Pèlerinage de Compostelle, 3ème épisode (suite)

Avant de décrire quelques une des rencontres les plus marquantes, je poursuis la description de mes impressions.
J’ai remarqué que les plus jeunes randonneurs (moins de 35 ans) n’avaient besoin que de deux à trois jours pour être en condition, oublié courbatures et autres entraves à la randonnée quotidienne, tandis qu’il m’a fallu une dizaine de jours pour me sentir bien à marcher.
Marcher en groupe est différent que marcher seul, comme ce fut mon cas lors des deux premières parties de mon Chemin de Compostelle, en mai 2006 et en mai 2007. Je ne pourrais pas me lancer dans un tel projet avec n’importe qui. Il est nécessaire de se bien connaître de façon à analyser l’attitude de ses compagnons de route, savoir quels sont leurs préoccupations, leurs inquiétudes, leurs soucis, interpréter le fameux non-dit si présent dans nos relations. Généralement nous cheminions ensemble en début de journée, puis après la pause méridienne (repas- pique nique de midi) chacun  allait à son allure. Nos rythmes de marche étaient assez différents. Mais dans les moments difficiles, l’esprit de solidarité supplantait nos égoïsmes. Quand la fatigue intense nous gagne, il n’y a plus le filtre de la courtoise et des mondanités, notre vraie nature ressurgit alors. « Chassez le naturel, il revient au galop » disait Destouches (Céline), c’est dans ce

31 août 2007, 6 km avant Miramont-Sensacq

troisième apparition sur le Camino, en France

s moments-là que nous avons découvert finalement la belle âme de chacun de nous.
J’ai enfin trouvé le bon poids de mon sac à dos, à tel point que j’avais plaisir à le porter, même en fin de journée, après le fatidique vingtième kilomètre où subitement j’ai hâte d’en finir. Cependant, si je veux prolonger l’expérience de randonner plusieurs semaines consécutives, il faut absolument que je perde dix kg afin de préserver les membres inférieurs et ménager leurs articulations. Je vois dans le présent engagement un effet indirect bénéfique; me fixer des challenges d’envergure, définir des objectifs sanitaires et salutaires!
J’ai découvert les vertus des sociétés de transport des bagages qui se font concurrence sur le Chemin. Les second, troisième et quatrième jours de marche, je n’ai pas pu porter mon sac à dos. L’urticaire géant qui m’affectait en était la cause incontournable. Ainsi j’ai fait transporter mon sac aux gîtes des étapes programmées. Marcher sans charge n’a rien de comparable avec l’évolution avec charge. J’ai recouru à cette facilité pour la 9ème étape, la plus longue (27 km) et la dixième, la montée du Col de Bentarte (Roncevaux) qui m’a été décrite dans des termes tellement effrayants que je m’étais mis une pression incontrôlable. Je n’oublierai pas la météo à faire pleurer un clown en haut de Roncevaux. Il semblerait que ce soit ainsi la plupart du temps.
Nous avons apprécié quelques haltes à mi étape comme celle de Barcelone du Gers, au bout d’une longue ligne droite longeant une ligne de chemin de fer. Celle-ci était joliment décorée en sous-bois par un couple d’anciens pèlerins aujourd’hui très âgés. Nous y avons tamponné notre crédenciale. Le soir de cette étape, au gîte, nous avons appris que le monsieur créateur de cette halte du pèlerin était décédé un mois avant notre passage.

Les dix premiers jours, de Eauze à Hountto, la partie française
, ont offert des paysages vallonnés avec beaucoup de vignes, de champs de haricots, de maïs et de tabac.  Nous avons goûté les figues et le mûres généreusement disposées sur le chemin. La fréquentation était modérée et les gîtes confortables à l’accueil soigné. Nous avons eu la possibilité de prendre le repas du soir presque chaque jour.
Les dix derniers jours, de Hountto à Santo Domingo de la Calzada, la partie espagnole, ont été plus mitigés. D’abord les premières étapes se sont déroulées dans un paysage remarquable, notamment dans la montée de Roncevaux. Ensuite ce fut moins romantique, les abords des grandes villes sont plutôt peu agréables, heureusement que les centres de ces villes sont magnifiques. La fréquentation a considérablement augmenté à partir de Saint-Jean-Pied-de-Port, les cyclistes sont apparus, la popularité du Camino Francès n’est plus à démontrer. Les gîtes espagnols ne sont pas aussi confortables que chez nous. Il n’y a jamais de repas de prévu, il faut aller au restaurant du village qui a le repas du pèlerin à sa carte (entre 9 et 12 €uros) 

J’ai été impressionné par les stèles commémoratives des pèlerins morts en chemin depuis l’an 2000; une à chacune des six premières étapes.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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