Le mont vosgien Sainte Odile

Le mont Sainte-Odile est un mont vosgien, situé à Ottrott dans le département du Bas-Rhin, culminant à 764 mètres d’altitude. Il est surmonté par l’abbaye de Hohenbourg, couvent qui surplombe la plaine d’Alsace, fondé par sainte Odile, patronne de l’Alsace, fille du duc d’Etichon. Haut lieu de la culture alsacienne, ce couvent est un site de pèlerinage très fréquenté (1 300 000 visiteurs par an). Par temps clair, la vue s’étend jusqu’à la Forêt-Noire. Il s’y trouve aussi les vestiges d’une muraille ancienne, le « mur païen ».

DSC08649DSC08652DSC08658DSC08663Le mur païen est une enceinte d’une longueur totale de onze kilomètres faisant le tour du plateau du mont Sainte-Odile. Formé d’environ 300 000 blocs cyclopéens, il fait entre 1,60 m et 1,80 m de large et peut atteindre trois mètres de hauteur. Le qualificatif de « païen » lui a été donné par Léon IX. Les chercheurs n’ont pu définir s’il s’agissait d’une enceinte défensive ou d’une enceinte cultuelle, et sa période de construction n’a pu être définie que récemment. Les analyses réalisées ont permis de le dater non plus du IIe siècle av. J.-C., voire d’une époque beaucoup plus ancienne (âge du bronze), mais beaucoup plus tardivement, du VIIème siècle. Le mur a été classé au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques protégés en 1840 et « site archéologique d’intérêt national » en 1987 (à l’instar du site archéologique d’Alésia ou du mont Beuvray).

DSC08667DSC08668DSC08672DSC08678Le monastère est créé vers 700, après que le père d’Odile lui a légué le château, qu’elle transforme en couvent. Très populaire, l’endroit devint un lieu de pèlerinage très fréquenté, notamment par les personnes atteintes de maladies oculaires et accueillit jusqu’à 130 moniales.

DSC08679DSC08682DSC08683DSC08687Sous la Révolution française, le couvent est vendu comme bien national. L’évêché de Strasbourg le rachète en 1853 et le rétablit à sa vocation monacale. On peut encore voir le tombeau de sainte Odile dans une chapelle attenante au cloître. Les tombeaux de ses parents, Adalric (aussi appelé Etichon) et Bererswinde, y sont aussi conservés, bien qu’ils soient des ajouts plus tardifs (IX ème siècle et XIe siècle). Ces caveaux sont ornés de mosaïques remarquables.

DSC08692DSC08697DSC08703DSC08707Les chapelles vouées à Sainte-Odile, à la Croix, aux Larmes et aux Anges, ainsi que la bibliothèque et les sculptures du cloître du monastère ont été classés au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques protégés en 1840.

DSC08713DSC08718DSC08722DSC08723La basilique – À côté des nombreuses chapelles du Mont, on compte l’église dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie. Cette église conventuelle, détruite à de nombreuses reprises par le feu, a été reconstruite en style baroque. La première pierre a été posée en 1687, les travaux sont achevés en 1692. La consécration de l’édifice est célébrée avec faste le 20 octobre 1696 par Mgr Peter Creagh, archevêque de Dublin et primat d’Irlande en exil à Strasbourg.

DSC08728DSC08733DSC08737DSC08738

Le mobilier de l’église sera partiellement détruit lors de la Révolution française, puis reconstitué. Un nouvel orgue est notamment installé en 1862 (l’orgue actuel date de 1964). En 1924 est inauguré le clocher, remplaçant le petit clocheton qui existait jusqu’alors. Ce clocher est flanqué d’une tourelle que domine une imposante statue de Sainte Odile bénissant l’Alsace. Cette statue est l’œuvre du sculpteur colmarien Alfred Klem. Le clocher contient par ailleurs un ensemble de 31 cloches, dont la plus grande pèse cinq tonnes.

DSC08743DSC08747DSC08752DSC08753L’église conventuelle Sainte-Odile est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 22 juillet 1997. Le 16 juin 2006, le Pape Benoît XVI a érigé l’église en basilique mineure. C’est la quatrième basilique mineure du diocèse de Strasbourg.

