Le toit du Chemin des Bonshommes

Le parcours de la partie Française du Chemin des Bonshommes est quasi entièrement tracé en Arriège avec une très légère incursion en Aude, le village de Comus.

dédoublement de ponchos

Ax-les-Thermes

ça me rappèle le Portugal

Saint Antoine

L’Ariège est le 95ème département français sur le plan de la population (148.500 hab.). Pour mémoire, le Finistère qui est 24ème compte 803.000 hab.

Les villes et villages traversés sont: Foix, 370m – 52.000 hab.

Roquefixade, 750 m – 151 hab. Montferrier, 690 m – 652 hab.

Montségur, 920 m – 108 hab. Comus (Aude), 1.166 m – 45 hab.

Prades, 1.240 m – 50 hab. Montaillou, 1.325 m – 17 hab. Col de Balagues, 1.669 m. Refuge du Chioula, 1.610 m. Ax-les-Thermes, 738 m – 1.400 hab.

Orgeix, 823 m – 96 hab. Orlu, 840 m – 194 hab. Col de Joux, 1.702 m.

Mérens-les-Vals, 1.060 m – 187 hab. L’Hospitalet-près-l’Andorre, 1.400 m – 91 hab. Col de Puymorens, 1.920 m. Porte-Puymorens, 1.623 m – 127 hab.

Porta, 1.511 m – 98 hab. Portella Blanca, 2.517 m. où se situe la borne de frontière triple entre l’Andorre, la France et l’Espagne. La partie décrite dans le présent article se termine à la cabane non gardée, en Espagne, Cabana dels Esparvers, 2.060 m.

Les images jointes montrent des paysages entre le Refuge du Chioula et Cabana dels Esparvers.

Ax-les-Thermes

ladres: lépreux

la tentation du bain

ORGEIX

on quitte Orgeix pour aller à Orlu

Jean-Paul montre des photos à Marie-Ange, patronne du gîte d’Orlu

excellent gîte à Orlu

Après avoir découvert Roquefixade dominant la vallée du haut de son éperon rocheux, Montségur, symbole de l’ultime résistance des cathares à l’Inquisition, les gorges de la Frau, sombres et fraîches, plongées dans les entrailles de la terre, nous abordons la haute vallée de l’Ariège.

Au-delà d’Ax-les-Thermes; nous sommes repartis de plus elle vers les hauteurs pyrénéennes, en pénétrant d’abord dans la réserve nationale d’Orlu où l’homme se fait rare et c’est le loup qui a pris sa place à Orlu. Plus haut, sous le regard bienveillant et protecteur de la mystérieuse Dent d’Orlu on essaie d’apercevoir le rondouillard habitant de la montagne autrement dénommé marmotte. C’est que la végétation se fait plus rare et plus rase, le hêtre cède la place au rhododendron et le sapin à la bruyère.

le pont d’Orgeix

le pont médiéval sur l’Oriège

maison forestière, entre Orgeix et le Col de Joux, cabane du Ressec de Bas (1300 m)

un nouveau cathare devant le bûcher

elle m’a reconnu et s’est précipitée vers moi??? au col de Joux

l’abri de col de Joux

mère attentive

Plus loin, alors que sur les traces des « Bonshommes » mais aussi sur celles, beaucoup plus tardives, des résistants français fuyant la France occupée, nous avons franchi le Col de Puymorens.  Le Col de Puymorens routier culmine à 1.915 m tandis que le Col de Puymorens GR 107 atteint les 2.040 mètres d’altitude. Cet endroit n’incite pas à renouer avec la civilisation.

La montée magnifique à partir de Porta (1.511 m) le long de la rivière de Campcardos jusqu’au Portella Blanca d’Andorra (2.517 m) a été éprouvante. Force est de constater, à la fin de cette dixième étape que nous n’étions pas équipés idéalement pour le type de randonnée correspondant au Chemin des Bonshommes. Personnellement, je pesait une dizaine de kilos en trop, et je me suis promis que je ne repartirai l’année prochaine pour effectuer un chemin similaire avec des difficultés plus ou moins semblables, que si je suis en dessous d’une certaine valeur, impérativement. Nos rencontres avec des randonneurs habitués à la montagne nous ont permis d’accueillir leurs conseils avec intérêt, à commencer par le sac à dos lui-même; le nôtre pèse 3.4 kg à vide alors qu’il existe des sacs à dos  de 50 litres, ce qui est largement suffisant, qui pèsent 1.4 kg. Et puis, nous avons porté notre tente sarcophage inutilement puisqu’on a découvert qu’il existe des gîtes et des solutions d’hébergement tout le long du périple. Ainsi, on s’aperçoit que nous pourrons effectuer une telle aventure avec 4 kg de moins sur le dos. Ce n’est pas négligeable et nous fatiguerons moins, notamment lorsqu’il y a des ascensions longues et fastidieuses. Je n’ai pas envie de ne plus connaître ces longues montées, la récompense aux sommets de ces grimpées est trop belle.

