Histoire de Bretagne – de 1534 à 1600

Entre 1492 et 1535, c’est le temps des Grandes découvertes.

Deux navires de 60 tonneaux, partis de Saint-Malô, le 20 avril 1534, avec 61 marins, explorent un golfe immense, puis une côte qu’ils reconnaissent… Jacques Cartier a découvert le Canada. Il y revient en 1535 avec « La Grande Hermine » (100 T.),  « La Petite Hermine » (60 T.) et « L’Hémérillon » (40 T.), puis encore en 1540.

En ces années, l’Europe, à la recherche de la Chine, trouve un nouveau monde: elle en sera bouleversée, son économie, sa religion, sa politique, sa culture vont connaître alors une profonde mutation.

les grandes expéditions: Angleterre – Saint-Johns (Canada): 1497; Giovani Caboto

Saint-Malô – Canada: 1534-1535; Jacques Cartier

Portugal – Cuba et Colombie: 1492-1504; Christophe Colomb

Portugal – Guyane: 1497-1500; Amerigo Vespucci

Portugal – Rio de Janeiro et Patagonie: 1501-1502; Amerigo Vespucci

Lisbonne – Namibie puis Cap de Bonne Espérance: 1487-1488; Barthélémy Dias

Lisbonne – Mombasa puis Calicut et Gao en Inde: 1497-1499; Vasco de Gama

1ère circumnavigation de l’histoire – Détroit de Magellan – Moluques: 1519-1522; Fernand de Magellan  

 Image Jacques Cartier

L’or et l’argent des Amériques stimulent le développement de l’Europe. Exploitant ses ressources humaines et naturelles, jouant de sa position géographique, la Bretagne poursuit son développement économique et entame son âge d’or qui se prolongera jusqu’à la fin du XVIIème siècle.

Plus de 130 ports abritent des milliers de navires et de barques (2.000?) qui transportent toutes sortes de marchandises à travers et toute l’Europe et pêchent jusque sur les côtes du Canada.

Routiers des mers, les marins bretons sont en Angleterre, en Hollande… (815 navires sur 995 à Arnemuiden en 1534). Penmarc’h s’impose comme le premier port d’armement européen. En 1539, 23 des 39 navires français qui pénètrent en Mer baltique viennent de Bretagne.

Au sud, les Bretons prédominent à La Rochelle et à Bordeaux, sont omniprésents en Espagne et au Portugal, passent en Méditerranée.. La morue, denrée de base, est activement pêchée à Terre-Neuve et directement revendue dans toute l’Europe faisant la fortune de la côte nord bretonne… et les fourrures du Canada sont l’objet d’un important trafic car partout les vêtements ont besoin d’être doublés.  Sur la côte sud, une importante flottille de barques pêchent merlus, congres, et surtout des milliers de tonnes de sardines qui sont pressées, salées et exportées.

Guérande et la Baie de Bourgneuf fournissent du sel (excellent pour conserver le hareng et la morue) par milliers de tonnes à l’Europe du Nord et à l’Angleterre. Le vin est une denrée de base du commerce international: Nantes en est le deuxième exportateur après Bordeaux. Vannetais et Cornouaillais exportent leurs blés vers Bordeaux, l’Espagne et le Portyugal.

La Bretagne est alors une grande région industrielle, son climat humide favorise la culture du chanvre et du lin. Le textile est la principale exportation. Les toiles de chanvre propulsent les navires du nord, de l’Angleterre et des Pays-Bas. Les toiles de lin habillent; les « crées » du Léon séduisent les Anglais. Tandis que les « Bretagnes » de Quintin-Loudéac ont la grande faveur des Hispaniques.

Les énergies sont abondantes: le vent, l’eau actionnent les moulins à grain, à papier, à foulon, les marteaux et soufflets des forges alimentées en bois et en fer.

Né vers 1520, l’explorateur vitréen Pierre-Olivier Malherbe est un Breton de son temps: il commerce en Espagne, au Mexique, au Pérou, au Panama, en Chine et fréquente la cour du Grand Mogol (Inde). Il est le premier Français connu à faire le tour du monde en 28 ans!

De 1551 à 1610, Rennes et Nantes frappent 35 % de la monnaie d’argent du royaume. De 1590 à 1640, rennes est le premier atelier de frappe.

Fils de François 1er (1494-1515/1547) et de Claude de France (1499-1524), Henri II règne de 1547 à 1559. Avec lui disparaît  à tout jamais le titre de « Duc de Bretagne » au profit du roi.

Image  Henri II

L’union de la Bretagne à la France s’accompagne d’une évolution des structures des institutions du duché. Si théoriquement  les rapports entre le roi et la Bretagne sont basés juridiquement sur le Traité de 1532, en pratique, ils résultent des rapports de force et d’intérêts qui fluctuent dans le temps.