DSC08754DSC08757DSC08758DSC08762Le chemin de croix, la source et la chapelle des Rochers – Un chemin de croix monumental, réalisé de 1933 à 1935 par le céramiste Léon Elchinger (1871-1942), orne les parois rocheuses du plateau du couvent.

DSC08767DSC08773DSC08778DSC08783La source (ou fontaine) de Sainte-Odile se situe en contrebas du couvent. Son eau aurait la vertu de guérir les maladies des yeux. Selon la légende, c’est Sainte Odile qui l’a fait jaillir en frappant le rocher de son bâton. La chapelle des Rochers, inaugurée en 1927, a été détruite vers 1970, car délabrée ; son soubassement est toujours visible. Elle avait été construite originellement pour représenter l’Alsace à l’Exposition Internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925, puis remontée sur le Mont, à proximité de la Porte romaine, et inaugurée en 1927.

DSC08788DSC08789DSC08793DSC08802La catastrophe aérienne du 20 janvier 1992 – Le 20 janvier 1992 à 19h20, un Airbus A320 assurant le vol 148 Air Inter s’écrase sur une crête proche du mont Sainte-Odile faisant 87 morts et laissant 9 survivants.

DSC08803DSC08807DSC08808

Publicités
Publié dans Alsace, Mont Sainte Odile, mur païen, Non classé, pèlerinage, Vosges | Laisser un commentaire

Dun-sur-Meuse

DSC07752DSC07755DSC07757DSC07760

Dun, dunum castrum, fut sans doute à l’origine un oppidum qui permit d’améliorer la défense des camps romains de la Côte Saint Germain et de la Côte du Châtelet, et de défendre le passage de la Meuse. Le village fortifié sur une butte isolée a conservé de nombreuses traces de son système défensif médiéval. Seul monument à avoir résisté aux conflits à travers les siècles, la majestueuse église Notre-Dame de Bonne Garde (XIVe) domine la vallée de la Meuse.

DSC07762DSC07763DSC07767DSC07769DSC07773DSC07776

Au XIe siècle, Godefroy II de Basse-Lotharingie, comte d’Ardennes édifie un château sur la colline, que les sires d’Apremont complètent en 1402 par une enceinte fortifiée. Le duc de Bouillon, père de Turenne s’empare de la forteresse en 1592. Sur ordre de Louix XIII, le château est démantelé en 1642, et en 1648, Anne d’Autriche fit don de la ville au Grand Condé. La ville haute fut en grande partie détruite au cours de la Première Guerre mondiale.

DSC07779DSC07781DSC07783DSC07790DSC07791

 

