Le Bois des Caures et le Lieutenant-Colonel DRIANT

Biographie du Lieutenant-Colonel Emile Driant. Un début de carrière prometteur – Né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), Emile Driant effectue une brillante carrière militaire. Il intègre l’école militaire de Saint-Cyr en 1875, puis est incorporé au 4ème régiment de Zouaves à Tunis en 1884. En 1886, il est nommé officier d’ordonnance du général Boulanger qui deviendra ministre de la Guerre mais aussi son beau-père. Durant sa carrière militaire il a, à plusieurs reprises, étudié le système de fortification des Hauts-de-Meuse et a également commandé le 1er Bataillon de Chasseurs à Pied de Troyes. Il est très apprécié de ses hommes et des habitants de la région, le bataillon est d’ailleurs surnommé le « bataillon Driant ».DSC07810Emile Driant se fait remarquer très vite par sa hiérarchie, grâce à ses qualités de chef mais aussi par ses prises de position fermes et publiques sur de nombreux sujets. Face aux critiques dont il est la cible, du fait de ses liens de parenté et de ses opinions, il prend la décision de quitter l’armée en 1906 pour se lancer dans une carrière politique. Il fonde plusieurs ligues nationalistes : la Ligue antimaçonnique, la Ligue Jeanne d’Arc, la Ligue militaire et aussi La Vieille Armée. Cet engagement dans la vie politique est tout aussi réussi que sa carrière militaire et en 1910 il est élu député de Nancy.DSC07814Durant sa carrière politique, Emile DRIANT milite pour la défense du territoire français et la revalorisation de l’armée : il aide à la promulgation de la loi faisant passer le service militaire de deux à trois ans, s’oppose aux déclassements des places du Nord et sauve celle de Lille et s’intéresse à la modernisation de l’armée. Ses différents combats montrent qu’il anticipe une guerre prochaine contre l’Allemagne. Il prophétise un nouveau type de guerre. Ses opinions nationalistes et novatrices imprègnent fortement son œuvre littéraire.DSC07823Un rôle majeur durant la Première Guerre mondiale – Dès l’entrée en guerre, il demande à être réincorporé et prend le commandement des 56ème et 59ème Bataillons de Chasseurs à Pied stationnés sur le front en Meuse. Toujours très proches de ses hommes, on surnomme ses troupes « les Chasseurs de Driant », il veille à ce que ces derniers aient les sépultures dignes de leur engagement. Il commande donc la construction d’une croix, la croix des chasseurs, pour surplomber les sépultures de ses hommes inhumés à Vacherauville.DSC07828Son expérience militaire et sa connaissance de la stratégie allemande lui permettent d’anticiper l’attaque allemande qu’il sait imminente. Il prévient ses supérieurs de la nécessité de renforcer le système de défense mais l’Etat-major, non convaincu d’une attaque autour de Verdun, continue de déclasser les places fortes de l’Est de la France durant l’année 1915.DSC07834Le 21 février 1916, les Allemands lancent leur attaque sur le Bois des Caures, où se trouvent le lieutenant-colonel Driant et ses chasseurs. Bien qu’ayant anticipé cette offensive, il n’a pas les moyens logistiques et humains pour contre-attaquer. Les deux bataillons subissent de lourdes pertes mais résistent aux côtés de Driant et tiennent durant deux jours avant de devoir se replier. Au cours du repli, les chasseurs perdent leur chef. Le lieutenant-colonel Driant meurt le 22 février 1916 au bois des Caures au deuxième jour de la bataille de Verdun. Pourtant, le 21 février 1916, alors que l’armée du Reich concentre son action sur le secteur de Verdun, seuls les 1200 hommes de Driant et 14 batteries font face à l’attaque de 10 000 soldats allemands et 40 batteries. Les Chasseurs résistent héroïquement pendant plus de 24 heures et subissent de lourdes pertes, permettant aux renforts d’arriver et de maintenir la ligne de front. La position du bois des Caures, tenue par Driant et ses hommes, est pilonnée pendant deux jours par des canons de 150, 210 et 300 mm. Le 22 février, à midi, les Allemands se lancent à l’assaut des positions des chasseurs. Les grenades et les lance-flammes viennent à bout de la résistance française. Driant donne l’ordre de repli sur Beaumont. Touché à la tempe, Driant meurt à soixante et un ans.DSC07835Au soir du 22 février 1916, on ne compte que 110 rescapés parmi les chasseurs dee 56e et 59e régiments. L’annonce du désastre suscite une grande émotion. Alphonse XIII d’Espagne, un admirateur d’Émile Driant charge son ambassadeur à Berlin d’enquêter sur sa disparition. On se plaît à le croire blessé, prisonnier ou évadé à l’étranger. Une lettre de la baronne Schrotter, mère d’un officier allemand ayant pris part aux combats des Caures, à son épouse mettra fin aux rumeurs : « M. Driant a été enterré avec tout respect, tous soins, et ses camarades ennemis lui ont creusé et orné un beau tombeau ; de sorte que vous le trouverez aux jours de paix » (16 mars 1916). Son sacrifice est récupéré par la presse et les publications de la guerre, pour galvaniser les troupes. La Chambre des députés annonce officiellement sa mort, son éloge funèbre est prononcé le 7 avril par Paul Deschanel, le 28 juin, la Ligue des patriotes de Maurice Barrès fait célébrer un service solennel à Notre-Dame (Paris) présidé par le cardinal Amette. Le militaire rejoint alors le romancier …DSC07843Il est inhumé par les Allemands à proximité des lieux de son trépas, alors que ses effets sont retournés à sa veuve via la Suisse. En octobre 1922, le corps de Driant est exhumé. Un mausolée, décidé par d’anciens combattants dont Castelnau y est érigé. Chaque année, une cérémonie y est célébrée le 21 février, en souvenir du Lieutenant-colonel Driant et de ses chasseurs tombés pour la défense de Verdun.DSC07844Un héros encore commémoré de nos jours – Aujourd’hui érigé en héros de la bataille de Verdun, il est une figure emblématique de cette bataille. Les visiteurs peuvent encore se recueillir sur sa tombe et marcher sur les traces de ses pas au Bois des Caures. Une nouvelle croix des Chasseurs a également été érigée à Vacherauville le 21 février 2016 à l’occasion des commémorations du Centenaire de la bataille de Verdun.DSC07850Emile Driant – 1855 – 1916. Alias Capitaine Danrit. Le lieutenant-colonel Driant est connu pour être tombé à Verdun, le 22 février 1916, au bois des Caures. Mais il mena auparavant une carrière littéraire, sous le nom de Capitaine Danrit, et une carrière politique élu député de la 3e circonscription de Nancy à partir de 1910. Auteur de trente ouvrages d’aventure dans la lignée de Jules Verne, il tente à travers ce medium de populariser les nouvelles technologies et leurs usages militaires comme l’aviation.DSC07854Émile Cyprien Driant est né le 11 septembre 1855 à Neuchâtel (Aisne) où son père était notaire et juge de paix. Elève au lycée de Reims, il obtient le premier prix d’histoire au Concours général. Contrairement au souhait de son père de le voir lui succéder, Émile désire être soldat, marqué par la défaite de 1871 et le passage des troupes prussiennes. Après avoir obtenu