mise en place pour notre « La Loire à Vélo »

1 – Mise en Place : Brest – Aire de Réveillon – Cuffy

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Les paysages d’Anjou ; la culture de la vigne.

La culture de la vigne est, avec celle du blé, l’une des plus anciennes de l’humanité. On en trouve les premières traces plusieurs siècles avant notre ère. En Anjou, elle se développe essentiellement à partir du IVème siècle de notre ère, sous l’impulsion de Saint Martin. Les terrains schisteux et crayeux de la région sont particulièrement propices à son développement. À l’état sauvage, la vigne est une liane qui se développe de manière anarchique. Il faut tout le savoir-faire du viticulteur pour la domestiquer et lui permettre de pousser harmonieusement.

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Les rosiers.

Les rosiers sont sensibles aux mêmes maladies que les vignes, mais avec quelques jours d’avance. Planter un rosier au bout de chaque rang de vigne permet ainsi au viticulteur d’anticiper les maladies et infections, comme par exemple l’oïdium, également appelé « blanc du rosier ».

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La taille de la vigne en cordon de Royat.

En France, chaque région viticole possède ses techniques et traditions spécifiquement liées aux cépages et aux terroirs. Utilisée dans le monde entier, la taille en cordon de Royat est une technique qualitative : son utilisation diminue la production de 20 à 30%. En contrepartie, elle favorise l’étalement des grappes, afin qu’elles profitent pleinement de l’aération, de l’ensoleillement et des soins prodigués par le viticulteur.

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2 – Cuffy (près de Nevers)

La boucle des mariniers, commune de Cuffy.

La marine de la Loire. Quand on regarde aujourd’hui le site naturel du Bec d’Allier, depuis le sommet de la levée, on a du mal à imaginer l’intense activité qui animait le fleuve et ses berges. La Loire, avant d’être ce fleuve « sauvage » vanté et protégé, fut l’axe de communication et d’échanges principal du royaume de France. La navigation sur son cours était de deux natures. Celle à « l’avalaison » descendait le fleuve en provenance du Massif Central, transportant la pierre, la houille et le bois dont la vieille montagne regorge. Les « sapines », ainsi nommées à  cause du bois résineux utilisé pour les fabriquer, étaient de construction légère et ne faisaient qu’un seul voyage. Arrivées à destination – Paris, Orléans, Tours – elles étaient « déchirées » et le bois était revendu comme bois d’œuvre. La navigation à « la remonte » devait affronter le courant. Cette remontée laborieuse et complexe utilisait deux principaux moyens de propulsion ou de traction : de Nantes à Orléans, les vents dominants d’Ouest permettaient de naviguer assez facilement à la voile ; à partir d’Orléans, le halage prenait le relais. Briare, au tournant du fleuve, était la cité des haleurs qui se tenaient à disposition des bateaux. Par équipe d’une vingtaine d’hommes, ces forçats du fleuve utilisaient un chemin de halage provisoire, restauré chaque année après les crues : le « hausseret ». À Cuffy, la Loire et l’Allier étaient essentiellement fréquentées par des bateaux naviguant vers l’aval. La difficulté et le durée du voyage depuis les « pays d’en bas » limitait la rentabilité du transport. Le sel, de grande valeur, véritable monnaie destinée à alimenter les greniers des pays de gabelle, resta donc, avec la morue et les produits des colonies, le fret principal à la remonte jusqu’au XVIIIème siècle.

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Les girouettes. Orner le faîte de sa maison  d’une girouette de zinc est typique de nombreux villages de mariniers sur l’ensemble de la Loire. Les sujets évoquent la marine et la vie des mariniers. Ici, c’est une magnifique toue sous voile, là un marinier qui marche portant son ancre sur l’épaule. La girouette ramène le marinier à sa vie le long du fleuve, tandis que les longs et nombreux jours passé à terre, il jette sans cesse un œil vers elle pour connaître le sens du vent, prévoir le temps qu’il fera. Mais la girouette est aussi le signe extérieur d’une condition sociale. Ainsi la tête de loup qui orne une des maisons les plus soignées du village (1765) nous rappelle que l’ancien propriétaire n’était autre que le lieutenant des chasses du duc de Nevers.

