Enseignements

Les enseignements de mon Compostelle été 2007
Tout d’abord je dois rectifier le prénom de Louise la Danoise que j’ai appelée Françoise! (cf n° 35 du billet du 31 octobre). Louise, si tu me lis, pardonne moi.
Passons à ce que je retiendrai de cette troisième expérience sur le Chemin de Compostelle.
Le poids du sac: 10 kg sans la nourriture ni l’eau, charge très correcte.
Les pieds: aucun problème, je marouflais l’oeil de perdrix du petit doigt à l’origine de mon abandon en mai. Mes chaussures de rando étaient neuves et de bonne qualité.
Les contacts téléphoniques: j’ai utilisé mon mobile les dix premiers jours, sur la partie française. J’ai eu à traiter d’affaires courantes comme fixer des rendez-vous avec un fournisseur (cuisiniste) de notre maison en fin de construction, modifier la destination de la semaine de vacances programmée à mon retour de pèlerinage, etc… Les communications téléphoniques me donnaient l’impression de n’avoir pas quitté Brest. Je ne dispose pas de l’abonnement international,aussi les dix derniers jours, silence sur la fréquence en Espagne, j’étais mieux dans ma bulle.
L’eau: Au moins trois litres par jour, il y avait toujours la possibilité de se ravitailler en route. Cela ne m’a pas empêché de souffrir d’une tendinite au tendon d’Achille dès le cinquième jour. J’ai traîné cette entrave les quinze derniers jours où j’étais contraint de marcher moins vite qu’à l’accoutumée.
Les équipement particuliers: le chapeau avec jugulaire, mieux qu’une casquette pour la protection contre les dards du soleil et contre la pluie même par grand vent… les deux bâtons téléscopiques avec amortisseurs, qu’Henri m’avait offert, précieux aides à la marche, je les ai offerts à Jean le québèquois qui en avait un besoin réel eu égard sa tendinite au genou. Il est allé avec et grâce à eux jusqu’à Santiago, 26 jours après la fin de notre parcours.
Les cheveux: très courts, moins de shampooing à trimballer!
Le lavage des vêtements: quasiment à chaque escale sauf à Zubiri où le gîte était trop rudimentaire et surpeuplé et à Ventosa où il n’y avait pas d’eau chaude! Ca séchait bien (sèche-linge ou température encore clémente à l’arrivée de l’automne). Le lavage de ses nippes permet d’emmener moins de rechange (fatidique poids de la charge).
Les punaises de lit: une seule en 20 jours, à Ostabat alors qu’en mai 2007, 5 en 7 jours!!! vous savez, ces petites (5 mm) bêtes – brun-rougeâtre – qui se transportent dans les sacs de couchage et qui sortent la nuit pour piquer: une petite tâche blanche de 2 mm entourée d’une zone rouge de 15 mm avec gonflement et urticaire éventuellement, ça se soigne avec des antihistamiques (1 comprimé/jour pendant 3 jours)
Le balisage: parfait tant en France qu’en Espagne, mais là, il y a tellement de pèlerins qu’il est impossible de sortir de sentier.
Les gîtes: aérés en France mais complets en Espagne, il paraît que septembre est le mois le plus fréquenté de l’année. En Espagne, seuls les gîtes privés (plus chers) peuvent se réserver. Il n’y a jamais demi-pension, mais les restaurants dans ce beau pays ne sont pas trop dispendieux! Quand je devais partager la nuit avec mes camarades de chemin, je badigeonnais le fond de ma gorge d’un produit efficace contre le ronflement: « douce nuit ». La qualité des nuits n’est pas excellente. C’est probablement l’origine la plus certaine de la fatigue ressentie en fin de périple.
La météo: une seule matinée plus vielle (pluvieuse) en quittant Navarrenx. Malgré un beau soleil, on ne peut pas dire qu’on a souffert de trop grosses chaleurs, bref le temps idéal pour ce genre d’exercice.
La sagesse: connaître ses limites et faire le bon choix, comme par exemple ne pas emprunter le trajet le plus abrupt dans la descente vers Roncevaux!
Les chutes: en arrivant à Argagnon, dans une forte descente, le paysage était tellement joli que j’ai voulu photographier Henri. Je me suis précipité sur l’avant mais j’ai mal contrôlé la manoeuvre et je me suis retrouvé à terre en faisant une lourde chute, le sac à dos à bien amorti ce qui aurait pu être plus grave que de belles égratignures.
La méditation: Chaque matin Jean-Louis nous lisait en marchant une page des Evangiles. Nous les commentions et apportions des témoignages se rapportant aux paraboles  du jour. J’ai toujours eu mon rendez-vous avec le Père, en début de journée ou quand je me retrouvais un peu isolé. Cela durait chaque jour une bonne heure.
QUELQUES CHIFFRES:
Photos: plus de 2 970 (150/jour)des paysages traversés, des personnages rencontrés, des animaux croisés, des édifices visités, des curiostés régionales « Honneur à notre maire », des gîtes fréquentés, des stelles de pèlerins décédés en faisant le Camino, etc..
kilomètres parcourus: 440 (22km/jour)
poids perdu: 5 kg, ce n’est pas suffisant. Je me promets de partir en avril prochain avec 10 kg de moins que maintenant (préservation de mon patrimoine physique)
RECAPITULATION:
Partie 1: Le Puy-en-Velay – Cahors = 340 km (15 jours en mai 2006) (seul)
Partie 2: Cahors – Eauze = 170 km (7 jours en mai 2007) (seul)
Partie 3: Eauze – Santo Domingo de la Calzada = 440 km (20 jours en septembre 2007) (avec trois amis)
TOTAL = 950 km en 42 jours, il ne reste plus que 580 km jusqu’à Saint Jacques de Compostelle!!
Ce que je retiendrai de cette expérience:
J’ai confirmé mon goût à la prière et à la méditation. Le fait d’être en groupe ne permet pas autant de s’isoler et pour « entrer en intimité avec le Père ».
Les rencontres m’ont ébloui, elles étaient enthousiasmantes et m’ont ouvert les yeux sur ses façons d’être, sa générosité, son écoute de l’autre, ses conseils à prodiguer.
Le Col de Bentarte qui mène à la mythique RONCESVALLES: Il ne faut jamais se découvrir même si la météo donne l’impression d’une certaine clémence…
en définitive, c’est une épreuve qui reste à dimension humaine, certes on monte longtemps mais ce n’est pas de la dénivelée impossible.
L’arrivée à RONCEVAUX: cette brochette de pèlerines et de pèlerins alignés le long du mur au soleil en attendant que le gîte daigne s’ouvrir!
Il faut avoir des connaissances médicales un peu plus que rudimentaires: marcher est un métier, il faut savoir lire son corps et son comportement face aux agressions de la nature, car elle n’est pas toujours que belle cette noble dame!
Quand on chemine pendant une durée significative, on crée sa bulle; des groupes informels se font et se défont au fil des étapes, on aime à se retrouver en cours de route ou aux haltes du soir. Les pèlerins sont liés par une respectueuse affection où peu de facteurs autres que nos aventures jacquaires ne comptent.
La prudence est recommandée pour se faire une opinion sur les gîtes, car on entend tout et son contraire: certains pèlerins ont été déçus là ou d’autres ont été satisfaits et réciproquement.
La fréquentation du Chemin est très cosmopolite. Toutes les nations sont représentées avec un petit bémol sur la représentation du continent africain.
Au moins quatre gîtes en Espagne étaient tenus pa