une licence ès-lettres et en droit, il intègre Saint-Cyr à vingt ans, en 1875. Sorti quatrième deux ans plus tard, il entame une carrière militaire des plus méritante : « petit, mais solide, santé à toute épreuve, très actif et toujours prêt ; monte fort bien à cheval et a un goût très prononcé pour l’équitation, très intelligent a devant lui le plus bel avenir » écrira un de ses supérieurs. Il sert au 54e régiment d’infanterie de Compiègne puis à Saint-Mihiel.DSC07855DSC07860Le Capitaine Danrit, de son vrai nom Emile Auguste Cyprien Driant (1855-1916), fut surnommé par Jean-Jacques Bridenne « l’utopiste de la guerre ». Car Danrit a une obsession: la guerre, la guerre, la guerre! Partout, tout le temps et contre tous…DSC07864« Le Jules Verne militaire » – Il produit de vastes « fresques guerrières », pour reprendre l’expression de Pierre Versins, qui comptent des centaines de pages : 2827 pour La Guerre de demain, 1279 pour L’Invasion noire, 1192 pour La Guerre fatale ou encore 1000 pour L’Invasion jaune. Les titres même donnent une idée du contenu : guerres futures dans lesquelles l’ennemi c’est l’autre, l’étranger: Allemands, Anglo-saxons, Noirs ou Asiatiques. Ces œuvres ne brillent pas pour leurs qualités littéraires, ce sont souvent de mauvais feuilletons mâtinés de passages théoriques, mais l’intérêt qu’il porte aux progrès techniques lui fait imaginer de multiples inventions comme les ballons métalliques, les forteresses cuirassées, les gaz toxiques et armes bactériologiques,…DSC07866Le 21 février 2016 marque le centenaire du début de la bataille de Verdun, dans l’est de la France. Lancée par l’armée allemande et remportée par les Français, elle durera dix mois et fera plus de 300 000 morts ; une bataille devenue le symbole de la Première Guerre mondiale.DSC07869Verdun, 21 février 1916. Le jour se lève à peine lorsqu’un déluge de feu s’abat sur les lignes de l’armée française. Pendant près de neuf heures, les canons allemands crachent plus d’un million d’obus, pilonnant fortifications, tranchées et voies d’accès. Un carnage. Le rapport de force est trop déséquilibré : trois soldats allemands pour un français. Les 30 000 « poilus » stationnés là sont assommés, incapables de répliquer. A la tombée de la nuit, l’infanterie allemande prend la relève de l’artillerie et passe à l’attaque, lance-flammes en tête pour achever ce que l’acier a dévasté. Ainsi commence la plus célèbre bataille de la Première Guerre mondiale.DSC07874Le général en chef Joseph Joffre n’attendait pas l’ennemi ici. Ces derniers mois, des commandants locaux ont pourtant tenté d’alerter leurs supérieurs sur l’impréparation défensive de la Région fortifiée de Verdun. Les forts y sont nombreux, certes, mais ils ont été désarmés et quasi abandonnés afin de réorganiser le front français en profondeur. Ce n’est qu’en janvier 1916 que le chef d’état-major général Edouard de Castelnau, constatant sur place l’état des défenses, va tenter de les combler à la hâte.DSC07880Pétain prend le commandement – Les soldats français résistent mais reculent. Au bout de trois jours, la bataille semble pliée. Le 25 février, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont qui domine la zone. Le même jour, le général Philippe Pétain est nommé commandant en chef de Verdun en remplacement du général Frédéric-Georges Herr. Il remet aussitôt la défense d’aplomb. Désormais, les soldats français vont rendre coup pour coup. Les forts sont réarmés, une aviation de chasse est créée et la logistique mise en branle sur la « voie sacrée », une longue route de terre qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Pendant les dix mois que durera la bataille, c’est cette même route qui permettra de relever régulièrement les troupes au front dans un ballet incessant de camions. Car Pétain est soucieux du moral de ses hommes. Il fait tourner les effectifs pour les garder dans les meilleures dispositions possibles. Deux tiers de l’armée française vont ainsi connaître « l’enfer de Verdun ».DSC07884Les combats se muent en une bataille d’usure. Joffre, partisan de l’offensive, ne comprend pas la stratégie défensive de Pétain. Le 1er mai, il le remplace par le général Robert Nivelle. Le 24, les Allemands passent à l’attaque contre le fort de Vaux, placé sous les ordres du commandant Sylvain Raynal, en le noyant sous plus de 20 000 obus. Le 2 juin, les soldats montent à l’assaut. Les combats à l’intérieur de l’édifice sont acharnés, la résistance héroïque. Cinq jours plus tard, lorsque le fort tombe, les 250 survivants français reçoivent les honneurs des vainqueurs allemands.DSC07889Une bataille pour rien – Le 1er juillet, à quelque 300 kilomètres de là, dans la Somme, Français et Britanniques lancent une vaste offensive. Coïncidant avec celle des Russes sur le front oriental, elle contraint l’armée allemande à relâcher sa pression sur Verdun. Après cinq mois de vaine bataille et une ultime attaque le 11 juillet qui se solde par un échec, le Grand Quartier général allemand ordonne à la Ve armée du Kronprinz de ne plus se limiter qu’à une stricte position défensive. La stratégie du commandant en chef Erich von Falkenhayn a échoué. Les objectifs visés n’ont pas été remportés et les troupes françaises n’ont pas été décimées. Falkenhayn est relevé de son commandement. Il cède sa place à un duo : Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff. L’été passe. Les deux camps s’en tiennent désormais à un simple face à face. Les combats ne servent plus qu’à maintenir les positions. Jusqu’à la grande offensive française du 24 octobre.DSC07890Trois jours durant, les canons ont préparé le terrain, martelant les rangs allemands. Le jour J, en fin de matinée, huit divisions s’élancent sous les ordres du général Charles Mangin. Parmi eux se trouvent nombre de tirailleurs, ces soldats venus des colonies et qui forment la fameuse « force noire » imaginée par ce même Mangin. L’attaque permet la reconquête des forts gagnés par les Allemands, celui de Douaumont et, début novembre, celui de Vaux.DSC0789919 décembre 1916. Une dernière poussée française entamée quatre jours plus tôt renvoie les Allemands là où ils se trouvaient avant le 21 février. Une bataille pour rien. Entre ces deux dates, Verdun aura fait plus de 300 000 morts et disparus. DSC07900Le 21 février 1916 à 7 h 15, plus d’un millier de canons allemands crachaient le feu sur le bois des Caures, au nord de Verdun. C’est le début d’une bataille longue de dix mois qui fera plus de 300 000 morts (162 000 morts côté français et 143 000 côté allemand). En réalité, le sort de la bataille s’est joué dans la première semaine. La prise du fort de Douaumont, observatoire unique sur toute la région, devait peser très lourdement pour les Français. Mais les Allemands, n’ont su profiter ni de l’effet de surprise qu’ils avaient obtenu, ni de leur supériorité numérique et matérielle. Verdun, « signe tangible de la victoire », leur échappait devant la ténacité des soldats Français. Commençait alors une longue guerre d’usure.DSC07904DSC07905

