuels Rafale, Super Étendard, Atlantique et hélicoptères, était qu’il volait !

Au cours de ce siècle, des milliers de marins de tous grades et de toutes spécialités ont mis en œuvre des machines volantes et beaucoup d’entre eux, hélas, ont payé de leur vie cet engouement pour les choses de l’air.

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Pendant la Grande Guerre, des dizaines, puis de centaines d’hydravions ratissèrent les zones côtières pour y débusquer et attaquer les sous-marins ennemis. Nombreux furent les équipages qui, au cours de ces missions ingrates mais primordiales de protection des approches des grands ports, disparurent sans laisser de trace et sans sépulture.

Après-guerre, l’étude et l’adoption de nouvelles techniques et procédures et bien d’autres facteurs, firent que d’autres marins tombèrent au service de l’Aviation maritime au cours  des années de paix.

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La Seconde Guerre mondiale préleva encore son dû et de nouvelles victimes tombèrent, souvent hélas aussi, au cours d’affrontements contre les Alliés d’hier… Vinrent l’Indochine, puis le Moyen-Orient et l’Algérie, d’autres conflits et, malheureusement, l’activité aérienne quotidienne.

Il y a vingt-cinq ans, deux monuments, dédiés à la mémoire de tous ces marins morts dans les airs, ont été érigés, l’un sur la colline de Costebelle, près de Hyères, l’autre au Cap de la Chèvre, dans la presqu’île de Crozon, en Bretagne. La construction de ces monuments, sur lesquels sont gravés les noms des disparus, était indispensable mais ils ont la caractéristique d’être… immobiles et, finalement, connus des seuls « initiés », principalement les familles et camarades de ceux dont les noms y figurent.

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L’ARDHAN (Association pour la Recherche de Documentation sur l’Histoire de l’Aéronautique Navale) qui, depuis sa création (30 avril 1991), s’est donné comme objectif d’être la Mémoire de l’Aéronautique navale, se devait de faire connaître d’une autre manière, plus pratique peut-être, les noms des marins de tous grades et de toutes spécialités qui, depuis 1911, aux commandes ou à bord de leurs appareils, ont donné leur vie au service de la France. L’ARDHAN prend contact avec des milliers d’anciens aviateurs de la Marine ou avec leurs familles qui lui ont confié pour étude et reproduction, carnets de vol, photographies et autres documents. Enfin fut prise la décision de publier un Mémorial dédié aux plus de 1 600 marins qui donnèrent leur vie aux commandes ou à bord d’aéronefs de la Marine.

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Je me rends régulièrement sur ce site mémoriel exceptionnel et qui me touche de très près. Lorsque je commandais la 32F, le plongeur Zorétic a fait une chute fatale en exercice d’hélitreuillage de personnel infirmier sur une barcasse-plastron en rade de Lanvéoc. C’était en 1993. Nombre d’autres collègues figurent sur la liste des disparus en service aérien commandé (Atoutemps, Le Masson – 1991). D’autres amis figurent sur la liste à Costebelle (Hyères): Simon de Kergunic, Weill, Tanguy, Nouvel…

Je pense souvent à eux.

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Printemps 2022 à Sanary-sur-Mer – part 1

Du 12 avril au 15 mai 2012, Nous (Nicole et moi) sommes allés séjourner à Sanary-sur-Mer. Sur le trajet Brest – Sanary, nous avons fait escale à Bourges.

1 – BOURGES – Bourges, préfecture du département du Cher. Avec 64 668 habitants, il s’agit de la commune la plus peuplée du département et la troisième commune la plus peuplée de la région Centre-Val de Loire, après Tours et Orléans. Au centre d’une aire d’attraction de 174 771 habitants, l’aire d’attraction de Bourges est la 65e de France. Elle est aussi la capitale historique du Berry, province de l’Ancien Régime correspondant approximativement aux départements actuels de l’Indre et du Cher.

2 – POINTUS – Dès l’arrivée à Sanary nous avons été accueillis par les pointus et leurs capians. Capian (ou phallus) est la pièce essentielle qui fait encore la gloire des pointus. Le capian est une partie intégrante de l’étrave, symbole commun aux ports de la Méditerranée occidentale. Allégorie de la force masculine, c’est le phallus vénitien souvent peint en rouge.

3 – PIGEONS – J’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de pigeons à Sanary. La période de reproduction des pigeons s’étale sur 8 mois, de fin janvier à fin septembre pendant cette période la femelle produit 5 à 7 nichées, une nichée étant constituée généralement de 2 pigeonneaux.

4 – SAINT-MANDRIER – Nous avons commencé notre séjour en allant à Saint-Mandrier. Nous avons visité la nécropole nationale franco-italienne de Saint-Mandrier où reposent des soldats et marins tués lors de la 1ère Guerre mondiale : 1024Français et 57 étrangers (1 Bulgare, 16 Russes, 18 Grecs et 22 Serbes) inhumés dans des tombes individuelles. Un ossuaire contient également les ossements de 77 combattants français.

Sur la route de la Renardière, il y a un site qui offre un panorama exceptionnel sur la rade de Toulon, en on remarque la coque de l’ex Duquesne qui sert de brise-lame de l’Ecole de Plongée de Saint-Mandrier et de l’autre côté, on voit bien les deux frères près du Cap Sicié.

5 – PHARE ROUGE – En revenant à Sanary, on ne peut manquer le phare rouge qui balise la jetée sud  de la passe d’accès au port de Sanary.

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Avril 2019 en Provence

Station classée, un des Plus Beaux Villages de France, Les Baux-de-Provence affirment leur image de site de prestige au sein du Parc naturel régional des Alpilles.
Les Baux-de-Provence sont uniques, parce qu’un peu plus magiques et un peu plus illustres dans ce cadre extraordinaire.Cependant, l’essence même qui fait le charme et le parfum si particuliers des villages provençaux est là : les petites places, les terrasses ombragées, les rues étroites et leurs boutiques.

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Du 1er Mars 2019 au 5 janvier 2020, les Carrières de Lumières des Baux de Provence mettent à l’honneur la Nuit Etoilée de Vincent Van Gogh à travers une nouvelle exposition numérique immersive retraçant la vie intense de l’artiste hollandais qui peignit plus de 2000 tableaux dans les dix dernières années de sa vie.

Ce nouveau spectacle raconte en images et en musique  les différentes étapes de la vie de l’artiste, ses séjours à Nuenen, Paris, Arles, ou encore Saint Rémy de Provence. L’exposition met en scène sur des parois de 15 mètres de haut l’immense production de Van Gogh et son évolution artistique au fil du temps et de ses voyages, des Mangeurs de pommes de terre (1885), aux Tournesols (1888) en passant par la Nuit étoilée (1889) et à La Chambre à coucher (1889). On y retrouve toute l’expression et la puissance du peintre, entre couleurs éclatantes de la Provence et nuances de sombres.

« L’exposition immersive évoque le monde intérieur à la fois démesuré, chaotique et poétique de Van Gogh et souligne un dialogue permanent entre l’ombre et la lumière ».

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Saint-Rémy-de-Provence, dans le département des Bouches-du-Rhône est la petite capitale des Alpilles. À la suite du décret du 30 janvier 2007, son territoire est classé au sein du Parc naturel régional des Alpilles. Ville touristique et vinicole, elle possède un important patrimoine bâti et naturel. Ses habitants sont appelés les Saint-Rémois, et les Saint-Rémoises.

Après avoir connu quelques soubresauts lors de l’apparition de la Réforme, Saint-Remy subit de plein fouet l’épidémie de peste de 1720-1721, au cours de laquelle périt près d’un tiers de sa population.

Depuis 1642 et le traité de Péronne, l’agglomération avait aussi perdu de fait son statut de « ville royale ». En effet, le roi Louis XIII attribua alors la seigneurie de Saint-Remy aux princes de Monaco, qui conserveront cette suzeraineté théorique jusqu’à la Révolution. Si les rapports entre les Grimaldi et leur fief saint-rémois furent toujours cordiaux, il n’en fut pas de-même entre les représentants locaux des princes, les membres de la famille Pistoye, qui cumulaient cette fonction avec celles de viguier et de juge royal. Véritable petits potentats locaux imbus de leurs privilèges, les Pistoye exacerberont la vie publique locale. Cela explique en grande part l’accueil très favorable de la Révolution à Saint-Remy. Deux Saint-rémois seront ainsi élus à l’Assemblée Nationale puis à la Convention: Pierre –Toussaint Durand-Maillane (1729-1814), ainsi qu’André Pellissier (1742-1791), remplacé par la suite par son fils Denis-Marie (1765-1829), qui votera la mort de Louis XVI.

 

 

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220203-Rando le long de l’Aber Wrac’h

Point de départ de notre randonnée de ce jeudi 3 février 2022 : une pierre druidique, la stèle de Beg-ar-C’hastell, sur la commune de Plouguerneau. Cette stèle à pans, trouvée en 1928 au hameau de Hellez était ornée d’une croix en kersantite de 1,40 mètre avec une piéta du XVIème siècle. Elle retrouve son état d’origine sous l’action de pilleurs. Elle est érigée en 1961 au lieu-dit Beg-ar-C’hastell, en bordure de la route D113 qui relie Plouguerneau à Lannilis, sur une aire de point de vue.

Aber est le terme sous lequel on désigne, dans les pays celtiques, une ria, c’est-à-dire un estuaire où la marée remonte deux fois chaque jour. Un superbe point de vue pour découvrir ce qu’est un aber est sans aucun doute le point de vue de Beg ar C’hastell, sur la route touristique D113 entre Plouguerneau et Lannilis, un belvédère qui offre une vue imprenable, bien plus parlante que toutes nos explications.

L’Aber-Wrac’h est un fleuve côtier, puis dans sa partie aval, un aber du pays de Léon dans le nord-ouest du Finistère. L’Aber-Wrac’h est le plus long et le plus septentrional des abers de la Côte des Abers. C’est également le nom du hameau de Landéda abritant le port du même nom.

L’Aber-Wrac’h cesse d’être navigable au niveau du hameau de Paluden, à 4 km environ à l’intérieur des terres. Par le passé, les bateaux desservant Plouguerneau et Lannilis déchargeaient leurs cargaisons à cet endroit où une cale fut aménagée. Cette cale est toujours utilisée pour le débarquement de cargaisons de bois d’Europe du Nord.

Le port de plaisance de Paluden – Lannilis est situé dans le Finistère. Il dispose d’une capacité d’accueil de 125 bateaux sur pontons. Il peut accueillir 4 bateaux sur corps mort. Le port est réservé aux bateaux de moins de 13 m. Attention, le tirant d’eau maximum est de 2.5 m.

Pont de Paluden est un pont en poutre en treillis sans raccordement supérieur. C’est pont routier (pont-route), un pont mixte acier-béton armé. Situé à Lannilis, ce pont était à l’origine un pont suspendu datant de 1851. En 1932, il a été remplacé par un pont auto-portant à structure métallique qui a été inauguré en 1933. Le pont suspendu de Paluden permet de rejoindre les deux rives et est désormais doublé par un pont récent situé plus en amont.

