La Haute-Chevauchée & l’Hôpital de Fleury-sur-Aire

Durant les quatre années de combat de la Grande Guerre, le département de la Meuse a été au cœur du conflit. Le site de la Haute-Chevauchée, en forêt d’Argonne, représentait un lieu stratégique pour les deux Belligérants. Les allemands, en particulier, avaient intérêt à s’approcher de la voie ferrée qui constituait la grande ligne de communication entre Châlons et Verdun afin de la paralyser ou la couper mais aussi de se donner possibilité de s’ouvrir, par Sainte-Ménehould, la route de Paris, en isolant à l’Est le camp retranché de Verdun.

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Après avoir, en vain, pendant toute l’année 1915 tenté de rompre le front pour atteindre leurs objectifs, les allemands contenus par les troupes françaises se sont installés défensivement ; alors commence la Guerre des mines : guerre insidieuse et particulièrement meurtrière, les Combats d’Argonne gardent la mémoire de 350 000 morts ou disparus. Fin septembre 1918, l’Argonne est libérée par la Première Armée Américaine aux ordres du Général Pershing. Cet ouvrage était le poste de commandement du Colonel puis du Général Marchand blessé deux fois en Argonne, mais qui fut aussi le célèbre Capitaine qui, en 1898, s’opposa aux Anglais à Fachoda.

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D’octobre 1914 à la fin de 1915, les Allemands utilisent les mines en Argonne sur le front de Bolante, la fille morte et la cote 263 afin de créer des brèches dans les lignes françaises pour lancer des offensives qui finalement ne débouchent pas.

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En s’efforçant de garder la suprématie sous terre, les sapeurs mineurs allemands, les pionniers, permettent à l’infanterie de conserver ses positions stratégiques sur les hauteurs du massif argonnais. Français et Allemands se livrent alors une guerre souterraine. Dans cette lutte, les deux camps adoptent les mêmes mesures préventives. Des appareils d’écoute déterminent la position, l’orientation et la distance des galeries  de combat. L’affrontement souterrain est  permanent, mené de façon aussi opiniâtre et impitoyable que les violents assauts en surface.

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La ligne de front de la Haute-Chevauchée garde les traces de nombreux et impressionnants entonnoirs produits par l’explosion de mines souterraines. L’explosion souterraine  de la plus grosse mine allemande dans le massif d’Argonne, le 12 décembre 1916,  était chargée à 52,5 tonnes d’explosif. La croix de la Réconciliation est dédiée à la mémoire de « Tous les morts des combats d’Argonne ». Elle représente un acte marquant de la réconciliation franco-allemande.

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Le monument ossuaire de la Haute-Chevauchée représente un soldat français dont le buste émerge d’un pylône massif et dont les mains reposent sur une épée pointée vers le bas. A l’intérieur, se trouvent les restes d’environ 10.000 inconnus recueillis sur le champ de bataille. A quelques kilomètres, la nécropole de la Forestière dénombre 2005 tombes de soldats français. Elle regroupe les corps issus des cimetières de la Forestière, de La Chalade, du Ravin des Sapins et du Ravin des Chênes.  A quelques kilomètres de cet emplacement, dans le bois de La Chalade,  un blockhaus protège l’accès du Chemin des Romains, près du carrefour de la Croix de Pierre. La casemate de béton a été baptisée au nom du lieutenant de Courson, tué en 1914.

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Monument des Services de Santé de Fleury-sur-Aire : Dédié «A la mémoire des combattants blessés et des services de santé français et américains de 1914-1918», il est érigé par le sculpteur François Davin à l’emplacement d’un vaste hôpital militaire.

Sculpté de manière brute et massive, le groupe représente un médecin et une infirmière, formes ébauchées aux mains ouvertes en signe de dévouement, au chevet d’un soldat blessé taillé dans un bloc de pierre brisé. Il est inauguré le 24 octobre 1999 en présence du représentant de l’ambassadeur des Etats-Unis en France.

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Ce monument évoque également la brève rencontre dans cet hôpital de Fleury-sur-Aire entre l’ambulancier volontaire de l’American Field Service, John Verplank Newlin, étudiant à l’université de Princeton, grièvement blessé, et l’infirmière-major de l’Union des Femmes de France, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire. Fille de Georges Clemenceau, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire est en poste à l’hôpital de Fleury-sur-Aire de 1916 à 1918 après un séjour à Verdun. Elle y a pour charge la surveillance des salles de l’auto-chir n°3. Elle est l’auteur du livre Les Hommes de mauvaise volonté (1919) dans lequel elle livre son témoignage sur la vie de l’hôpital de Fleury-sur-Aire.

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L’hôpital de Fleury-sur-Aire est connu principalement sous le nom d’H.O.E. 11 B. De mai 1916 à septembre 1918, il accueille 116 000 blessés ou malades. A l’apogée de son fonctionnement, il atteint la capacité de 1 220 lits et occupe 8 hectares. Il couvre le front Haute-Chevauchée – Avocourt – côte du Poivre.

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Plus qu’un simple H.O.E. destiné à assurer les évacuations classiques, Fleury fait partie des hôpitaux de campagne dotés d’une des ambulances chirurgicales automobiles (ACA ou auto-chir) créées au printemps 1915. En conséquence, un quartier d’hospitalisation agrandi est construit. L’ensemble est desservi par la nouvelle voie ferrée 6 bis à forte capacité inaugurée en mai 1916. Ainsi, lors de l’opération de reconquête française du 20 août 1917 (2e bataille de Verdun), la structure est en mesure de traiter plus de 7 000 blessés en trois jours.

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Plusieurs sommités médicales et chirurgicales de l’époque officient à l’hôpital de Fleury dont les professeurs chirurgiens des Hôpitaux de Paris, Jacques-Ambroise Monprofit, Raymond Grégoire et le futur académicien Henri Mondor. Henri Mondor arrive à Fleury le 3 juillet 1916, nommé à la tête d’une équipe chirurgicale de l’ACA n°3. Il y opère jusque fin 1917, puis rejoint la 10e armée française en Italie.

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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