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Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon

Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon (World War I Meuse-Argonne American Cemetery and Memorial) est un cimetière militaire situé à l’est de Romagne-sous-Montfaucon en Lorraine. 14 246 américains ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale y sont enterrés.

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Le cimetière couvre 52 hectares. C’est celui où repose le plus grand nombre de militaires américains décédés en Europe, avec un total de 14 246. La plupart des personnes enterrées sont mortes pendant l’offensive Meuse-Argonne durant la Première Guerre mondiale. L’immense champ de pierres tombales s’élève par des rangées rectangulaires vers le haut au-delà d’un large espace central et vers la chapelle couronnée. Un écran en bronze sépare le foyer de la chapelle de l’intérieur, qui est décoré par des vitraux dépeignant les insignes des unités américaines. Derrière l’autel sont disposés les drapeaux des nations alliées.

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De chaque côté de la chapelle sont situés des loggias commémoratives. Un panneau de la loggia occidentale contient une carte de l’offensive de la Meuse-Argonne. Sur les panneaux restants sont inscrits les noms des 954 disparus américains dont les restes n’ont jamais été récupérés ou n’ont pas été identifiés. La plupart des morts américains de l’expédition en Russie nordique en 1918-1919 sont enterrés dans ce cimetière.

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Ce cimetière de 52 hectares fût établi le 14 octobre 1918 par le Service des Sépultures de l’armée US sur un terrain reprit par la 32e Division d’Infanterie US (DIUS). Ce territoire fût concédé à perpétuité aux Etats-Unis par le gouvernement français afin d’y établir un lieu de sépulture permanent, sans taxes ni impôts.

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14 246 morts sont enterrés dans ce cimetière, en majorité tombés durant les opérations de la 1ère Armée U.S. du 26 septembre au 11 novembre 1918. En 1922, les corps enterrés dans des cimetières temporaires de la région mais aussi des Vosges et de l’Allemagne occupée, furent rapatriés ici pour une sépulture définitive. Beaucoup de ceux qui moururent à Archangel, Russie, furent également enterrés dans ce cimetière. Parmi les tombes, 486 sépultures abritent les restes de soldats qui n’ont pu être identifiés.

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Le Mémorial, un exemple type de l’architecture romane, fait face au nord sur la crête d’une colline en pente douce dominant les tombes. Il est constitué d’une chapelle entourée de deux loggias à l’intérieur desquelles se trouve le Mur des Disparus. Les murs extérieurs et les colonnes sont en pierre d’Euville Coquillier, les murs intérieurs sont en Salamandre Travertine.

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Les noms de 954 disparus qui ont donné leurs vies au service de leur patrie et dont les corps n’ont pu être retrouvés ou identifiés sont gravés sur le mur des disparus. Les Architectes de cette nécropole sont York et Sawyer de New York. Les infrastructures, telles que nous les voyons actuellement ont été terminées en 1932. Le cimetière fut inauguré en 1937, vingtième anniversaire de l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre Mondiale, à l’occasion du Memorial Day.

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Ce monument, qui s’élève à près de 60 mètres au-dessus des ruines de l’ancien village de Montfaucon, bâti sur le sommet de la colline, domine la campagne avoisinante. Avant d’être repris par les 37ème et 79ème Divisions U.S. le 27 septembre 1918, ce site offrait aux troupes allemandes un remarquable poste d’observation.

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Le monument commémore la victoire de la Première Armée U.S. dans l’offensive de Meuse – Argonne, du 26 septembre au 11 novembre 1918, et rend hommage à l’héroïsme de l’armée Française sur le front avant cette période.

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Commission Américaine des Monuments de Guerre (ABMC) : Cette agence du gouvernement américain gère 24 cimetières américains et 25 monuments commémoratifs, monuments aux morts et autres lieux de mémoire répartis sur 15 pays. La Commission contribue à concrétiser la vision de son premier président, le général des armées John J. Pershing. Le général Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire américain pendant la Première Guerre mondiale, fit le serment que « le temps ne ternirait pas la gloire de leurs actions ».

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La Haute-Chevauchée & l’Hôpital de Fleury-sur-Aire

Durant les quatre années de combat de la Grande Guerre, le département de la Meuse a été au cœur du conflit. Le site de la Haute-Chevauchée, en forêt d’Argonne, représentait un lieu stratégique pour les deux Belligérants. Les allemands, en particulier, avaient intérêt à s’approcher de la voie ferrée qui constituait la grande ligne de communication entre Châlons et Verdun afin de la paralyser ou la couper mais aussi de se donner possibilité de s’ouvrir, par Sainte-Ménehould, la route de Paris, en isolant à l’Est le camp retranché de Verdun.

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Après avoir, en vain, pendant toute l’année 1915 tenté de rompre le front pour atteindre leurs objectifs, les allemands contenus par les troupes françaises se sont installés défensivement ; alors commence la Guerre des mines : guerre insidieuse et particulièrement meurtrière, les Combats d’Argonne gardent la mémoire de 350 000 morts ou disparus. Fin septembre 1918, l’Argonne est libérée par la Première Armée Américaine aux ordres du Général Pershing. Cet ouvrage était le poste de commandement du Colonel puis du Général Marchand blessé deux fois en Argonne, mais qui fut aussi le célèbre Capitaine qui, en 1898, s’opposa aux Anglais à Fachoda.

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D’octobre 1914 à la fin de 1915, les Allemands utilisent les mines en Argonne sur le front de Bolante, la fille morte et la cote 263 afin de créer des brèches dans les lignes françaises pour lancer des offensives qui finalement ne débouchent pas.

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En s’efforçant de garder la suprématie sous terre, les sapeurs mineurs allemands, les pionniers, permettent à l’infanterie de conserver ses positions stratégiques sur les hauteurs du massif argonnais. Français et Allemands se livrent alors une guerre souterraine. Dans cette lutte, les deux camps adoptent les mêmes mesures préventives. Des appareils d’écoute déterminent la position, l’orientation et la distance des galeries  de combat. L’affrontement souterrain est  permanent, mené de façon aussi opiniâtre et impitoyable que les violents assauts en surface.

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La ligne de front de la Haute-Chevauchée garde les traces de nombreux et impressionnants entonnoirs produits par l’explosion de mines souterraines. L’explosion souterraine  de la plus grosse mine allemande dans le massif d’Argonne, le 12 décembre 1916,  était chargée à 52,5 tonnes d’explosif. La croix de la Réconciliation est dédiée à la mémoire de « Tous les morts des combats d’Argonne ». Elle représente un acte marquant de la réconciliation franco-allemande.

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Le monument ossuaire de la Haute-Chevauchée représente un soldat français dont le buste émerge d’un pylône massif et dont les mains reposent sur une épée pointée vers le bas. A l’intérieur, se trouvent les restes d’environ 10.000 inconnus recueillis sur le champ de bataille. A quelques kilomètres, la nécropole de la Forestière dénombre 2005 tombes de soldats français. Elle regroupe les corps issus des cimetières de la Forestière, de La Chalade, du Ravin des Sapins et du Ravin des Chênes.  A quelques kilomètres de cet emplacement, dans le bois de La Chalade,  un blockhaus protège l’accès du Chemin des Romains, près du carrefour de la Croix de Pierre. La casemate de béton a été baptisée au nom du lieutenant de Courson, tué en 1914.

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Monument des Services de Santé de Fleury-sur-Aire : Dédié «A la mémoire des combattants blessés et des services de santé français et américains de 1914-1918», il est érigé par le sculpteur François Davin à l’emplacement d’un vaste hôpital militaire.

Sculpté de manière brute et massive, le groupe représente un médecin et une infirmière, formes ébauchées aux mains ouvertes en signe de dévouement, au chevet d’un soldat blessé taillé dans un bloc de pierre brisé. Il est inauguré le 24 octobre 1999 en présence du représentant de l’ambassadeur des Etats-Unis en France.

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Ce monument évoque également la brève rencontre dans cet hôpital de Fleury-sur-Aire entre l’ambulancier volontaire de l’American Field Service, John Verplank Newlin, étudiant à l’université de Princeton, grièvement blessé, et l’infirmière-major de l’Union des Femmes de France, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire. Fille de Georges Clemenceau, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire est en poste à l’hôpital de Fleury-sur-Aire de 1916 à 1918 après un séjour à Verdun. Elle y a pour charge la surveillance des salles de l’auto-chir n°3. Elle est l’auteur du livre Les Hommes de mauvaise volonté (1919) dans lequel elle livre son témoignage sur la vie de l’hôpital de Fleury-sur-Aire.