Construit en 1932 pour relier les communes de Lannilis et de Plouguerneau, séparées par l’aber Wrac’h, le pont de Paluden était bien malade, mis à rude épreuve durant la guerre et par les embruns, sa fermeture au public fut un moment envisagée. Aujourd’hui, il permet encore le passage quotidien de 1.200 véhicules, de piétons et cyclistes. Devant cette utilité toujours actuelle, et malgré la construction du pont du Léon, en 1984, il a donc été décidé de le restaurer. En 2005, la rénovation s’imposait et les travaux ont débuté mi-2006 (décapage et traitement complet de la structure métallique).

Le Bel Espoir II est une goélette à trois mâts et hunier à coque bois, qui a été acheté en 1968 par l’association Amis de Jeudi-Dimanche (AJD). L’AJD possède aussi, depuis 1973, la goélette à trois mâts Rara-Avis qui navigue aussi dans le même but associatif, promouvoir des stages maritimes permettant à des jeunes délinquants et à des toxicomanes de trouver la voie d’une réinsertion. Bel Espoir II fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques2 depuis le 26 mars 1993.

Après avoir vainement envisagé d’acquérir, dès 1961, un plus grand voilier, le Duchesse Anne, l’association du père Michel Jaouen (ancien aumônier des prisons), « Amis du Jeudi-Dimanche » (AJD), devient propriétaire du Bel Espoir II en 1968. Cette association, créée en 1954, dont l’acronyme signifiait initialement « Aumônerie de la Jeunesse Délinquante », a pour but l’organisation d’activités éducatives, de formation, de réinsertion et de loisirs. Le père Jaouen et le père Alain Maucorps emmènent à son bord des jeunes scolaires à travers l’Atlantique en 1971, puis de 1972 à 1974 des jeunes drogués à bord du Bel Espoir pour s’en sortir, cette opération de réinsertion étant subventionnée par l’État. L’ancien Bel Espoir II était à l’abandon dans le chantier naval de l’Enfer (rive gauche de l’Aber Wrac’h, limite entre Lannilis et Landéda).

En février 2017, un phénomène venteux a couché le Bel Espoir II, 73 ans, alors qu’il était au chantier de l’association, au fond de l’Aber Wrac’h, chantier naval de Lannilis qu’AJD a créé en 1999 au Moulin de l’Enfer (ce chantier est visible sur les rives de l’Aber Wrac’h au lieu-dit Moulin de l’Enfer). Une expertise des Monuments Historiques a conclu qu’une rénovation à l’identique n’était pas possible. L’association a fait le choix de construire un nouveau Bel Espoir II, avec une coque en acier de 37 mètres pour le navire amiral de l’association. Celle-ci est mise à l’eau chez Piriou, à Concarneau, au printemps 2019, sur laquelle seront transposées l’ensemble du gréement de l’ancien Bel Espoir, ses chaines et ancres, le guindeau, le moteur, les bossoirs, etc.. Le nouveau Bel Espoir navigue depuis l’été 2021. Ce trois-mâts est le fleuron de l’association d’insertion AJD, fondée par Michel Jaouen (1920-2016). Construite chez Piriou, la coque de 37 mètres a été aménagée dans le chantier d’AJD, sur l’Aber Wrac’h.

Le Rara-Avis est un dériveur de 27 mètres à la flottaison, construit en 1957. C’était le yacht personnel de Georges Lilliaz, le patron du BHV. Il l’a donné à l’AJD en 1974. Il a été entièrement rénové dans le chantier naval de l’Enfer, entre 1999 et 2002. Un dériveur, ça peut se faufiler presque n’importe où. Ça se pose comme une fleur sur le sable. En plus des 9 membres d’équipage, il peut accueillir 28 personnes, dans des cabines de 2 ou 4 places. Une personne en fauteuil peut y embarquer.

Démerdez-vous pour être heureux !” Connu pour ses coups de gueule comme pour ses coups de cœur, le Père Jaouen apostrophait ainsi ses équipiers. On ne saurait dire ses ouailles… tout prêtre qu’il fut. Au-delà du cap des 90 ans, Michel Jaouen (1920-2016) continuait de naviguer à bord du Bel Espoir et du Rara-Avis, les deux grands voiliers de l’association des Amis du Jeudi Dimanche. Il avait créé cette dernière en 1951, sous le nom d’Aumônerie de la jeunesse délinquante, pour offrir d’autres horizons à celles et ceux qui étaient pris au piège de la drogue, de l’alcool ou de l’errance, en mal de vivre.

Après l’observation de Bel Espoir et de Rara-Avis, nous avons poursuivi notre randonnée. Un aber est avant tout un estuaire, une ancienne vallée fluviale envahie par la mer il y a 7000 ans. Avec 34 km de profondeur, l’Aber Wrac’h est le plus long aber et le plus au nord de la côte finistérienne. C’est aussi le plus maritime avec une embouchure large de 2 km qui constitue un plan d’eau réputé pour la pratique des sports nautiques et ouvre sur l’archipel de l’Aber Wrac’h.

Nous avons terminé la partie matinale de notre balade en longeant la rive sud de l’Aber Wrac’h et puis en ralliant un restaurant à Bel Air, quartier est de Landeda, l’Odyssée. La pause méridienne bienfaitrice nous a donné le courage et l’envie de retourner à nos véhicules près de la stèle de Beg ar C’hastel. Le parcours nous a fait longer le port de l’Aber Wrac’h même, puis le phare de Saint Antoine et enfin traverser le Pont de Paluden, à 800 m de l’arrivée. Une belle journée de 17 km dans un cadre exceptionnel. Le moral était au plus haut comme à l’issue de chacune de nos randonnées hebdomadaires.

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On est goémonier à l’Aber-Ildut

Le goémonier ou pigoulier est un pêcheur spécialisé dans la récolte des algues marines, plus précisément du goémon. Terme attesté en 1922, goémonier désigne aussi depuis 1930, par métonymie, un type de bateau utilisé pour cette récolte. Ce métier a été pratiqué en Bretagne partout où la ressource est disponible, particulièrement dans le Pays des Abers (Plouguerneau, Landéda, etc.), le Pays pagan, le Pays d’Iroise (Le Conquet, Lampaul-Plouarzel et les communes voisines) et les îles comme celles de l’archipel de Molène, Ouessant, les Glénan, l’île Tristan, etc.

Le goémonier est un bateau de petite taille, à fond plat et non ponté, équipé d’un bras mécanique articulé plongeant dans l’eau et se terminant par un « scoubidou », outil en forme de crochet sur lequel les algues sont entraînées par un mouvement de rotation puis arrachées. Les algues remontées à la surface sont ensuite stockées dans la cale du bateau, une pompe tournant en permanence pour évacuer l’eau embarquée avec les algues.

La pêche du goémon, qui connut son plein essor pendant la seconde moitié du XIXe siècle, provoqua la création de véritables flottilles goémonières, principalement dans le Léon, en particulier à Plouguerneau, Landéda, Portsall, Saint-Pabu. À partir de la décennie 1870, les pigouliers, surnom donné aux goémoniers locaux, allaient cueillir le goémon de fond, le tali, principalement dans l’archipel de Molène autour des îles de Béniguet, Quéménès, Trielen et Bannec, plus secondairement autour d’autres îles (archipel des Glénan, Sein, Ouessant, etc.).

Vers 1920, plus de cent vingt bateaux « font le goémon » autour des îles de l’archipel de Molène et près de cent cinquante bateaux entre 1925 et 1930, années qui marquent l’apogée de cette activité. Le Conquet était, en raison de sa proximité des îles, le port où les pigouliers effectuaient leurs ravitaillements et embarquaient matériels et cheval, venus du Pays pagan (Le Pays pagan est un pays s’étendant sur la frange littorale septentrionale du Finistère, au cœur du Léon. Son nom vient du latin paganus signifiant païen. La justification historique de ce qualificatif n’est pas claire.)  sur des charrettes goémonières le plus souvent menées par l’épouse ou par un homme âgé.

Le déclin du métier dans la seconde moitié du XXe siècle. -Le métier de goémonier est en nette régression, bien que la demande en algues ne recule pas, essentiellement en raison des dangers présentés par la récolte des algues. Celles-ci colonisent en effet les zones rocheuses et affectionnent en même temps les forts courants marins, ce qui fait peser des dangers sur les occupants de bateaux de faibles dimensions. Au moins un accident survient chaque année durant la récolte du goémon. Les pêcheurs, qui auraient encore été plusieurs milliers à se consacrer à cette activité en mer durant les années 1950 au large de la Bretagne, ne seraient guère plus de 70 une cinquantaine d’années plus tard.

La modernisation des bateaux à partir de la décennie 1950, l’invention du scoubidou (un crochet en forme de tire-bouchon au bout d’un long manche, terminé par une manivelle) en 1960, puis la mise au point d’un bras hydraulique équipé d’une vis sans fin, ont transformé la vie des goémoniers. Le goémon n’est plus séché sur la dune et le débarquement est désormais mécanisé. Vers l’an 2 000, 60 000 tonnes de laminaires étaient pêchés chaque année, principalement sur la côte nord du Finistère, Lanildut étant le premier port goémonier d’Europe.

Yann Queffélec décrit en ces termes l’évolution des techniques de ramassage du goémon :

« On est goémonier à l’Aber-Ildut, chez moi, le premier port goémonier d’Europe, respect ! C’est avantageux pour l’emploi, pour l’économie, ça l’est moins pour les fonds marins. La cueillette se fait sur les platures de l’archipel de Molène, un jardin d’Eden amphibie peuplé d’algues uniques au monde. On les capturait à la faux, jadis, du bel artisanat manuel sans danger pour l’écosystème (…). Sont arrivés les navires à « scoubidou », merveilles de la technique déprédatrice, et c’est à l’arrache qu’on a tondu les sirènes ondoyantes, extirpé du flot les rutilantes chevelures de la mer océane, en quantités industrielles désormais. Et l’arrache ayant bonne conscience, on a réfléchi que le « peigne » arrachait plus vite et mieux que le « scoubidou », et que personne n’irait jamais voir ce qu’il advenait de la mer défigurée… »

Source : Wikipédia.

Le goémonier « Nautilus » a coulé, ce vendredi 17 avril 2020, en mer d’Iroise, entre l’île de Molène et le continent. Le navire a heurté des rochers près de la pointe du Corsen. Après avoir émis un signal d’alerte peu avant 9 h 00, les deux pêcheurs ont abandonné « Nautilus », qui subissait une voie d’eau, pour se retrouver dans un canot de sauvetage. À 9 h 01, le goémonier a coulé. Une vingtaine de minutes plus tard, les deux marins étaient récupérés sains et saufs à bord d’un autre goémonier, « L’Enoric », qui s’était rendu sur zone et les a ensuite déposés à Lanildut.

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Mes oiseaux familiers et fidèles

J’ai toute une collection d’oiseaux artificiels pour décorer ma pièce à vivre et mon jardinet.

Beaucoup d’oiseaux communs viennent chaque jour s’alimenter à deux mètres de ma place à table pour le petit-déjeuner et les repas de la journée. Ils m’accompagnent et le spectacle de leur cohabitation devant leur pitance me procure un bienêtre fou.

