Le Château de Blois, résidence de Claude de France, femme de François 1er

Salon néo-Renaissance. En même temps qu’émerge la notion de monument historique, la Renaissance devient une source importante d’inspiration dans les arts décoratifs du 19e siècle, pour le mobilier et pour les faïences produites à Tours et à Blois. Les objets présentés dans cette salle en témoignent. Au 19e siècle, on porte une grande attention à la science historique : François Guizot, Victor Cousin, Jules Michelet ou le Blésois Augustin Thierry en font une discipline moderne par une meilleure étude des documents d’archives et une approche ethnologique. Ce goût pour l’histoire envahit toutes les formes d’art : le théâtre, le roman, la peinture… le travail de restauration accompli à Blois est déterminant pour l’épanouissement de ce mouvement historiciste, l’architecture servant alors de modèle d’inspiration aux arts décoratifs.

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Les salamandres. Au centre, un grand moulage de salamandre est le moulage d’un modelage en terre ; on notera les traces d’exécution des pastilles écrasées sous les doigts pour figurer les écailles de la salamandre ; c’est donc une étude pour un modèle de restitution comme en témoignent les clous fichés dans la pièce, qui sont autant de points de repère pour la transposition dans la pierre.

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Salamandres et couronnes. Les emblèmes royaux sur les façades de l’aile François 1er. Comme pour l’aile Louis XII, façade et escalier sont animés par les emblèmes royaux : salamandres couronnées de François 1er et monogramme F et C du roi et de la reine. Lors de la Révolution française en 1789, les emblèmes royaux sont systématiquement détruits. Pour restituer les salamandres martelées de l’aile François 1er, Félix Duban a besoin de modèles. Il fait donc réaliser des moulages de celles du château de Chambord.

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Elément supérieur d’une lucarne. La partie supérieure des lucarnes, traitées en tempietto à l’italienne, c’est-à-dire reprenant le vocabulaire architectural du temple à l’antique, est une innovation de l’architecture renaissance à l’époque de François 1er.

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Une cour itinérante. Aux 15e et 16e siècles, la cour de France est itinérante et se déplace d’un château à l’autre. Les rois se retirent dans le Val de Loire, riche en forêts giboyeuses et dont le fleuve navigable facilite l’approvisionnement.

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La cour comprend plusieurs milliers de personnes : grands seigneurs, conseillers du roi et gentilshommes de sa maison, membres de la famille royale, domestiques et fournisseurs. Sous l’autorité du grand maître de France, le maréchal des logis attribue les logements et les fourriers installent les meubles, surtout des tapisseries et des coffres.

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Gargouilles et pilastres. Décors gothiques et motifs italiens sur l’aile François 1er. L’ornementation de l’aile François 1er est caractéristique de la première Renaissance française. Hormis quelques motifs de tradition gothique, elle est d’inspiration italienne. La façade est quadrillée de décors à l’antique, qui encadrent les fenêtres. Le sommet du mur est couronné par une corniche massive, sur laquelle court une balustrade sculptée.

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Les techniques de restauration au XIXe siècle. L’état de délabrement du château était tel avant la première restauration en 1843 qu’une grande partie de la sculpture a dû être changée. Il existe plusieurs techniques de restauration, dont voici quelques étapes majeures :

1 – le moulage des sculptures abîmées à l’argile, conservé par souci archéologique.

2 – Le modelage en argile des parties lacunaires.

Aujourd’hui, les techniques de conservation ont changé et le décor d’origine peut être conservé grâce aux progrès des traitements de consolidation de la pierre. C’est désormais la pollution atmosphérique qui pose problème : en 1997, Patrick Ponsot a dû déposer de nouvelles pierres.

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François 1er, roi chevalier. Élevé par sa mère, Louise de Savoie, François d’Angoulême n’a que 18 ans quand, en 1515, il devient roi de France sous le nom de François 1er. Il s’installe au château de Blois, demeure d’enfance de sa femme Claude de France. Fille de Louis XII, héritière de Bretagne, elle est très effacée et, de santé fragile, elle ne partage pas le goût de son époux pour les armes, la chasse et la guerre. Dès les premiers mois de son règne, François 1er, en recherche de gloire et de puissance, reprend la conquête de l’Italie. La victoire de Marignan lui permet de conquérir le duché de Milan. Après la bataille, il se fait armer chevalier par le seigneur Baillard.

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François 1er, roi mécène. Pour augmenter son prestige, François 1er rassemble de nombreuses œuvres de maîtres italiens comme Léonard de Vinci, Raphaël, Le Titien et constitue ainsi la première collection d’œuvres d’art des rois de France. Il se montre généreux avec les artistes : Léonard auquel il offre la demeure du Clos-Lucé à Amboise ou les peintres Le Rosso, Le Primatice, Niccolo dell’Abbate, qui forment la première école de Fontainebleau. Sur cette œuvre, on voit François 1er récompenser le peintre Rosso dans la galerie du château de Fontainebleau. Cette peinture qui s’inspire d’une anecdote historique est caractéristique du style « troubadour » très en vogue au 19e siècle.

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Les rois de la Renaissance. Au 16e siècle, alors que les États royaux d’Europe se consolident, François 1er renforce son autorité et centralise l’administration royale. La monarchie absolue s’installe. Elle repose sur deux principes : la souveraineté du roi et le droit divin. Mais son développement est compromis par les guerres de Religion. De Louis XII à Henri IV, sept rois séjournent au château de Blois. À François 1er succède son fils Henri II, époux de Catherine de Médicis. Trois de leurs fils montent sur le trône : François II, Charles IX et Henri III. Mais avec eux, faute d’héritiers, la dynastie des Valois s’achève et c’est un Bourbon, lointain descendant de Saint Louis, qui devient roi de France sous le nom d’Henri IV.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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