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L’hôpital de Fleury-sur-Aire est connu principalement sous le nom d’H.O.E. 11 B. De mai 1916 à septembre 1918, il accueille 116 000 blessés ou malades. A l’apogée de son fonctionnement, il atteint la capacité de 1 220 lits et occupe 8 hectares. Il couvre le front Haute-Chevauchée – Avocourt – côte du Poivre.

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Plus qu’un simple H.O.E. destiné à assurer les évacuations classiques, Fleury fait partie des hôpitaux de campagne dotés d’une des ambulances chirurgicales automobiles (ACA ou auto-chir) créées au printemps 1915. En conséquence, un quartier d’hospitalisation agrandi est construit. L’ensemble est desservi par la nouvelle voie ferrée 6 bis à forte capacité inaugurée en mai 1916. Ainsi, lors de l’opération de reconquête française du 20 août 1917 (2e bataille de Verdun), la structure est en mesure de traiter plus de 7 000 blessés en trois jours.

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Plusieurs sommités médicales et chirurgicales de l’époque officient à l’hôpital de Fleury dont les professeurs chirurgiens des Hôpitaux de Paris, Jacques-Ambroise Monprofit, Raymond Grégoire et le futur académicien Henri Mondor. Henri Mondor arrive à Fleury le 3 juillet 1916, nommé à la tête d’une équipe chirurgicale de l’ACA n°3. Il y opère jusque fin 1917, puis rejoint la 10e armée française en Italie.

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Verdun ville

DSC06249DSC06254HOTEL DE VILLE – Salle des décorations : Dans un mobilier de style art nouveau signé Majorelle, la ville conserve les plus hautes distinctions reçues des pays alliés avec drapeaux, sabre d’honneur, diplômes et plaques commémoratives. Le livre d’or de la ville (œuvre de l’artiste nancéien Victor Prouvé) porte les signatures de nombreux chefs d’État et personnalités d’Europe et du monde en visite à Verdun.

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Les premières distinctions sont remises à la ville le 13 septembre 1916 lors d’une cérémonie à la citadelle souterraine, sous la présidence de Raymond Poincaré et en présence des représentants de Grande-Bretagne, Russie, Italie, Serbie, Belgique et Monténégro. De 1917 à 1929, 16 autres nations décerneront à Verdun leurs décorations les plus élevées.

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Salle des livres d’or : Elle est inaugurée le 17 juin 1956 par le président de la République René Coty, ancien combattant de Verdun. Les livres d’or recueillent les noms, prénoms, grades, unités des combattants titulaires de la médaille de Verdun. Dans cette salle également les croix de guerre des neuf villages détruits « morts pour la France » du champ de bataille de Verdun ; objets retrouvés dans leurs décombres ; plan relief du champ de bataille ; tableau des citains (citoyens d’honneur) de Verdun sur lequel le nom du maréchal Pétain a été enlevé après la Seconde Guerre mondiale.

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Salle des souvenirs de guerre : Photographies, bustes, portraits des généraux Pétain, Mangin, Joffre, Nivelle, Guillaumat ; le célèbre ordre du jour du général Pétain du 10 avril 1916 « Courage… On les aura » ; autres documents rédigés par différents généraux ; manuscrit du colonel Driant ; vitrine consacrée à André Maginot ; photographies des destructions de Verdun, etc.

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La porte Chaussée, ou tour Chaussée, est une porte de ville située à Verdun. Construite en 1380 le long de la Meuse, elle était l’une des trois portes monumentales du Grand Rempart de Verdun. Remaniée en 1690, elle sert de prison militaire à l’État de 1755 à 1860 avant d’être rachetée par la ville en 1889. Elle est classée aux monuments historiques depuis le 21 mars 1881.

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MONUMENT À LA VICTOIRE ET AUX SOLDATS DE VERDUN – Monument de trente mètres de haut érigé au sommet d’un escalier monumental entre deux imposantes murailles. Entre ville basse et ville haute, il s’insère dans une brèche ouverte par les obus dans l’ancien rempart qui ceinturait le Verdun médiéval. Au sommet d’une tour pyramidale, un guerrier franc de six mètres monte la garde, appuyé sur son épée, incarnant la devise née de la bataille « Verdun, on ne passe pas ». Au pied de la tour, une crypte abrite trois niches qui devaient à l’origine présenter sur des socles les livres d’or rassemblant les noms des soldats français titulaires de la médaille de Verdun.

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Le monument est inauguré le 23 juin 1929 lors des importantes fêtes célébrant la « renaissance » de Verdun en présence des présidents de la République, du Conseil, des Assemblées, de plusieurs ministres et du maréchal Pétain.

En plein centre-ville de Verdun trône ce que certains nomment le « Goldorak ». Il s’agit en fait du Monument « à la Victoire et aux soldats de Verdun ». Il se trouve plus précisément au bout de la rue de la Victoire en haut d’un gigantesque escalier de 73 marches creusé dans l’ancien rempart.

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Au sommet, une crypte se visite gratuitement. Elle conserve des livres d’or, des photos et coupures de journaux ainsi qu’un énorme fichier des combattants tombés sur les champs de bataille de Verdun et de ceux qui ont été décorés. Le gardien est là pour donner toutes les explications nécessaires et renseigner également sur les autres sites de Verdun. La crypte est surmontée d’un pylône supportant un impressionnant guerrier symbolisant la puissante défense de Verdun. Le tout est flanqué de deux canons russes pris sur le front allemand. Tout ça a vraiment de la gueule. C’est le projet de l’architecte Chesnay qui a été retenu par la municipalité de Verdun dans les années 20, et la statue du guerrier victorieux est due au sculpteur Jean Boucher.

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Le monument inauguré le 23 juin 1929 est érigé au sommet d’un escalier monumental (73 marches) qui relie la ville basse et la ville haute, entre deux murailles percées de fausses meurtrières. Du haut d’une tour pyramidale de 30 m au sommet tronqué, un guerrier franc appuyé sur son épée massive monte la garde, le regard porté vers les champs de bataille à l’est. Au pied de la pyramide, une crypte abrite trois niches présentant sur des socles de marbres les Livres d’Or des soldats ayant combattu en Meuse (les Livres sont aujourd’hui visibles en mairie). A l’origine, une décoration spéciale, « la Médaille de Verdun » était décernée à chaque combattant de Verdun survivant.

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La crypte, d’abord prévue plus vaste devait être un ossuaire pour les restes épars trouvés sur le champ de bataille. Elle devait aussi accueillir les sarcophages des sept soldats inconnus après la cérémonie de 1920 à la citadelle et qui ont finalement été déposés au cimetière militaire du Faubourg-Pavé. De part et d’autre du monument, deux canons russes de la première guerre mondiale pris aux Allemands. Aujourd’hui, l’escalier est scindé en son centre par une cascade symbolisant la vie renaissante.

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Le monument de la victoire est chaque année le théâtre d’une cérémonie patriotique particulière. La Flamme sacrée prélevée le 30 octobre sur la tombe du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe est acheminée par coursiers jusqu’au monument à la Victoire où elle arrive le 1er novembre. Après la cérémonie, elle est déposée dans la crypte et veillée par des associations patriotiques jusqu’au 11 novembre, jour de l’armistice où elle rejoint à nouveau Paris.

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Les inscriptions sur le monument :

« Messieurs voici les murs où se sont brisés les suprêmes espérances de l’Allemagne impériale. C’est ici qu’elle avait cherché à remporter un succès bruyant et théâtral. C’est ici qu’avec une fermeté tranquille la France lui a répondu : « On ne passe pas ». Honneur aux soldats de Verdun Ils ont semé et arrosé de leur sang la moisson qui lève aujourd’hui » 13 septembre 1916. Raymond Poincaré.