L’étourneau sansonnet. Petit oiseau noir à bec jaune, l’Etourneau sansonnet peut aisément être confondu avec une autre espèce très commune, le Merle noir. Si vous avez déjà eu la chance d’observer une nuée d’oiseaux, appelée « murmuration » en anglais, vous savez à quel point le phénomène est captivant. Prenant la forme d’un énorme nuage dansant dans le ciel, les oiseaux se rassemblent et performent un ballet aérien à couper le souffle. Oiseau sociable et bruyant, l’étourneau est un visiteur fréquent des jardins, se nourrissant dans les pelouses et dans les arbres, où il capture des insectes. Il se nourrit généralement en groupe, dans un fracas impressionnant. En hiver, des bandes immenses traversent le continent.

Ils ne sont que rarement plus de trois au ravitaillement dans mon jardin. Plus fréquemment seul ou à deux pour se restaurer, ils n’effraient pas les moineaux et autres mésanges, pinson ou tourterelle qui viennent se restaurer.

Le merle. Merle noir, plus communément merle est un oiseau qui appartient à la famille des Turdidés et à l’ordre des Passériformes. Il est présent au jardin durant toute l’année. En hiver, il aime picorer quelques fruits dans la mangeoire. Dès le début du printemps, il se cherche un poste en hauteur d’où faire résonner son chant. Le merle sautille sur ses deux pattes ou fait quelques pas pour ensuite s’immobiliser totalement. Le Merle noir occupe volontiers les sous-bois, les forêts mixtes (pas de conifères), les jardins petits ou grands, même en ville, et niche communément dans les haies touffues. Sa femelle, la merlette et son petit le merleau. Il arrive souvent que le merle fasse deux couvées par année. Le Merle Bleu a été sauvé de justesse car il était en voie de disparition. Le Merle Noir fait partie de la même famille. La durée de vie d’un merle varie de 4 à 20 ans selon l’espèce.

La mésange. Mésange est un nom vernaculaire ambigu en français. Les mésanges sont des passereaux, pour la plupart de la famille des Paridés, hormis quelques-uns qui, comme la mésange à longue queue, font partie de la famille des Aegithalidés. Les mésanges sont de petits oiseaux actifs, au bec court, de forme assez trapue. Calotte noire, joues blanches, dos verdâtre, une bande noire traversant le long de sa poitrine et de son ventre jaune, ses couleurs et son comportement permettent une identification rapide ! La plus grande et la plus nombreuse est sans conteste la mésange charbonnière. Nettement plus petites, la mésange à tête bleue et la mésange huppée se repèrent facilement grâce à leurs remuantes postures d’acrobates, suspendues dans les arbres la tête en bas et à leurs incessants bavardages ! Très familières, elles n’hésitent pas à venir prendre leur nourriture à proximité immédiate de l’homme. Très petites mais vives et furtives, mésanges nonnettes et mésanges noires arrivent discrètement aux mangeoires.

Le moineau. Le Moineau domestique est une espèce de petits passereaux. C’est un petit oiseau assez trapu, mesurant environ 16 cm de long pour un poids allant de 24 à 39,5 g. Il présente un dimorphisme sexuel, comparable à celui du Moineau rutilant. Les femelles et les jeunes oiseaux sont pâles, colorés de brun et de gris, tandis que les mâles ont le teint plus vif, avec des marques noires, blanches et brunes. Granivore, il se nourrit majoritairement de céréales et d’autres graines, mais se montre opportuniste, consommant divers invertébrés, les insectes en premier lieu, qui servent par ailleurs d’alimentation de base aux oisillons. Ses prédateurs principaux sont les chats domestiques et les rapaces.

Le Moineau domestique est très sociable, et vit souvent en bandes. Il est grégaire en toutes saisons lorsqu’il s’alimente, formant souvent des volées mixtes d’alimentation, c’est-à-dire mangeant en compagnie d’individus appartenant à d’autres espèces. Il perche en groupe, les nids sont généralement situés ensemble dans les massifs végétaux, et il présente aussi un certain nombre d’activités sociales, telles que le bain de poussière ou d’eau, et le chant en groupes, lors duquel les oiseaux s’appellent mutuellement dans les buissons. La femelle du moineau est la moinelle et son petit est le moinet.

La mouette. Le terme « mouette » ou « goéland » est tout à fait arbitraire, pour les anglo-saxons, leur nom est « gull ». La mouette en possède un petit et de couleur rouge tandis que le goéland arbore un gros bec jaune qui laisse apparaître une petite tache rougeâtre visible sous la partie inférieure. Le bec est aussi légèrement crochu. Comme pour la quasi-totalité des oiseaux, le petit de la mouette est appelé poussin ou oisillon. Le cri du goéland est le pleur ou le raillement. La plupart des espèces de mouettes vivent en groupe. Elles se rassemblent pour nidifier, elles traquent la nourriture ensemble et on peut les voir voler au-dessus des océans en formation derrière les bateaux de pêche notamment pour espérer récupérer des petits poissons. À la période hivernale, les mouettes migrent vers le Sud, certaines d’une manière que partielle.

Certaines espèces de mouettes s’aventurent loin des rivages à l’intérieur des terres, dans les villes. Ce sont elles qui se nourrissent des déchets produits par l’homme et que l’on trouve en quantité au-dessus des dépôts d’ordures. C’est un oiseau omnivore, donc un animal qui mange de tout. Elle se nourrit d’insectes, de vers de terre, de poissons, et de petits fruits. Elle, et les goélands, ne dédaigne pas les sites d’enfouissement à la recherche de déchets de table. La mouette vit près des étangs, les marais et même dans les villes ou elles dévorent tout ce que les gens jettent qui est comestible. Les mouettes sont souvent attirées par les contenants à ordures des restaurants. Elles se posent sur les cheminées de la maison de notre voisin et ne viennent jamais dans mon jardin. Les petits oiseaux et les pigeons ne sont jamais importunés par les mouettes qui braillent à proximité.

Le pigeon. Le Pigeon biset est une espèce d’oiseaux de la famille des Columbidés. C’est l’espèce qui comprend le pigeon domestique et la plupart des pigeons des villes mais qui subsiste également comme oiseau sauvage dans son milieu naturel original : les falaises et autres milieux rocheux. «Imbécile», «sot», «crétin»… Quand il est question de qualifier le degré d’idiotie d’un individu, le dictionnaire n’est jamais en reste. Et a fortiori, il ne manque pas de mots d’oiseau. C’est le cas par exemple de l’expression «être pris pour un pigeon». Mais que vient faire cet étrange volatile dans nos conversations? Oiseau (columbidé) assez gros, souvent gris, très commun dans les villes, connu pour sa démarche oscillante et pour son cri, le roucoulement. Parmi les 60 espèces d’oiseaux nicheurs à Paris, le pigeon reste l’animal le plus emblématique des grandes villes où il fait partie intégrante du décor. Il y a 100 000 pigeons à Paris. Il y a plus de 300 espèces de pigeons à Paris. le pigeon ramier, également appelé palombe. Légèrement moins présent en ville, le pigeon ramier niche dans les arbres, mais également de plus en plus dans les jardinières et les balcons. Animal opportuniste débarrassant les petits déchets abandonnés au sol par l’homme, le pigeon s’alimente très bien par lui-même.

Majoritairement granivore, sa colonisation en ville l’a rendu omnivore. Ainsi, il n’hésite pas à piller les poubelles et, tant que l’espace et la nourriture foisonne, il assure une descendance féconde. Inutile de le nourrir : cela encourage la fidélisation en un lieu et la prolifération de ces volatiles, qui, en surnombre, finissent par vivre dans des conditions sanitaires déplorables. De plus, cela favorise le regroupement et rend les pigeons dépendants. D’autant que le « nourrissage » est interdit et passible d’une amende de 68 euros (article R 632-1 du code pénal-cas 2).

Petit aparté dont l’idée m’est venue en lisant l’article R 632-1 du code pénal : Les déjections canines sont autorisées dans les seuls caniveaux à l’exception des parties de ces caniveaux qui se trouvent à l’intérieur des passages pour piétons. En dehors des cas précités, les déjections canines sont interdites sur les voies publiques, les trottoirs, les espaces verts publics, les espaces des jeux publics pour enfants et ce par mesure d’hygiène publique. Tout propriétaire ou possesseur de chien est tenu de procéder immédiatement par tout moyen approprié au ramassage des déjections canines sur toute ou partie du domaine public communal. En cas de non-respect de l’interdiction, l’infraction est passible d’une contravention de 1ère classe soit 11 euros pour la majorité des contraventions de 1ère classe L’amende forfaitaire sera majorée à 33 euros si elle n’est pas payée dans les 45 jours suivant la date de la contravention. Le tarif maximal de la contravention est ensuite de 38 euros.

Le pinson. Le Pinson des arbres est une espèce de petits passereaux, partiellement migrateur, très répandu, de la famille des fringillidés. C’est la plus fréquente et la plus répandue des trois espèces de pinsons. Le pinson des arbres adulte, d’environ 15 cm de long, ainsi que le juvénile possèdent deux barres alaires blanches, assez significatives et la queue est gris-ardoisé au centre, avec les rectrices blanches. Ses yeux sont marron foncé. Ses pattes et ses doigts sont brun clair à gris foncé. L’hiver, le plumage du pinson se ternit légèrement. Adulte, il pèse entre 18 et 25 grammes. Le pinson des arbres préférant se nourrir sous les mangeoires que dedans, on le trouve souvent à sautiller sur le sol à récupérer les graines tombées.

Le nid est construit dans un arbre ou arbuste situés dans un bois, un parc ou un jardin. IL est toujours bien camouflé, dans le creux des branches. Il affectionne les arbres fruitiers (pommiers, poiriers,…) Le nid est souvent invisible car il est construit lorsque les feuilles sont déjà bien déployées. Il faut environ 1300 voyages à la femelle pinson pour construire le nid. Le résultat est un véritable chef d’œuvre en forme de coupe profonde fabriqué extérieurement avec mousses, écorces, racines, lichens et consolidé à l’intérieur avec de la toile d’araignée.

Le rouge-gorge. Le rouge-gorge est un nom vernaculaire donné à plusieurs oiseaux Passeriformes en raison de la couleur rouge du plumage de leur poitrail. Ces espèces ne sont apparentées que de loin. Il y a aussi un rouge-gorge en Amérique. L’orthographe rouge(s)-gorge(s) est préférée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales, mais la Commission internationale des noms français des oiseaux utilise l’orthographe rougegorge(s). L’alimentation des rouges-gorges est basée sur des insectes (notamment des coléoptères), des escargots, vers, araignées, des petits invertébrés, il aime particulièrement les vers de farine, les graisses comme le beurre et la margarine. Asocial, le rouge-gorge ne partage la mangeoire qu’en cas de disette.

Nid : Le rouge-gorge fait son nid dans les trous d’arbre et de mur, également dans les jardins et dans les haies, parmi les plantes grimpantes, sur les étagères des dépendances, souvent à proximité d’une touffe herbeuse ou d’un arbuste. Le mâle et la femelle sont presque identiques, avec une couronne, des ailes, le dessus et la queue de couleur brune, une bande grise sur les côtés de la gorge, un ventre blanc et la fameuse « gorge rouge », plus précisément de couleur orange foncé tirant vers le rouge.