Publié dans Meuse, Non classé | Laisser un commentaire

Le Bois des Caures et le Lieutenant-Colonel DRIANT

Biographie du Lieutenant-Colonel Emile Driant. Un début de carrière prometteur – Né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), Emile Driant effectue une brillante carrière militaire. Il intègre l’école militaire de Saint-Cyr en 1875, puis est incorporé au 4ème régiment de Zouaves à Tunis en 1884. En 1886, il est nommé officier d’ordonnance du général Boulanger qui deviendra ministre de la Guerre mais aussi son beau-père. Durant sa carrière militaire il a, à plusieurs reprises, étudié le système de fortification des Hauts-de-Meuse et a également commandé le 1er Bataillon de Chasseurs à Pied de Troyes. Il est très apprécié de ses hommes et des habitants de la région, le bataillon est d’ailleurs surnommé le « bataillon Driant ».DSC07810Emile Driant se fait remarquer très vite par sa hiérarchie, grâce à ses qualités de chef mais aussi par ses prises de position fermes et publiques sur de nombreux sujets. Face aux critiques dont il est la cible, du fait de ses liens de parenté et de ses opinions, il prend la décision de quitter l’armée en 1906 pour se lancer dans une carrière politique. Il fonde plusieurs ligues nationalistes : la Ligue antimaçonnique, la Ligue Jeanne d’Arc, la Ligue militaire et aussi La Vieille Armée. Cet engagement dans la vie politique est tout aussi réussi que sa carrière militaire et en 1910 il est élu député de Nancy.DSC07814Durant sa carrière politique, Emile DRIANT milite pour la défense du territoire français et la revalorisation de l’armée : il aide à la promulgation de la loi faisant passer le service militaire de deux à trois ans, s’oppose aux déclassements des places du Nord et sauve celle de Lille et s’intéresse à la modernisation de l’armée. Ses différents combats montrent qu’il anticipe une guerre prochaine contre l’Allemagne. Il prophétise un nouveau type de guerre. Ses opinions nationalistes et novatrices imprègnent fortement son œuvre littéraire.DSC07823Un rôle majeur durant la Première Guerre mondiale – Dès l’entrée en guerre, il demande à être réincorporé et prend le commandement des 56ème et 59ème Bataillons de Chasseurs à Pied stationnés sur le front en Meuse. Toujours très proches de ses hommes, on surnomme ses troupes « les Chasseurs de Driant », il veille à ce que ces derniers aient les sépultures dignes de leur engagement. Il commande donc la construction d’une croix, la croix des chasseurs, pour surplomber les sépultures de ses hommes inhumés à Vacherauville.DSC07828Son expérience militaire et sa connaissance de la stratégie allemande lui permettent d’anticiper l’attaque allemande qu’il sait imminente. Il prévient ses supérieurs de la nécessité de renforcer le système de défense mais l’Etat-major, non convaincu d’une attaque autour de Verdun, continue de déclasser les places fortes de l’Est de la France durant l’année 1915.DSC07834Le 21 février 1916, les Allemands lancent leur attaque sur le Bois des Caures, où se trouvent le lieutenant-colonel Driant et ses chasseurs. Bien qu’ayant anticipé cette offensive, il n’a pas les moyens logistiques et humains pour contre-attaquer. Les deux bataillons subissent de lourdes pertes mais résistent aux côtés de Driant et tiennent durant deux jours avant de devoir se replier. Au cours du repli, les chasseurs perdent leur chef. Le lieutenant-colonel Driant meurt le 22 février 1916 au bois des Caures au deuxième jour de la bataille de Verdun. Pourtant, le 21 février 1916, alors que l’armée du Reich concentre son action sur le secteur de Verdun, seuls les 1200 hommes de Driant et 14 batteries font face à l’attaque de 10 000 soldats allemands et 40 batteries. Les Chasseurs résistent héroïquement pendant plus de 24 heures et subissent de lourdes pertes, permettant aux renforts d’arriver et de maintenir la ligne de front. La position du bois des Caures, tenue par Driant et ses hommes, est pilonnée pendant deux jours par des canons de 150, 210 et 300 mm. Le 22 février, à midi, les Allemands se lancent à l’assaut des positions des chasseurs. Les grenades et les lance-flammes viennent à bout de la résistance française. Driant donne l’ordre de repli sur Beaumont. Touché à la tempe, Driant meurt à soixante et un ans.DSC07835Au soir du 22 février 1916, on ne compte que 110 rescapés parmi les chasseurs dee 56e et 59e régiments. L’annonce du désastre suscite une grande émotion. Alphonse XIII d’Espagne, un admirateur d’Émile Driant charge son ambassadeur à Berlin d’enquêter sur sa disparition. On se plaît à le croire blessé, prisonnier ou évadé à l’étranger. Une lettre de la baronne Schrotter, mère d’un officier allemand ayant pris part aux combats