coucher de soleil à Porspoder

Porspoder se situe sur le littoral ouest du Pays de Léon, au bord de la Mer d’Iroise. Elle compte notamment sur son territoire la Presqu’île Saint-Laurent, au large de laquelle se trouve le Phare du Four. Porspoder est non loin de la pointe de Corsen limite géographique conventionnelle entre la Manche et l’Atlantique.

DSC08683

DSC08684

DSC08687Porspoder vient de porzh et poder (port et potier en breton), « Le port du potier ».DSC08692

 

DSC08697

La Presqu’ile Saint-Laurent : majestueux site naturel, rattachée à la terre ferme que par un mince isthme aux côtés duquel se situent les plages de La Grève Blanche ou plage des dames et La Grève des Bateaux ou plage des curés.

DSC08710 DSC08708

À la pointe de la presqu’île, il est possible d’admirer au loin le phare du Four. Au centre se situe un four à Goémon.

DSC08711     DSC08719 DSC08723

Île de Melon est une petite île inhabitée, qui renferme des vestiges mégalithiques tels que de nombreux menhirs et un dolmen. Elle servit longtemps comme carrière d’extraction de granit.

DSC08802

DSC08808

DSC08815

Petit port traditionnel « Porz Mazou » dont la particularité est d’avoir conservé, au fil des ans, le mode ancestral de mouillage sur pieux de bois dont l’histoire remonte au Moyen Âge.

 DSC08798DSC08775

Autres petits ports : Melon, Mesdoun et Porsmeur

DSC08781

Près de 8 kilomètres de littoral et des plages – du Nord au Sud : Plages des Colons, plages des Dames, plage des curés, Plage du Bourg, Plage de Mazou, Plage de Melon, Plage du Porsmeur.

DSC08784

DSC08773

Pointe de Gard’Sign et sa table d’orientation (1991) : point de vue à 180 degrés, 14 phares, feux et balises y sont visibles à l’horizon.

DSC08743

Le GR 34 dit « sentier des douaniers », l’emblématique sentier de grande randonnée.

DSC08764

DSC08759

 

 

 

Publicités
Publié dans coucher de soleil, Non classé | Tagué | Laisser un commentaire

La plage des Blancs-Sablons

Cette immense plage de 2,5 km, exposée aux vents, constitue un excellent spot de surf. Sauvage, l’endroit est également propice à la baignade et à la pêche à pied ; à dénicher : moules, ormeaux et bigorneaux.

Parmi les plus belles plages du Finistère, au Conquet, s’étend l’une des plus célèbres plages du département. Prisée des familles, elle est aussi le terrain de jeu des amateurs de glisse. « C’est la plus grande du coin, donc on a vraiment de l’espace pour s’installer, courir, jouer au ballon. » Un Brestois  va à la plage avec ses enfants, il prend la direction du Conquet. En face, les îles de Béniguet, Molène, Ouessant. Un véritable écrin, sauvegardé par le conservatoire du littoral.

DSC00606DSC00610

Cette dune des Blancs-Sablons est fossilisée. Fragile, elle aurait pu disparaître dans les années 1970 sous un énorme projet immobilier. Les plages du Finistère:  au Conquet, s’étend l’une des plus célèbres plages du département. Prisée des familles, elle est aussi le terrain de jeu des amateurs de glisse.

« C’est la plus grande du coin, donc on a vraiment de l’espace pour s’installer, courir, jouer au ballon. » Les Brestois, dès qu’ils vont à la plage avec leurs enfants, prennent la direction du Conquet. En face, les îles de Béniguet, Molène, Ouessant : un véritable écrin, sauvegardé par le conservatoire du littoral.

DSC00617DSC00626DSC00632

« Les Blancs-Sablons, c’est la plage des Brestois, explique le gérant du camping des Blancs-Sablons, installé au-dessus de la plage. Il y a de la place, du sable, pas d’algues. » Les arguments sont nombreux pour expliquer un engouement qui ne date pas d’hier.

« En 1903, un tramway a commencé à relier Brest au Conquet, explique ce spécialiste de l’histoire de cette commune de pêcheurs. Dès lors, les Blancs-Sablons sont devenus une plage familiale. »

DSC00653DSC00663

Dans la seconde moitié du siècle dernier, les congés payés se développent et les dunes des Blancs-Sablons sont une destination de choix pour les amateurs de grand air et de camping sauvage. Les clients viennent camper ici depuis l’ouverture, il y a 35 ans. Avant, ils campaient dans la dune. C’est en partie pour cette raison que le camping, municipal à l’époque, s’y implante.

DSC00677DSC00681

Dans les années 1970, une grande menace a pesé sur la dune des Blancs-Sablons, avec un vaste projet immobilier. En 1971, des promoteurs, soutenus par la municipalité, voulaient y construire des maisons secondaires. Le projet incluait l’ensemble de la presqu’île de Kermorvan et de la dune. Une association d’opposants, menée par de nombreux vacanciers et des Brestois habitués de la plage, fera capoter le projet. Aujourd’hui, les seules constructions qui parsèment le littoral des Blancs-Sablons sont des forts datant du Second Empire. Sur la plage, les familles brestoises sont toujours là. Derrière, les campeurs aussi.

DSC00690DSC00693

Un spot de glisse idéal – Et depuis quelques années, une nouvelle population s’y plaît: celle des surfeurs. L’école Surfing Iroise a débarqué en 2010 aux Blancs-Sablons. Ce spot est idéal pour le surf et le bodyboard en été. Il y a des vagues, mais pas trop grosses : pour apprendre, c’est parfait ! Il y a d’autres très belles plages dans le coin, mais elles sont petites et il n’y a pas de houle.

DSC00697DSC00704DSC00707

Publié dans Brest, Le Conquet, nature, Surf | Tagué , | Laisser un commentaire

Le Mont Saint-Michel… de Brasparts

Le mont Saint-Michel de Brasparts (menez Mikael-an-Are) est l’un des sommets de la chaîne des Monts d’Arrée située en Bretagne sur la commune de Saint-Rivoal (Finistère). Il fait partie du parc naturel régional d’Armorique et domine la cuvette du marais du Yeun Elez. Il culmine à 380 mètres d’altitude et sur son sommet se trouve la chapelle Saint-Michel datant du XVIIe siècle.