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Le cimetière de bateaux de Rostellec

0 – Situé à l’ouest de la presqu’île que forme désormais l’Île Longue, Rostellec est habité depuis au moins l’époque gallo-romaine ; un four à chaux et un dépôt de bois y étaient implantés au XVIIIème siècle et de nombreuses carrières y ont été exploitées. Un port s’y est développé au XIXème siècle, assurant un trafic de cabotage dans la Rade de Brest et exportant sables coquilliers et maërl. La pêche à la coquille Saint-Jacques s’y développa aussi et, entre 1957 et 1981 un chantier naval venu du Fret, le chantier Auguste Tertu.

Rostellec est désormais connu par son cimetière de bateaux. Une chaussée sur l’estran y reste visible, témoignage des activités maritimes passées. Une nouvelle cale y a été construite en 1960 pour compenser l’interdiction d’utiliser désormais celles de l’Île Longue voisine, en raison de la présence de la base sous-marine.

L’anse de Rostellec, dépendant de la commune du Fret en Presqu’île de Crozon, possède l’un des trois cimetières de bateaux de la Presqu’île avec celui du Sillon de Camaret, le plus touristique et celui du Fret plus modeste.

1 – En novembre 2017, accusé de « jet ou abandon de déchets sur les rivages de la mer », Pierre Tertu doit débarrasser la grève du Treizic en Rostellec, à Crozon des épaves de bateaux.

La grève du Treizic en Rostellec, à Crozon est bien connue de tous les marins. C’est là qu’Auguste Tertu, le père de Pierre a lancé ses plus grands bateaux en bois, des langoustiers mauritaniens notamment, dont le Banc d’Arguin, de 37 m de long, en 1961, considéré comme le plus grand bateau de bois en Europe.

Auguste n’est plus et les épaves gisent sur la grève, témoins silencieux et imposants d’une construction navale florissante. Comment ne pas comprendre son fils Pierre qui a reçu la convocation du procureur de la République de Quimper: « Vous avez fait l’objet d’une procédure établie par la brigade nautique de Telgruc le 19 octobre 2017 pour jet ou abandon de déchets en nombre important sur les rivages de la mer, faits commis du 1er octobre 2014 au 19 octobre 2017. »

« Les Affaires maritimes considèrent les épaves comme des déchets, alors que ce sont des éléments irremplaçables du patrimoine maritime ».

Pierre Tertu : « Mon père Auguste a construit ici son premier bateau, un voilier, en 1920, il avait 14 ans, se souvient-il. Et il a construit son dernier ici, en 1983, un ligneur pour les Côtes-d’Armor. Il est décédé avant de le terminer, et j’en ai fait un voilier nommé Auguste Tertu ». Pour être plus précis, le premier chantier d’Auguste Tertu se situait sur les bords de l’étang du Fret, à l’emplacement actuel des chantiers Stipon. « D’ailleurs, il se pourrait bien que ces épaves du Fret qui sont sur le bord de la route subissent le même sort ».

La petite route bitumée qui mène de ces chantiers à celui de Tertu s’appelle d’ailleurs rue Auguste-Tertu. Et quand on arrive sur la grève du Treizic, ce sont une vingtaine d’épaves qui se trouvent sur une plage de sable et de galets. « On veut faire effacer tant de choses, poursuit celui que le plan Mellick, ordonnant la destruction des vieux bateaux, a poussé à changer de métier et à devenir marin à 57 ans. On voudrait faire disparaître ces bateaux qui ont fait vivre tant de marins et leurs familles. On veut anéantir tout ça. »

Auguste Tertu était admiré de beaucoup de marins. Il avait cette grande originalité de construire aussi bien pour la pêche que pour la plaisance. « C’était un fin régatier et, quand les plaisanciers voyaient arriver son bateau, ils disaient que ce n’était pas la peine de lutter ».

Pourquoi les magnifiques épaves de Camaret tant photographiées par les touristes peuvent rester près de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour ? « Parce qu’elles se situent dans l’enceinte portuaire, explique Pierre Tertu. Tandis qu’à Rostellec, c’est le domaine public maritime. »

2 – Décembre 2017. SAUVONS NOS ÉPAVES ! NOS VIEILLES COQUES NE SONT PAS DES « DÉCHETS » ! plaident les amoureux de la mer et des vieilles coques, amoureux de le mer et des bateaux…

Le cimetière à bateaux de Rostellec, dans la presqu’île de Crozon, est la dernière étape de nombreux bateaux de pêche en bois. Beaucoup y furent construits à cet endroit par Auguste Tertu, l’un des plus fameux charpentiers de marine de la région. D’autres vieilles coques, celles-ci en parfait état de naviguer, sont entretenues sur place avec l’aide de Pierre Tertu, qui a repris une partie des activités de son père.

L’ensemble formé par ces bateaux est admirable. Pour tous les amoureux de la mer, ces vieilles coques sont un élément majeur de notre patrimoine maritime. En plus, elles ne sont pas éternelles. Alors, laissons-faire le temps. Mais l’idéologie sécuritaire menace de détruire ce qu’elle considère comme des « déchets » !

Sans la moindre tentative de conciliation, les foudres de la puissance publique vont s’abattre début décembre sur les propriétaires de ces vieilles coques. Les épaves du Fret, proches de celles de Rostellec, sont probablement elles-aussi, menacées. Et pourquoi pas, tant qu’à faire, d’autres épaves de Bretagne !

Le droit que s’arroge la puissance publique à décider seule de ce qui appartient ou non au patrimoine et à l’histoire locale est contestable. La puissance publique ferait mieux d’aider les acteurs locaux à mettre en valeur le patrimoine maritime.

3 – 13 juillet 2018. Rostellec. Pierre Tertu n’en peut plus du vandalisme. Peu entretenu par la commune et victime d’actes répétés de vandalisme, le site de Rostellec est en danger, un SOS pour ces épaves qui ne méritent pas de mourir deux fois.

Bordées, poulies, bouts… De nuit en nuit, les épaves de Rostellec se déshabillent. Armés de scies électriques et de masses, les voleurs taillent les carcasses des bateaux pour revendre ces vieux os à prix d’or sur les marchés d’artisanat marin. Ces actes de vandalisme mettent en émoi les amoureux de la mer, à commencer par Pierre Tertu, fils d’Auguste, célèbre charpentier de marine.

Disparu en 1982, il aura construit plus de mille bateaux alliant méthodes ancestrales et techniques inventives, dont le Banc d’Arguin, plus grand mauritanien d’Europe à l’époque. Ce sont principalement ses créations que Pierre voit partir en lambeaux. Bien que doté d’une volonté digne de celle de son père, Pierre, 80 ans, ne peut pas tout faire.

« On nous abandonne » – Grâce à son énergie pourtant, le cimetière a bien meilleure allure depuis quelque temps. Accoutumé à voir les bateaux de son père côtoyer déchets et coques en plastique abandonnés, il prend conscience de l’urgence. Avec le soutien de l’association Rostellec Patrimoine, il fait dégager les bateaux abandonnés et nettoyer la grève. La mairie a évacué douze tonnes d’algues amoncelées…

C’est pourtant un lieu de mémoire. La Drac (Direction régionale des affaires culturelles) le cite dans son inventaire comme un « condensé de l´histoire maritime de la rade de Brest ». Il devient urgent de valoriser l’endroit.

Des épaves en danger sont des épaves dangereuses – Malgré les plaintes déposées par Pierre, la gendarmerie n’a pas les effectifs pour patrouiller régulièrement sur ce secteur. Rostellec n’est pas privilégié en matière d’entretien des espaces verts, et pourtant il faut agir.

À force de dégradations, les épaves pourraient s’écrouler et blesser un visiteur. Les responsabilités ne sont pas plus claires que le statut de ce lieu.

Finalement, tout dépend de ce qu’on voit derrière ce bois. Pierre Tertu voit « des chênes, des pins, le bûcheron et la scierie, le charpentier, les mécaniciens puis les pêcheurs et les criées ». Il voit les vies que ce bois a portées et ramenées au port et se dit que « si après cinquante ans de mer il revient là, et au nom de tous les pêcheurs qui ne sont jamais revenus, le bateau a bien mérité une récompense, un peu de respect, je pense ».

4 – Le Hêtre et L’ Averse, deux navires échoués dans l’anse de Rostellec depuis cinquante ans ont été déconstruits en novembre 2019. Ils présentaient une problématique de sécurité publique.

Le Hêtre était un ancien remorqueur de 15 m pesant 50 tonnes, L’Averse un ancien navire-citerne à vapeur long de 35 m et d’un poids à vide de 185 tonnes. Les propriétaires les avaient acquis sur la base de projets précis qu’ils n’ont pas concrétisé. Ils les ont abandonnés. N’ayant pas fait l’objet d’une déclaration d’affectation commerciale, ces navires étaient classés comme navires de plaisance. Les propriétaires étant insolvables, l’État a pris la décision d’assumer la déconstruction de ces épaves pour la somme de 300 000 €.

5 – « Depuis un mois (février et mars 2020), mes épaves sont régulièrement dégradées. Cela les fragilise et les rend très dangereuses pour les visiteurs ! ». À Rostellec, Pierre Tertu s’occupe d’une douzaine d’épaves de bateaux construits au Fret par son père, Auguste. « Quand on touche aux épaves, c’est comme si on m’enlevait un morceau », tonne Pierre.

Dans l’anse, les squelettes des bateaux font triste mine, les bordées arrachées par des collectionneurs de bois flotté. Les épaves de Rostellec sont sur une zone qui fait partie de la zone de protection de l’Île Longue, où rien n’est fait pour protéger ces épaves, sur lesquelles on a également volé du matériel. «Il faut absolument protéger notre patrimoine historique ? » Pourtant Rostellec fait partie des lieux que conseillent les offices de tourisme aux visiteurs… Mais c’est devenu un lieu dangereux, malheureusement.

La partie moyenne fait face au chantier naval : à la différence de Camaret, dont les sept navires, tous en bois, proviennent tous des chantiers locaux, ont tous navigué pour la pêche à Camaret entre 1940 et 1980, et s’alignent le long de la courbe du Sillon, les épaves qui se trouvent à Rostellec  paraissent comme jetés par quelque seïsme dans un beau désordre où se mêlent des bateaux de tous types. Les épaves abandonnées se mélangent aux bateaux qui attendent, ou ont attendu, une éventuelle restauration, du temps où Pierre Tertu, fils d’Auguste, rachetait des coques à remettre en état, à ceux qui sont pris en charge par le chantier actuel ou placés en gardiennage, et à de pimpants canots qui ont choisis ce coin tranquille comme mouillage d’échouage. D’autres datent peut-être du temps où le chantier d’Auguste Tertu était en activité (1957-1981) et produisait des langoustiers et thoniers de 20 mètres.