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« Tous ceux qui ont été nos camarades de gloire et de misère, tous ceux qui ont dressé ici le mur de leurs poitrines afin que l’ennemi ne passe pas et qui, ayant été à la peine méritent d’être à l’honneur vont pouvoir se retrouver dans l’intimité glorieuse de votre Livre d’Or. Dans ce sanctuaire dédié au plus grand héroïsme humain, souhaitons que les hommes des générations qui nous succèderont viennent chercher des exemples et recueillir des leçons. » 27 août 1922. André Maginot.

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IIème Armée. Q.G. de Souilly, le 10 avril 1916.

Ordre Général N°9.

Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armes, les assauts furieux des armées du Kronprinz ont été partout repoussés. Fantassins, Artilleurs, Sapeurs, Aviateurs de la IIème Armée ont rivalisé d’héroïsme. Honneur à tous ! Les Allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier. Courage !… On les aura ! Gal PETAIN

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MESS DES OFFICIERS –  Edifié entre 1890 et 1893 sur les plans de l’ingénieur Guinot, créateur de la citadelle souterraine, ce superbe bâtiment est à la dimension qu’occupe l’armée à Verdun, principale place forte de l’Est, à la veille de la Première Guerre mondiale.

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PLAQUE EN HOMMAGE AU GÉNÉRAL MANGIN –  Après l’échec de la tentative de reprise du fort de Douaumont (22-24 mai 1916), le général Mangin conduit, sous les ordres du général Nivelle, les opérations de reconquête victorieuse des forts de Douaumont et Vaux en octobre-novembre, puis le dégagement en avant de ces forts en décembre.

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Un mémorial de la bataille de Verdun

Le Mémorial de Verdun est créé en 1967 à l’emplacement de la gare de Fleury-devant-Douaumont à l’initiative du Comité National du Souvenir de Verdun et de son président Maurice Genevoix.

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Ancré au cœur du champ de bataille sur les lieux des combats de la Grande Guerre, le Mémorial de Verdun est un lieu majeur d’histoire et de mémoire, qui propose une immersion dans la bataille de Verdun à travers la figure du combattant qu’il soit français ou allemand.

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Fermé depuis septembre 2013 pour des travaux de rénovation et d’agrandissement, il a rouvert ses portes en février 2016 et propose une nouvelle scénographie. Le nouveau parcours se déploie sur trois niveaux au fil d’un parcours de découverte.

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Créé en 1967, sous l’égide de l’Académicien et Ancien Combattant Maurice Genevoix, il compte parmi les principaux musées européens de la Grande Guerre.

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Près de 2000 objets de collection, une multitude de photos souvent inédites, des témoignages français et allemands et des dispositifs audiovisuels exceptionnels se mêlent dans un parcours de visite totalement renouvelé, pédagogique et empreint d’émotions, afin d’évoquer l’expérience combattante de ces hommes venus de toute parts.

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Dès l’entrée, le visiteur est invité à situer la bataille de Verdun dans le temps et l’histoire, puis à mettre ses pas dans ceux d’un soldat qui part vers les premières lignes. Au cœur de la visite, un spectacle audiovisuel de 100m2 évoque l’expérience combattante dramatique de ces hommes sur un champ de bataille dévasté, tandis qu’une crypte permet d’entrer dans l’intimité fragile d’un soldat exposé au feu des canons.

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Le second niveau laisse découvrir aviateurs, artilleurs, états-majors qui prennent part à la bataille ainsi que la vie en Meuse aux arrières immédiats du front où les médecins travaillent sans répit. Le quotidien en France et en Allemagne est mis en scène au travers du regard des soldats en permission tandis qu’un film raconte la construction de la mémoire de la bataille de Verdun.

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Au dernier niveau de visite, entièrement ajouté en 2015, les murs du Mémorial s’ouvrent sur le paysage environnant. Le champ de bataille se contemple et s’apprivoise à l’aide de bornes interactives, aux côtés d’un espace d’exposition temporaire, d’un centre de documentation, d’un lieu de détente et d’une salle pédagogique.

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Fernand Ducom, ancien combattant et premier conservateur du Mémorial, précise le 7 octobre 1966 : « Il manquait au secteur de Verdun, à côté de ses forts et de ses cimetières, un endroit où la bataille pût être reconstituée et expliquée ».

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Le mémorial de Verdun est inauguré le 17 septembre 1967 en présence d’Henri Duvillard, ministre des Anciens combattants.

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« Ce Mémorial a été édifié par les survivants de Verdun, en souvenir de leurs camarades tombés dans la bataille pour que ceux qui viennent se recueillir et méditer aux lieux mêmes de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus » — Maurice Genevoix.

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Un mémorial de la bataille de Verdun ? Pourquoi ? Parce que les survivants, bien au-delà de leur propre personne, veulent perpétuer le souvenir de tous ceux qui sont tombés, de Souville au Mort-Homme, du Bois des Caures à Douaumont. Parce qu’ils veulent commémorer une bataille qui a marqué un tournant décisif de la longue histoire des hommes. Parce qu’ils souhaitent que les hommes de demain, venant se recueillir au lieu même de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus.

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Une guerre devenue totale. La bataille de Verdun s’inscrit dans un conflit dont les dimensions stupéfient déjà ses contemporains. C’est bien la « Grande guerre » : grande par le nombre de pays engagés, grande par les sacrifices des civils et des militaires. Dix millions de soldats sont morts au combat entre 1914 et 1918.

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De différend localisé, le conflit s’étend à grande vitesse en Europe et dans le monde par le jeu des alliances entre les puissances coloniales. Chaque nation justifie son entrée en guerre par la menace d’agression qu’elle perçoit. L’Allemagne se sent prise en étau entre la Russie et la France. Pour attaquer la France, elle viole la neutralité belge, ce qui décide la Grande-Bretagne à soutenir la France. Celle-ci résiste : l’espoir d’une guerre courte disparaît. L’équilibre relatif des forces conduit à une interminable guerre de tranchées sur le front ouest. La guerre se transforme en une guerre totale où la puissance des armes engagées et des ressources de chaque pays deviennent décisives.

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De 1914 à 1918 : la guerre omniprésente à Verdun. Alors que la bataille de la Marne (5-12 septembre 1914) stoppe l’avancée allemande vers Paris, la place fortifiée de Verdun devient le pivot Est du dispositif militaire français. Attaquée fin septembre, elle résiste mais se trouve enserrée sur trois côtés par l’armée allemande. La guerre de position fait rage en 1915 au sud et à l’ouest de Verdun : les soldats creusent des sapes et déposent des charges explosives sous les lignes adverses. Ces combats sans fin sont occultés par la « bataille de Verdun » en 1916. L’armée allemande veut s’emparer de la place forte pour réduire le saillant de Verdun et porter un coup décisif à l’armée française, déjà très affaiblie par les pertes d’un an et demi de guerre. Elle lance une offensive sans précédent le 21 février 1916. La résistance française est opiniâtre, mais elle ne parvient pas à reprendre les forts perdus de la rive droite qu’à la fin de l’année 1916. Les opérations de reconquête se poursuivent en 1917. Pourtant, seules les opérations franco-américaines de septembre 1918 permettent de repousser les troupes allemandes et de desserrer leur étau. Un mois plus tard, leur résistance s’effondre. L’armistice signé le 11 novembre clôt cinquante-deux mois de guerre en Meuse.