Son sommet offre un des plus beaux panoramas sur les tourbières du Yeun Elez ainsi que sur le lac de Brennilis. Lorsque le temps le permet, on peut même apercevoir le pont de l’Iroise, la baie de Morlaix, une bonne partie du bassin de Châteaulin, les monts d’Arrée, les montagnes Noires, etc.

DSC00067DSC00068DSC00073DSC00078DSC00083

« En approchant de cette chapelle, la terre se dépouille d’arbres et de buissons (…) : elle n’est plus couverte que de bruyères et de rochers, brisés par les orages, ou décomposés par le temps. Tout prend un caractère sauvage, un air de mort ; c’est l’aspect d’un vaste désert, dont rien n’égaie ou ne varie la longue et fatigante uniformité. Les derniers villages, les derniers champs, forment des îles séparées, entourées de rochers, d’une espèce de tourbe, d’une terre noirâtre et marécageuse, résultat de bruyères corrompues, accumulées pendant des siècles. »

Un témoignage de 1902 indique : « Saint-Michel est particulièrement invoqué pour obtenir du beau temps pendant la récolte ; on le prie aussi pour les malades ; on voit assez souvent les pèlerins faire le tour de la chapelle à l’intérieur, nu-pieds ». Saint Michel était aussi invoqué pour les enfants et les infirmes : des béquilles en guise d’ex-votos étaient accrochées sur les murs ; il était aussi prié pour obtenir du beau temps lors des récoltes.

DSC00088DSC00092DSC00093DSC00098DSC00108DSC00117

L’allée couverte du Mougau-Bihan est un ensemble mégalithique composé de 24 gros blocs de pierre. Il est situé dans la commune de Commana dans le Finistère. Exploré dès le XIXe siècle, lors de fouilles dont il ne reste aucune archive, ce monument a été daté, par comparaison, entre 3 000 et 2 500 av. J.-C.

L’allée couverte a été classée par arrêté du 14 juin 1909. Ce monument est orienté nord-sud. Il est long de 14 mètres, et composé de parois de granite juxtaposées ; ces « piliers » étant distants de 1 à 1,30 m les uns des autres. Le « plafond » horizontal est formé de quatre dalles presque horizontales, la cinquième recouvrant la cellule au nord. La 5e dalle ne couvre pas la « chambre funéraire » mais une cellule terminale dite « Cella » qui donne sur le sud. L’« entrée » est située au nord. Sa largeur est moindre, car elle est à demie fermée par un pilier placé obliquement.

DSC00123DSC00128DSC00148DSC00157DSC00168DSC00173

Là-bas dans les Mont d’Arrée, endroit mystique à souhait et empreint d’authenticité un site très intéressant car préservé et également mis en valeur. Il s’agit d’un trésor bien caché…

A l’origine, l’allée devait être plus longue, peut-être entourée de menhir, et comprenait sûrement tertre et péristalites. Ce que nous pouvons admirer là est le squelette du monument d’origine. Par comparaison avec d’autres allées couvertes connues, on pense qu’elle a été édifiée au Néolithique Final, approximativement aux alentours de – 3 000 ans av J-C. Les représentations gravées dans la pierre, de probables « poignards à soie »,  nous prouvent que des échanges avec le monde méditerranéen existaient.

Cette datation en a été déduite par l’étude d’autres monuments caractéristiques, tel que la magnifique Allée Couverte de Prajou-Menhir à Trébeurden (22) qui porte des gravures similaires, et est également daté de cette période. Car malheureusement des fouilles ont été effectuées au milieu du XIXème Siècle par une équipe d’étrangers dont nous ne retrouverons aucunes traces.

DSC00178DSC00184DSC00192DSC00193

De plus, Mr A. Jarno (Archéologue du début du XXème Siècle) rapporterait lui la présence d’une magnifique pierre dressée anthropomorphe sur lequel, apparaissait « un homme tendant une lance ». D’après lui, ce menhir fut débité et servit à agrandir la route…

Le monument est exposé Nord/Sud, ce qui est une originalité pour ce genre de monument.

Cette allée couverte est exceptionnelle par le nombre important de gravures qui y ont subsisté. La particularité de ce monument, est que ces représentations, ordinairement présentent dans la Cella lorsque l’on parle de Prajou-Menhir à Trébeurden par exemple, se trouvent ici dans la chambre funéraire. Essayons d’entrer dans la tête d’un de nos ancêtres graveurs.

DSC00198DSC00203DSC00218DSC00222DSC00238

Quelle émotion de pénétrer dans l’allée et d’apercevoir ces gravures crées par nos ancêtres et marquées dans la pierre depuis 5000 ans et toujours là ! Et parlons de cette représentation dite féminine: les deux paires de seins, invoquant le culte de deux déesses (Mère, filles) ce qui est relativement courant dans les dolmens et allées couvertes de la même époque.

Pourquoi ce sublime monument a-t-il été construit ? Sur nos terres nous ne retrouvons pas d’ossements, le sol étend très acide, mais en région parisienne où le sol est calcaire, plus propice à la conservation de restes, certaines fouilles dans ce genre de monument ont mis en valeurs plus de 300 squelettes. S’agissait-il d’un lieu où une tribu entière était inhumée? Hommes/femmes et enfants sont encore protégés par les grosses pierres du dolmen, cette sépulture reste un lieu de culte. Les efforts qui ont permis de construire un tel édifice, n’étaient pas vains, il est toujours là… Témoin de la force et du courage de nos ancêtres… Un moment simple d’émotion dans notre belle région !

DSC00243DSC00255

Réservoir du Drennec : Ce réservoir artificiel d’une superficie de 110 hectares, alimenté en partie par l’Élorn et le Mougau, approvisionne en eau une partie du Finistère nord, dont Brest métropole océane, Landerneau et Landivisiau. Des aménagements permettent la pratique d’activités comme la voile, la natation et la randonnée sur les sentiers aménagés alentour.

Situé sur les communes de Commana et Sizun, ce lac bénéficie d’un classement en 1re catégorie pour la pêche à la truite. Le barrage est achevé en 1981 et inauguré en 1982 par Gaston Defferre, ministre de l’Intérieur. Il mesure 280 mètres de long et 30 mètres de haut. Il peut retenir 8,7 millions de mètres cubes d’eau.

