Crise mondiale, opportunité européenne

La crise économique qui secoue l’Europe et le monde depuis plus de deux ans ne constitue pas le contexte idéal pour renouveler une ambition internationale qui semble s’être émoussée depuis l’introduction officielle de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union en 2003. L’austérité infligée tant par les marchés que par les gouvernements affecte de manière significative tous les budgets liés aux affaires étrangères et à la défense, y compris ceux des pays qui, comme la France ou la Grande-Bretagne, avaient traditionnellement réussi à leur conserver un niveau satisfaisant.

INVINCIBLE

Porte-aéronefs britannique

Plus profondément cependant, la crise financière et budgétaire a sérieusement ébranlé une solidarité européenne déjà précaire, fait resurgir d’anciennes interrogations sur le rôle et la place de l’Allemagne; elle a révélé des divisions entre les gagnants et les perdants de la globalisation et creusé un écart encore plus large entre les institutions bruxelloises, d’une part et les opinions publiques, de l’autre. Ces dernières par ailleurs sont tentées, diversement il est vrai, par des sirènes populistes accompagnées de ses classiques boucs émissaires – la bureaucratie aveugle de Bruxelles, l’avidité excessive de Wall Street – et parées de ses vices habituels: un protectionnisme déplacé et un nationalisme étroit. Les conséquences sociales et politiques de la crise n’ont donc pas fini de secouer la gouvernance européenne: non seulement Euro Corpsla priorité des gouvernements est interne mais le consensus y est désormais bien plus difficile à créer et à maintenir. Pour autant, chaque crise recèle une occasion et, dans le domaine de la défense, l’austérité budgétaire devait constituer une raison pressante à l’échelle européenne pour lancer des coopérations renforcées, amorcer une plus grande spécialisation, assurer une meilleure compétitivité des marchés, créer des outils collectifs et investir en recherches et développements communs pour acquérir les capacités de demain. A cet égard, l’accord entre Paris et Londres de novembre 2010 constitue un indéniable progrès. Elaboré sous la pression des acteurs économiques, notamment le français Dassault et le britannique BAE, l’accord de Lancaster House ouvre la
voie à une coopération industrielle en matière de drones de moyene altitude et longue

Drone nEUROn

Drone nEUROn

endurance (MALE), utilisés pour des missions d’observation, de surveillance et d’attaque, à une mise en commun de porte-avions pour les forces aériennes des deux pays et enfin à la création d’une force d’intervention intégrée au niveau de la brigade pour des opérations sous drapeaux européen, otanien ou onusien. Lorsque les deux principaux acteurs de la sécurité européenne unissent leurs forces – Londres et Paris représentent près de 45 % du budget militaire des Européens, 55 % de ses effectifs militaires et 70 % de sa recherche et développement – c’est tout le paysage européen qui en bénéficie. Ce petit « Saint-Malo » devrait être suivi d’un véritable Livre blanc européen.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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