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Des maisons sur pilotis. Sur le linteau d’une des plus anciennes maisons du village (1747), on peut lire l’inscription « LA PREMIERE PIERRE A ETE POSEE PAR JEAN FRANCOIS DAVID SIEUR DE LA MOTTE LE 29 MAY 1747 BATI SUR PILOTI ». Cette maison a été construite avant la levée et les pilotis ne revêtent pas tout à fait le sens commun que l’on donne aujourd’hui à ce mode de construction : la maison n’était pas surélevée sur des pieux, comme on pourrait l’imaginer tant la zone est inondable. Mais des pieux de fortes sections, qui servent encore aujourd’hui de fondation à la construction, ont été plantés dans ce sol sableux et meuble pour assoir solidement l’édifice.

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Le fret. Des centaines de « voituriers par eau » sillonnaient le fleuve pour transporter sur leur bateau les marchandises qu’on leur confiait, du charbon expédié sur les « sapines » aux tonneaux de vin de Loire dans lesquels ils pouvaient se servir au cours du voyage. Les mariniers avaient en effet droit à la « buvette » ou à la « boîte » à condition qu’ils rendent les fûts à l’arrivée… l’autre denrée précieuse était le poisson, récolté dans des pêcheries comme celle du « Bouge » au Bec d’Allier. Conservé dans des bateaux-viviers nommés « bascules », le poisson voyageait vivant dans des coffres à claire-voie baignant dans le fleuve. Il pouvait ainsi être livré tout frais sur les quais de la Seine.

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Les tourets. Ces trois colonnes intriguent. Souvent considérées à tort comme de simples bittes d’amarrage, elles sont en fait destinées au halage des bateaux qui remontaient l’Allier. Après l’arrêt de la navigation au long cours sur la Loire, il va en effet subsister une navigation « locale », notamment pour le transport du sable. Des péniches « berrichonnes » descendaient au Bec d’Allier recevoir leur chargement. Elles étaient ensuite halées jusqu’à l’écluse circulaire des « Lorains » où elles rejoignaient la « rigole » puis le canal latéral. Les tourets évitaient que la corde qui tirait le bateau ne « coupe le virage » et ramène l’embarcation contre la levée. La corde était guidée en roulant sur des cylindres de fonte et suivait ainsi la courbe de la levée.

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Le Bec d’Allier : un paysage exceptionnel.

Le Bec d’Allier est au confluent des rivières « sauvages » de Lore et d’Allier. La dynamique fluviale, cette capacité d’un cours d’eau à déplacer ses sédiments par la force du courant, modèle le paysage. L’Allier, plus pentu venant du sud déploie un lit en tresses où apparaissent quelques îles. Il y a plus d’un siècle, son lit longeait encore la levée du hameau du Bec. Aujourd’hui, il s’est déplacé vers l’est. Les falaises ainsi crées offrent un refuge aux oiseaux comme les hirondelles de rivage et les guêpiers. La Loire plus calme arrive par l’est, longeant la côte de Marzy autrefois couverte de vignes. Le mélange des eaux donne place à un fleuve plus ample qui s’étale vers sa plaine alluviale vers l’ouest. Il dépose des sédiments au passage et forme de nombreuses îles abritant de nombreux mammifères comme le castor d’Europe. L’alternance d’étiages (basses eaux) et de crues entraîne une modification permanente du lit, mettant ainsi les grèves à nu. Celles-ci sont propices à la reproduction des sternes qui nichent à même le sable. Le paysage a été longtemps façonné par l’homme : jusqu’à la fin du XIXe siècle par la batellerie et jusqu’au milieu du XXe par le pastoralisme et par l’exploitation du bois de la ripisylve (forêt alluviale). Il a aujourd’hui tendance à se refermer sur une végétation de saules et de peupliers en croissance invasive. La Plan Loire Grandeur Nature cherche à remonter la ligne d’eau à l’étiage. Cela permettrait au fleuve de recharger sa nappe alluviale qui s’écoule sur une dizaine de mètres de profondeur et sur quelques kilomètres de large, afin de reconstituer les bras secondaires vitaux pour la vie aquatique, notamment sous forme de frayères.

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Centre bourg du Guétin.