on descend du col de Joux vers Mérens-les-Vals

Mérens-les-Vals

devant l’église du XI° siècle, brûlée par les Espagnols le 29 octobre 1811

Chambre d’hôtes du Nabre (rivière) de madame Vidal

église Saint Pierre de Mérens-les-Vals

superbe clocher

sur les sentiers transfrontaliers pyrénéens

retrouvailles avec Jean-Louis et Nicole, au gîte de Mérens

confortable dortoir

Dans le prochain blog où je prévois d’accompagner les photos des cinq dernières étapes de la partie du Chemin des Bonshommes, en Espagne, en Catalogne (capitale Barcelone) pour être précis, par un poème qui m’est sorti de la main au gîte de Casanova de les Garrigues lors de l’ultime nuit avant l’étape finale aboutissant à Berga, je voudrai aborder une dernière fois le destin inachevé des Cathares.

la pesée du sac à dos, le 4 septembre 2012

c’est le poids limite pour randonner dans le Pyrénées

Jean-Louis est heureux de se joindre à notre expédition

merci Nicole de nous confier « Isard agile »

pensifs, nous? on sait très bien que le plus difficile est à venir!

on quitte Mérens-les-Vals pour aller à l’Hospitalet-près-l’Andorre

le 5 septembe 2012

on longe l’Ariège

il faut savoir ménager sa monture

« – Mais tu viens de me faire marcher sur un chemin interdit???!!!… »

bouche de métro?

Cinq périodes: les temps de doute, la croisade, l’Inquisition, Montségur et le dernier souffle du catharisme.

Les temps de doute. Au détour de l’an Mil, la vieille église occidentale n’en finissait pas de repousser les tentatives de réforme. Nombreux étaient ceux qui voulaient revenir aux préceptes fondamentaux du Christ et rejetaient ouvertement la lithurgie et le pesant protocole de l’église officielle. Ce fut le temps des « nouveaux apôtres« : moines défroqués ou laïques enflammés, des hommes s’en allèrent par les chemins pour clamer les valeurs de l’évangile à un peuple en quête de modèles de sainteté. La plupart d’entre eux durent se résigner face au mur de l’intolérance, mais certaines idées survécurent à leurs instigateurs et prirent racine dans l’esprit de leurs contemporains, pour se mettre à croître et embellir…

Proches des gens de leur siècle, sachant répondre à leurs angoisses et à leurs doutes, ces « Bonshommes » ou « Bons Chrétiens« , comme ils plaisaient à se nommer, firent de nombreux adeptes par la seule force de la parole et de l’exemple. Incapable de fournir une réponse adaptée, l’église officielle fut rapidement débordée et ne put empêcher « l’église des Apôtres » de gagner des régions entières. Ce fut notamment le cas du Midi toulousain où la noblesse locale adhéra largement à la nouvelle religion.

l’hélico récupère le matériel mis en place par les pompiers à l’occasion de l’incendie de la semaine dernière

les prévisions MTO sont toujours justes

gîte d’étape de l’Hospitalité tenu par Christian et Liliane Lousteau

on n’avait pas besoin de trimbaler une tente individuelle

matin du 6 septembre

Liliane, la sympathique hospitalière de l’Hospitalet-près-l’Andorre

un gypaète barbu?

en approche du Puymorens

bétail en liberté

La croisade. Mais ces idées nouvelles vinrent se heurter à une église accrochée à ses privilèges et, d’un débat théologique, on en vint bientôt à une crise ouverte où la politique glissa son poison… Après quelques tentatives de conciliation, comme celle de saint Dominique, on en vint aux armes et le Pape Innocent III en appela à la Croisade contre les « hérétiques » ou les « nouveaux manichéens« . Et au printemps 1.209, l’étendard de la Religion flottait haut pour justifier un affrontement militaire et politique qui deviendra celui de la couronne de France contre le comté de Toulouse…

La guerre fut longue et cruelle et la région que nous avons traversée paya cher son attachement aux Bonshommes et sa fidélité au comte de Toulouse: les armées croisées attaquèrent les places fortes et ravagèrent le pays. Malgré l’engagement du roi d’Aragon dans le conflit, en 1.213, et sa mort à la bataille de Muret, la Catalogne échappa aux combats. Mais sur le versant nord des Pyrénées, le bruit des armes ne prit officiellement fin qu’en 1.229 avec la défaite militaire et politique du comte de Toulouse. Ce dernier signa cette année-là le Traité de Meaux, qui laissait le champ libre à une répression méthodique de la religion interdite. On créa alors pour cela l’un des plus terribles instruments de répression de l’histoire: l’Inquisition.