Le cimetière de bateaux de Rostellec est un condensé de l´histoire maritime de la rade de Brest en général et de la presqu´île de Crozon en particulier. A côté des gabares à eau, les embarcations de transport et de plaisance se disloquent au milieu des langoustiers et des thoniers, les carcasses de bois et de fer se mélangent, certains finissent leur course au pied de la cale où ils ont été lancés voici plusieurs décennies. Ce musée à ciel ouvert est un témoignage éphémère.

Entre les coques, on voit encore la Cale de lancement en ciment de 18 m de long qui  servait  jusqu´à la fin des années 1970 à mettre à l´eau les bateaux construits par le « charpentier de Rostellec ».

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Menhirs et Chaos autour de Porspoder

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1 – Menhirs de St-Dennec. Attraction touristique à Porspoder – Feunteun Ar Bleis, 29840 Porspoder – Alignement formé par les quatre menhirs de Saint-Denec à Porspoder (Je n’en ai vu que deux !!). Classement par arrêté du 27 décembre 1923. Périodes de construction : Néolithique

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2 – Menhir de Kergadiou à Plourin – Le menhir de Kergadiou est un monument mégalithique de France situé dans le Finistère sur la commune de Plourin. Avec 8,75 mètres de hauteur, c’est le deuxième plus haut menhir de Bretagne après celui de Kerloas. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 25 septembre 1883. À quelques mètres de lui se trouve un menhir couché inachevé et jamais dressé comme en témoignent ses parois non polies. Ils ont tous les deux été taillés dans le granite local de l’Aber Ildut. Une légende raconte qu’une dame des îles Britanniques aurait volé le menhir à une sorcière qui, furieuse, aurait lancé un énorme bloc de pierre pour le pulvériser. Manquant son objectif de quelques dizaines de mètres, son projectile se serait fiché en terre, donnant naissance au menhir couché.

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Le menhir a été érigé durant le Néolithique. Le Néolithique, qui succède au Mésolithique, est une période marquée par de profondes mutations techniques et sociales, liées à l’adoption par les groupes humains d’un modèle de subsistance fondé sur l’agriculture et l’élevage, et impliquant le plus souvent une sédentarisation. Les principales innovations techniques sont la généralisation de l’outillage en pierre polie, la poterie, ainsi que le développement de l’architecture. Le Néolithique débute au Proche-Orient vers 8 500 ans av. J.-C. dans le Croissant fertile, et atteint la Grèce vers 6 500 ans av. J.-C. Il commence en Chine un peu plus tard, vers 6 000 ans av. J.-C. Le Néolithique prend fin avec l’apparition de la métallurgie du bronze (alliage de cuivre et d’étain), à partir d’environ 3 000 ans av. J.-C. en Anatolie.

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3 – La commune de Larret avait 166 habitants en 1793 et 197 en 1806 (année du maximum de population depuis que les recensements existent) ; sa population s’abaisse à 131 habitants en 1831, remonte jusqu’à 190 habitants en 1861, puis s’abaisse régulièrement pour n’atteindre que 104 habitants en 1926 ; après une timide remontée jusqu’à 127 habitants en 1936, la population diminue à nouveau pour n’être plus que de 84 habitants, lors du dernier recensement précédant la fusion avec Porspoder survenue au 1er janvier 1971 (arrêté préfectoral en date du 30 décembre 1970).

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Selon Louis Le Guennec, vers 1920, Larret « est la moins peuplée et l’une des plus petites, après Locquénolé, des communes du Finistère. Mais son bourg en est assurément l’un des moins banaux et un artiste en fera toujours la découverte avec joie. Il se compose en effet, en tout et pour tout d’une vétuste chapelle quasi abandonnée, d’un vieux manoir noble à colombier, d’un autre logis archaïque fortifié d’un semblant d’échauguette, d’une maison ruinée et enfin un débit-épicerie-forge, seul logis moderne et vivant au milieu de cette Pompeï léonarde ».

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Chapelle Saint-Léonor. Un lieu de culte très ancien aurait existé sur ce site avant d’être christianisé au Moyen Âge, si l’on en croit la stèle de l’âge de fer surmontée d’une croix pattée et nimbée visible dans l’enclos. La chapelle actuelle offre la particularité d’offrir, intégrés dans la maçonnerie des murs, des vases acoustiques dont le col ouvert permet d’amplifier la voix du prédicateur et des chanteurs. Elle a été édifiée au 16ème siècle dans le bourg de Larret, paroisse indépendante jusqu’en 1810 et commune jusqu’en 1970, lorsqu’elle fut rattachée à Porspoder (« Porzhpoder » en graphie bretonne actuelle, Porspoder vient de porzh et poder (port et potier en breton), « Le port du potier ». Un lieu-dit situé à quelque distance du bourg se nomme en breton Mezou Pors-podérou (« Champ des potiers du port »). Saint Léonor pourrait être Sant Lanar, auquel est dédiée la fontaine voisine, dont l’eau est bienfaisante pour les yeux.

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4 – Le Menhir de Kerhouezel est un monument situé sur la commune de Porspoder (Finistère, Bretagne). Il constitue un attrait pour les vacanciers lors d’un séjour dans la région. Le grand menhir de Kerhouézel, autrefois appelé « menhir de Kereneur » a été classé monument historique le 22 février 1921.

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5 – Chaos de Roc’h Bras, 35 Hent ar Roc’h Vras. Les chèvres aident à mettre en valeur ces mégalithes aux sculptures attrayantes.

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La carrière de Kerglonou – Granite de l’Aber Ildut, en février 2020

Un patrimoine unique : la présence sur le territoire communal de Plouarzel de nombreuses carrières et, en particulier, de « Chantier Braz », le Grand Chantier ou la grande carrière, de ce célèbre granite dit de « l’Aber Ildut » suscite l’intérêt.

On trouve des sites d’exploitation du granite dans différentes communes du massif granitique de l’Aber-Ildut, de Lampaul-Plouarzel à Porspoder.

Que reste-t-il de ces carrières ? Une exploitation abandonnée depuis une quarantaine d’années, des sites envahis par la végétation, des bâtiments en ruines, mais aussi de splendides et très nombreuses réalisations de cette superbe roche, des plus modestes aux plus grandioses.

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Retrouver les lieux, les travaux, l’ambiance, l’histoire de ces carriers a constitué un travail complexe et fastidieux rassemblé sur des documents (les sites d’extraction, d’exploitation, réalisations, les témoignages d’anciens carriers, de descendants, de proches, de professionnels et de toutes personnes ayant eu contact avec le monde des carrières… Des panneaux ont été disposés afin de fournir quelques explications sur le site de l’ancienne carrière de Kerglonou.

Les carrières de pierre de l’Aber Ildut ont connu, tout au long de leur histoire, des époques prospères et d’autres délicates. Convalescentes entre les deux guerres elles ne survivront pas aux bouleversements des années cinquante et à l’invasion de nouveaux matériaux comme le béton.

Autrefois employée dans un but utilitaire, cette pierre est devenue davantage utilisée pour sa beauté. Aujourd’hui elle ne trouve usage que lors de restaurations ou réhabilitations provenant souvent de démolitions ; c’est le cas de l’ossuaire de Plouarzel, monument classé, démoli il y a plusieurs années pour faciliter la circulation ; les pierres ont dû être artificiellement vieillies pour mieux s’accorder avec la pierre en place.

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Les tentatives de remise en exploitation sont soldées généralement par des échecs. Quelques projets n’ont jamais aboutis. La réglementation en matière d’activité extractrice ne permettrait d’ailleurs pas aujourd’hui une exploitation en bord de mer.

On accède à l’ancienne carrière de Kerglonou, sur la rive sud de l’Aber Ildut par la route D28 entre Plouarzel et Brélès puis on suit la route fléchée « Cale de Kerglonou » jusqu’au quai. Un large chemin carrossable longe l’Aber Ildut et mène à l’ancienne carrière que l’on appelait autrefois Chanter braz ( le grand chantier ).

Le granite de l’Aber Ildut est réputé depuis la Préhistoire ; de superbes menhirs, comme ceux de Kerloas et de Kergadiou, ont été taillés dans cette roche. Plus tard, à l’époque gauloise, il fut le matériau de nombreuses stèles.

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La roche affleure en divers endroits autour de Lanildut et de Porspoder, mais c’est surtout en bordure du rivage et de l’Aber Ildut que l’homme l’a, de tout temps, prélevée pour ses constructions. Elle forme souvent de gros parallélépipèdes favorisant son exploitation.

Le magma granitique fut injecté il y a environ 300 millions d’années dans une faiblesse de l’écorce terrestre dite de Porspoder. Il est l’un des granites les plus récents en France.

Le granite extrait à Kerglonou contient du mica noir et de gros cristaux de feldspath rose qui lui confèrent sa jolie teinte et lui procurent une grande résistance à l’érosion. Cette roche prend un superbe aspect au polissage. Les tailleurs de pierre l’ont appelée « granit de Laber », L’Aber en un seul mot. Il renferme fréquemment des enclaves oblongues gris sombre nommées « crapauds » par les carriers.

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On peut admirer le granite de l’Aber Ildut en se déplaçant parmi les blocs jonchant ce qui reste de l’ancienne carrière, Chanter Braz (le Grand Chantier), abandonnée quelques années avant la Seconde guerre mondiale.

L’actuelle maison en ruine abritait une forge au rez-de-chaussée, où l’on confectionnait et réparait les outils de taille, ainsi que des bureaux à l’étage. Les carriers exploitaient à l’arrière le versant du plateau descendant vers l’Aber Ildut, le long d’un front de taille formant une falaise d’une dizaine de mètres de hauteur.

Les pierres débitées et taillées sur place sous un hangar étaient ensuite transportées par voie maritime grâce au quai qui fait face à la maison en ruine. De nombreuses gabarres à voiles de la région ont effectué ainsi pendant des années le transport du granite des carrières avoisinantes vers Brest ainsi que vers les ports de Bordeaux, Cherbourg, Le Havre, Rouen, Paris et Dunkerque. Pendant la seule année 1905, on a dénombré 1215 navires dans le port de l’Aber-Ildut, qui ont chargé 45468 tonnes de granite. Cette roche a aussi servi à la construction des quais de Londres. Elle fut un moteur pour toute l’économie locale pendant plusieurs siècles.

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Le granite rose de l’Aber Ildut a conquis ses lettres de noblesse au XIXe siècle lorsqu’il fut choisi pour confectionner le piédestal de l’obélisque sur la place de la Concorde, à Paris.

Cet obélisque avait été donné à la France en 1829 par le sultan Méhémet Ali, vice-roi d’Egypte. C’était un geste de remerciement envers le pays qui, grâce à Champollion, avait permis de déchiffrer les hiéroglyphes et ainsi de faire découvrir au monde entier l’étendue de la civilisation antique égyptienne. En fait ce sont deux obélisques qui furent offerts : ceux qui encadraient l’entrée du temple de Louxor. Comme il n’était pas possible de faire voyager ensemble deux monuments de 23 m de long et de 230 tonnes chacun, Champollion fixa son premier choix sur celui de droite.