DSC00264DSC00265

Le barrage et les rives du lac sont gérés par le Syndicat de Bassin de l’Élorn (Établissement public territorial de bassin). Depuis décembre 2009, la retenue du barrage est équipée de turbines pour la production d’électricité. Après presque 10 ans de recherche du meilleur site d’implantation, le Syndicat de bassin a pris la décision en 1979 de lancer la construction du barrage du Drennec sur la commune de SIZUN. L’intérêt était double :

  • Alimenter, dans de bonnes conditions, (notamment en été) l’usine de traitement de Pont ar Bled, qui dessert en eau potable l’agglomération brestoise (environ 300 000 habitants). La sécheresse de 1976 avait permis de s’apercevoir des difficultés potentielles d’approvisionnement en eau potable ;
  • Régulariser le débit du cours d’eau en fonction des besoins.

Après 3 ans de construction, le barrage a été mis en eau en 1982. D’une superficie de 110 ha, la retenue contient 8,7 millions de m3 d’eau pour une profondeur maximale de 20 m et 10 km de rives. Il est alimenté principalement par deux cours d’eau : l’Elorn et son premier affluent le Mougau.

DSC00228DSC00274

Publié dans Bretagne - histoire, cyclotourisme, randonnée, randonnée, Villes et villages remarquables, Voyages | Tagué , , , | Laisser un commentaire

L’anse de Morgat

Le Centre Nautique de Crozon Morgat (CNCM) est le site idéal pour la pratique de sports nautiques. Vous avez le choix entre l’anse de Morgat et son plan d’eau toujours accessible, protégé des vents dominants et des courants… et la houle tonique des plages de la façade ouest qui permettent une pratique quotidienne du surf.

DSC07498DSC07501DSC07503DSC07511

Un peu d’histoire – Autrefois le CNCM s’appelait le Yacht Club de Crozon-Morgat et était un regroupement de plaisanciers locaux réunis sous le statut d’association loi 1901. Depuis 1978, les batîments de Postofort, dont l’usufruit était jusque-là réservé à l’évêché de Crozon, permettent l’accueil des premières classes de mer. En 1991, le CNCM et le Centre Nautique du Relecq-Kerhuon créent une nouvelle marque : le Point Passion Plage où vous pouvez louer du matériel ou prendre des cours particuliers.

DSC07518DSC07532DSC07543DSC07548DSC07554

L’école de Voile – Postée à l’entrée du port de Morgat, elle permet un accueil large : activités scolaires, activités de loisirs ou sportives mais aussi évènements de grande envergure. Cette partie du CNCM abrite le pôle administratif du club (secrétariat, comptabilité et direction), l’atelier de maintenance mais aussi des salles de réunion ainsi que l’ensemble des commodités nécessaires à la pratique des activités nautiques.

DSC07563DSC07569DSC07581DSC07594DSC07601DSC07607

Quand vous louez au Point location, le bateau, la planche ou le kayak, est prêt à naviguer, au bord de l’eau. Le Point location permet de pratiquer selon ses envies sans avoir de contraintes matérielles, et sans passer par les stages traditionnels. La combinaison, le gilet, le harnais ou la ceinture de trapèze sont inclus. On bénéficie en plus de la surveillance du plan d’eau et de conseils personnalisés en cas de difficultés.

DSC07615DSC07639DSC07645DSC07649DSC07650

Optimist, Kayak, Funboat, Catamaran… L’anse de Morgat, située en baie de Douarnenez, est limitée par la pointe des Grottes à l’est et la pointe du Kador (Beg ar Gador) à l’ouest.

DSC07695DSC07706DSC07723DSC07731DSC08194DSC08198

Elle abritait autrefois le port sardinier puis thonier de Morgat. Avec l’épuisement des ressources halieutiques, le port de pêche est devenu un port de plaisance. Morgat, ancien petit port sardinier au fond de la Baie de Douarnenez, accueille les plaisanciers. L’accès se fait par un chenal dragué et le port est protégé par une jetée de roches agencées en arc de cercle.

DSC08203DSC08207DSC08213DSC08233DSC08238DSC08243DSC08258

Une plage de sable fin s’étend depuis le port et finit en galets côté est où le niveau du sable baisse depuis que les travaux d’agrandissement du port ont modifié les caractéristiques hydrodynamiques de l’anse de Morgat.

DSC08263DSC08273DSC08278DSC08283DSC08309

Le village de Morgat pourrait se référer à Ergat, chef breton ayant fondé le village, sanctifié en Saint Ergat. Il pourrait provenir aussi du breton Morgat signifiant « lièvre de mer », le nom de la seiche, en référence aux deux rochers caractéristiques prenant la forme d’un lièvre et d’une tortue situés à l’entrée du port.

DSC08315DSC08325DSC08340DSC08345DSC08350

Publié dans Crozon | Tagué , , | Laisser un commentaire

Charles de Gaulle

Le Mémorial.  – « C’est ma demeure » – Bien au-delà d’une présentation traditionnelle de l’Homme du 18 juin ou du premier Président de la Vème République, le Mémorial constitue un véritable rendez-vous avec l’histoire du vingtième siècle et une rencontre avec Charles de Gaulle dans son intimité.

DSC09168DSC09178DSC09187

Pensé comme le socle de la Croix de Lorraine, le bâtiment inscrit tout à la fois le personnage de Charles de Gaulle au cœur de la modernité et dans les paysages de Colombey-les-deux-églises qu’il affectionnait tout particulièrement. C’est par ailleurs dans cette commune qu’il choisit dès 1934 de s’installer en famille et qu’il fit l’Histoire en recevant dans sa demeure familiale le chancelier Konrad Adenauer en septembre 1958. Sa demeure familiale, la Boisserie est depuis quelques décennies ouverte au public mais il manquait cependant à Colombey-les-deux-églises, un lieu pour comprendre le personnage. Le Mémorial Charles de Gaulle en remplissant ce rôle complète ainsi un parcours de mémoire dédié au plus illustre des Français.

DSC09189DSC09192DSC09193DSC09197

« C’est ma demeure », avait écrit le général de Gaulle à propos de Colombey-les-Deux-Eglises dans ses Mémoires de guerre. Colombey, la deuxième capitale de la France, avait-on entendu. Lorsque Charles de Gaulle achète la Boiserie en 1934, Colombey-les-deux-Eglises ne pensait pas qu’un jour, son nom appartiendrait à la Grande Histoire. Au début, simple demeure de vacances, la Boiserie deviendra un lieu de retraite pour y écrire Ses mémoires mais aussi un lieu de repli politique jusqu’à sa mort.

