Pro-européens ou eurosceptiques ?

la-commission-europeenne L’eurozone et son gouvernement ?

Pendant que les hommes politiques européens se disputent un pouvoir de plus en plus évanescent, face à des marchés de plus en plus puissants, la seule institution de l’Union capable d’influencer encore sur le réel, la Banque centrale, n’est sous le contrôle d’aucune institution démocratique, faute de gouvernement  fédéral de l’eurozone. Plus généralement, à l’échelle du monde, les marchés mettent peu à peu en place, sous leur seul contrôle, les institutions nécessaires au respect du seul droit qui les intéresse : le droit de propriété.

Ainsi surgissent, dans le monde financier et commercial, de très nombreuses instances de contrôle, qui se font d’abord adouber par des Parlements nationaux avant de prendre leur autonomie, parce qu’elles sont transnationales, et ne considèrent plus les instances étatiques que comme des instruments à leur service. (Jacques Attali – 15/02/12)

Quelle place en Europe pour la France ?

La crise de l’euro bouleverse la hiérarchie des pouvoirs dans l’Union. Au cœur de la mécanique bruxelloise, on réfléchit encore sur ce temps de la construction européenne.

La prédominance de l’Allemagne est désormais patente. Faut-il la craindre ?

L’Allemagne pèse un quart du PIB de la zone euro. Mais les chefs d’Etat et de gouvernement des 17 Etats membres doivent toujours prendre leurs décisions à l’unanimité. L’Allemagne décomplexée tire profit des réformes qu’elle a mise en place. Face au soupçon d’hégémonie, les Allemands sont mal à l’aise. Elle a des convictions fortes qui peuvent nous apparaître parfois brutales parce qu’elle estime que ce qui a marché chez elle devrait s’imposer naturellement aux autres.

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Quand la France ne redoute pas le « Deutschland über alles », elle craint, à l’inverse, de voir l’Allemagne tourner le dos à l’Europe.

La crise financière est telle que l’Allemagne est devenue le prisme unique à travers lequel on regarde l’Union. Elle est dans une éthique de responsabilité : l’impératif de stabilité financière de toute la zone euro l’a emporté. L’imprégnation européenne dans tous les domaines en Allemagne est beaucoup plus solide que ce que certains Français peuvent admettre. En France, c’est un sport national : on se fait peur avec l’Allemagne contemporaine.

La crise de l’euro change la conscience européenne.

D’une manière paradoxale, les Européens, à travers la crise de la monnaie, se rendent compte – c’est sans précédent – combien leurs destins sont liés. Ce qui se joue à Athènes ou à Berlin peut avoir un impact direct sur la vie à Ljubljana ou Dublin. C’est vrai sur le plan économique comme dans le débat politique.

Le Parlement de Strasbourg, les messages martelés sur l’importance de l’Europe, le drapeau bleu aux étoiles d’or arboré partout, des programmes sympathiques comme Erasmus, tout cela devait créer une identité européenne. Mais les peuples européens n’ont qu’une vague conscience de leur coresponsabilité de la monnaie unique… Nous avançons dans le brouillard, mais nous avançons ! ???

La crise de l’euro a servi d’accélérateur et de cristallisateur de la pédagogie européenne. Aujourd’hui, l’élu européen est interpellé, parfois avec véhémence, dans sa circonscription sur ce qui se passe à Athènes et à Lisbonne. Dans les enquêtes d’opinion, l’euro n’est pas aimé : une majorité de Français juge que son introduction n’a pas forcément été une bonne chose, mais ils sont huit sur dix à juger totalement absurde son abandon que préconisent certains. Toute la pédagogie que nous n’avons pas eue sur le traité de Maastricht et le traité constitutionnel, nous l’avons aujourd’hui en accéléré et de manière plus dramatique. On le sait, c’est toujours pendant les crises, dans l’urgence (qu’on maladroitement laissé s’installer) que progresse la conscience européenne.

Le traité budgétaire

Depuis Maastricht, on a laissé filer les chiffres mais aussi le débat avec des non-dits et des approximations. Depuis bientôt trois ans, l’ampleur de la crise fait qu’on navigue à vue. Le traité budgétaire a le mérite de poser un cadre qui ouvre aussi un espace politique qui permettra de progresser sur le front de la solidarité. Le Royaume-Uni n’a pas permis de rénover la voûte de la cathédrale européenne, alors ce traité est un rajout d’arc-boutant qui renforce l’édifice central afin d’ajouter plus de lumière !

Functional Specification

CRISE : TOUR DE VIS ?

Partout en Europe l’austérité fait rage. Pourtant en France peu nombreux sont les oracles à aborder les inévitables mesures de rigueur à prendre.

Et pendant ce temps, en Espagne fin avril 2012 : le gouvernement conservateur espagnol, engagé dans une course à la réduction du déficit, a adopté un plan d’économie visant les secteurs de la santé et de l’éducation, espérant générer 10 milliards d’euros d’économies par an. Le pays, dans son ensemble a douze mois pour réduire son déficit de 8,51% à 5,3% du PIB grâce à un budget le plus austère de son histoire.

Et encore : les diabétique hongrois punis pour leurs écarts de régime : pour réduire les dépenses de santé, le gouvernement hongrois a décidé de punir les diabétiques qui ne suivraient pas scrupuleusement leur régime en les privant de l’accès aux meilleurs traitements subventionnés. S’ils sont pris à défaut à deux reprises dans l’année, lors de tests sanguins, ils se verront refuser l’accès aux médicaments les plus efficaces et devront se contenter de traitements moins performants. Environ 500.000 personnes sont atteintes de diabète en Hongrie.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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