Un hameau du canal, un haut lieu de la pêche.  Avant la construction du canal et du pont, le Guétin était un lieu d’accostage. Le chantier du canal latéral puis le trafic de bateaux vont modifier l’environnement naturel et économique. Le franchissement du pont-canal se fait à voie unique et oblige les mariniers à attendre l’éclusée. Un véritable village « canalou » de services et de commerces va alors se développer sous l’impulsion du canal et de ses travailleurs. À l’abri de la levée s’installent des épiceries, des auberges, des magasins d’accastillage, des vendeurs d’avoine et des maréchaux-ferrants pour les chevaux et les ânes. Le canal est un « amas perpétuel », grande quantité de bateaux attendant d’être éclusés. Cette tradition d’accueil se perpétue encore avec la présence de restaurants et de commerces ayant abandonné le bourg (Cuffy) pour se concentrer ici. Les mariniers ont disparu mais les touristes, plaisanciers et cyclistes les ont remplacés. Le Guétin a été de longue date un haut lieu de la pêche. On peut y pêcher tous les poissons blancs, de l’ablette au brochet et au silure, le poisson roi demeure le saumon atlantique.

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La cabine. Sur les anciens bateaux, avant que les automoteurs ne se généralisent et que le carré d’habitation ne soit installé à l’arrière, la cabine se trouve au centre de l’embarcation, encadrée par des cales. C’est un lieu exigu mais soigné et qui, grâce à de nombreuses astuces, contient tout le nécessaire. Une double porte d’entrée assure l’isolation. Elle est surmontée d’un « porte-chignon », sculpture de bois servant à ranger le câble de halage quand il est « molli » (détendu). Les couchettes sont closes par des portes, une cuisinière à bois jouxte la cheminée dont le linteau est parfois richement orné. Des vitraux aux fenêtres réchauffent l’atmosphère. Devant la cabine, la « graveleine » sert de parc aux enfants en bas âge, où ils étaient le plus souvent attachés par la ceinture pour plus de sécurité.

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Les moments passés à terre. Le Guétin est un lieu de vie intense. Les auberges sont le théâtre de soirées où le vin coule aussi généreusement que l’Allier. La colline du Bec d’Allier, longtemps couverte de vignes fournissait le fameux breuvage. On cause, on colporte les nouvelles des pays d’en haut ou d’en bas, on discute des mérites de tel ou tel bateau, on s’échauffe et parfois on en vient aux mains ! On joue aussi beaucoup. À « l’aluette » sans doute. Cette sorte de tarot aux figures différentes de celles que l’on connaît aujourd’hui, comptait 48 cartes et aurait été introduit par des marins espagnols au port de Nantes. En équipes de deux, les joueurs ne peuvent communiuer entre eux que par des signes et des grimaces.

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Canal latéral à la Loire.

Le pont-canal du Guétin. Connecté avec le réseau fluvial international, il se trouve sur le tracé de la vélo-route Nantes-Budapest. Il se trouve aux portes d’une région riche en sites remarquables. Lorsqu’un canal, suivant la même vallée que le fleuve, est obligé de passer d’une rive à l’autre, on conçoit la nécessité d’un grand ouvrage.

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Comme celui de Digoin (71), le pont-canal du Guétin est l’œuvre de l’ingénieur Pierre-Alexandre JULIEN, alors âgé de 29 ans seulement, sous la direction de l’ingénieur en chef Jean-Joseph-Pierre VIGOUREUX. Ce pont a une longueur de 343,25 m (470,35 m en comptant l’écluse double côté Cher), ce qui en fait l’un des plus grands ponts-canaux de France. Sa largeur est de 10,65 m. il est composé de 17 piles et 18 arches de 16 m. mis en navigation avec le canal en 1838, il est un maillon de l’axe Seine/Saône en permettant au canal Latéral de la Loire de passer à 11,39 m au-dessus de l’Allier au lieu-dit « Le Guétin ». Il relie les communes de Cuffy (Cher) à Gimouille (Nièvre).

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La surélévation de son couronnement a permis son approfondissement pour la mise au gabarit Freycinet (passage de bateau de 38,50 m de long sur 5,05 m de large pour un enfoncement de 1,80 m). Ces travaux, ainsi que la modification de l’écluse triple (n° 21, 22 et 23) à l’aval en écluse double  ont été réalisés entre 1880 et 1898 par l’ingénieur Léonce-Abel MAZOYER.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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