DSC09198DSC09202DSC09212DSC09213DSC09223

Sur les traces de… Charles de Gaulle – Issu d’une famille bourgeoise du Nord de la France, saint-cyrien, Charles de Gaulle se fait très tôt remarquer auprès de sa hiérarchie militaire pour ses théories militaires en faveur d’une stratégie nouvelle de guerre de mouvement qui n’est pas suivie par l’état-major français. Nommé sous-secrétaire d’Etat à la guerre en 1940, il refuse l’armistice défendu par le maréchal Pétain après la débâcle française. Il lance son célébrissime appel du 18 juin 1940, depuis la BBC pour organiser la résistance extérieure. La France libre est née.

Rapidement, son charisme et sa popularité en France lui permettent de s’imposer à la tête de l’organisation résistante. La ferveur populaire qu’il obtient lors du discours de Bayeux, à la Libération, lui permet de s’imposer définitivement à la tête de gouvernement provisoire de la République française. Le style de Gaulle est né.

DSC09229DSC09233DSC09239DSC09242DSC09253DSC09254

Après avoir été président du gouvernement provisoire de 1944 à 1946, l’homme de tête, insatisfait de la IVe République quitte le gouvernement et crée un parti politique, le RPF (Rassemblement du peuple Français). En mai 58, rappelé au pouvoir lors de la crise algérienne, il réclame une nouvelle constitution taillée à sa mesure, à l’origine de la Ve République.

Président de la République de 1958 à 1969, le général de Gaulle mène une politique d’indépendance et de prestige extérieur de la France. Toutefois, de plus en plus contesté politiquement, notamment en mai 1968, il démissionne en 1969 après l’échec du référendum sur la réforme des collectivités territoriales. A la fin de sa vie, il se consacre à l’écriture de ses Mémoires dans sa demeure de Colombey-les-Deux-Eglises.

DSC09259DSC09274DSC09283DSC09298DSC09300

Le Mémorial Charles de Gaulle présente les différentes étapes de sa vie. De Lille, où il est né, jusqu’à Colombey-les-Deux-Eglises où il meurt, le musée retrace tous les instants de sa carrière militaire et politique. Des salles sont consacrées à la pensée et la stratégie militaire du jeune de Gaulle, à la guerre de 1939-1945 et son départ en Angleterre, à l’appel du 18 juin, puis à sa tentative de réunification de la résistance extérieure et intérieure. Vous y trouverez une collection de documents uniques, des journaux, des photos, des films et même la vieille Citroën noire qu’il utilisait dans les années 1950 !

Deux simples mots résonnent dans la mémoire de ce vieux peuple de France. Les deux chargés de symboles et de sens. Colombey, si proche de colombe, celle porteuse du rameau de la paix. Eglises, porteur de millénaires de croyance, de foi et d’espérance. En les associant, on parvient à marier la paix et l’espoir.

DSC09304DSC09309DSC09310DSC09320DSC09324

Et c’est là que Charles de Gaulle et Yvonne, née Vendroux, ont installé leur vie et leur destin pour eux et la suite de leur famille. Ils auraient pu choisir les rives de la Mer du Nord ou les landes de Lille ou de Calais, d’où ils étaient natifs. Non, pour des raisons à la fois intimes et stratégiques, Colombey-les-deux-Eglises fut choisi pour installer l’histoire d’une vie, vite transformée en destin.

DSC09326DSC09335DSC09339DSC09354DSC09355DSC09356

Intimes parce que les immenses paysages boisés, les pierres immémoriales de calcaire gris blanc, les rues villageoises cachant des vies de labeur et de rigueur derrière des façades closes ; cette proximité entre tous les éléments de la nature n’était-ce pas l’alchimie parfaite pour un être fragile, handicapé et chéri par-dessus tout ? La petite Anne qui mourut bien jeune après la guerre, dont Colombey fut le dernier refuge.

DSC09364DSC09371DSC09375DSC09386DSC09396

C’est à cette terre rude et chargée d’histoire que le Général et son épouse décidèrent de confier le corps de cette jeune fille que la mort avait transformé en « un être comme nous ». Y a-t-il plus de force symbolique que de confier la chair de sa chair à un sol sur lequel vous-même n’êtes pas né ? Et contre toute logique temporelle, les parents la rejoignirent pour reposer à ses côtés.

Anne accueillait Charles et Yvonne au royaume des ombres. Ce que le destin avait séparé, voilà que la même force les réunissait…Beaucoup voudraient penser qu’ici, à l’ombre de l’église, Charles repose comme tous les défunts de ce petit cimetière de campagne.

DSC09397DSC09408DSC09414DSC09415DSC09418

Non, De Gaulle est dans la mémoire des peuples, celle de millions d’hommes et de femmes qui n’ont jamais accepté la fatalité. Charles de Gaulle arrime et contient toutes les velléités de courage et d’engagement. Chaque année qui passe, de nouvelles générations de la planète, en apprenant De Gaulle, se sont débarrassées du sentiment d’impuissance et de découragement.

Colombey, lieu du cimetière de la famille de Gaulle, n’est pas qu’un village modeste et rugueux. Colombey est dans chaque être qui sait dire non à l’échec et à la bataille perdue ! Vous qui êtes à Colombey, qui avez rejoint ces petites allées aux graviers inégaux, pensez que des millions et des millions d’hommes savent que le sens ultime de la force de l’esprit, du devoir et de l’espérance est ici à nos pieds.

DSC09423DSC09428DSC09433DSC09434DSC09438

Et repartez vers Verdun, Douaumont, Dunkerque, les Glières, Bir Hakeim, El Alamein, le Mont Valérien, Berchtesgaden, Strasbourg, Berlin, Monte Cassino, renforcé dans l’idée que De Gaulle a quitté sa tombe pour être sur votre chemin et vous guider.

Jacques Godfrain

DSC09439DSC09443DSC09444DSC09449

Publié dans Colombey-les-Deux-Eglises | Tagué , , , | Laisser un commentaire

La confiture de groseilles, caviar de Bar-le-Duc

Bar-le-Duc est située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. Elle se trouve dans la région historique et culturelle de Lorraine.

