les ateliers du plateau des Capucins

05-170108-capucins-inauguration4007-dsc0105709-170108-capucins-inauguration8017-dsc01067A partir de 1695 est érigé sur le plateau, dominant une boucle de la Penfeld, un couvent de Capucins qui lui a laissé son nom. A la veille de la Révolution le couvent présente, clos derrière ses murs, un ensemble de bâtiments refermés autour d’une cour intérieure. Les jardins occupent le bout du plateau au-dessus de la Penfeld. Quelques habitations viennent s’agglutiner face à l’entrée, de l’autre côté de la rue des Capucins (actuel prolongement de la rue de Pontaniou devant les Capucins).018-dsc0106819-170108-capucins-inauguration18

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Dès février 1790, un décret exproprie les religieux au profit de l’administration maritime, confirmé par un décret de l’Assemblée Constituante en 1791. En 1801, la Marine transforme les bâtiments en caserne. Les bâtiments conventuels deviennent caserne du parc d’artillerie tandis qu’une école des apprentis canonniers est édifiée sur une partie des jardins. La rue des Capucins devient la rue du Parc d’Artillerie.

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En 1840, le lancement de la construction de trois frégates à vapeur fait apparaître l’insuffisance des ateliers du port. A partir de 1841, on construit donc des ateliers pour la fabrication des machines à vapeur sur la pointe du plateau, à la place de la caserne, à proximité des forges. Progressivement chaudronnerie, ateliers d’ajustage, de montage, d’électricité… sont construits, donnant peu à peu au bas du plateau son aspect actuel occupé par de grandes nefs industrielles. A l’autre bout du plateau, celui-ci est amputé de la “montagne du Salou”, dynamitée pour faire place aux bassins actuels, en contrebas du plateau.

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Lors de la Seconde Guerre Mondiale, bombardements et sabotages réduisent l’outillage à moins de la moitié de ce qu’il était avant-guerre. Quant aux bâtiments, les murs ont bien résisté, mais une partie des ateliers est à ciel ouvert. Dès la fin des années 1940, les ateliers sont reconstruits. Le plateau, qui accueille aujourd’hui le nouveau quartier, reçoit quant à lui l’école des apprentis de l’arsenal, ainsi que des équipements sportifs.

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077-dsc01127A partir de la seconde moitié des années 1980, les ateliers du plateau des Capucins baissent en régime. Au début des années 2000, leur fermeture est consommée et le projet actuel de réhabilitation et réaménagement commence à prendre forme. C’est un espace de 16 hectares, en plein cœur de la ville, qui est en effet disponible.

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Le 15 janvier 2009, le protocole de cession du terrain par l’Etat à Brest métropole est signé. L’été le terrain est “déminé”. Le 1er avril 2010 une ouverture est faite dans l’ancien mur de l’arsenal pour évacuer les déblais des bâtiments à détruire sur le haut du plateau.

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Germain MALLEJAC – ouvrier d’Etat, ajusteur : « LES MACHINES. – J’étais des fois un peu étonné de voir de vieilles machines qui dataient d’avant 1900, mais qui fonctionnaient. La grande raboteuse, il y avait la date dessus, c’était une machine qui venait d’Angleterre, vers 1900. Ça n’allait pas vite mais elle faisait du travail.

Après la guerre, j’ai dû rentrer à Brest fin 46 ou 47, on commençait à recevoir des machines neuves, une bonne partie qui venait des USA, des fraiseuses Cincinnati.

Sur presque tous les gouvernails de sous-marins qui venaient à Brest, l’alésage du cône était déjà fait dans le gouvernail et il fallait que je fasse l’ouverture des clavettes sur une grande machine, une raboteuse Berthiez. Le travail des machines, c’est souvent un travail de surveillance, de contrôle et de finition. On délestait aussi c’est-à-dire que beaucoup de travail de série était envoyé à l’industrie privée. »

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Félix LEYER – Chef d’équipe tourneur :

« LE MÉTIER. – Tu prends d’abord le métier d’ajusteur. J’ai commencé l’apprentissage par taper avec un marteau sur un burin, scier, limer… Après, tu peux choisir la fraiseuse ou le tour. J’ai choisi le tour et y ai fait toute ma carrière.

Le métier de tourneur sur métaux consiste en la confection de pièces cylindriques qu’on ne peut pas faire à la main. On commençait par le petit tour et quand il y avait de la place sur d’autres machines, on nous demandait : “Est-ce que ça t’intéresse d’aller sur les aléseuses ou les tours verticaux.” Les seigneurs étaient les gars qui travaillaient sur les grosses machines, dans la grande nef de l’atelier.

On changeait de poste souvent, pour ne pas rester toujours sur la même machine. Il y en a qui l’ont fait. Ils commençaient sur un petit tour, ils se trouvaient bien, ils restaient. Ils n’avaient pas de déroulement de carrière, tandis qu’en acceptant la mobilité on disait “celui-là, au moins il veut toucher un peu à tout”. J’ai été nommé chef d’équipe tourneur pour finir. J’ai participé à l’usinage de 4 tubes lance-missiles du sous-marin “le Terrible”, au surfaçage de domo et de carlingages, au sonar pour corvette.

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Claudie BIANEIS – Ouvrier d’Etat – mécanicien tourneur : « AMBIANCE. – Un ouvrier du port est particulièrement taquin, les militaires aussi.

Il y avait une bonne ambiance quand je suis arrivée. Je me suis retrouvée qu’avec des ouvriers d’Etat. Ils étaient tous plus âgés que moi, j’ai été bien. Avec trois matelots, avant que j’arrive aux machines, j’avais déjà un surnom, la “Cadourette” parce que j’arrivais avec Christian Cadour. Après aux tours, ça a été un peu plus dur, parce que, plus en tant que fille qu’en tant que gars, il faut prouver que vous valez le coup que vous êtes capable de faire votre travail, même plus. La reconnaissance par le travail c’est ce que les ouvriers attendent. Quand on était en métrologie et en rectif, on était plus à l’écart de l’ensemble. Quand les gars partaient, on leur faisait des machines miniatures mais ça, c’était à l’époque juste avant moi. »

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Joël DUCHENE – Ouvrier d’Etat à la chaudronnerie :

« LES DÉNOMINATIONS. – On les appelait les Papous ceux-là parce qu’ils étaient noirs parce qu’à l’époque les chaudières, c’était des chaudières à charbon. C’est donc venu de là. Dès qu’ils détubaient les chaudières, ils étaient tout noirs les gars et c’est comme ça qu’ils les ont appelés les Papous à cause de la poussière à charbon. » 

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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2 commentaires pour les ateliers du plateau des Capucins

  1. Coat dit :

    Très intéressant,Beaucoup de nostalgie excellent.

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