des Caures, à son épouse mettra fin aux rumeurs : « M. Driant a été enterré avec tout respect, tous soins, et ses camarades ennemis lui ont creusé et orné un beau tombeau ; de sorte que vous le trouverez aux jours de paix » (16 mars 1916). Son sacrifice est récupéré par la presse et les publications de la guerre, pour galvaniser les troupes. La Chambre des députés annonce officiellement sa mort, son éloge funèbre est prononcé le 7 avril par Paul Deschanel, le 28 juin, la Ligue des patriotes de Maurice Barrès fait célébrer un service solennel à Notre-Dame (Paris) présidé par le cardinal Amette. Le militaire rejoint alors le romancier …DSC07843Il est inhumé par les Allemands à proximité des lieux de son trépas, alors que ses effets sont retournés à sa veuve via la Suisse. En octobre 1922, le corps de Driant est exhumé. Un mausolée, décidé par d’anciens combattants dont Castelnau y est érigé. Chaque année, une cérémonie y est célébrée le 21 février, en souvenir du Lieutenant-colonel Driant et de ses chasseurs tombés pour la défense de Verdun.DSC07844Un héros encore commémoré de nos jours – Aujourd’hui érigé en héros de la bataille de Verdun, il est une figure emblématique de cette bataille. Les visiteurs peuvent encore se recueillir sur sa tombe et marcher sur les traces de ses pas au Bois des Caures. Une nouvelle croix des Chasseurs a également été érigée à Vacherauville le 21 février 2016 à l’occasion des commémorations du Centenaire de la bataille de Verdun.DSC07850Emile Driant – 1855 – 1916. Alias Capitaine Danrit. Le lieutenant-colonel Driant est connu pour être tombé à Verdun, le 22 février 1916, au bois des Caures. Mais il mena auparavant une carrière littéraire, sous le nom de Capitaine Danrit, et une carrière politique élu député de la 3e circonscription de Nancy à partir de 1910. Auteur de trente ouvrages d’aventure dans la lignée de Jules Verne, il tente à travers ce medium de populariser les nouvelles technologies et leurs usages militaires comme l’aviation.DSC07854Émile Cyprien Driant est né le 11 septembre 1855 à Neuchâtel (Aisne) où son père était notaire et juge de paix. Elève au lycée de Reims, il obtient le premier prix d’histoire au Concours général. Contrairement au souhait de son père de le voir lui succéder, Émile désire être soldat, marqué par la défaite de 1871 et le passage des troupes prussiennes. Après avoir obtenu une licence ès-lettres et en droit, il intègre Saint-Cyr à vingt ans, en 1875. Sorti quatrième deux ans plus tard, il entame une carrière militaire des plus méritante : « petit, mais solide, santé à toute épreuve, très actif et toujours prêt ; monte fort bien à cheval et a un goût très prononcé pour l’équitation, très intelligent a devant lui le plus bel avenir » écrira un de ses supérieurs. Il sert au 54e régiment d’infanterie de Compiègne puis à Saint-Mihiel.DSC07855DSC07860Le Capitaine Danrit, de son vrai nom Emile Auguste Cyprien Driant (1855-1916), fut surnommé par Jean-Jacques Bridenne « l’utopiste de la guerre ». Car Danrit a une obsession: la guerre, la guerre, la guerre! Partout, tout le temps et contre tous…DSC07864« Le Jules Verne militaire » – Il produit de vastes « fresques guerrières », pour reprendre l’expression de Pierre Versins, qui comptent des centaines de pages : 2827 pour La Guerre de demain, 1279 pour L’Invasion noire, 1192 pour La Guerre fatale ou encore 1000 pour L’Invasion jaune. Les titres même donnent une idée du contenu : guerres futures dans lesquelles l’ennemi c’est l’autre, l’étranger: Allemands, Anglo-saxons, Noirs ou Asiatiques. Ces œuvres ne brillent pas pour leurs qualités littéraires, ce sont souvent de mauvais feuilletons mâtinés de passages théoriques, mais l’intérêt qu’il porte aux progrès techniques lui fait imaginer de multiples inventions comme les ballons métalliques, les forteresses cuirassées, les gaz toxiques et armes bactériologiques,…DSC07866Le 21 février 2016 marque le centenaire du début de la bataille de Verdun, dans l’est de la France. Lancée par l’armée allemande et remportée par les Français, elle durera dix mois et fera plus de 300 000 morts ; une bataille devenue le symbole de la Première Guerre mondiale.DSC07869Verdun, 21 février 1916. Le jour se lève à peine lorsqu’un déluge de feu s’abat sur les lignes de l’armée française. Pendant près de neuf heures, les canons allemands crachent plus d’un million d’obus, pilonnant fortifications, tranchées et voies d’accès. Un carnage. Le rapport de force est trop déséquilibré : trois soldats allemands pour un français. Les 30 000 « poilus » stationnés là sont assommés, incapables de répliquer. A la tombée de la nuit, l’infanterie allemande prend la relève de l’artillerie et passe à