L’obélisque, ainsi que son support, furent transportés par la voie maritime jusqu’à Paris. Mais, petit problème, l’ornementation du piédestal qui montrait des babouins en érection fut jugée trop obscène pour figurer sur un monument public…

Tout en destinant l’original au musée du Louvre, on décida donc de remplacer l’ensemble du piédestal. Le choix fut porté sur le « granit de Laber », le plus proche dans sa composition du granite d’Assouan.

Issus de 5 carrières proches, les éléments du nouveau piédestal, dont le plus gros pesait plus de 100 tonnes, furent chargés dans l’Aber Ildut. Pour embarquer de tels blocs de roche, la coque du Luxor avait été sciée et sur l’estran submergé 2 fois par jour on avait construit un ber de 60 m de longueur.

L’inauguration de l’ensemble eut lieu en présence du roi Louis-Philippe, le 25 octobre 1836. Une réplique en réduction de l’obélisque de la Concorde a été dressée en 2015 devant l’arrière-port de Lanildut, en mémoire de cet événement et surtout en hommage à tous les carriers.

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Quid du second obélisque ? Il y en avait bien deux qui avaient été donnés à la France… Comme il avait fallu sept ans pour faire ériger le premier à Paris, et aussi par mesure d’économie, il fut décidé de remettre le projet de transport à plus tard…

Puis on l’oublia… En 1981, le président Mitterrand rendit officiellement à l’Egypte cet obélisque qui n’avait toujours pas bougé du lieu où il avait été érigé dans l’Antiquité. Bien peu de personnes aujourd’hui savent encore qu’un court moment de son histoire ce monument était devenu français.

Référence : Patrimoine d’Iroise.

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Automne 2019 à Brest

Espace idéal de développement et de pratique des activités nautiques : départ de tous les records à la voile, Brest et sa rade déclinent le plaisir des activités nautiques sous toutes ses formes. Ainsi, on y croise plongeurs, sportifs de haut niveau, amateurs de promenade, de marche aquatique et de cabotage, kite-surfeurs…

1 – L’église paroissiale Saint-Marc fut construite à son emplacement actuel en 1866 peu après la création du nouveau bourg de Saint-Marc ; détruite par les bombardements, elle fut reconstruite après la Seconde Guerre mondiale.

2 – Brest et ses environs recèlent des pépites qu’on découvre à travers les circuits de balades. En sportif aguerri ou en flâneur du dimanche, je découvre un patrimoine historique, architectural et artistique dont ce site des arts de la rue au rond-point de Palaren. Les Renc’Arts hip hop poursuivent la valorisation de l’art Urbain en proposant comme chaque année un temps fort « graff » en partenariat avec le collectif des Graffeurs de Brest pour permettre la réalisation d’une jam graff rassemblant plusieurs artistes de haut niveau sous la direction artistique du réputé « Wen2 », dans un lieu inédit : le tunnel de Palaren.

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3 – Véritable poumon vert de 40 hectares, le vallon du Stang-Alar est un espace de nature se déroulant le long de la rivière séparant Brest de Guipavas. Il abrite notamment le jardin du conservatoire botanique national, créé en 1975, qui est dédié à la préservation des plantes sauvages menacées de disparition.

4 – La gare de Brest est la gare ferroviaire française terminus de la ligne de Paris-Montparnasse à Brest, située en surplomb de la rade à proximité du centre de la ville de Brest. Elle est mise en service en 1865 par la compagnie des chemins de fer de l’Ouest. C’est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par le TGV et des trains express régionaux TER Bretagne.

Long de près de cinq cents mètres et bordée d’ormes, il surplombe de trente mètres le port de commerce ouvert sur la rade de Brest et donne à l’ouest sur le château de Brest. Il tient son nom de l’ingénieur Dajot qui est à l’origine de sa création.

Le château de Brest est un château fort classé monument historique depuis le 21 mars 1923. Du Castellum romain du IIIè siècle à la citadelle de Vauban jusqu’à aujourd’hui, il a traversé dix-sept siècles d’histoire et a conservé pendant tout ce temps sa vocation originelle de forteresse militaire. Il demeure aujourd’hui un site stratégique de première importance.

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5 – Durant la Seconde Guerre mondiale, entre 1940 et 1944, Brest est presque entièrement détruite par 165 bombardements alliés. Après la guerre, son centre-ville historique est progressivement reconstruit de 1946 à 1961 sur des plans élaborés par l’architecte Jean-Baptiste Mathon (1893- 1971) secondé par Maurice Piquemal, inspecteur général des Ponts et Chaussées (1902-1995). La Reconstruction s’achève avec l’élévation du nouvel hôtel de ville sur la place de Liberté, nouveau centre du Brest reconstruit.

6 – Le tramway de Brest, actuellement composé d’une seule ligne, fait partie du réseau Bibus. Il a été mis en service en 2012, marquant le retour de ce mode de transport dans la cité du Ponant après 68 ans d’absence. La ligne A relie la porte de Plouzané à l’ouest aux portes de Gouesnou au nord et de Guipavas à l’est, ces deux derniers terminus se trouvant sur deux branches se finissant sur les territoires communaux éponymes. Le parcours demande un peu moins de quarante minutes et dessert vingt-huit stations espacées d’environ 500 mètres sur 14,3 kilomètres. La ligne a rencontré un rapide succès, avec près de 9 millions de voyages sur sa première année d’exploitation. Elle transporte aujourd’hui 36 000 voyageurs en moyenne par jour ouvré, soit 12,1 millions à l’année.

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7 – Les Ateliers des Capucins sont des bâtiments de l’Arsenal de Brest, en Bretagne, construits au XIXè siècle. Rétrocédés à la Ville en 2009, ils sont reconvertis en centre culturel et commercial au sein du quartier des Capucins et desservis par le premier téléphérique urbain de France.

8 – Le téléphérique de Brest est un téléphérique urbain établi entre les deux rives de la Penfeld, fleuve côtier qui coule à Brest et qui sépare les quartiers de Siam et des Capucins. Il est le premier ouvrage de ce type construit en France depuis le téléphérique de Grenoble Bastille, mais celui-ci a une fonction plus touristique que de transport en commun. Chacune des deux cabines peut transporter jusqu’à 60 personnes, soit une capacité de 1 200 passagers par heure, à une vitesse de 3,9 m/s et maximale de 7,5 m/s. Inauguré le 19 novembre 2016, il a ensuite été sujet à divers problèmes techniques, qui ont imposé son arrêt à plusieurs reprises.

9 – L’arbre empathique est une sculpture de 12 mètres de hauteur, mi métal, mi végétale, qui évoluera au cœur de la ville. L’intention est de créer un îlot biodiversifié prenant la forme d’un arbre hybride, où l’artificiel et le naturel permettent au public de découvrir la vie qui s’y déroule, notamment celle des oiseaux, grâce à un système vidéo installé dans les branches. A l’intérieur des mailles en acier inoxydable de l’arbre, 43 capsules hydroponiques contenant terre et substrats (engrais) hébergent plus de 80 plantes. Ce volet végétal a été réalisé par l’architecte paysager Sylvia Burès.

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10 – Sur le port de commerce de Brest, presque tout le monde a un jour prononcé ce nom: « Quai Malbert ». Que ce soit pour chercher une adresse, aller contempler la Recouvrance au ponton ou visiter l’Abeille Bourbon, voir travailler les charpentiers de marine du chantier du Guip, au savoir-faire extraordinaire, admirer leurs jolis bateaux restaurés,…

11 – Lundi 25 novembre sera la journée internationale contre les violences masculines faites aux femmes. Ne pouvant aller à Paris grossir les rangs de la manifestation nationale, le collectif LCause a décidé d’organiser une manifestation non mixte, de nuit, le lundi 25, à partir de 18 h 30, au départ du tribunal de Brest, rue Denver. Pour se faire entendre, les organisatrices invitent toutes les participantes à venir avec des cuillères et des casseroles.

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12 – Œuvre de Paul Bloas, Chantier naval du Guip, Brest. La Recouvrance et le chantier du Guip ont fêté leur 25 ans ensemble en juillet 2017. Une exposition retraçant la construction de la Recouvrance, photographies et croquis à l’appui, était à découvrir dans ces nouveaux locaux… Sans compter qu’une nouvelle œuvre de Paul Bloas a fait son arrivée sur la façade du chantier : cette fresque de 8m de haut pour 4m de large représente les métiers de charpenterie du Guip. Elle rejoint le Lamaneur et s’intègre désormais dans le paysage portuaire brestois.

13 – Il y a deux ans (2013), lors du week-end Port en fête, Jean-Yves Le Fourn avait malencontreusement laissé ouverte la porte de son poulailler ! Tandis que sur le port, le public se régalait de moules-frites en écoutant chanteurs et musiciens… l’artiste s’occupait de sa basse-cour : peintes au pochoir, elles ont recommencé à picorer au pied du mur de l’Atlantique, sur le pignon d’un bistrot, sur un quelconque rocher au fond du port… Telle celle qui pour pondre avait trouvé refuge sur le pignon de la station SNSM, elles ne cessent de se multiplier. Samedi et dimanche, noires ou blanches, elles continueront à se faire plus nombreuses. Nées d’une blague faite en 2013 à la cale du Relecq-Kerhuon (Finistère), les poules de Jean-Yves Le Fourn n’en finissent plus de picorer dans les rues de Brest. On en retrouve aujourd’hui aux quatre coins du monde, avec un papa poule premier étonné du succès et de l’appropriation populaire dont elles font l’objet.

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14 – La liste des grues portuaires a peu évoluée depuis 2016, il y en avait 38 à l’époque :

Chez Damen formes 2 et 3 plus quais de réparation 1 et 4 on retrouve :

Deux Caillard : CA2 (12 tonnes) ; CA4 (20 tonnes)

Deux fives Cail Babcock : A (15 tonnes) ; C (15 tonnes)

Une Joseph Paris : (150 tonnes) ; Une Ardelt Kranich 3000: (90 tonnes).

Sur le Terminal matières premières agricoles :

Une Ardelt Tukan: (100 tonnes) de 2013 ; Fantuzzi Reggiane Kangourou : (26 tonnes) de 1997

Terminal minéralier :

Trois Fives Cail Babcock : N°1 (20 tonnes 12 à l’origine) de 1975 rénové 2012 ; N°4 (12 tonnes) ; N°7 (16 tonnes) de 1981 rénové 2012

Forme 1 :

Une Krambeau Eberswalde : (30 tonnes) de 2009

Cinquième Bassin :

Padavoine N°4 (Classée MH) (12 Tonnes) 1956 ou 1958

Troisième éperon :

Deux Peiner : N°1 (10 tonnes) de 1974 ; N°2 (10 tonnes) de 1974

Grues sur roues (7) :

Fantuzzi Reggiane MHC150 : R1 (100 tonnes) ; R2 (100 tonnes)

Fantuzzi Reggiane MHC65 : R3 (40 tonnes) de 1999 ; R4 (40 tonnes) de 1999

Une Liebherr LHM 420 : LM1 (124 tonnes) de 2011

Une Liehberr LHM 550 : LM2 (150 tonnes)

Ancienne grues :

Une Potain : MD500 1986 Vendue vers 2008 lors de la rénovation du bassin

Une fives Cail Babcock : B (15 tonnes) renversée lors d’une tempête suite à mauvaise manipulation vers 1995

Deux Caillards : CA1 (4,5 tonnes) 19?? – 2018

CA3 (20 tonnes) partiellement détruite après un choc avec CA4 lors d’une tempête vers 1995, flèche remontée sur CA4.

