Dirinon, Ste Nonne et l’étang du Roual

Moulin de Roual. Les ruines de ce moulin se dressent en contrebas de l’étang du Roual. Le pignon sud porte l’inscription « Ollivier Coatnempren/seigneur du Rouazle a faict/faire ce moulin et chaussée lan/mil six centz et vingt et devx ». Le moulin du Roual, construit en 1622 sur un site aujourd’hui prisé des promeneurs pour son plan d’eau.DSC05134DSC05144L’étang du Roual est situé à l’aval d’un petit bassin versant alimentant deux ruisseaux : le Roual prenant sa source à Dirinon et le Linglas prenant sa source sur les hauteurs de Loperhet. Ses eaux se jettent ensuite dans l’estuaire de l’Elorn.DSC05149DSC05163L’étang se trouve dans un « yeun », cuvette naturelle, creusée par l’érosion dans les grès de Landévennec.  Les reliefs autour de cet étang se caractérisent par des plateaux d’altitude et des ruptures de pente abruptes. Le plateau de Dirinon forme donc l’ossature du paysage, il est constitué de schistes et de quartzites de Plougastel, peu érodables.DSC05167DSC05171DSC05185La présence d’une cluse fermant la vallée constituait un avantage indéniable pour la création d’une réserve d’eau au sein de cette cuvette naturelle, afin d’alimenter un moulin. C’est ainsi que fut créé le moulin du Roual et son étang en 1622. Ce « yeun » était vraisemblablement occupé par une tourbière avant que l’homme ne crée cet étang.DSC05192DSC05197DSC05201Cet aménagement rendu nécessaire pour subvenir aux besoins en farine de la population locale a donc modifi é le paysage et la biodiversité du site. La zone humide est ainsi devenue un milieu aquatique caractérisé par des eaux dormantes. Mais ce plan d’eau doit évoluer dans le temps en fonction des caractéristiques du bassin versant et des usages des sols sur celui-ci. Ainsi l’étang du Roual a la particularité d’être un étang oligotrophe devant un jour se combler naturellement.DSC05206DSC05208Qu’est-ce qu’un étang oligotrophe ? C’est un étang « peu nourri », c’est-à-dire pauvre en sels minéraux. Au départ, c’est la géologie du bassin versant qui détermine cette particularité. Ce type d’étang évolue donc naturellement vers des tourbières, représentatives de notre région. Mais il faut quelques siècles pour cela ! Ainsi l’étang disparaît, mais il cède la place à un nouvel habitat qui lui-même se transformera peu à peu en boisement.DSC05221DSC05225DSC05227DSC05228DSC05231DSC05244Sainte Nonne, connue aussi sous le nom de Mélarie de Dirinon, fait partie des saints bretons plus ou moins mythiques de l’Armorique, non reconnus officiellement par l’Église catholique. Sainte Nonne, d’origine galloise, peut-être fille de saint Brec’han (ou Brecan), éponyme de la montagne Brecon Beacons au Pays de Galles et roi de Domnonée et petite-fille de Conan Meriadec, se serait retrouvée enceinte après avoir été violée par Ceredig (dit aussi Xanthus), et se serait réfugiée en Bretagne dans la forêt de Talarmon (qui recouvrait alors la majeure partie de la région de Landerneau) ; elle serait la mère de saint Dewi (dit aussi saint Divy) à qui elle aurait donné naissance « sur un rocher qui s’amollit comme de la cire pour former un berceau au nouveau-né ». Elle aurait vécu le reste de sa vie à Dirinon (Finistère) où se trouve son gisant. L’église Sainte-Nonne de Dirinon lui est consacrée, ainsi que la chapelle Sainte-Nonne voisine.DSC05245DSC05248DSC05266DSC05286DSC05288DSC05293Selon une autre version, tout en étant toujours la mère de saint Dewi, elle serait l’épouse de Goedelic, chef d’un puissant clan de Cornouailles, mais aurait été bannie pour s’être trouvée enceinte hors mariage et aurait accouché par une terrible tempête en 520.DSC05300DSC05301DSC05303DSC05305DSC05309DSC05314L’église Sainte-Nonne (XV-XVI-XVIIème siècle), restaurée au XVIIIème siècle. Edifice comprenant, précédée d’un clocher, une nef de plan irrégulier, un transept et un chœur à trois pans. Le clocher date de 1588-1593 (date de 1588 à sa base et date de 1593, avec une inscription « J. Kerduncuff, Y. Le Rest, F. » sous la seconde galerie) : son beffroi, à deux étages de cloches et deux galeries, est amorti par une haute flèche, cantonnée de quatre clochetons. Le clocher a été frappé par la foudre en 1951, puis reconstitué et béni le 18 janvier 1953. Une seule cloche ancienne de Jacques Le Louarn subsiste et porte une inscription avec la date de 1655.DSC05320DSC05325DSC05326DSC05328Les vitraux, qui datent de 1903, représentent quatre scènes de la vie de sainte Nonne (Sainte Nonne débarque en Armorique, Sainte Nonne baptise son fils saint Divy, Sainte Nonne est visitée dans la forêt, Sainte Nonne conduit au monastère son fils saint Divy). Dans les soufflets du tympan sont les armoiries de Lesguern et de Lannurien.DSC05329DSC05333DSC05334DSC05341DSC05343La tradition prétend que l’église primitive était une chapelle édifiée sur la tombe de sainte Nonne (décédée au début du VIème siècle). On y trouve un ossuaire d’attache. Le calvaire de l’enclos paroissial (XVème siècle), restauré en 1909, avec statues de saint Pierre et sainte Barbe. La chapelle Sainte-Nonne (1577), bâtie autour du tombeau de Sainte Nonne (1450). Il s’agit d’un édifice de plan rectangulaire avec clocheton à dôme. On y trouvait jadis le tombeau de sainte Nonne (XVIème siècle) : Nonne y est représentée allongée en tenant un livre entre les mains. Sa tête repose sur un coussin tenu par des anges et ses pieds terrassent un dragon. La base du tombeau est ornée de douze Apôtres et des blasons des donateurs. Les statues de sainte Nonne, de sainte Anne, de sainte Catherine, saint Fiacre, saint Divy et sainte Hélène complètent la décoration de la chapelle. La chapelle abrite aujourd’hui le musée du vieux Dirinon. Pendant de nombreuses générations on y menait les jeunes enfants qui tardaient à marcher.

DSC05345DSC05351DSC05355Chapelle Sainte Nonne : La chapelle Sainte Nonne Gisant de sainte Nonne dans la chapelle. Au-dessus de la porte, face au porche de l’église, la date de 1577 nous indique que cette chapelle, qui n’a jamais été un ossuaire, est plus ancienne que l’église. Le clocheton est de style Renaissance. A l’intérieur se trouve un des joyaux de la paroisse de Dirinon à savoir un magnifique gisant de sainte Nonne, sculpté dans un seul bloc de « kersanton » vers 1450.DSC05359DSC05360

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A propos gebete29

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