l’attaque, lance-flammes en tête pour achever ce que l’acier a dévasté. Ainsi commence la plus célèbre bataille de la Première Guerre mondiale.DSC07874Le général en chef Joseph Joffre n’attendait pas l’ennemi ici. Ces derniers mois, des commandants locaux ont pourtant tenté d’alerter leurs supérieurs sur l’impréparation défensive de la Région fortifiée de Verdun. Les forts y sont nombreux, certes, mais ils ont été désarmés et quasi abandonnés afin de réorganiser le front français en profondeur. Ce n’est qu’en janvier 1916 que le chef d’état-major général Edouard de Castelnau, constatant sur place l’état des défenses, va tenter de les combler à la hâte.DSC07880Pétain prend le commandement – Les soldats français résistent mais reculent. Au bout de trois jours, la bataille semble pliée. Le 25 février, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont qui domine la zone. Le même jour, le général Philippe Pétain est nommé commandant en chef de Verdun en remplacement du général Frédéric-Georges Herr. Il remet aussitôt la défense d’aplomb. Désormais, les soldats français vont rendre coup pour coup. Les forts sont réarmés, une aviation de chasse est créée et la logistique mise en branle sur la « voie sacrée », une longue route de terre qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Pendant les dix mois que durera la bataille, c’est cette même route qui permettra de relever régulièrement les troupes au front dans un ballet incessant de camions. Car Pétain est soucieux du moral de ses hommes. Il fait tourner les effectifs pour les garder dans les meilleures dispositions possibles. Deux tiers de l’armée française vont ainsi connaître « l’enfer de Verdun ».DSC07884Les combats se muent en une bataille d’usure. Joffre, partisan de l’offensive, ne comprend pas la stratégie défensive de Pétain. Le 1er mai, il le remplace par le général Robert Nivelle. Le 24, les Allemands passent à l’attaque contre le fort de Vaux, placé sous les ordres du commandant Sylvain Raynal, en le noyant sous plus de 20 000 obus. Le 2 juin, les soldats montent à l’assaut. Les combats à l’intérieur de l’édifice sont acharnés, la résistance héroïque. Cinq jours plus tard, lorsque le fort tombe, les 250 survivants français reçoivent les honneurs des vainqueurs allemands.DSC07889Une bataille pour rien – Le 1er juillet, à quelque 300 kilomètres de là, dans la Somme, Français et Britanniques lancent une vaste offensive. Coïncidant avec celle des Russes sur le front oriental, elle contraint l’armée allemande à relâcher sa pression sur Verdun. Après cinq mois de vaine bataille et une ultime attaque le 11 juillet qui se solde par un échec, le Grand Quartier général allemand ordonne à la Ve armée du Kronprinz de ne plus se limiter qu’à une stricte position défensive. La stratégie du commandant en chef Erich von Falkenhayn a échoué. Les objectifs visés n’ont pas été remportés et les troupes françaises n’ont pas été décimées. Falkenhayn est relevé de son commandement. Il cède sa place à un duo : Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff. L’été passe. Les deux camps s’en tiennent désormais à un simple face à face. Les combats ne servent plus qu’à maintenir les positions. Jusqu’à la grande offensive française du 24 octobre.DSC07890Trois jours durant, les canons ont préparé le terrain, martelant les rangs allemands. Le jour J, en fin de matinée, huit divisions s’élancent sous les ordres du général Charles Mangin. Parmi eux se trouvent nombre de tirailleurs, ces soldats venus des colonies et qui forment la fameuse « force noire » imaginée par ce même Mangin. L’attaque permet la reconquête des forts gagnés par les Allemands, celui de Douaumont et, début novembre, celui de Vaux.DSC0789919 décembre 1916. Une dernière poussée française entamée quatre jours plus tôt renvoie les Allemands là où ils se trouvaient avant le 21 février. Une bataille pour rien. Entre ces deux dates, Verdun aura fait plus de 300 000 morts et disparus. DSC07900Le 21 février 1916 à 7 h 15, plus d’un millier de canons allemands crachaient le feu sur le bois des Caures, au nord de Verdun. C’est le début d’une bataille longue de dix mois qui fera plus de 300 000 morts (162 000 morts côté français et 143 000 côté allemand). En réalité, le sort de la bataille s’est joué dans la première semaine. La prise du fort de Douaumont, observatoire unique sur toute la région, devait peser très lourdement pour les Français. Mais les Allemands, n’ont su profiter ni de l’effet de surprise qu’ils avaient obtenu, ni de leur supériorité numérique et matérielle. Verdun, « signe tangible de la victoire », leur échappait devant la ténacité des soldats Français. Commençait alors une longue guerre d’usure.DSC07904DSC07905

