Saint-Malo vu de la Cité d’Alet

Aleth ou cité d’Aleth (également écrit Alet) fut un temps la capitale du peuple celte des Coriosolites (hormis la période où Corseul, détenait ce privilège), puis fut une place forte gallo-romaine, une ville au Moyen Âge et enfin une forteresse dans les siècles suivants. Elle était bâtie au débouché de la Rance, sur un promontoire occupé aujourd’hui par Saint-Servan qui est un quartier de Saint-Malo, faisant face à la « cité des corsaires ».

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Dès le Néolithique, elle fut investie par l’homme. Les Phéniciens y abordèrent avant de gagner la Rance ; ils laissèrent une croix hellénique sculptée dans la roche à l’anse Saint-Père. Ils commencèrent à faire du commerce entre la région et la « grande-île » (la Grande-Bretagne).

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En 80 avant notre ère, les Coriosolites, une des cinq tribus celtes occupant l’Armorique, s’y établirent et bâtirent une cité dont ils firent leur capitale. Le niveau de la mer à cette époque se situait à 8 mètres en dessous du niveau actuel.

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À la fin du XIXe siècle, dans le cadre de la refonte complète de la défense de St Malo, le fort va connaître d’importants travaux de modernisation avec l’implantation d’une batterie de 95 mm sur affût de côte dans la cour et d’une batterie de 47 TR en extérieur afin de défendre l’embouchure de la Rance. La fin des conflits avec l’Angleterre va amener l’abandon définitif de tout ce dispositif en 1914.

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Pendant l’Occupation et pour sa position stratégique dans la défense de la zone, les Allemands fortifieront de nouveau l’ancienne cité, truffant le sous-sol d’un réseau de galeries reliées aux différents bunkers et tourelles pour mitrailleuses, disposés tout autour de la presqu’île. Le fort devient le centre de ce que les Allemands appelaient alors la « Festung St-Malo (forteresse de Saint-Malo) », un ensemble de fortifications tout autour de la ville, sur l’île de Cézembre, de la pointe de la Varde, Saint-Ideuc, la montagne Saint Joseph et différentes lignes de défenses dans le Clos-Poulet ou les autres îles alentour. De 1942 à 1944, seront ainsi construits ou installés dans l’ancien fort: une batterie d’artillerie à 4 canons (2 de 105 mm, 1 de 76,2 mm et 1 de 75 mm), des batteries anti-aériennes (3 canons de 40 mm Bofors), un poste de commandement de l’ensemble des fortifications de Saint-Malo, des casernements pour plus de 200 hommes et différents postes de protection (casemates et mitrailleuses, abri pour mortier, etc.), le tout relié par plus de 1 300 mètres de galeries souterraines menant aux 32 bunkers et aux 8 cloches blindées qui ceinturent le fort. C’est depuis cette base militaire que le colonel Andreas Von Aulock commandait la « forteresse de Saint-Malo ».

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Suite au débarquement de Normandie en juin 1944, les Alliés pénètrent en Bretagne le 31 juillet. Le 4 août ils bloquent tous les accès à la zone de Saint-Malo. La 83e division d’infanterie américaine, renforcée par le 121e régiment d’infanterie (8e division d’infanterie) et des unités rattachées temporairement à la division, ont pour charge de libérer Saint-Malo et Dinard. Les américains estiment qu’une seule division peut venir à bout de Saint-Malo, dont le nombre de défenseurs a été sous-évalué par l’état major de la 3ème armée US. La Bretagne n’ayant pas un intérêt suffisant pour Patton, une grande partie des unités américaines de la 3e armée de Patton a reçu ordre de faire mouvement vers l’est pour tenter de prendre à revers le gros des forces allemandes encore présentes en Normandie, notamment à la poche de Falaise.

_DSC7860 _DSC7863 _DSC7865 _DSC7872 _DSC7873  Aussi les Américains vont-ils faire largement appel au bombardement aérien et aux tirs d’artillerie pour venir à bout de la fortification. Ce n’est qu’après deux assauts d’infanterie, très meurtriers chez les Alliés, et plus de huit jours de pilonnage, que le colonel Andreas von Aulock accepte de capituler, le 17 août 1944.

les images: autour de la Tour Solidor

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De nos jours, le site est devenu un lieu touristique. Un musée, le mémorial 39-45 implanté par la ville de Saint-Malo dans le blockhaus de la défense anti-aérienne retrace la période de l’Occupation, des fortifications allemandes et de la libération de la ville. Une promenade faisant le tour de la cité et offrant un panorama sur la Tour Solidor, l’estuaire de la Rance, Dinard, le cap Fréhel, la vieille ville de Saint-Malo a été aménagée. Dans les années 1960 des pins ont été plantés, rendant le site moins austère, et un camping d’été a été aménagé sur la partie sud de la presqu’île. À côté, au début des années 1970, des fouilles archéologiques ont dégagé l’ensemble des fondations de l’ancienne cathédrale d’Aleth.

 Autour de la Tour Solidor

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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