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Esnes-en-Argonne, la côte 304 et le Mort-Homme

DSC04951DSC04956Nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne : Ce cimetière militaire français de 3,4 ha abrite les dépouilles de 6 661 soldats français pendant la Première Guerre mondiale, 3 661 reposent dans des tombes individuelles et 3 000 dans deux ossuaires. Dans le premier ossuaire reposent les soldats morts pour la France des régions de Béthelainville, Avocourt, Sivry-la-Perche, Côte 304, Esnes et Montzéville, dans le deuxième ossuaire reposent les soldats des régions Béthincourt, Bois-des-Forges, Cumières, Mort-Homme, Chattancourt et Malancourt.

Le monument de la cote 304. Ce monument de la Première Guerre mondiale, sous la forme d’une haute borne quadrangulaire, a été érigé à la mémoire des unités ayant combattu pour la prise de cette position. Le nom des différentes unités sont gravés sur le monument. Il a été inauguré le 14 juin 1934 par Philippe Pétain.

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Le 14 juin 1940, durant la bataille de France, François Mitterrand, futur président de la République française, alors sergent-chef au 23e régiment d’infanterie coloniale, est blessé à la Cote 304 et soigné au village d’Esnes. Le 22 septembre 1984, lors d’une des rencontres entre Mitterrand et Kohl, les deux chefs d’État visitent Esnes-en-Argonne. À la suite de cela, le 6 juin 1985, le conseil municipal fait Mitterrand citoyen d’honneur d’Esnes-en-Argonne.

Côte 304 – Fortement ralentis sur la rive droite de la Meuse par les tirs puissants et précis de l’artillerie française de la rive gauche, les Allemands changent leur stratégie d’attaque. Ils décident d’étendre leur offensive à l’ouest de Verdun. Le Kronprinz Impérial avait pourtant suggéré à von FALKENHAYN d’attaquer sur les deux rives dès le début de l’opération mais ce dernier refusa pour ne pas diviser ses moyens. La cote 304 et le Mort-Homme seront attaqués simultanément.

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Le général von GALLWITZ prend le commandement des unités chargées de cette offensive. Les Allemands amènent du matériel spécial et des troupes fraiches pour cette bataille. Du côté français, cela fait un moment que PÉTAIN s’attend à cet affrontement et quelques régiments ont été mis en réserve pour l’occasion. L’attaque démarre le 6 mars, par une forte préparation d’artillerie. Toute la crête du Mort-Homme est plongée dans un nuage de fumée et de poussière. Les Allemands gagnent du terrain au prix d’énormes pertes mais ne peuvent conquérir que le sommet le plus bas du Mort-Homme. Les lignes allemandes sont toujours prises sous le feu des batteries françaises de la cote 304 et des canons de la rive gauche. Le 8 avril, une nouvelle impulsion est donnée à l’attaque allemande, principalement sur les mamelons du Mort-Homme, mais aussi sur les approches de la cote 304. Ce coup de reins leur permet de gagner un peu d’espace mais la résistance énergique des fantassins français bien appuyés par l’artillerie les empêche d’atteindre leurs objectifs. La bataille bascule constamment d’une crête à l’autre. C’est la lutte la plus dure qui se soit déroulée sur la rive gauche. Des compagnies entières sont fauchées dans chaque camp. Les provisions demeurent indisponibles pour plusieurs jours. Les blessés sont laissés à l’abandon et les morts ne sont pas enterrés. Les tirs sont considérés comme plus violents que ceux qui auront lieu sur la Somme la même année.

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Un soldat français décrit l’horreur de ces bombardements : « Quand on entend au loin le sifflement des obus, le corps tout entier se crispe préventivement, se préparant à l’énorme explosion qui va arriver. Chaque nouvelle explosion est une nouvelle attaque, une nouvelle fatigue, une nouvelle affliction. Même avec des nerfs d’acier il est impossible de gérer cette pression. Le moment vient où le sang pulse à la tête, la fièvre envahit le corps tout entier, les membres sont engourdis, les nerfs sans réaction sont incapables de faire quoi que ce soit… » Malgré tous leurs assauts, les Allemands échouent sur le Mort-Homme. Les Français héroïquement restent forts. Le général PÉTAIN sort dans son ordre du jour du 9 avril 1916 son fameux : « Courage ! on les aura ! ».

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Depuis la cote 304, les Français empêchent les Allemands d’installer leurs batteries d’artillerie et les postes d’observation sur le Mort-Homme. Leurs positions sont pilonnées jour et nuit. Le général von GALLWITZ réussit à convaincre son officier supérieur qu’il est inutile d’attaquer le Mort-Homme avant d’avoir, au préalable, neutralisé la cote 304. Le lendemain, commence une période de pluie qui durera 12 jours. Les troupes sont trempées et pataugent dans la boue jusqu’aux genoux. Après cet épisode pluvieux, plusieurs contre-attaques françaises repoussent les Allemands au-delà des collines du Mort-Homme. Dans le même temps, l’ennemi se prépare pour l’attaque massive contre la cote 304. Le général von GALLWITZ, officier artilleur, décide de mettre en œuvre les grands moyens pour arriver à son but. 500 obusiers lourds pointent leur gueule sur un front large d’à peine deux kilomètres.

En cette journée torride du 3 mai 1916, les Allemands déclenchent un énorme bombardement qui s’étend de la cote 304 au Mort-Homme. Il se concentre particulièrement sur la cote 304 et le ravin de la Hayette. Plus de 70 batteries déversent leurs obus sur l’artillerie française postée sur cette crête. À 15 heures, les tirs augmentent encore en puissance, notamment sur un bataillon du 90e R.I. Toutes les tranchées sont nivelées, les hommes et le matériel, pulvérisés et les ouvrages considérablement affaiblis. Les Français comptent, de nouveau, de très lourdes pertes. Contre toute attente, l’attaque d’infanterie, suspectée après un tel bombardement, n’a pas lieu. À la suite des pertes énormes, subies par les bataillons de 1ère ligne, des renforts sont prélevés des 68e R.I. et 290e R.I.

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Tirs de concentration sur la cote 304Le 4 mai, à 4 h 30, le pilonnage reprend avec la même intensité que la veille. Il monte encore en puissance à partir de 8 h 30 et atteint son paroxysme, vers 15 heures, où il devient insoutenable. Les 1ère et 2e lignes de la 17e division, ainsi que la cote 304, sont complètement laminées. Un nuage de fumée et de poussière très épais et très élevé recouvre toute la zone. À 15 h 30, une colonne allemande, large de trois kilomètres, venant de Gercourt et se rendant à Cuisy, est signalée. Des fusées rouges qui partent de la cote 304, demandent un tir de barrage. L’artillerie lourde du 9e C.A. se joint à l’artillerie divisionnaire pour barrer la route aux Allemands. Une heure plus tard, les tirs allemands s’allongent dans le vallon de la Hayette. Depuis la cote 310, on entend le crépitement des mitrailleuses dans le bois en éponge.

