Conques, étape sur la route de Compostelle

Conques se situe au Nord-Ouest du département de l’Aveyron, dans l’ancienne province du Rouergue. Ce site sauvage, en forme de coquille (concha en Latin, concas en Occitan, d’où le nom de Conques) est pris entre deux vallées perpendiculaires creusées par le Dourdou et l’Ouche.

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Le Dourdou est un affluent d’une rivière traversant le nord Aveyron, le Lot (Olt en Occitan). Les pentes ont été, depuis de nombreux siècles, cultivées de vignes sur le versant sud (adrech en Occitan) et de châtaigniers sur le versant nord (ubac en Occitan).

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C’est dans cet espace naturel que se sont construits, d’abord l’église abbatiale et le monastère de Conques, puis le village, autour de la première enceinte du site.

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L’HISTOIRE DE CONQUES – QUELQUES REPÈRES CHRONOLOGIQUES :

Fin du VIIIe siècle : l’ermite Dadon s’installe sur le lieu du futur monastère de Conques. Le premier abbé Medraldus et les premiers moines adoptèrent la règle de saint Benoît.

866 : arrivée des reliques de sainte Foy à Conques, depuis Agen. Ce transfert de reliques fut appelé « translation furtive ».

XIe siècle : ampleur du pèlerinage de Compostelle à travers toute l’Europe. Conques est une étape importante de la via Podiensis (la route venant du Puy en Velay). La dévotion de sainte Foy et la puissance de l’abbaye de Conques sont à leur maximum.

1120-1130 : réalisation du tympan du jugement dernier (124 personnages sculptés).

A la Révolution : sauvetage du Trésor de Conques par les habitants du village.

1838 : classement de l’abbatiale parmi les Monuments historiques. Les premiers travaux de restauration peuvent commencer.

1875 : redécouverte du coffre-reliquaire de sainte Foy.

1910 : installation du Trésor d’orfèvrerie dans une aile du cloître.

1986-1994 : création des 104 vitraux par Pierre Soulage.

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Parmi les plus célèbres trésors d’orfèvrerie du Haut Moyen Age, cette collection de reliquaires a une histoire fabuleuse, pleine de péripéties. Il est un témoignage de la dévotion aux reliques et de l’art des métaux précieux, L’ORFÈVRERIE.

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Le Trésor d’orfèvrerie, situé à l’origine dans l’église pour la dévotion des fidèles, est actuellement présenté dans la salle du Trésor, dans une galerie du cloître roman.

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La Majesté de sainte Foy en est la pièce maîtresse, abritant la relique (un morceau du crâne) de la jeune martyre. Cette statue est ornée d’or, de pierres précieuses, d’émaux et de pierres gravées (intailles et camées).

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Le village de Conques s’est progressivement développé autour de l’église abbatiale et du cloître. Dicton : « Dans les maisons de Conques, on entre par la cave et on sort par le grenier ».

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Dans le Guide du Pèlerin, rédigé autour de 1140, Aimery Picaud note : « Les Bourguignons et les Teutons qui vont à Saint-Jacques par la route du Puy doivent vénérer les reliques de sainte Foy, vierge et martyre, dont l’âme très sainte, après que les bourreaux lui eurent tranché la tête sur la montagne de la ville d’Agen, fut emportée au Ciel par les chœurs des anges sous la forme d’une colombe et couronnée des lauriers de l’immortalité. Quand le bienheureux Caprais, évêque de la ville d’Agen, qui, pour fuir les violences de la persécution, se cachait dans une grotte, eut vu cela, trouvant le courage de supporter le martyre, il alla rejoindre le lieu où la vierge avait souffert et gagnant dans un courageux combat la palme du martyre, il alla jusqu’à reprocher à ses bourreaux leur lenteur.

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Enfin le très précieux corps de la bienheureuse Foy, vierge et martyre, fut enseveli avec honneur par les chrétiens dans une vallée appelée vulgairement Conques; on bâtit au-dessus une belle basilique dans laquelle, pour la gloire de Dieu, jusqu’à aujourd’hui la règle de saint Benoît est observée avec le plus grand soin; beaucoup de grâces sont accordées aux gens bien portants et aux malades; devant les portes de la basilique coule une source excellente dont les vertus sont plus admirables encore qu’on ne peut le dire. »

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Selon Frédéric de Gournay, aucun document antérieur au XIIe siècle ne fait de Conques une étape sur la route de Compostelle : jusqu’à l’abbatiat de Bégon III de Mouret (1087-1108) et même celui de son successeur, l’abbé Boniface, Conques apparaît comme un centre de pèlerinage, qui attire les pèlerins de provenance diverse (de la Catalogne à la Normandie), et un sanctuaire jaloux de son indépendance. La mention d’Aimery Picaud indique une première subordination de Conques, qui devient au XIIe siècle une étape sur la Via Podiensis.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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