Saint-Jacques part 3

Saint-Jacques – 3ème tronçon, suite
Comment interpréter la frayeur causée par ma réaction à l’ambroisie, herbe qui a provoqué un urticaire géant tel que nous avons pensé qu’il ne me serait pas possible de poursuivre l’aventure. Pendant le premier pique-nique, nous nous sommes assis au bord du chemin herbeux et j’ai fait une réaction immédiate qui a provoqué une poussée de boutons sur tout mon corps. Cette alerte s’est bien terminée, pratiquement soignée en quatre jours.
Que penser de nombre d’autres phénomènes comme au troisième jour, où, après une heure de marche, Henri s’aperçoit qu’il a perdu ses lunettes de vue. Ni une ni deux, il décapelle le sac et retourne sur nos pas. Il parcourt, avec Jean-Louis plus d’un kilomètre avant de les trouver, gisant au milieu de la route, aucun véhicule n’ayant daigné les écraser!!!
Le lendemain, en fin d’après-midi, Jean-louis et moi étions tellement occupés à relater quelques évènements marquants vécus au cours de nos carrières respectives dans l’aéronavale que nous avons négligé la signalisation et commencions à nous égarer quand un monsieur, la soixantaine passée, traversait un grand champ en courant pour nous rejoindre car il savait que nous n’étions pas sur le bon chemin. Quelle leçon d’altruisme et de solidarité!
Delphine, la jeune infirmière de Olivet (Orléans) a offert son bâton à Louise, la danoise qui souffrait d’un genou, entre Pampelune et Puenta la Reina. Delphine commençait à s’attacher au bâton qu’elle avait trouvé en marchant dans les Pyrénées quelques mois plus tôt. J’ai expliqué à Louise que le bâton qu’elle commençait à utiliser était devenu l’ami de Delphine. Ce serait super si  ce bâton pouvait aller jusqu’à  Saint-Jacques.  Et Delphine d’implorer le Seigneur pour qu’elle trouve un nouveau bâton car elle découvrait qu’elle ne pouvait plus s’en passer. Une vingtaine de minutes après sa supplique, voilà qu’un magnifique bâton se trouvait là, abandonné sur le mur d’une chapelle. Il semblait n’appartenir à personne. C’est un clin d’oeil de Dieu qui la remerciait d’avoir assisté Louise. N’est-ce pas là une de ces coïncidences qui interpellent? (jamais sur les étapes précédentes ni sur les étapes suivantes nous n’avons vu de bâton ainsi disposé pour être utilisé par une pèlerine ou un pèlerin…)
Et cette splendide surprise quand, en arrivant au gîte Charbel à Navarrenx je constate que le propriétaire de ce gîte pour pèlerins est un ancien camarade, pilote d’aéronautique navale, pilote d’hélicoptères qui a sévi à la Flottille 34 F en même temps que moi, entre 1982 et 1986! Ce fut un immense bonheur de se retrouver dans ce contexte particulier du Chemin.

début de la montée du Col de Roncevaux

7 sept-2007 je quitte Hountto

C’était totalement inattendu.
Et puis il y a eu ce miracle quand, mourant de froid en haut du col de Bentarte (Roncesvalles), je voulais abandonner tant je n’en pouvais plus de marcher sous une visibilité réduite à moins de cent mètres, un vent fort et la température tombée en dessous de dix degrés. J’étais en T-shirt. Jean-Louis, particulièrement serviable portait le coupe-vent que j’avais enlevé après une demi heure de montée vers Roncevaux. Il faisait alors beau et comme j’appréhendais l’étape à la réputation terrible, Jean-Louis voulait que je sois le moins chargé possible. Près du sommet, je n’en pouvais plus et je m’apprêtais à rentrer dans une voiture garée là – imaginez le désespoir dans lequel je m’enfonçais!- A cet instant précis, j’entends une voix qui disait: « Didier, c’est toi? » Mon sauveur s’appelait Henri, mon ami qui crapahute fréquemment sur l’avant par crainte de s’effondrer en fin de parcours m’avait attendu. Il m’a prêté une polaire et instantanément j’ai recouvré le goût à la vie et reconsidérais mon projet d’abandonner là mon pèlerinage. Je m’en voulais de m’être fait surprendre par les nuages qui remontaient de la vallée et qui occultaient le soleil. Quelle fierté d’avoir franchi le col de Roncevaux! même si cela n’a pas été simple. J’allais oublier de préciser que nous avons vu près du sommet la carcasse dépecée d’un cheval et une grande plaque commémorant le décès en 2002 d’un lyonnais de 58 ans, surpris par les intempéries.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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Un commentaire pour Saint-Jacques part 3

  1. Didier dit :

    On ne voit bien qu\’avec le coeur, l\’essentiel est invisible pour les yeux! (Saint-Exuoéry)

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