L’iode en Iroise et au Conquet

La tradition du goémon en Iroise – Les rivages de la mer d’Iroise sont riches en algues de différentes espèces, en particulier entre Porspoder et Plougonvelin et dans l’archipel de Molène. Cela a permis le développement d’une « civilisation du goémon » qui perdure jusqu’à nos jours. Si les fours à goémon se sont éteints dans les années 1950, l’activité goémonière a trouvé un second souffle.

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Les multiples usages du goémon – Les algues ont de tout temps été récoltées en Iroise :

goémon d’épave (algues détachées des rochers lors de tempêtes et venant s’échouer),

goémon de rive (espèces récoltées à marée basse à l’aide d’une faucille) ou

goémon de fond (laminaires dont la récolte se fait en bateau ou parfois à marée très basse).

Durant des siècles, le goémon a servi d’engrais dans les champs.

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A partir du 17ème siècle et jusqu’à la Révolution, les verriers utilisent les cendres de goémon, qui contiennent du carbonate de sodium (soude), pour la fabrication du verre.

Dans la première moitié du 19ème siècle, les chimistes découvrent la richesse en iode des cendres des laminaires. A cette époque, l’iode est utilisée en photographie et en médecine. A partir de 1815, des usines d’iode voient le jour sur le littoral de l’Iroise. Le besoin de matière première augmentant, la récolte des laminaires se développe pour la production des « pains de soude ». Une véritable économie se met en place autour de cette récolte jusqu’aux années 1950.

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Les usines d’iode. L’ancienne usine d’extraction d’iode dite “Tissier”, fondée au Conquet en 1829, est encore visible aujourd’hui mais elle est transformée en bâtiment d’habitation. Il n’y a plus aucune trace de son ancienne fonction.

Des patrimoines fragiles, à préserver et à valoriser. Les daviers, les fours à goémon, les murs à sécher le goémon, les usines d’iode sont autant d’héritages maritimes qui parsèment les littoraux et les îles de l’Iroise, particulièrement de Porspoder à Plougonvelin, mais aussi à Molène et Sein. Ces patrimoines sont particulièrement fragiles.

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La Révolution française – L’ancien village du Conquet a été créé sur le territoire de Lochrist en 1790 après le démembrement de l’ancienne paroisse de Plougonvelin.

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Le XIXe siècle.

François Tissier, né en 1803, arrivé au Conquet vers 1829, chimiste, fit fortune en devenant directeur d’une usine de fabrication et de commercialisation d’iode, l’usine de Poulconq, et fut maire du Conquet entre 1870 et 1873. Il fit construire une vaste demeure dénommée « château de Penhep », du nom d’un manoir qui se trouvait précédemment à son emplacement. Le Conquet est devenu chef-lieu paroissial en 1857, au détriment de Lochrist, qui dépendait autrefois de l’évêché de Léon.

Le bourg fut relié à Brest de 1903 à 1932 par une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique, le Tramway de Brest au Conquet.

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Jacques-François Thomas, dit ‘’Locrouan’’, un marchand de porc du Conquet, fut retrouvé assassiné dans un champ isolé à Trémeur en Plougonvelin, victime d’une terrible blessure à la tête. Son cousin, Goulven Hélégoët, fut accusé de l’avoir assassiné en le frappant avec un soc de charrue afin de lui voler 900 francs. Le 11 avril 1859, la Cour d’assises du Finistère le condamne à mort et il est guillotiné publiquement le 4 juin 1859 à Quimper.

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La première usine d’iode de France ouvre ici en 1829. L’industrie goémonière vient de naître ; Le Conquet devient sa capitale.

La découverte de l’iode – Quand Bernard Courtois, chimiste de Napoléon découvre l’iode en 1812, personne ne se doute que son invention bouleversera la vie du Nord-Finistère. François Tissier, un scientifique lyonnais relève le défi de sa production industrielle.

Le varec’h de l’espoir – Une petite industrie de cendres de varec’h existe déjà au Conquet. François Tissier s’y installe, reprend cette activité, aménage les ateliers et lance une importante production d’iode que les pharmaciens transforment en teinture d’iode, l’antiseptique universel bien connu des militaires et des écoliers pendant plus d’un siècle et demi.

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La ruée vers l’or brun – Trois usines fleurissent au Conquet, une vingtaine sur la côte. Toute une activité maritime se développe autour d’elles : depuis le Pays de Galles, les voiliers puis les petits vapeurs les ravitaillent en charbon tandis que les gabares de Lampaul-Plouarzel, du Conquet et de Molène acheminent l’iode vers les entrepôts du port de Brest.

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La seule famille Tissier emploie trente-cinq ouvriers et fait vivre des centaines de familles de goémoniers.

La fin d’une aventure – Dès le début du XXème siècle l’iode chilien concurrence la production finistérienne. Petit à petit, les Bretons perdent du terrain. En 1955, les successeurs de François Tissier doivent fermer définitivement l’usine.

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De l’algue à l’iode – Les algues étaient récoltées à quelques encablures de la côte. Ramenées à terre, elles étaient séchées puis brûlées dans les fours à goémon. En refroidissant, leurs cendres se solidifiaient et formaient des pains de soude, dont on extrayait divers produits chimiques dont l’iode.

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La migration des oiseaux. Le changement de saison provoquant une raréfaction des ressources, oblige certains oiseaux à parcourir parfois des milliers de kilomètres pour se rendre vers des lieux où la nourriture est plus abondante : ce sont les oiseaux migrateurs. La migration constitue un déplacement régulier d’une aire de reproduction estivale à une aire d’hivernage en automne et de sens contraire au printemps.

La ria du Conquet est ainsi située dans un couloir de migration. Elle constitue une étape à mi-chemin entre la nidification du Nord de l’Europe et l’hivernage en Afrique de l’Ouest. De ce fait, la zone représente un intérêt pour les oiseaux puisqu’elle leur assure alimentation, abri, repos et vue dégagée sur les prédateurs.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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