La grue Titan Joseph Paris : (80 tonnes) 1964-2014 détruite en 2016

Quatre Fives Cail Babcock : N°2 (12 tonnes) 1975-2012 détruite en 2013 ; N°3 (12 tonnes) 1975-2012 détruite en 2013 ; N°5 (?? tonnes) ?-2013 accidentée par le Dubaï-Faith 2013 ; N°6 (12 tonnes) 1980-2016

Quatre Labor : (2 revendues, 2 Détruites)

Padavoine N°1 à 3 : (12 Tonnes) 1956 ou 1958-2004

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15 – Le Naval Monument, plus couramment appelé la Tour rose, est un mémorial américain érigé dans les années 1930 cours Dajot à Brest pour rappeler l’action de la marine américaine en Europe pendant la Première Guerre mondiale. Détruit par les Allemands pendant l’Occupation, il fut reconstruit à l’identique en 1958. Il est inscrit au titre des Monuments historiques depuis juillet 2015.

16 – Le Patron François Morin (SNS 020) est un ancien bateau de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), en service à l’île d’Ouessant1 de 1960 à 1995. Ce canot tous temps, à double coque en bois, insubmersible et autovidant, pouvait sortir par n’importe quelles conditions de mer et de vent (les canots tous temps sont reconnaissables à leur coque verte). Le Patron François Morin a été labellisé « bateau d’intérêt patrimonial » (BIP) par l’association patrimoine maritime et fluvial en 20082, et a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 20103.

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17 – Brest Atlantiques est une course transatlantique de navigation à la voile en équipage, sans escale, démarrant et arrivant à Brest. La première édition de cette course a lieu en 2019 où concourent 4 trimarans de Classe Ultim.

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18 – À l’embouchure de l’Elorn, la Marina du Moulin Blanc accueille tout au long de l’année pour des escales techniques et touristiques. Entièrement rénové entre 2011 et 2013, le Port du Moulin comprend 1460 places à flot dont 150 réservées aux visiteurs. Situé à proximité des professionnels de la plaisance (concessionnaires, chantiers navals, voileries…), le port dispose d’un équipement technique très complet et respectueux de l’environnement.

19 – On peut se rendre à Fort Montbarey par Bus ou Tram. Ce sont les lignes et les itinéraires qui ont des arrêts à proximité – Bus: 1, 6 et Tram: A

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Sanary-sur-Mer en novembre (2019)

Dans cet article vont se succéder des images de Sanary, de Six-Fours, de La Coudoulière, du Brusc, de la Corniche de Tamaris, de Balaguier, et de la formidable exposition de photographies répartie sur toute la ville.

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Sanary-sur-mer est devenue entre 1933 et 1944, le point de rencontre d’écrivains et d’artistes célèbres fuyant le régime d’Hitler. Après l’inauguration de l’exposition de Sanary-sur-mer « Exil im paradies » à Vienne en septembre 2004 et sa présentation à l’Ecole Polytechnique en février 2006, après le colloque international sur l’œuvre de Lion Feutchtwanger en 2005, la ville de Sanary-sur-mer concrétise son action autour du thème de l’exil d’hier et d’aujourd’hui avec « Sanary, Terre et Mémoire de l’Exil ».

Dans le devoir de mémoire, la Cité rappelle combien il est essentiel de comprendre le passé pour bâtir un monde paix et de fraternité. Reconnue aujourd’hui au niveau international comme « Terre d’Accueil », Sanary souhaite à l’avenir, avec l’association « Exil en Paradis », créer un pôle d’informations, aider à la recherche en développant le fonds d’archives pour les universitaires, les étudiants, les écrivains, préserver le patrimoine historique et intellectuel, donner aux nouvelles générations l’éclairage nécessaire pour la compréhension de l’exil contemporain.

Terre et mémoire de l’exil. Le 10 mai 1933 il y eut partout en Allemagne des autodafés de livres. Cette mesure n’était pas l’action spontanée des étudiants nationalistes. Le parti National-Socialiste l’avait préparée depuis longtemps. On reprochait aux ouvrages des “auteurs brûlés” leur esprit anti-allemand, c’est-à-dire décadence, immoralité, opinions sordides, trahison politique, falsification de l’histoire allemande et l’abaissement de ses grandes figures, ainsi que la trahison littéraire des soldats de la 1ère Guerre mondiale, sans-gêne et arrogance. Ordre fut donné de retirer les ouvrages discriminés des librairies et des bibliothèques. Ce fut alors l’exode de la presque totalité de l’élite littéraire allemande, d’environ 1500 écrivains connus.

Les Exilés. Au cœur d’une des périodes les plus noires de notre histoire, Sanary et ses environs ont, durant près de 10 ans représenté un havre de tolérance et un refuge pour près de 400 artistes. Ecrivains, journalistes, philosophes et hommes politiques ont fuient le régime nazi. Selon leurs moyens et la durée de leur séjour, les exilés prennent une chambre à l’hôtel, un appartement meublé chez l’habitant ou les plus fortunés louent une villa. Dès lors, ils se plient aux procédures administratives d’autorisation de séjour ou de renouvellement de leurs papiers d’identité. Ils se rencontrent les uns chez les autres, ou bien dans des cafés, tel que la Marine, le Nautique ou le café du Lyon, pour y jouer aux échecs. Sanary a alors pris un titre de noblesse dont elle reste très fière, celui de « capitale mondiale de la littérature germanophone ».

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Si quelques noms viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on évoque les premiers coups de palmes donnés sous la surface de la mer, on en ignore des dizaines d’autres. En France, dès les années 30, des hommes comme Jean Painlevé et Yves Le Prieur, puis dans les années 40, Louis De Corlieu et Georges Commeinhes, furent les premiers vulgarisateurs des incursions sous-marines.

C’est à partir de 1943 que Jacques-Yves Cousteau, Philippe Tailliez et Frédéric Dumas firent entrer la plongée autonome dans l’ère moderne. Ils deviendront « Les MOUSQUEMERS » terme créé par Philippe Tailliez en 1975. Avant d’être des plongeurs, la très grande majorité des pionniers de la plongée furent des chasseurs sous-marins. Armé d’un simple harpon ou d’une arbalète rudimentaire, le chasseur allait sous l’eau le corps nu, sans palme, portant de simples lunettes binoculaires. A cette époque, à Nice, à Antibes, à Marseille, à Sanary, des inventeurs, des chasseurs, de simples curieux tentaient de découvrir les fonds sous-marins. L’un des plus célèbres fut Frédéric DUMAS à Sanary. Il participa par la suite aux essais du Scaphandre autonome mis au point par Le Cdt Cousteau et l’ingénieur Gagnan.

C’est pour montrer au plus grand nombre ce que furent les balbutiements de la plongée et pour rendre hommage à ce Sanaryen célèbre, qui fut donc l’un des plus brillants pionniers de la chasse et de la plongée qu’a été créé à Sanary, le Musée Frédéric Dumas. Les trésors qu’il recèle sont exposés à quelques coups de palmes de lieux historiques qui ont fait de « Sanary la cité historique de la plongée sous-marine. »

Musée Frédéric Dumas. En avril 1945, un trio de passionnés de plongée, créent un groupe d’études et de recherches sous-marines.

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Deux officiers de marine Philippe Tailliez, Jean-Yves Cousteau et un civil, Frédéric Dumas, créent un groupe d’études et de recherches sous-marines, le GERS, chargé d’étudier le matériel de plongée, le déminage, le renflouement d’épaves et la formation des scaphandriers. Une équipe de plongeurs se met alors en place. Elle est aidée par de nombreux volontaires, dont le premier maître de manœuvre Maurice Fargues, moniteur à l’école de scaphandriers. Elle participe à l’expertise des épaves de la flotte sabordée en 1942 dans la rade de Toulon. En 1946, à bord de l’aviso « Elie-Monnier », les plongeurs du GERS travaillent aux côtés des « pieds lourds », nom usuel pour les scaphandriers, qui jouent du chalumeau pour détruire les mines allemandes. L’année 1947 est celle des records de profondeur en plongée ! Frédéric Dumas ouvre le bal avec 93m ; toute l’équipe suit jusqu’à 90m et Cousteau atteint les 100m ! Le Musée Frédéric-Dumas honore la mémoire de ces pionniers de la plongée sous-marine autonome en conservant et en présentant des collections d’objets anciens liés à l’histoire de la pénétration du milieu sous-marin par l’homme.

Les Mousquemers. Sanary occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de la plongée autonome, elle-même indissociable de l’aventure des « Mousquemers » Frédéric Dumas, Philippe Tailliez et Jacques-Yves Cousteau.

Les Mousquemers : Philippe Tailliez : Il est considéré comme le pionnier des eaux. C’est l’inventeur de la nage du dauphin et il est à l’origine de l’appellation des « Mousquemers ». Premier commandant du Gers et de l’école de la plongée de la Marine Nationale. Jacques –Yves Cousteau : Acteur mythique du monde sous-marin, il a vécu à Sanary. Sa villa « Le Baobab » est toujours habitée par son fils Jean Michel Cousteau digne successeur de son père, de par ses activités consacrées à la plongée sous-marine aux Etats-Unis (Ocean Futures Society). C’est à Bandol qu’il teste pour la première fois avec Dumas, Tailliez et des amis le détendeur conçu par Emile Gagnan en juin 1943. Frédéric Dumas : C’est à Sanary, à Portissol, que Frédéric Dumas fait l’apprentissage du monde sous-marin. Cousteau écrit de « didi » qu’il est sans doute le meilleur plongeur de l’époque. Aux Embiez, il rencontre Philippe Tailliez qui le présente à Jacques Yves Cousteau. À leurs débuts, ils explorent les côtes entre La Londe et Marseille, et tournent leurs films sous-marins, en 1942, au Brusc « Par 18 mètres de fonds », pratiquement en apnée. On lui doit de nombreux ouvrages parmi lesquels « Le monde du silence », « Epaves antiques », « 30 siècles sous la mer »…

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En 1570, devant l’accroissement de la population, les habitants de Sanary décident de construire leur église sur l’emplacement du prieuré des moines de Saint Victor et la dédient à saint Nazaire.

Jusque-là, le hameau de Saint-Nazaire dépend de la paroisse. A partir de 1570, sont ouverts les premiers registres paroissiaux. C’est le début d’une véritable vie religieuse indépendante couronnée par la venue le 26 juillet 1650, et en grande cérémonie, des reliques de saint Nazaire. A la fin du XIXème siècle Marius Michel dit Michel Pacha ancien maire décide d’offrir à sa ville natale une nouvelle église. Elle est construite sur les plans de l’architecte Paul Page à l’emplacement de la précédente, ce qui génère une certaine opposition. Elle est bénie le 31 juillet 1892. L’orgue de l’ancienne église, un Charles Gazeau du XIXème, disparut sans doute lors de la démolition. Dans l’église nouvelle, Mader installe et agrandit un petit orgue de John Abbey offert par Camille Saint-Saëns à Michel Pacha. Un siècle plus tard, l’état de l’instrument conduit la ville, avec le concours du ministère de la culture, à commander la construction d’un nouvel orgue installé en 2009. Le choix se porte sur un orgue de 30 jeux aux qualités acoustiques exceptionnelles offrant un large éventail musical par l’adoption du principe de la résonance.