DSC07586DSC07591DSC07596

La communauté juive dispose d’une synagogue qui n’est aujourd’hui plus utilisée faute de pratiquants. La synagogue, de style mauresque, est construite de 1871 à 1872 par l’architecte Charles Demoget. Dans la rosace de la façade avant figure une étoile de David, tandis que le mur-pignon est couronné par les tables de la Loi. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive est devenue trop petite pour qu’elle soit encore utilisée comme lieu de culte. Il existe un petit cimetière israélite datant du XIXe siècle, en lisière de forêt, qui comporte 126 tombes. Celui-ci a été vandalisé le 29 octobre 2010, lors des fêtes d’Halloween, et 49 tombes ont été profanées.

DSC07601DSC07605DSC07606

De l’époque du Moyen Âge où Bar-le-Duc était une cité fortifiée, il ne reste que de rares vestiges, le roi de France Louis XIV ayant ordonné la destruction du château-fort et des fortifications de la ville en 1670. Mais une partie des remparts du château a échappé au démantèlement, tout comme deux portes : la porte Saint-Jean, qui permettait d’accéder à la Ville Haute via un pont-levis, et la Belle Porte, du XIIe siècle, entrée principale du château. Des nombreuses tours que comptaient la ville, seules deux sont encore debout : la Tour de l’Horloge, du XIIe siècle, devenue un emblème de la ville grâce à ses deux cadrans donnant l’heure, et la Tour Heyblot, du XIIIe siècle.

La Tour de l’Horloge est une ancienne tour fortifiée devenue tour de l’horloge. Construite au Moyen Âge (XIIe siècle), elle est l’un des rares vestiges des fortifications du château de la Ville Haute. Avec ses deux cadrans donnant l’heure, elle est devenue l’un des emblèmes de la ville. Elle est classée aux monuments historiques depuis le 10 septembre 1941.

Les maisons en torchis et à encorbellement de cette époque ont pour la plupart été reconstruites en pierre de taille. Quelques maisons ont cependant été épargnées par ce changement architectural, dont deux sont classées : l’une à la Ville Haute, sur la place Saint-Pierre, datant de la fin du Moyen Âge, et l’autre en Ville Basse, sur la place de la Couronne.

DSC07610DSC07615DSC07616

Bar-le-Duc abrite à la Ville Haute un quartier qui constitue « l’un des ensembles urbains de style Renaissance les plus remarquables de France ». Les nombreuses demeures et hôtels particuliers affichent de riches façades ornées de frontons sculptés, de pilastres cannelés ou encore de gargouilles en surplomb.

DSC07621DSC07626DSC07627DSC09130

En dehors des comtes puis ducs de Bar et des maires de la commune, plusieurs personnalités sont nées, ont vécu ou ont fortement influencé la ville de Bar-le-Duc.

À la Renaissance, Marie de Guise devient reine consort d’Écosse en épousant le roi Jacques V. Le mathématicien et ingénieur militaire Jean Errard s’engage au service du roi de France Henri IV. Il est considéré comme un précurseur de Vauban.

Sous l’Empire, deux militaires au service de Napoléon se font remarquer : Nicolas-Charles Oudinot, duc de Reggio et maréchal d’Empire, dont l’hôtel particulier est aujourd’hui l’hôtel de ville. Nicolas Charles Marie Oudinot, duc de Reggio, né le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc (Meuse), mort le 13 septembre 1847 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d’Empire en 1809. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l’Empire, 34 blessures au total. En 1795-1796, il reçoit onze blessures : deux balles et neuf coups de sabre. Quand le futur maréchal Canrobert le rencontrera aux eaux de Barèges, en 1830, il aura ce commentaire : « Ce n’était qu’une passoire ».

Et Rémy Joseph Isidore Exelmans, maréchal de France, qui donne son nom à une place de la ville. Originaire de Bar-sur-Ornain, comme le maréchal Oudinot, Exelmans est fils d’un négociant. Il fait de brillantes études qu’il interrompt pour s’enrôler, le 6 septembre 1791 dans le 3e bataillon des volontaires de la Meuse commandé par Oudinot, alors qu’il est à peine âgé de 16 ans. Aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse, il fait les campagnes de 1792 à 1796 : il combat à Valmy puis à Fleurus. Déjà sergent-major, il fut nommé sous-lieutenant en l’an V (22 octobre 1796).

En 1797, il passe à l’armée d’Italie avec la division Bernadotte. Remarqué par ses capacités, il est fait lieutenant en l’an VI (19 juin 1798), et servit successivement à la suite des 34e et 43e demi-brigades. Nommé aide de camp du général Éblé, le 1er brumaire an VII (22 octobre 1798), il l’accompagne en Italie puis au royaume de Naples. Aide de camp du général Broussier (3 thermidor an VII), Exelmans se distingue lors de la conquête de la Pouille, au passage de l’Adda, à Castelnuovo, à Gera, et le 24 germinal an VII (13 avril 1799), il est nommé capitaine provisoire à la suite du 16e dragons par le général en chef Macdonald ; il entre ainsi dans la cavalerie pour ne plus la quitter.

Durant la seconde campagne d’Italie, Exelmans s’illustre dans une affaire près de Crémone, où il fait à lui seul dix prisonniers du régiment de Bussi et tue le lieutenant-colonel de Curtius au milieu du régiment. Le Lorrain eut une part considérable à la prise de Naples.

DSC09136DSC09140

Au XIXe siècle, Pierre Michaux et son fils Ernest inventent le vélocipède à pédales (appelé michaudine), tandis que l’homme politique Raymond Poincaré devient le 10e président de la République française de février 1913 à février 1920. D’autres personnalités de cette époque ne sont pas originaires de la ville mais ont contribué à son histoire. Le poète, romancier et académicien André Theuriet passa sa jeunesse dans la ville où il situe l’action d’un grand nombre de ses romans. L’ingénieur thermicien allemand Rudolf Diesel crée en juin 1897 la Société française des moteurs Diesel à combustion interne, dont le siège est à Bar-le-Duc. Aidé de son camarade barisien Frédéric Dyckhoff, il essaye pour la première fois son moteur en 1905, en faisant naviguer une péniche nommée Le Petit Pierre sur le canal de la Marne au Rhin.