sur la rivière LE SAISON

le 5 septembre 2007

r des hospitaliers Allemands. Je n’oublierai pas le branle-bas au son de la cornemuse à 6h00 du matin au gîte de Pamplune. Le principe des gîtes en France est différent, nous avons rencontrés des gérantes de gîte parfois très jeunes ou d’origine britanique (Moissac, Argagnon).
Les expériences se suivent et ne se ressemblent pas. En mai, j’étais resté sur une impression bizarre qui ne m’avait pas beaucoup enchantée: peut-être que la météo médiocre et mes problèmes de santé avaient assombri le tableau? Je retiendrais de ces 20 jours de septembre la noblesse et la générosité du comportement des pèlerins et des autochtones rencontrés.
Marcher sur le Chemin de Compostelle, entrer en contact avec des gens ordinaires, découvrir que l’Univers parle un langage qui s’adresse à l’individu – appelé « signes » – et qu’il suffit pour le comprendre d’orienter nos yeux et notre esprit sur ce qui se passe autour de nous. Il suffit de prêter attention; les leçons viennent toujours quand vous êtes prêt et si vous êtes attentif aux signes, vous apprendrez ce qui est nécessaire pour l’étape suivante.
Je crois qu’un être humain peut s’intéresser à mon expérience sur le Chemin, romantique certes mais semé d’embûches, ce qui le rend difficile. Je ne suis pas un bon marcheur, c’est la raison pour laquelle faire le Chemin est une épreuve mais cela vaut la peins de souffrir pour connaître toutes ces réflexions profondes et  ces émotions fortes.
Je vous souhaite bonne lecture de ma narration, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires ou à me poser des questions.
Amicalement, Didier. 

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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