Une rando qui passe par La Martyre

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Le 18 janvier 2017, cinq de mes compagnons de randonnée m’accompagnaient entre Le Tréhou et Ploudiry, via Tréflévénez (11 km) et retour par Leuzeureugan (10 km). Le point culminant de cette journée de randonnée était l’enclos paroissial de La Martyre.

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L’accès à l’enclos paroissial se fait par la porte triomphale, surmontée d’un calvaire à trois croix et d’un chemin de ronde : c’était un poste de guet pour surveiller la foule lors des foires de renommée internationale jusqu’au 17ème siècle ; cet enclos fortifié servait également de lieu de rassemblement aux soldats du seigneur de La Roche-Maurice. Admirez aussi les deux maisons de guet jouxtant l’enclos paroissial !

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Après un détour par la chapelle-ossuaire et ses gravures d’inscription bretonne, on découvre l’église dédiée à Saint-Salomon, roi de Bretagne (874). Sous le porche, une belle représentation de l’Ankou, personnification de la mort en Bretagne. Le tympan est lui dédié à la vierge avec la célèbre Nativité à la Vierge couchée, autrefois allaitante puis mutilée par un prêtre pudibond !

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Plusieurs fois remaniée au cours des siècles, l’église est considérée comme un condensé de l’histoire architecturale religieuse de Bretagne : le clocher ou encore les sablières polychromes font partie des réalisations incontournables. Sans oublier l’imposant vitrail de la Passion, restauré en 2009. Cet ensemble, classé Monument Historique est un véritable pèlerinage à travers les siècles ! L’enclos paroissial de La Martyre est incontestablement le point de départ du circuit des enclos paroissiaux de la vallée de l’Elorn.

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Du latin martyrium, « sanctuaire dédié à un martyr » et du nom propre Salaum, forne bretonne de Salomon. Ce nom fait référence à l’assassinat du roi de Bretagne Salomon en 874.

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La Martyre connaît, pour le XIXe siècle, sa population maximale en 1846 (1 070 habitants). Un déclin démographique s’amorce ensuite, lent tout d’abord (la commune a encore 952 habitants en 1896), mais qui s’accentue ensuite, particulièrement entre 1896 et 1901, intervalle intercensitaire pendant lequel La Martyre perd 84 habitants en 5 ans, n’atteignant plus que 868 habitants en 1901.

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Le journal Ouest-Éclair écrit à ce sujet le 10 avril 1901 : « Cette différence est attribuée à diverses causes : 1° à l’acheminement toujours croissant des jeunes gens vers la ville, où ils sont attirés par l’appât d’une vie considérée comme plus douce et plus facile qu’à la campagne, alors qu’elle est plus dispendieuse à tous points de vue et n’offre jamais que des regrets au bout d’un certain laps de temps ; 2° à l’épidémie de dysenterie qui a sévi vigoureusement dans la commune en 1899, et au départ spontané de quelques nombreuses familles de fonctionnaires appelés dans d’autres localités pour les besoins du service. » Ce déclin démographique principalement dû à l’exode rural s’est poursuivi pendant les deux premiers tiers du XXe siècle, la commune enregistrant sa plus faible population en 1968 avec seulement 509 habitants, avant d’enregistrer un regain démographique ces dernières décennies (764 habitants en 2011).

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L’enclos paroissial, un des plus beaux du Léon, dont la construction s’est étalée entre le XIe siècle et le XVIIe siècle. Il a été classé par arrêté du 28 février 1916. Cet enclos s’ouvre par une porte triomphale gothique flamboyant du XVIe siècle, surmonté d’un chemin de ronde, avec un passage donnant accès à la maison du guet (XIVe siècle).

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L’église Saint-Salomon a été restaurée après trente ans de travaux qui ont pris fin en 2010 avec le remplacement des trois vitraux de l’abside et la pose du maître-autel. « La charpente, la toiture, le porche déformé par le temps a reçu une injection de béton qui l’a stabilisé, la porte triomphale et le calvaire situé en son sommet, le retable, les vitraux et le mobilier religieux », énumère Pierre Quélennec, le maire. À l’intérieur de l’église, on découvre un chancel, des vitraux du XVIe à côté de vitraux contemporains, un baptistère…

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Le porche sud, en pierre de kersanton, présente plusieurs scènes de la vie du Christ et est dédié à la Vierge sur son tympan et ses voussures, présentant notamment une Nativité à la Vierge couchée, autrefois allaitante, mais mutilée par un prêtre pudibond, qui était peint de couleur vive. Les apôtres sont présents comme piliers de l’église accueillant le fidèle et ouvrant la route vers Notre-Dame-de-Bonne-Encontre.

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L’ossuaire de 1619 rappelle sa fonction par la présence d’un homme qui brandit un crâne et un os et la citation en breton : « La mort, le jugement, l’enfer glacé, quand l’homme y songe, il doit trembler : fol est, si par mégarde son esprit ne voit qu’il faut mourir ». À son angle se trouve une cariatide à demi nue.

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Les enclos paroissiaux constituent un ensemble architectural unique en France, composé d’une église, d’un mur d’enceinte (d’où son nom), d’un portail monumental ou arc de triomphe, d’un calvaire et d’un ossuaire.  La majeure partie des enclos paroissiaux de Bretagne est située dans le nord et le centre-Finistère. Ils sont apparus au 16e siècle à « l’âge d’or » de la Bretagne. La région bénéficiait alors d’une économie florissante liée au commerce maritime et grâce à la production de chanvre et de lin, dont les toiles étaient exportées dans toute l’Europe. C’est à partir de cette époque que s’édifient les plus beaux enclos paroissiaux, jusqu’au 17e siècle.

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Témoignages d’une véritable tradition artistique au service de la ferveur religieuse, les enclos paroissiaux ont représenté l’ancrage des communautés dans leur histoire et dans leur culture. Lieu emblématique de l’appartenance à la collectivité, l’enclos remplissait une fonction religieuse mais aussi une fonction sociale par l’accueil des conseils d’élus, préfiguration des futurs conseils municipaux. La compétition entre les communes pour la réalisation du plus bel ensemble architectural a mobilisé de nombreux artistes et d’artisans : architectes, sculpteurs, verriers, ébénistes, peintres… qui ont marqué la pierre et le bois de leur empreinte. Les statues, les sablières et les retables nous en apprennent beaucoup sur ceux qui les ont commandés et réalisés, il suffit d’observer…

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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