Plus récemment, au XXe siècle, des Barisiens se sont fait connaître dans le domaine artistique, tels que le peintre Jean Dries, l’imitateur et acteur Didier Gustin, l’animatrice et mannequin Sophie Thalmann, Miss France 1998, et l’athlète spécialiste du triple saut Benjamin Compaoré.

DSC09146DSC09150DSC09155

La spécialité gastronomique de Bar-le-Duc est la confiture de groseilles épépinées à la plume d’oie, surnommée « caviar de Bar ». La première mention de cette recette date de 1344, et sa renommée va rapidement s’étendre dans les milieux bourgeois et aristocratiques. La reine d’Écosse Marie Stuart compare cette confiture à « un rayon de soleil dans un pot ». Alfred Hitchcock ne descendrait que dans des hôtels qui en proposent au petit-déjeuner. Le président de la République Raymond Poincaré l’introduit sur les tables du palais de l’Élysée. Le Premier ministre britannique Winston Churchill et l’écrivain Victor Hugo en raffolent. Aujourd’hui, cette confiture est exportée à travers le monde entier, de New York à Tokyo.

DSC09160DSC09161DSC09166

Publié dans Bar-le-Duc, Confiture de Groseilles, Meuse | Laisser un commentaire

52000 déportés ont été internés au Camp du Struthof

Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof est un camp de concentration nazi sur le territoire de l’Alsace annexée à l’Allemagne redevenue aujourd’hui français. Il eut une annexe en France à Thil (Meurthe-et-Moselle). Lors de sa création, l’Alsace et la Moselle avaient été annexées par le Troisième Reich. Il a été installé par l’ingénieur allemand Blumberg au Struthof, un lieu-dit sur les hauteurs de la commune de Natzwiller (Bas-Rhin), durant la Seconde Guerre mondiale. Son nom allemand était KL Natzweiler-Struthof et il se nomme à nouveau ainsi. Les initiales KL signifient Konzentrationslager, soit en français « camp de concentration ». Le site est classé «Haut lieu de la mémoire nationale» depuis 2014.

Peu après l’annexion de l’Alsace et de la Moselle par le Reich nazi, Himmler, alors chef de la Gestapo, et Oswald Pohl, chef principal d’économie de la SS eurent l’idée d’installer des camps à proximité des carrières afin d’y faire travailler les déportés dans le cadre de la Deutsche Erd- und Steinwerke (DEST), entreprise minière SS créée par Himmler. C’est au cours d’un voyage d’observation qu’Albert Speer, architecte du Reich, nota la présence dans la région d’un granit rose extrêmement rare. La décision fut alors prise d’y installer un camp visant à l’extraction du granit par les déportés. C’est le géologue colonel SS Karl Blumberg qui trouva le meilleur site pour l’extraction dudit granit et qui détermina l’emplacement du futur camp.

DSC08249DSC08253DSC08257DSC08262DSC08273

Sous le nom de « KL Natzweiler-Struthof », le camp est officiellement ouvert le 21 avril 1941. Environ 80 SS en assurent l’encadrement et l’administration. Prévu initialement pour recevoir un total de 2 000 prisonniers, le camp-souche du KL en compte près de 7 000 à la fin du mois d’août 1944. Il comprend aussi environ 70 kommandos, camps annexes répartis en Alsace, en Moselle, et surtout en Allemagne.

Le Struthof fonctionne jusqu’à son évacuation par les SS au début du mois de septembre 1944, face à l’avance des troupes alliées. Le 23 novembre 1944, la 6e armée américaine pénètre dans un KL totalement vidé de ses occupants, répartis dans d’autres camps de concentration (notamment celui de Dachau) ou kommandos. Le KL Natzweiler-Struthof est le premier camp de concentration nazi découvert par les forces alliées à l’Ouest de l’Europe.

Après l’évacuation du camp-souche, l’administration SS s’installe dans le camp annexe de Guttenbach. Les kommandos du Struthof situés à l’est du Rhin continuent de fonctionner, toujours sous la dénomination de KL Natzweiler-Struthof, et à recevoir de nombreux déportés jusqu’à la capitulation allemande.

DSC08278DSC08279DSC08282DSC08288DSC08302DSC08308

À l’instar des camps de Mauthausen et de Gusen, le KL Natzweiler-Struthof était classé « Camp de niveau III » (Lagerstufe III), ce qui signifiait qu’il était destiné à être l’un des camps les plus durs du système concentrationnaire. Son objectif était l’anéantissement des « ennemis politiques incorrigibles du Reich ».

Le nombre total de déportés qui ont été internés dans le camp même du Struthof ou l’un de ses kommandos est estimé à environ 52 000. Ils sont en majorité originaires de Pologne, d’Union soviétique, puis de France, des Pays-Bas, d’Allemagne et de Norvège. Des milliers de Juifs, pour la plupart originaires de Hongrie et des ghettos de Pologne, sont internés à partir de 1944 dans des kommandos extérieurs au camp-souche.

DSC08312DSC08317DSC08322DSC08323DSC08328DSC08333

Les conditions inhumaines de travail et de détention, la malnutrition, les sévices des kapos et des SS ainsi que les nombreuses exécutions par balle ou pendaison ont provoqué la mort d’au moins 22 000 détenus. Entre la fin mars et la fin avril 1945, l’évacuation des derniers kommandos du KL-Natzweiler, lors des « marches de la mort », a coûté la vie à environ 5 000 déportés.

Dirigé d’octobre 1942 à mai 1944 par Joseph Kramer, de sinistre réputation, le Struthof est avec Mauthausen l’un des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire nazi, avec un taux de mortalité de plus de 40 %.

DSC08343DSC08347DSC08348DSC08352DSC08362DSC08372DSC08373

Le camp a par ailleurs servi de centre d’exécution pour de nombreux résistants issus de la majeure partie des pays occupés par l’Allemagne nazie et condamnés par la Gestapo. Le déporté Aimé Spitz témoigne : « Hors du camp, à quelque 100 mètres, se trouvait une sablière. C’est là qu’environ cinq cents camarades furent fusillés, soit à coups de mitraillette, soit à coups de revolver dans la nuque. Un soir de printemps 1944, après 18 heures, onze Luxembourgeois appartenant à la Résistance furent fusillés dans cette sablière. Ce genre d’exécution, ordonnée par le ministère de la Sûreté d’État de Berlin, avait lieu le soir après l’appel. Chaque fois que nous apercevions le soir des arrivants devant la Schreibstube (secrétariat du camp), nous savions qu’il s’agissait d’une Sonderbehandlung (traitement spécial). Ce genre de détenus ne figurait pas, la plupart du temps, dans le fichier du camp. Ils étaient amenés par la Gestapo pour être exécutés. Leurs corps étaient ensuite transportés au crématoire, de sorte qu’il n’y avait de trace nulle part. »

Les exécutions de ce type ne sont en effet la majeure partie du temps pas répertoriées dans les registres du camp, ce qui rend difficile, voire impossible, le comptage rigoureux et l’identification des victimes.

