Le Bois des Caures et le Lieutenant-Colonel DRIANT

Biographie du Lieutenant-Colonel Emile Driant. Un début de carrière prometteur – Né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), Emile Driant effectue une brillante carrière militaire. Il intègre l’école militaire de Saint-Cyr en 1875, puis est incorporé au 4ème régiment de Zouaves à Tunis en 1884. En 1886, il est nommé officier d’ordonnance du général Boulanger qui deviendra ministre de la Guerre mais aussi son beau-père. Durant sa carrière militaire il a, à plusieurs reprises, étudié le système de fortification des Hauts-de-Meuse et a également commandé le 1er Bataillon de Chasseurs à Pied de Troyes. Il est très apprécié de ses hommes et des habitants de la région, le bataillon est d’ailleurs surnommé le « bataillon Driant ».DSC07810Emile Driant se fait remarquer très vite par sa hiérarchie, grâce à ses qualités de chef mais aussi par ses prises de position fermes et publiques sur de nombreux sujets. Face aux critiques dont il est la cible, du fait de ses liens de parenté et de ses opinions, il prend la décision de quitter l’armée en 1906 pour se lancer dans une carrière politique. Il fonde plusieurs ligues nationalistes : la Ligue antimaçonnique, la Ligue Jeanne d’Arc, la Ligue militaire et aussi La Vieille Armée. Cet engagement dans la vie politique est tout aussi réussi que sa carrière militaire et en 1910 il est élu député de Nancy.DSC07814Durant sa carrière politique, Emile DRIANT milite pour la défense du territoire français et la revalorisation de l’armée : il aide à la promulgation de la loi faisant passer le service militaire de deux à trois ans, s’oppose aux déclassements des places du Nord et sauve celle de Lille et s’intéresse à la modernisation de l’armée. Ses différents combats montrent qu’il anticipe une guerre prochaine contre l’Allemagne. Il prophétise un nouveau type de guerre. Ses opinions nationalistes et novatrices imprègnent fortement son œuvre littéraire.DSC07823Un rôle majeur durant la Première Guerre mondiale – Dès l’entrée en guerre, il demande à être réincorporé et prend le commandement des 56ème et 59ème Bataillons de Chasseurs à Pied stationnés sur le front en Meuse. Toujours très proches de ses hommes, on surnomme ses troupes « les Chasseurs de Driant », il veille à ce que ces derniers aient les sépultures dignes de leur engagement. Il commande donc la construction d’une croix, la croix des chasseurs, pour surplomber les sépultures de ses hommes inhumés à Vacherauville.DSC07828Son expérience militaire et sa connaissance de la stratégie allemande lui permettent d’anticiper l’attaque allemande qu’il sait imminente. Il prévient ses supérieurs de la nécessité de renforcer le système de défense mais l’Etat-major, non convaincu d’une attaque autour de Verdun, continue de déclasser les places fortes de l’Est de la France durant l’année 1915.DSC07834Le 21 février 1916, les Allemands lancent leur attaque sur le Bois des Caures, où se trouvent le lieutenant-colonel Driant et ses chasseurs. Bien qu’ayant anticipé cette offensive, il n’a pas les moyens logistiques et humains pour contre-attaquer. Les deux bataillons subissent de lourdes pertes mais résistent aux côtés de Driant et tiennent durant deux jours avant de devoir se replier. Au cours du repli, les chasseurs perdent leur chef. Le lieutenant-colonel Driant meurt le 22 février 1916 au bois des Caures au deuxième jour de la bataille de Verdun. Pourtant, le 21 février 1916, alors que l’armée du Reich concentre son action sur le secteur de Verdun, seuls les 1200 hommes de Driant et 14 batteries font face à l’attaque de 10 000 soldats allemands et 40 batteries. Les Chasseurs résistent héroïquement pendant plus de 24 heures et subissent de lourdes pertes, permettant aux renforts d’arriver et de maintenir la ligne de front. La position du bois des Caures, tenue par Driant et ses hommes, est pilonnée pendant deux jours par des canons de 150, 210 et 300 mm. Le 22 février, à midi, les Allemands se lancent à l’assaut des positions des chasseurs. Les grenades et les lance-flammes viennent à bout de la résistance française. Driant donne l’ordre de repli sur Beaumont. Touché à la tempe, Driant meurt à soixante et un ans.DSC07835Au soir du 22 février 1916, on ne compte que 110 rescapés parmi les chasseurs dee 56e et 59e régiments. L’annonce du désastre suscite une grande émotion. Alphonse XIII d’Espagne, un admirateur d’Émile Driant charge son ambassadeur à Berlin d’enquêter sur sa disparition. On se plaît à le croire blessé, prisonnier ou évadé à l’étranger. Une lettre de la baronne Schrotter, mère d’un officier allemand ayant pris part aux combats des Caures, à son épouse mettra fin aux rumeurs : « M. Driant a été enterré avec tout respect, tous soins, et ses camarades