Le gouverneur représente l’autorité royale. Le 25 février 1534, l’honneur en revient à Jean de Brosse, comte de Penthièvre. Sa femme, Anne de Pisseleu est depuis 18 ans la maîtresse de François 1er. Les Etats de Bretagne, composés de délégués du haut-clergé, de la noblesse et des villes, représentent la « Province » dont ils défendent les intérêts.

Les Etats se réunissent une fois par an dans une ville. Ils discutent principalement des lois, de l’administration et surtout du montant et de la répartition des impôts. Les Bretons doivent être jugés suivant la coutume. Le Parlement, créé en 1554, reprend le principe d’une cour de justice souveraine qui tranche en appel. Par prudence, le roi nomme les 4 présidents et impose que 16 des 32 conseillers doivent être « non-originaires » de Bretagne. La justice est très présente: avec près  de 4000 tribunaux (barres) seigneuriaux, royaux, ecclésiastiques. La coutume de Bretagne est la base de la législation. Des parlementaires venus de Paris ont voulu la réformer! Résultat: la durée des procès est allongée! Des juristes bretons mènent à bien le travail et la nouvelle coutume est arrêtée en  1580.

Si les villes s’agrandissent avec l’essor économique, on y trouve toujours des potagers et des pâturages et les constructions restent fidèles au bois. Des conseils de notables les administrent, conseils parfois largement ouverts au public. L’autorité royale est représentée par un gouverneur ou capitaine. C’est le terrain d’affrontement entre le pouvoir royal, les bourgeois, les nobles et les religieux. La plupart des villes sont de petite dimension (2000 à 3000 habitants). certains ports, comme Roscoff et Morlaix se font remarquer par leur dynamisme. Si Nantes garde la chambre des comptes, Rennes devient capitale de fait avec l’installation définitive du parlement.

A la ville sont concentrées les autorités civiles et religieuses. On y trouve des commerçants, des artisans, des ouvriers et même des paysans. Certains sont très riches, d’autres moins. Les indigents y viennent chercher secours (10 % de la population). Leur nombre se multiplie lors des crises. Lieux d’échanges, de productions et de décisions, les villes sont aussi noeuds de communications. Tout un peuple se révèle mobile, en quête ici et là d’un travail ou de nourriture. La Bretagne est vue comme une Province isolée, mal desservie.

Mais si les chemins et les routes sont élémentaires, elle dispose d’un réseau dense de circulation à partir de ses rivières, de ses canaux, de ses rias et de ses mers. Aucun paysan n’est à plus d’une journée de charrette d’un cours d’eau navigable.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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8 commentaires pour Histoire de Bretagne – de 1534 à 1600

  1. gebete29 dit :

    c’est sans doute la période la plus méconue de l’histoire de Bretagne pour laquelle on peut parlr d’âge d’or. A la suite du Traité de l’Unon de 1532, la Bretagne « province » poursuit son essor économique et commerce avec toute l’Europe, poussant jusqu’en Amérique et vers le Levant.

  2. ollivier rene dit :

    j’ai vu la carte de bretagne deposee sur fb de 1601 et j’ai appris qu’a cette epoque on disait basse bretagne et haute bretagne et que la « frontiere »entre le finisterre et les cotes d’armor et les autre regions n’etaient pas du tout a la meme place aussi je voudrai savoir si tresegueret les commmunes envirronnantes ou etaient -elles ratachees relieusement .je pose cette question car je ne peu plus avance dans ma genealogie j’en suis a 1641de lieu de naissance mais ou?si qu’elqu’un peu me resigner :rene.ollivier@free.fr merci

  3. Lens Monique dit :

    Bonjour,
    Mes ancêtres étant du sud Vendée je viens d’en découvrir un, sur un arbre en ligne, probablement de Fontenay le Comte, et conseiller au Parlement de Bretagne, Seigneur de la Guérinière. C’est pour cela que je recherche des informations sur ce Parlement
    Il se nomme Jean Garnier et se marie le 12 janvier 1594 à Fontenay le Comte avec Suzanne Gallier dont le père est Conseiller du Roy et ieutenant des eaux et forêts de Vouvant et Mervent.
    Avez-vous d’autres informations sur l’origine des Conseillers du Parlement de Bretagne à cette époque, ou bien/et où trouver une liste des conseillers et autres informations disponibles dans des archives ou en ligne?

    En vous remerciant je vous salue cordialement

    Monique Lens

  4. Lens Monique dit :

    Excusez-moi j’ai oublié de vous demander les noms des 2 personnages photographiés dans votre article; le 1er un navigateur et le 2e Henri II ?
    Merci

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