pas si sauvage que cela…

le 7 septembre 2012

au col de Puymorens

le turbo de ce camion a un peu trop chauffé

carline au milieu des clarines

L‘Inquisition. Véritable police religieuse, l’Inquisition était menée par quelques hommes incorruptibles qui traquainet les « mauvaises pensées » de leurs contemporains en s’appuyant sur la délation et la peur. Si leurs premières cibles furent les nobles et les notables, coupables de croire ou simplement d’aider les « hérétiques« , ils s’attaquèrent vite aux petites gens, artisans, marchands ou paysans, décidés à éradiquer totalement le mal de la société… Les effets de cette terrible mécanique de répression furent tels que rapidement, les Bonshommes ne purent se cacher dans les châteaux ou les villes, et durent chercher refuge dans les sites les plus discrets ou les plus inaccessibles. Ce fut notamment le cas du château de Montségur, où ils étaient installés à demeure depuis 1.204 et qui devint en 1.232 le point de rencontre et le refuge des proscrits.

entre Porte-Puymorens et Porta

c’est plus cool en descente douce

beau taureau… derrière moi!

arrivée au gîte d’étape de Porta

expression marine: « Repos et sac! »

superbe gîte de Porta

gîte magnifiquement géré par Pierre et Carol Enoff

ça nous change des vaches, des chevaux, des martres et des marmottes

le 7 septembre, départ pour l’étape marathon du périple

Faut pas faire tomber sa bouteille…

Montségur. Cette ultime place forte, défi au roi et au pape, fut pris après un long siège, et plus de deux cents personnes montèrent sur le bûcher le 16 mars 1.244. Pour les vainqueurs comme pour les vaincus, Montségur devint alors un symbole, celui de la fin de « l’église des Apôtres ». Pourtant celle-ci persista encore longtemps dans le silence des montagnes du Comté de Foix. C’est ainsi qu’entre 1.250 et 1.310, la Haute Vallée de l’Ariège devint l’ultime terre de refuge des Bonshommes, le dernier bastion de résistance pour une poignée d’hommes et de femmes à qui l’histoire allait donner un nom choisi par les vainqueurs: les Cathares.

début de la montée vers le col Portella Blanca

un confrère fait le spectacle au lac de l’Estany Gros

Jean-Louis, serais-tu fatigué?

tout près du sommet, le col de Portella Blanca, je commence à fatiguer

paysage grandiose

ça se couvre souvent en fin d’après-midi

on y est presque au Portella Blanca

Le dernier souffle du catharisme. L’ultime soubresaut parti d’Ax-les-Thermes, où un Bonhomme nommé Pierre Autier réussit à réformer quelques fidèles et à donner de nouveaux cadres à son église. Mais l’Inquisition veillait, et à aucun moment son ardeur ne faiblit… Pourchassés, traqués, les derniers Bonshommes n’eurent alors d’autre choix que celui de l’exil. Ils se tournèrent assez naturellement vers les terres catalanes avec qui les comtes de Foix maintenaient des relations: protégés plus ou moins ouvertement par les seigneurs de la vallée de l’Ariège, ils savaient que l’Inquisition aurait du mal à les trouver en ce pays où elle était mal implantée. Castello, Josa ou Berga devinrent alors des lieux de retrouvailles pour les Bonshommes en fuite.

Si leurs déplacements nous sont attestés par les archives, il n’en reste pas moins que le contact entre les deux versants fut plutôt assuré par les bergers, dont certains étaient gagnés  par les idées cathares. Ils effectuaient chaque année de longues transhumances pour mener leurs bêtes le plus loin possible au sud. Difficiles à localiser, en perpétuel mouvement, formant des équipes où se rencontraient Ariégeois, Catalans, Andorans et Aragonais, ils échappèrent aux recherches et aux persécutions pendant de longues années. Mais le persévérant évêque Jacques Fournier les fit poursuivre jusqu’au coeur des montagnes, et plusieurs d’entre eux finirent leur vie en prison…

un col exceptionnel, à 2517 m, le 7 septembre 2012

rondouillard habitant de la montagne

début de la decente de Portella Blanca

les vainqueurs du « Toit des Bonshommes »

ça fait dix heures qu’on monte…

l’arrivée à la cabane des éperviers sous la pluie d’orage

abri bien utile dans cette zone peu hospitalière

étonnant abri

encore une qui m’a reconnu…

cabana dels Esparvers (abri possible)

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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2 commentaires pour Le toit du Chemin des Bonshommes

  1. colette Charneau dit :

    Nous sommes 6 à finir le chemin des Bonshommes mais côté espagnol… pouvez vous me dire si le chemin est bien balisé ? Avez vous dormir à Casanova les Guarrigues ? je trouve qu’un gite qui loue l’ensemble de l’établissement. Merci pour vos renseignements…

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