ennemis lui ont creusé et orné un beau tombeau ; de sorte que vous le trouverez aux jours de paix » (16 mars 1916). Son sacrifice est récupéré par la presse et les publications de la guerre, pour galvaniser les troupes. La Chambre des députés annonce officiellement sa mort, son éloge funèbre est prononcé le 7 avril par Paul Deschanel, le 28 juin, la Ligue des patriotes de Maurice Barrès fait célébrer un service solennel à Notre-Dame (Paris) présidé par le cardinal Amette. Le militaire rejoint alors le romancier …DSC07843Il est inhumé par les Allemands à proximité des lieux de son trépas, alors que ses effets sont retournés à sa veuve via la Suisse. En octobre 1922, le corps de Driant est exhumé. Un mausolée, décidé par d’anciens combattants dont Castelnau y est érigé. Chaque année, une cérémonie y est célébrée le 21 février, en souvenir du Lieutenant-colonel Driant et de ses chasseurs tombés pour la défense de Verdun.DSC07844Un héros encore commémoré de nos jours – Aujourd’hui érigé en héros de la bataille de Verdun, il est une figure emblématique de cette bataille. Les visiteurs peuvent encore se recueillir sur sa tombe et marcher sur les traces de ses pas au Bois des Caures. Une nouvelle croix des Chasseurs a également été érigée à Vacherauville le 21 février 2016 à l’occasion des commémorations du Centenaire de la bataille de Verdun.DSC07850Emile Driant – 1855 – 1916. Alias Capitaine Danrit. Le lieutenant-colonel Driant est connu pour être tombé à Verdun, le 22 février 1916, au bois des Caures. Mais il mena auparavant une carrière littéraire, sous le nom de Capitaine Danrit, et une carrière politique élu député de la 3e circonscription de Nancy à partir de 1910. Auteur de trente ouvrages d’aventure dans la lignée de Jules Verne, il tente à travers ce medium de populariser les nouvelles technologies et leurs usages militaires comme l’aviation.DSC07854Émile Cyprien Driant est né le 11 septembre 1855 à Neuchâtel (Aisne) où son père était notaire et juge de paix. Elève au lycée de Reims, il obtient le premier prix d’histoire au Concours général. Contrairement au souhait de son père de le voir lui succéder, Émile désire être soldat, marqué par la défaite de 1871 et le passage des troupes prussiennes. Après avoir obtenu une licence ès-lettres et en droit, il intègre Saint-Cyr à vingt ans, en 1875. Sorti quatrième deux ans plus tard, il entame une carrière militaire des plus méritante : « petit, mais solide, santé à toute épreuve, très actif et toujours prêt ; monte fort bien à cheval et a un goût très prononcé pour l’équitation, très intelligent a devant lui le plus bel avenir » écrira un de ses supérieurs. Il sert au 54e régiment d’infanterie de Compiègne puis à Saint-Mihiel.DSC07855DSC07860Le Capitaine Danrit, de son vrai nom Emile Auguste Cyprien Driant (1855-1916), fut surnommé par Jean-Jacques Bridenne « l’utopiste de la guerre ». Car Danrit a une obsession: la guerre, la guerre, la guerre! Partout, tout le temps et contre tous…DSC07864« Le Jules Verne militaire » – Il produit de vastes « fresques guerrières », pour reprendre l’expression de Pierre Versins, qui comptent des centaines de pages : 2827 pour La Guerre de demain, 1279 pour L’Invasion noire, 1192 pour La Guerre fatale ou encore 1000 pour L’Invasion jaune. Les titres même donnent une idée du contenu : guerres futures dans lesquelles l’ennemi c’est l’autre, l’étranger: Allemands, Anglo-saxons, Noirs ou Asiatiques. Ces œuvres ne brillent pas pour leurs qualités littéraires, ce sont souvent de mauvais feuilletons mâtinés de passages théoriques, mais l’intérêt qu’il porte aux progrès techniques lui fait imaginer de multiples inventions comme les ballons métalliques, les forteresses cuirassées, les gaz toxiques et armes bactériologiques,…DSC07866Le 21 février 2016 marque le centenaire du début de la bataille de Verdun, dans l’est de la France. Lancée par l’armée allemande et remportée par les Français, elle durera dix mois et fera plus de 300 000 morts ; une bataille devenue le symbole de la Première Guerre mondiale.DSC07869Verdun, 21 février 1916. Le jour se lève à peine lorsqu’un déluge de feu s’abat sur les lignes de l’armée française. Pendant près de neuf heures, les canons allemands crachent plus d’un million d’obus, pilonnant fortifications, tranchées et voies d’accès. Un carnage. Le rapport de force est trop déséquilibré : trois soldats allemands pour un français. Les 30 000 « poilus » stationnés là sont assommés, incapables de répliquer. A la tombée de la nuit, l’infanterie allemande prend la relève de l’artillerie et passe à l’attaque, lance-flammes en tête pour achever ce que l’acier a dévasté. Ainsi commence la plus célèbre bataille de la Première Guerre mondiale.DSC07874Le général en chef Joseph Joffre n’attendait pas l’ennemi ici. Ces