DSC08377DSC08382DSC08392DSC08397DSC08408DSC08422DSC08423

Peuvent néanmoins être mentionnés les faits suivants :

En 1943, treize jeunes gens originaires de Ballersdorf dans le Haut-Rhin sont fusillés à la carrière pour avoir refusé leur incorporation de force dans la Wehrmacht et tenté de quitter la zone annexée ;

Quatre femmes, deux Britanniques et deux Françaises, agents du Special Operations Executive, un service secret britannique, sont exécutées par injection le 6 juillet 1944. Une plaque commémorative apposée à l’entrée de la chambre à gaz (située à 2 km en contrebas du camp de Strutof) rappelle leurs noms : Diana Rowden, Vera Leigh, Andrée Borrel et Sonia Olschanezky ;

Dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944, un avion anglais Lancaster s’écrase au pied du mont Sainte-Odile. Le sergent F. H. Habgood (21 ans) a sauté en parachute de l’avion avant qu’il ne s’écrase et atterrit au Langen Weg, à Ottrott. Il est alors pris en charge par la population pour être remis à la Résistance. Dénoncé à la Gestapo, il est interné au camp de Schirmeck, d’où il parvient à s’échapper. Le SS Peter Straub le capture à Niederhaslach et le fait exécuter par pendaison le 31 juillet 1944 au KL Natzweiler-Struthof. Son corps n’a jamais été retrouvé ;

Face à l’avancée des troupes alliées, les SS commencent à massacrer systématiquement certains détenus, particulièrement les résistants français, qui arrivent en grand nombre au camp.

Ainsi, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1944, 107 résistants du Réseau Alliance et 33 membres du Groupe mobile Alsace-Vosges sont envoyés au Struthof pour y être exécutés d’une balle dans la nuque, puis immédiatement incinérés dans le four crématoire. En trois jours, ce seraient 392 prisonniers (92 femmes et 300 hommes) qui auraient été assassinés au Struthof, parmi lesquels le maire de la ville de la Rochelle le colonel Léonce Vieljeux.

DSC08424DSC08428DSC08433DSC08437DSC08457DSC08463DSC08467

Les « expériences médicales – Le camp est aussi connu pour des « expériences » pseudo-scientifiques qui y furent pratiquées sur des détenus. À cet effet avait été aménagée une salle de dissection.

Une chambre à gaz était située en contrebas du Struthof ; elle a été construite par la Waffen-SS entre le 3 et 12 août 1943 dans une dépendance de l’ancien hôtel. Elle est utilisée du 11 au 19 août 1943 pour l’exécution de détenus juifs : 57 hommes et 30 femmes, internés à Auschwitz, sont envoyés au camp du Struthof pour y être assassinés avec des sels cyanhydriques16. Une femme ayant été préalablement exécutée par balle pour rébellion, ce sont finalement 86 personnes de « race juive » qui sont gazées personnellement par le commandant SS du camp, Joseph Kramer.

Lors de son procès Kramer ne parle pas des classiques petits cailloux gris bleuâtre qui servent à décrire le Zyklon B, mais d’une poudre blanche dans un flacon que lui a donné August Hirt, et il a fallu un écoulement d’eau pour obtenir un dégagement gazeux ; selon Kogon 17,18, il s’agit probablement d’un autre composé cyanhydrique concocté par Hirt, cyanure de potassium ou de sodium avec un acide organique, cette composition dégageant de l’acide cyanhydrique en présence d’eau19. Le professeur August Hirt, SS-Hauptsturmführer et proche de Heinrich Himmler, avait pour objectif à travers ces gazages de constituer une collection de « crânes de commissaires bolcheviks juifs20 » pour l’Institut anatomique de Strasbourg, avant que « la race juive » ne soit anéantie23 ; en effet, Himmler « faisait des études sur les crânes de « commissaires judéo-bolchéviques » destinés à permettre une définition typologique du « sous-homme » ». Hirt mena aussi de nombreuses expérimentations sur l’utilisation du gaz moutarde.

La chambre à gaz a été par la suite utilisée pour quinze expériences de toxicité du gaz phosgène par un virologiste, Otto Bickenbach, sur des détenus de droit commun et des Roms.

DSC08473DSC08478DSC08482DSC08483DSC08484DSC08487DSC08488

Un autre médecin SS, le professeur Eugen Haagen, a pratiqué au Struthof des injections de lèpre, peste et autres maladies sur des détenus de manière à observer les effets de ces contaminations ; plusieurs traitements étaient essayés pour une même maladie. L’expérience terminée, si les sujets n’étaient pas morts, ils étaient assassinés et incinérés.

Afin de mener à bien ses expériences sur le typhus, Von Haagen se fait aussi remettre environ 200 Roms arrivés directement d’Auschwitz au Struthof durant les mois de novembre et décembre 1943. Début 1944, les Tziganes sont mis à sa disposition. 150 d’entre eux sont immunisés contre le typhus exanthématique, les 50 restants étant réservés comme témoins. À l’ensemble des 200 cobayes est ensuite inoculé par scarification au bras le germe du typhus. Les diverses séries d’expériences font des centaines de victimes parmi les déportés du camp. Elles entraînent en outre une épidémie de typhus durant l’année 1944.

DSC08497DSC08502DSC08503DSC08507DSC08517DSC08518DSC08527

Les déportés Nacht und Nebel (NN – Le KL-Natzweiler reçoit à partir de 1943 de nombreux déportés Nuit et brouillard. Ceux-ci proviennent de toute l’Europe et sont soumis en tant qu’opposants à l’Allemagne nazie à un régime particulièrement cruel.