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Voici ce que rapporte le jmo de la 17e D.I. au sujet de cette attaque : « Dès que le tir s’est allongé, l’infanterie allemande s’est avancée en vagues, entre le boyau de la Joliette et le boyau des Serbes, dans un pli du terrain. Les tranchées de notre côté n’existent plus, presque tous les officiers et hommes sont enterrés, les mitrailleuses, les fusils brisés. La 1ère vague allemande est composée d’hommes qui vont le fusil à la bretelle, un rouleau de fil de fer dans la main gauche, une grenade dans la main droite, ils montent sur la cote 304 par le Nord. La 2e vague est composée de nettoyeurs. La défense est inhibée sur le front. Du bataillon Berthelon (droite du 68e R.I.), il n’est revenu que deux hommes. La fusillade et le feu des mitrailleuses menés par les débris des compagnies d’aile des bataillons Romary du 68e et Royné du 90e gênent sensiblement l’ennemi, le prennent de flanc, lui font subir de lourdes pertes et renoncer à élargir son cheminement vers la cote 304.(…)

Les renseignements sur la situation, à 20 heures, sont les suivants : aucune nouvelle du 68e. On dit que l’ennemi aurait pris pied au bois en Éponge. Aucune nouvelle du Btn de droite du 90e.(…) À 23 h 15, le général commandant la 17e division donne les ordres pour une contre-attaque par les trois groupements qui vont se constituer sur le front, avec beaucoup d’unités mais avec des effectifs très réduits. À droite, le lieutenant-colonel CARLIER commandant le 90e, renverra le reste du 2e bataillon du 68e, épuisé, à Esnes. Avec le 2e bataillon du 90e, il devra maintenir son front sur le Crochet et contre-attaquer, face au nord-est, dans le flanc gauche de l’ennemi. Au centre, le lieutenant-colonel EGGENSPIELER du 290e, avec le 5e bataillon du 290e agira sur le côté sud de la cote 304, face au Nord. À gauche, le lieutenant-colonel ODENT du 68e attaquera la face au nord-est. Si ces trois contre-attaques ne peuvent avoir lieu dans la nuit, en raison des tirs de barrage de l’ennemi et des retards qui en résultent dans l’arrivée des troupes, elles seront reprises simultanément par les 3 groupements et avec la dernière énergie aux premières lueurs du jour ».

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Le 5 mai, à droite, le 2e bataillon du 90e R.I. se maintient à la lisière est du bois de la cote 304, mais est cloué sur place par des mitrailleuses placées en partie haute du bois. À gauche, ODENT qui a récupéré des éléments du 77e R.I. et du 290e R.I. en renfort de son 68e R.I. donne, à 1 h 10, l’ordre d’attaquer. Les tranchées de la pente nord-est de la cote 304 sont reprises une à une. Au moment de dévaler la pente descendante, un violent tir de mitrailleuses et d’artillerie légère les accueille ; ODENT est alors frappé d’une balle en pleine tête. Les unités françaises doivent retraiter sous couvert du 6e bataillon du 290e R.I. qui n’a pas pris part à l’attaque. Les Allemands contre-attaquent mais sont énergiquement repoussés à coup de fusils et de mitrailleuses. Le colonel MARIANI prend le commandement des troupes postées à la cote 304 avec pour mission de tenir à tout prix cette cote ainsi que les positions le reliant avec le 290e R.I. à droite et la 18e D.I. à gauche. Au soir du 6 mai, la 152e D.I. qui doit relever la 17e D.I. arrive trop tard pour monter en ligne ce qui permet aux Allemands de consolider leurs emplacements récemment reconquis.

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Dans la matinée du 7 mai, un violent bombardement est déclenché sur le secteur de la 152e D.I. À partir de midi, ce bombardement monte en puissance. Vers 16 heures, les vagues d’attaque allemandes déferlent sur les positions de la cote 304, sur le front du 114e R.I., dans un premier temps, puis sur celui du 125e R.I. Perforant la ligne de la 18e D.I., ils s’emparent de la presque totalité du bois Camard. Malgré la résistance des éléments du 125e R.I., les Allemands débordent leur objectif par l’Ouest et s’infiltrent dans le ravin sud. La situation devient critique pour les troupes françaises. Cependant, l’ennemi est mal soutenu par son artillerie et est repoussé par les renforts français amenés d’Esnes. Il l’est également au nord de la cote 304 ; la continuité de la ligne française est à nouveau rétablie. Dans la nuit suivante, la cote 304 est, de nouveau, attaquée et prise aux Français qui se trouvent complètement débordés. Il faudra encore trois autres jours d’un corps à corps acharné avant que les Allemands ne l’enlèvent définitivement. Ce même jour, une offensive est menée contre les positions françaises sur la rive droite de la Meuse.

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Le 18 mai, à 3 heures du matin, le général NIVELLE lance deux opérations quasi simultanées. La première vise à reprendre les positions perdues lors de l’attaque allemande du 7 mai, à l’est de la cote 304 ; cette opération est un succès. La seconde, vers l’ouvrage 287, n’est qu’un leurre destiné à diviser les forces ennemies. Vers 16 heures, les Allemands déclenchent une contre-attaque qui est repoussée à l’est du bois d’Avocourt, devant la cote 304 et le bois Camard. Ils réussissent par contre à percer les lignes françaises sur une profondeur de près d’un kilomètre entre le bois d’Avocourt et la route Esnes-Malancourt. Toutes les tentatives françaises pour reprendre le terrain perdu, échouent.

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Le lendemain, à 3 h 30 du matin, une nouvelle offensive allemande est lancée, flammenwerfer en tête. À l’ouest de la cote 304, vers Pommerieux, la 1ère ligne française est enfoncée. Les Allemands ne peuvent pas exploiter cette percée qui leur aurait permis de tourner la défense française au sud de la côte 304. À 13 heures, le 3e R.M.Z. est lancé en contre-attaque avec pour objectif : l’ouvrage 15, au sud de la cote 287 et à l’ouest de Pommerieux.

La route du Mort-Homme est désormais libre. Dans ce secteur, aussi, un énorme bombardement est déclenché. Le Mort-Homme parait en éruption. Le ciel et la terre tremblent sous l’explosion de milliers d’obus. Dans chaque camp règne le chaos. Côté allemand 13 régiments restent sur la ligne de défense sans commandement ni coordination. Les Français résistent admirablement mais cèdent à la fin du mois de mai. Le Mort-Homme est finalement pris par les Allemands. Les villages de Cumières et de Chattancourt sont également pris. À l’issue de trois mois de combats ininterrompus, les bois Bourrus semblent à portée de main. Après cette bataille, les troupes françaises et allemandes sont complètement exténuées.

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Comme pour le Mort-Homme, les combats de la cote 304 ne cesseront pas dans ce secteur de la place de Verdun. Il faudra attendre l’offensive française du 20 août 1917 pour reprendre la cote 304. La rive gauche de la Meuse sera définitivement conquise par les Américains, lors de l’offensive Meuse-Argonne qui débutera le 26 septembre 1918.

Le 17 juin 1934, un monument élevé à la mémoire des unités ayant combattus dans ce secteur est inauguré par le maréchal PÉTAIN. Le nom de ces unités est gravé sur le mémorial. Sur la route qui mène d’Esnes-en-Argonne à la cote 304 un monument à la gloire du 173e d’infanterie est érigé. Plusieurs autre monuments ou cénotaphes sont éparpillés ça et là sur le champ de bataille.

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Le Kronprinz supplie Falkenhayn d’attaquer la rive gauche pour faire taire les canons français. Les Allemands attaquent autour du Mort-Homme, du côté de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de Cumières et du bois des Corbeaux. Puis ils attaquent sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la Côte du Poivre et d’Avocourt. Ce sont à chaque fois des boucheries pour les deux camps. En ces lieux, tant du côté français qu’allemand, ces hommes ont fait preuve tout à la fois de courage, de désespoir, de sacrifice et d’abnégation.

Sur ces positions, les armées françaises et allemandes sont impitoyablement usées et saignées à blanc. Nombreuses sont les unités qui doivent être entièrement reconstituées à plusieurs reprises ou qui disparaissent. Le 6 mars 1916, les Allemands pilonnent et attaquent le Mort-homme sur la rive gauche. Mais le feu français les arrête. Cette « bataille dans la bataille » va durer jusqu’au 15 mars. Au cours de ces 10 jours, le secteur est transformé en désert. Les combattants des deux bords y connaissent toutes les souffrances.

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Cumières-le-Mort-Homme est une commune française située dans le département de la Meuse. Il s’agit de l’une des neuf communes « mortes pour la France » à la suite de la Première Guerre mondiale qui ne comptent aucun habitant.

