Site remarquable du goût: Cancale

Cancale (5 200 hab.), ses huîtres au bouquet d’iode, son poisson, sa cuisine et ses points de vue, un cadre pour vivre pleinement la mer.

Cancale est réputée depuis des temps anciens pour les huîtres plates sauvages des bancs naturels existant en eau profonde et plus récemment (vers 1 950) pour ses huîtres creuses d’élevage.

La caravane: jusqu’au XVIIIème siècle, les bancs huîtriers de la baie de Cancale semblaient inépuisables. En 1 759, un Edit Royal réglementa la pêche de l’huître afin de ne pas épuiser les bancs naturels. Au jour dit, les « bisquines » partaient en ordre groupé sur les bancs.

Le terme « Caravane » s’imposa pour désigner ces départs majestueux. Des centaines de bisquines… Trois cent quatre vingt cinq bateaux, montés par 2 800 hommes prirent part à la caravane en 1 906… Plus de 10 000 tonnes d’huîtres plates étaient^pêchées chaque année, donnant renommée et richesse à Cancale.

L’ostréiculture: le dragage intensif des bancs huîtriers allait petit à petit les anéantir et faire disparaître l’huître plate. C’est au début du siècle que les Cancalais se tournèrent vers l’ostréiculture; passant de la cueillette à l’élevage.

Aujourd’hui 250 concessionnaires, une cinquantaine d’exploitations, cultivent l’huître sur 365 hectares découvrant lors des marées, pour une production annuelle de 4 000 tonnes.

A mer basse, on aperçoit cet immense damier formé de 960 parcelles entourées de claies, murets de pierre ou de grillage.

Provenant des centres ostréicoles de captage: Golfe du Morbihan pour l’huître plate, Charente et Vendée pour l’huître creuse, la jeune huître, appelée nessain (1 à 2 cm), fixée sur un collecteur (tuile chaulée, barre plastique, etc…) est détachée de son support puis semée, soit directement sur le sol des parcs d’élevage, soit mise dans des « poches » posées sur des tables de fer pour éviter envasement, tempêtes et prédateurs.

Trois à quatre ans de soins attentifs et minutieux sont nécessaires pour que la jeune huître  puisse atteindre sa taille marchande. Au moment de la récolte, l’huître est entreposée dans des bassins insubmersibles alimentés d’eau claire afin qu’elle puisse se débarrasser des impuretés qu’elle pourrait retenir. Enfin l’huître de Cancale est mise en « bourriches » et expédiée dans toute la France et le monde entier.

Daniel de la Touche de la Ravardière a armé par trois fois des navires sur le port de Cancale à destination de l’Amérique du Sud (1 604, 1 609 et 1 612). La dernière de ses expéditions devait donner lieu à la création de la ville de Sao Luis au Brésil.

La nouvelle église Saint-Méen construite de 1 875 à 1 939. Sur la place de l’église se dresse une fontaine avec une sculpture, bronze de l’artiste Jean Fréour, composée de deux  laveuses d’huîtres symbolisant le travail des Cancalaises au début du XX ème siècle avant la mécanisation.

Histoire récente: La ville est désservie par la ligne de chemin de fer seconsaire à voie métrique (écartement des rails de 1 000 mm, fait partie des voies étroites, (la voie normale = 1 435 mm)) et à traction vapeur des Tramways bretons la reliant à Saint-Malo, de 1 898 à 1 947.

Cancale est en Ille-et-Vilaine

Cancale est en Ille-et-Vilaine

La ville se développe principalement à partir de 1 876 avec la construction de la nouvelle église Saint-Méen et l’ouverture de l’axe du port de la Houle vers le centre ville. Cancale est alors principalement composée de deux secteurs: le centre ville (le « Bourg » ou « Ville-Haute ») où vivent armateurs, capitaines de navire et commerçants et le port de la Houle (ou « Ville-basse » en contrebas de la falaise, sise sur un amas de coquiller) où habitent les pêcheurs principalement dans des maisons abritées des « rues de derrière ».

Après la Seconde Guerre mondiale, des lotissements ceinturent la ville au nord et à l’ouest, englobant progressivement les anciens villages ruraux de la Verrerie, de la Forge et la Ville Pain.

En raison du froid exceptionnel (-16°C) dans la nuit du 19 au 20 janvier 1963, le port de la Houle se retrouva gelé et pris par la banquise pendant toute une semaine. Les parcs à huîtres furent très touchés et, selon Cancale, 100 ans de vie municipale,  80% des huîtres plates furent détruites à cette période.

A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
Cet article, publié dans Bretagne - histoire, Villes et villages remarquables, Voyages, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Site remarquable du goût: Cancale

  1. Melyssa658 dit :

    même si je ne suis pas une fan des huîtres, je préfère le Banania, le chocolat Menier ou l’inoubliable Bécassine :-)), j’apprécie beaucoup ce voyage à travers la Bretagne et ses trésors, ce sont de très belles photos

    • gebete29 dit :

      c’est formidable cette nostalgie bénéfique et salutaire des réclames anciennes et des produits qu’elles promouvaient; merci pour l’appréciation de mes pics, à bientôt, Didier

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s