À titre d’exemple, on peut citer le cas des déportés Nacht und Nebel norvégiens du Struthof, arrivés au camp entre le 15 juin 1943 et le 2 septembre 1944. Sur un total de 504 déportés, seuls 268 ont survécu et pu rejoindre la Norvège après la guerre.

À propos des déportés « Nacht und Nebel », le Dr Goude, rescapé du camp du Struthof, témoignera plus tard :

« J’arrivai au camp du Struthof le 19 mai 1944 avec un groupe de sept intellectuels. À notre entrée nous fûmes tout de suite impressionnés par nos frères de misère. Leurs démarches d’automates, la fixité de leurs regards, leur aspect squelettique indescriptible et inégalé ailleurs. J’ai connu beaucoup de camps (Buchenwald, Natzwiller, Wesseling, Dachau, Auschwitz), nulle part je n’ai ressenti de pitié plus douloureuse qu’au Struthof. Ce qui nous intrigua dès l’abord, ce furent d’immenses lettres : N N barbouillées en rouge sur les vêtements… »

C’étaient des hommes complètement retranchés du monde civilisé. Ils ne recevaient ni courrier, ni colis, ni nouvelles extérieures. C’était l’abrutissement complet, le travail forcené, la furieuse brutalité des kapos et des chefs de blocks. Les détenus ne bénéficiaient pas des cinq heures effectives de sommeil ; la vermine se chargeait de les troubler. Le repos dominical de l’après-midi était supprimé. Mais, en revanche, la schlague toute la journée — les chiens constamment sur les talons — la hantise de la moindre défaillance, la pitance diminuée, l’absence totale, au début, des soins médicaux, les redoutables expériences, dites scientifiques, des greffes humaines et des chambres à gaz.

Le 24 septembre 1943, Himmler donne l’ordre aux commandants des KL de transférer au Struthof tous les déportés NN qu’ils détiennent. Cet ordre est renouvelé le 20 mai 1944, mais ne sera jamais complètement exécuté.

DSC08538DSC08549DSC08553DSC08558DSC08564DSC08568DSC08573DSC08574

Détenus notoires – Parmi les détenus célèbres, on peut noter l’écrivain slovène Boris Pahor, ou encore les Norvégiens Trygve Bratteli et Kristian Ottosen.

Ont aussi été déportés au camp du Struthof :

le général Aubert Frère, fondateur de l’Organisation de résistance de l’Armée, qui y mourut d’épuisement le 13 juin 1944 ;

le général Charles Delestraint, chef de l’Armée secrète qui y séjourna avant d’être transféré à Dachau;

le général Paul Jouffrault chef d’État-major de l’Armée secrète en Zone Sud, mort au Struthof le 5 juin 1944.

On peut également signaler l’internement provisoire au Struthof, avant leur transfert à Dachau face à l’avance des forces alliées, de l’évêque de Clermont-Ferrand Gabriel Piguet (seul prélat français à avoir été déporté), du prince François-Xavier de Bourbon-Parme et du futur député SFIO Léon Boutbien.

Max Heilbronn, créateur des magasins Monoprix et résistant français y a également été déporté en 1944 avant d’être transféré à Allach (kommando de Dachau).

DSC08579DSC08584DSC08588DSC08593DSC08594DSC08598DSC08604

Le camp après la guerre – La guerre finie, le Struthof devient un centre provisoire de détention pour prisonniers de guerre et collaborateurs condamnés par la justice française. L’un des premiers directeurs de ce centre fut Jean de Poligny, alias capitaine Rivière, qui était un ancien résistant jurassien, l’un des fondateurs du Groupe Mobile Alsace (GMA) Vosges.

S’y entassent environ 2 000 détenus : des anciens de la Légion des volontaires français, de la Division Charlemagne, des membres de partis collaborationnistes (Parti populaire français, Rassemblement national populaire, Parti franciste etc.), des auxiliaires français de la Gestapo, mais aussi des fils de dignitaires du Régime de Vichy et de collaborateurs. Parmi ces détenus, on peut citer Pierre Sidos, le futur créateur des mouvements d’extrême droite Jeune Nation, Occident et l’Œuvre française.

DSC08608DSC08609DSC08613DSC08618

Les transformations du camp après la guerre –

1945 : Le site devient un centre pénitentiaire du Ministère de la justice, accueillant des détenus suspects de collaboration et des droits communs.

1949 : La gestion du site est placée sous la tutelle du ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre.

1950 : Le site du camp est classé monument historique.

1951 : Le bâtiment de la chambre à gaz est classé monument historique.

1954 : Les baraques qui menacent de s’effondrer sont détruites à l’exception de quatre d’entre elles situées en haut et en bas du site : en haut, la baraque no 1 et la baraque des cuisines ; en bas, la baraque du four crématoire et la baraque du bloc cellulaire.

Mai 1957 – juillet 1959 : Érection du Mémorial national de la déportation par l’architecte en chef des Monuments historiques Bertrand Monnet et le sculpteur Lucien Fenaux.

Le 23 juillet 1960, le Mémorial national de la déportation, ainsi que la nécropole nationale sont inaugurés par le Président de la République, le général de Gaulle.

27 juin 1965 : Inauguration du musée de la déportation de Natzweiler-Struthof, aménagé dans la baraque no 1 par le Ministère des Anciens combattants.

Nuit du 12 mai au 13 mai 1976 : Destruction totale du musée par un incendie criminel perpétré par le groupe autonomiste alsacien « Loups Noirs » une croix de Lorraine est peinte sur un mur, ainsi qu’une inscription : « 27 janvier 1945 ». Les incendiaires voulaient sans doute rappeler que dans ce camp, 1 100 Alsaciens soupçonnés de collaboration avec l’occupant nazi avaient été enfermés. Il sera reconstruit selon les plans d’origine.

3 novembre 2005 : À l’occasion du 60e anniversaire de la libération du camp, le Président de la République Jacques Chirac inaugure le Centre européen du résistant déporté sur le site de Natzweiler-Struthof.

3 novembre 2011 : divers éléments du camp de concentration sont classés au titre des monuments historiques (Entre autres : l’hôtel du Struthof, les enceintes, la Kartoffelkeller, la villa Ehret, le Ravin de la Mort, les blocks encore en place, la sablière, le chemin des Déportés, …)

DSC08619DSC08624DSC08633DSC08634DSC08643

Publié dans camp de concentration, chambre à gaz, Non classé | Tagué , , , | Laisser un commentaire