Au lieu-dit le-Mort-Homme le monument élevé à la mémoire des soldats de la 69e division, érigé par l’amicale des anciens de la 69e division d’infanterie. Jacques Froment-Meurice a réalisé une œuvre représentant un squelette se dégageant de son suaire. Debout, le squelette du soldat pousse un cri de victoire. Il porte sur un bras un drapeau, symbolisant la nation pour laquelle il s’est sacrifié, de l’autre bras il brandit le flambeau de la victoire. Sur le socle du monument, l’inscription « Ils n’ont pas passé », rappelle la résistance victorieuse des soldats français. Les travaux se sont déroulés du 12 juillet au 20 août 1922. L’entretien du monument a été confié au Souvenir français. À 100 m, le monument de granit dressé par les anciens de la 40e division d’infanterie.

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Ancien champ de bataille – Classé en zone rouge, l’ancien champ de bataille a été planté de conifères dans les années 1920. Sans cette forêt de 14 000 ha, on distingue les bords des cratères d’obus, l’emplacement des villages détruits dont rien ne subsiste. Une chapelle a été érigée en 1933 à l’endroit où se trouvait l’église avant la Grande Guerre.

Le 55e régiment d’infanterie va rester dans la commune du juin 1914 en juin 1915. Le 21 février 1916, le tonnerre des canons marque le début de la bataille de Verdun. Situé sur le secteur de Verdun, le village perdu par les troupes françaises le 8 avril 1916 et repris le 26 septembre 1918 disparaitra totalement sous l’acharnement des pilonnages des obus français et allemands.

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Le 6 avril 1916 décède ROUE Jean Marie, soldat du 37e RI. Le 37e RI est arrivé à Verdun, en premières lignes, le 26 mars 1916. Il relève le 121e RI dans le secteur de Béthincourt / Esnes, pour y assurer la garde du saillant très important constitué par le village de Béthincourt, au nord du ruisseau de Forges. Sa mission est de laisser le temps à la division de s’organiser sur la cote 304.

Il est ainsi sacrifié. Les allemands tentent de s’emparer de Verdun, les combats sont très violents, les bombardements terribles. Le corps de Jean Marie ne sera jamais retrouvé, comme tant de ses camarades. Le village de Béthincourt fait partie des 17 communes médaillées de la Résistance (décret du Général de Gaulle du 15/10/1945). A accueilli le PC du colonel Grandval, chef des F.F.I pour l’Est de la France, du 6 juin au 13 juillet 1944.

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Papa Poydenot dégourdit ses avirons

Léonard de Vinci : le bon conseil. « Nul conseil n’est aussi sincère que celui qu’on donne sur un navire en péril ! »

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Victor Hugo : « L’appel ».

« J’entends le canon d’alarme sur la mer

Des matins en détresse appelant à l’aide

Dans l’ombre où la rafale aux rafales succède

Sans pilote, sans mât, sans ancre, sans abri.

Quelque vaisseau perdu jetait son dernier cri. »

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Andrew Carnegie (1835/1919), industriel américain fondateur d’un trust sidérurgique. Il subventionna des fondations charitables et des institutions scientifiques et culturelles. Il créa la « Fondation Carnegie » pour reconnaître, récompenser et glorifier par un diplôme individuel accompagné d’une plaquette en argent destinés aux héros civils pour un acte magnifique de dévouement et de sacrifice, notamment les sauveteurs en mer ayant accompli le plus héroïque sauvetage.

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La parole est à « Papa Poydenot » ! Canot de sauvetage du temps des avirons et de la voile.

Je m’appelle « Papa Poydenot » du nom de famille de généreux donateurs qui ont permis ma construction et ma naissance dans les chantiers « Augustin Normand » au Havre en 1900. Avant mon baptême, en ce lieu le 29 mars 1901, voici plus de 110 ans, j’ai participé à l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Mon parrain est le Préfet du Finistère, Henri Collignon et ma marraine, la baronne Louise Bigeon de Pascal de Courcy, chef de cabinet du Préfet.

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Je mesure hors tout 10,10 m et 2,27 m de large avec un ventre creux de 0,97 m ; mon déplacement en charge est de 3,5 tonnes. Ma colonne vertébrale, ma quille en chêne a été renforcée, de chaque côté, par des bandes de plomb et de fonte, pesant près de 300 kg permettant d’abaisser mon centre de gravité et aussi d’améliorer ma stabilité. En cas de chavirage, je me redresse spontanément en 5 secondes.

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Mon armement en hommes se compose de 10 canotiers en rameurs guidés et commandés par un patron tenant la barre franche et un sous-patron. Mon armement en matériel est composé de 15 avirons en frêne dont 3 en rechange, de 3,68 m à 4,27 m. Ils ne sont pas tous de la même longueur, ils sont numérotés du n°1 au n°5 de l’avant vers l’arrière, les n° 1 et 5 : 3,68 m ; les n° 2 et 4 : 3,95 m ; et les n°3 : 4,27 m. Ils ne sont pas interchangeables.

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Ma voilure comprend 3 voiles : 1 foc de 1,74 m², 1 voile de misaine de 8,19 m² et 1 grand’voile de 6,30 m², la superficie des voiles est de 16,23 m². Je suis le type de canot de sauvetage à avirons et à voiles, insubmersible et à redressement spontané.

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A présent, je ne pratique plus le sauvetage, je suis trop vieux. Une autre génération de canots de sauvetage à moteurs, plus rapides est venue me remplacer. Je reste un bâtiment flottant autorisé à naviguer dans les ports et abords immédiats.

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On me demande souvent ce que j’ai fait dans ma vie de sauveteur autour de la pointe de Penmarch. J’ai vécu ici, à Saint-Pierre, dans cet abri et très souvent en mer dans l’exercice de mes fonctions de sauveteur, de mars 1901 à juin 1913. J’ai effectué 23 sorties, secouru 4 navires et sauvé 26 personnes.

En juin 1913, je suis muté à la station d’Etel où j’y vis jusqu’en juin 1939 et cesse toute activité dès l’arrivée du canot à moteurs le « Vice-Amiral Schwerer ». J’ai effectué 33 sorties, secourus 19 navires et sauvés 97 marins. Je fus vendu par la « Société Centrale de sauvetage des Naufragés » le 11 avril 1940 pour la somme de 2000 Frs.

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J’ai aussi beaucoup souffert physiquement. J’ai agonisé longtemps sur une vasière du Port-Haliguen, dans le Morbihan avant que le « Centre de Découverte Maritime du Pays Bigouden » se crée en 1989 et vint à mon secours. J’ai ainsi reçu des soins rapides et intensifs des Compagnons du Chantier Pichavant de Pont-Labbé.

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Aujourd’hui, j’apparais en bonne santé et j’ai déjà participé aux grands rassemblements des voiliers de Brest 92, Brest 96 et Brest 2000. J’ai été classé 6ème du prix spécial de la restauration au « Concours Bateaux des côtes de France » organisé par le Chasse-Marée, lors de Brest 92. J’ai eu l’honneur d’être classé parmi les monuments historiques (propriété privée) le 9 novembre 1992 par le ministère de l’Education et de la Culture.

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Je dégourdis un peu mes avirons dans les fêtes locales du Pays Bigouden sur demande des associations qui souhaitent ma présence dans leurs ports. Parfois, je me déplace au-delà des côtes du Finistère. Je suis aujourd’hui très heureux de mon sort ; je passe une agréable retraite à l’abri des intempéries sur mon chariot de mise à l’eau et de transport de 800 kg réalisé par le chantier naval Canevet de Saint-Guénolé.

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