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Moins d’un an après avoir reçu le très sélectif label « Station Nautique », la Ville de Sanary a eu le privilège d’être distinguée par le réseau « France Station Nautique » pour deux initiatives particulièrement innovantes. L’aménagement d’une rampe d’accès de la plage du Lido pour les personnes à mobilité réduite a été couronné d’un 1er prix de l’innovation dans la section Accessibilité, alors que l’action municipale « objectif Port Propre : débourbeurs, décanteurs et déshuileurs » recevait un 2ème prix dans la section Environnement.

Rappelons que chacune de 34 communes labellisées « Station Nautique » peut concourir à l’attribution de ces prix. La remise des diplômes a eu lieu lors de l’assemblée générale de « France Station Nautique », qui se tient chaque année durant le Salon Nautique, début décembre. Une belle reconnaissance de la politique municipale dans ces domaines essentiels, alors même que le jury national des Villes et des Villages Fleuris a salué notre action pédagogique en matière de développement durable en décernant également à Sanary un prix spécial !

Le réseau France Station Nautique rassemble 33 Stations Nautiques, représentant 230 communes à travers 11 nouvelles régions administratives en métropole mais également en Guadeloupe et en Martinique.

France Station Nautique est avant tout un label de qualité: c’est, pour les usagers des sports de loisirs nautiques, la garantie de disposer d’équipements performants, d’un encadrement qualifié et d’une large palette d’activités. Séjourner dans une Station Nautique, c’est la certitude de disposer des moyens nécessaires pour une pratique optimale.

Aujourd’hui, cette démarche de qualité se décline en des niveaux symbolisés par des étoiles. En 2016, la commune de Sanary-sur-Mer s’était lancé dans cette démarche de labellisation et avait obtenu un classement 2 étoiles en janvier 2017 (le maximum pour une première entrée dans le réseau) pour une durée de 5 ans. Ainsi, dès la saison estivale 2017, la commune a mis en place toute une série d’évènements ou de nouvelles structures favorables au développement de ce label afin d’obtenir sa quatrième étoile.

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Il y a des marchés qui sont une fête, en couleurs, en senteurs…! A Sanary, ils rassemblent des produits de qualité qui mettent à l’honneur la cuisine provençale.

En 2018, le marché hebdomadaire de Sanary a été élu plus beau marché de France par la chaîne de télévision TF1 ! Il est devenu depuis un rendez-vous incontournable pour les locaux et les vacanciers qui aiment y flâner. Le grand marché a lieu tous les mercredis matin et regroupe plus de 300 commerçants sous les platanes de l’allée d’Estienne d’Orves et le long du port, sur le quai Charles de Gaulle .

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La chapelle Notre-Dame de Pitié. Cette chapelle fut érigée en 1560. C’est l’œuvre des habitants, en particulier des pêcheurs, du bourg de Saint-Nazaire.

Dès l’origine, un ermite y loge, l’entretient et veille au grain : il doit sonner la cloche en cas d’intempérie, d’orage et de brouillard afin de faciliter le retour au port. Il prévient aussi en cas d’arrivée de bateaux ennemis. En 1707, un poste de garde y est établi : on redoute alors le duc de Savoie. En 1720, une infirmerie accueille les pestiférés. En 1870, elle sert au repos de blessés de la guerre franco-prussienne. Vendue comme bien national en l’an II (1793), elle est rendue au culte en 1805. Elle appartient à la commune depuis 1905. Le narthex date du 19ème siècle ainsi que la grille d’entrée sur laquelle les initiales MP rappellent l’invocation Mater Pietatis et peut-être aussi Michel Pacha maire et bienfaiteur de Sanary. On y remarque une très belle pietà en bois polychrome du 17ème siècle et quelques beaux exemples d’ex-voto. La plupart se rapportent à la mer, tel celui qui relate le combat du Chebec « la Normande » en 1809, d’autres à des évènements tragiques, tel l’explosion du train de voyageurs et de munitions sur le pont du Grand Vallat. Sa restauration et son embellissement achevés en 2008, elle est rendue au culte en 2009.

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Batterie de la Cride. La pointe de la Cride est, pour Sanary, un Finistère dont les militaires ont su tirer parti.

Dès 1695, il est fait mention d’une batterie qui fait suite à un bastidon tenu en 1664 par  Pierre Gantel. Lors de la grande peste de 1720, les bâtiments servent de quarantaine pour divers équipages et quelques civils. La crise franco-anglaise de 1840, révèle le manque de protection des côtes et des ports Français.  La nouvelle commission d’armement des côtes qui se réunit en 1841, propose la modernisation et l’harmonisation du matériel d’artillerie et des fortifications. Sont ainsi construits les tours crénelées N°2 (réduit, modèle 1846) du Cap Nègre et de la Cride en 1847 et le corps de garde, pour 50 hommes, de Saint-Pierre sur les Embiez. Ils font partie des 23 ouvrages défendant Toulon. La tour crénelée N°2, prévue pour les sites exposés, abrite sur deux niveaux, dont l’un est enterré (fossé), les logements de 40 hommes  et les magasins à poudre. L’armement est simplifié : canons et obusiers de 2 200m de portée et mortiers de 4 000m. La baie de « Sanary et rade du Brusc » est alors totalement couverte par les tirs croisés. La construction est en moellons grossiers extraits du fossé et les embrasures sont en briques pour amoindrir les risques d’éclats. La batterie est en service durant la guerre de 39-45. Elle est aujourd’hui la propriété de la Ville.

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La Tour de Sanary. Cet édifice offre depuis sa terrasse une vue imprenable sur la ville de Sanary qui a su se développer tout en conservant son caractère de port de pêche.

La tour fortifiée de Sanary, à l’origine du développement du bourg de Saint-Nazaire, dépendant d’Ollioules, est érigée vers 1300. En 1436, le roi René, roi de Provence, ordonne la construction d’un fossé et d’un boulevard à usage d’accès et de défense. Il y arme et  entretient une petite garnison. Rapidement les terres « gastes » (incultes) autour de la tour sont bâties. En 1704, le fossé est comblé, puis vendu par lots sur lesquels sont construites des maisons. Certaines, appuyées sur les murs de la tour, en laissent tout juste l’accès. La tour mesure 21 mètres de haut et 8 mètres de côté. Les murs d’une épaisseur moyenne de 2 mètres laissent donc un espace libre de 16 m2  environ par niveau. Privilège seigneurial, le pigeonnier est établi dans les murs de la salle voûtée du dernier étage. Longtemps abandonnée, la tour, dite « romane » ou « sarrasine » dans la tradition locale, est restaurée par la commune et ouverte au public en 1990. Elle est l’écrin de collections d’archéologie sous-marine (dépôt du Drassm), dont un très rare squelette du 3° siècle av J-C découvert aux Embiez.

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Le Lavoir. Avant 1855 au village, on prend l’eau à la fontaine placée devant l’église et alimentée par la source de Mortier dite Mère fontaine.

Deux bornes sont également placées à chaque extrémité du port. Le linge est nettoyé au lavoir et à l’abreuvoir principal, construits sur le quai des palangriers ainsi qu’à deux autres lavoirs plus petits : un à l’extrémité de la rue de la Prud’homie, l’autre à l’embouchure du vallat Daumas. En 1855, un nouveau lavoir plus grand et plus beau, augmenté d’un abreuvoir, est érigé. Démoli en 1865, il est remplacé en 1867 par un nouvel ouvrage sur lequel on rajoute une toiture en 1891. C’est ce lavoir qui en 1927 est transféré près du cimetière. Son séchoir est réparé en 1981. En 1867 Marius Michel, dit Michel Pacha, maire de la commune, commande au sculpteur Emile Adalbert deux fontaines allégoriques, l’une de l’Agriculture, l’autre de la Marine. Il mène aussi la construction du quai, pour éviter aux maisons d’avoir les pieds dans l’eau lors des « largades ». En 1996, le lavoir alimenté par le vallat Daumas n’est plus guère utilisé. Une nouvelle vie lui est donnée par la municipalité qui décide de le restaurer et de le mettre en valeur dans les jardins Jean-Cavet, du nom du président du comité local de la Résistance et premier maire de la Libération.

Fontaine de La Marine. Réalisée sous le mandat de Michel Pacha, elle fut construite par le sculpteur marseillais Aldebert. La fontaine est composée d’un bassin surmonté d’une statue représentant un homme et une ancre de mouillage. Elle représente la gloire de la Marine.

Fontaine de l’Agriculture. Réalisée sous le mandat de Michel Pacha, elle fut construite par le sculpteur marseillais Aldebert. La fontaine est composée d’un bassin surmonté d’une statue. Elle symbolise l’agriculture. A savoir que cette fontaine et celle de la Marine représentent des domaines économiques et importants de cette époque.

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Les pointus. Les barquettes provençales dénommés « pointus » sont des bateaux à voile latine et à aviron. D’origines très anciennes (provençales, catalanes, siciliennes, ou encore liguriennes), ils servaient à la pêche au trémail (filet) ou à la palangrotte (ligne de fond). Ces bateaux sont classés au titre des Monuments Historiques et des bateaux ayant reçu le label « Bateaux d’Intérêts Patrimonial » de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial. Le label BIP est attribué pour cinq ans renouvelable, après avis d’une commission d’agrément qui se réunit une fois par an. La liste nationale des BIP, accompagnée des fiches techniques et photos, est consultable sur le site de la FPMF. Le label B.I.P représente, une reconnaissance officielle de l’intérêt patrimonial d’un navire. A Sanary, on recense en 2011 plus de 35 Bateaux d’Intérêts Patrimoniaux et 3 bateaux classés au titre des Monuments Historiques. Lors des manifestations phares de la ville, l’association des Pointus de Sanary vous embarque à bord de ces petits bateaux pour une visite de la baie !

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Le Chemin de Croix. Depuis 2001, 12 stèles marquent les stations du chemin de Croix le long du parcours traditionnel des processions à la Vierge, depuis L’Église Saint-Nazaire jusqu’à la chapelle Notre Dame de Pitié.

Prendre un peu de hauteur pour un point de vue remarquable sur Sanary et ses environs, c’est l’un des mérites de la montée des oratoires, qui offre également une palette colorée de végétaux méditerranéen. Elle est ponctuée par 8 stations du chemin de croix, ainsi que par quatre oratoires anciens, le long du parcours traditionnel des processions à la vierge depuis l’Eglise Saint Nazaire. En pierre de cassis, elle comportent un piédestal, un couronnement pyramidal et une icône peinte par l’artiste Véronique Tatoué Liochon. A son sommet, récompense ultime : la chapelle Notre Dame de Pitié.

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