derniers mois, des commandants locaux ont pourtant tenté d’alerter leurs supérieurs sur l’impréparation défensive de la Région fortifiée de Verdun. Les forts y sont nombreux, certes, mais ils ont été désarmés et quasi abandonnés afin de réorganiser le front français en profondeur. Ce n’est qu’en janvier 1916 que le chef d’état-major général Edouard de Castelnau, constatant sur place l’état des défenses, va tenter de les combler à la hâte.DSC07880Pétain prend le commandement – Les soldats français résistent mais reculent. Au bout de trois jours, la bataille semble pliée. Le 25 février, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont qui domine la zone. Le même jour, le général Philippe Pétain est nommé commandant en chef de Verdun en remplacement du général Frédéric-Georges Herr. Il remet aussitôt la défense d’aplomb. Désormais, les soldats français vont rendre coup pour coup. Les forts sont réarmés, une aviation de chasse est créée et la logistique mise en branle sur la « voie sacrée », une longue route de terre qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Pendant les dix mois que durera la bataille, c’est cette même route qui permettra de relever régulièrement les troupes au front dans un ballet incessant de camions. Car Pétain est soucieux du moral de ses hommes. Il fait tourner les effectifs pour les garder dans les meilleures dispositions possibles. Deux tiers de l’armée française vont ainsi connaître « l’enfer de Verdun ».DSC07884Les combats se muent en une bataille d’usure. Joffre, partisan de l’offensive, ne comprend pas la stratégie défensive de Pétain. Le 1er mai, il le remplace par le général Robert Nivelle. Le 24, les Allemands passent à l’attaque contre le fort de Vaux, placé sous les ordres du commandant Sylvain Raynal, en le noyant sous plus de 20 000 obus. Le 2 juin, les soldats montent à l’assaut. Les combats à l’intérieur de l’édifice sont acharnés, la résistance héroïque. Cinq jours plus tard, lorsque le fort tombe, les 250 survivants français reçoivent les honneurs des vainqueurs allemands.DSC07889Une bataille pour rien – Le 1er juillet, à quelque 300 kilomètres de là, dans la Somme, Français et Britanniques lancent une vaste offensive. Coïncidant avec celle des Russes sur le front oriental, elle contraint l’armée allemande à relâcher sa pression sur Verdun. Après cinq mois de vaine bataille et une ultime attaque le 11 juillet qui se solde par un échec, le Grand Quartier général allemand ordonne à la Ve armée du Kronprinz de ne plus se limiter qu’à une stricte position défensive. La stratégie du commandant en chef Erich von Falkenhayn a échoué. Les objectifs visés n’ont pas été remportés et les troupes françaises n’ont pas été décimées. Falkenhayn est relevé de son commandement. Il cède sa place à un duo : Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff. L’été passe. Les deux camps s’en tiennent désormais à un simple face à face. Les combats ne servent plus qu’à maintenir les positions. Jusqu’à la grande offensive française du 24 octobre.DSC07890Trois jours durant, les canons ont préparé le terrain, martelant les rangs allemands. Le jour J, en fin de matinée, huit divisions s’élancent sous les ordres du général Charles Mangin. Parmi eux se trouvent nombre de tirailleurs, ces soldats venus des colonies et qui forment la fameuse « force noire » imaginée par ce même Mangin. L’attaque permet la reconquête des forts gagnés par les Allemands, celui de Douaumont et, début novembre, celui de Vaux.DSC0789919 décembre 1916. Une dernière poussée française entamée quatre jours plus tôt renvoie les Allemands là où ils se trouvaient avant le 21 février. Une bataille pour rien. Entre ces deux dates, Verdun aura fait plus de 300 000 morts et disparus. DSC07900Le 21 février 1916 à 7 h 15, plus d’un millier de canons allemands crachaient le feu sur le bois des Caures, au nord de Verdun. C’est le début d’une bataille longue de dix mois qui fera plus de 300 000 morts (162 000 morts côté français et 143 000 côté allemand). En réalité, le sort de la bataille s’est joué dans la première semaine. La prise du fort de Douaumont, observatoire unique sur toute la région, devait peser très lourdement pour les Français. Mais les Allemands, n’ont su profiter ni de l’effet de surprise qu’ils avaient obtenu, ni de leur supériorité numérique et matérielle. Verdun, « signe tangible de la victoire », leur échappait devant la ténacité des soldats Français. Commençait alors une longue guerre d’usure.DSC07904DSC07905

Publicités

A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
Cet article a été publié dans Bois des Caures, Courage, on les aura!, la Grande Guerre, mémorial de Verdun, Première Guerre mondiale, Verdun; la Grande Guerre. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s