Publié dans Bois des Caures, Courage, on les aura!, la Grande Guerre, mémorial de Verdun, Première Guerre mondiale, Verdun; la Grande Guerre | Laisser un commentaire

Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon

Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon (World War I Meuse-Argonne American Cemetery and Memorial) est un cimetière militaire situé à l’est de Romagne-sous-Montfaucon en Lorraine. 14 246 américains ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale y sont enterrés.

DSC07651DSC07656DSC07658

Le cimetière couvre 52 hectares. C’est celui où repose le plus grand nombre de militaires américains décédés en Europe, avec un total de 14 246. La plupart des personnes enterrées sont mortes pendant l’offensive Meuse-Argonne durant la Première Guerre mondiale. L’immense champ de pierres tombales s’élève par des rangées rectangulaires vers le haut au-delà d’un large espace central et vers la chapelle couronnée. Un écran en bronze sépare le foyer de la chapelle de l’intérieur, qui est décoré par des vitraux dépeignant les insignes des unités américaines. Derrière l’autel sont disposés les drapeaux des nations alliées.

DSC07662DSC07668

De chaque côté de la chapelle sont situés des loggias commémoratives. Un panneau de la loggia occidentale contient une carte de l’offensive de la Meuse-Argonne. Sur les panneaux restants sont inscrits les noms des 954 disparus américains dont les restes n’ont jamais été récupérés ou n’ont pas été identifiés. La plupart des morts américains de l’expédition en Russie nordique en 1918-1919 sont enterrés dans ce cimetière.

DSC07672DSC07677

Ce cimetière de 52 hectares fût établi le 14 octobre 1918 par le Service des Sépultures de l’armée US sur un terrain reprit par la 32e Division d’Infanterie US (DIUS). Ce territoire fût concédé à perpétuité aux Etats-Unis par le gouvernement français afin d’y établir un lieu de sépulture permanent, sans taxes ni impôts.

DSC07686DSC07687

14 246 morts sont enterrés dans ce cimetière, en majorité tombés durant les opérations de la 1ère Armée U.S. du 26 septembre au 11 novembre 1918. En 1922, les corps enterrés dans des cimetières temporaires de la région mais aussi des Vosges et de l’Allemagne occupée, furent rapatriés ici pour une sépulture définitive. Beaucoup de ceux qui moururent à Archangel, Russie, furent également enterrés dans ce cimetière. Parmi les tombes, 486 sépultures abritent les restes de soldats qui n’ont pu être identifiés.

DSC07698DSC07703DSC07692

Le Mémorial, un exemple type de l’architecture romane, fait face au nord sur la crête d’une colline en pente douce dominant les tombes. Il est constitué d’une chapelle entourée de deux loggias à l’intérieur desquelles se trouve le Mur des Disparus. Les murs extérieurs et les colonnes sont en pierre d’Euville Coquillier, les murs intérieurs sont en Salamandre Travertine.

DSC07707DSC07708

Les noms de 954 disparus qui ont donné leurs vies au service de leur patrie et dont les corps n’ont pu être retrouvés ou identifiés sont gravés sur le mur des disparus. Les Architectes de cette nécropole sont York et Sawyer de New York. Les infrastructures, telles que nous les voyons actuellement ont été terminées en 1932. Le cimetière fut inauguré en 1937, vingtième anniversaire de l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre Mondiale, à l’occasion du Memorial Day.

DSC07717DSC07718

Ce monument, qui s’élève à près de 60 mètres au-dessus des ruines de l’ancien village de Montfaucon, bâti sur le sommet de la colline, domine la campagne avoisinante. Avant d’être repris par les 37ème et 79ème Divisions U.S. le 27 septembre 1918, ce site offrait aux troupes allemandes un remarquable poste d’observation.

DSC07722DSC07735

Le monument commémore la victoire de la Première Armée U.S. dans l’offensive de Meuse – Argonne, du 26 septembre au 11 novembre 1918, et rend hommage à l’héroïsme de l’armée Française sur le front avant cette période.

DSC07729DSC07730DSC07738

Commission Américaine des Monuments de Guerre (ABMC) : Cette agence du gouvernement américain gère 24 cimetières américains et 25 monuments commémoratifs, monuments aux morts et autres lieux de mémoire répartis sur 15 pays. La Commission contribue à concrétiser la vision de son premier président, le général des armées John J. Pershing. Le général Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire américain pendant la Première Guerre mondiale, fit le serment que « le temps ne ternirait pas la gloire de leurs actions ».

DSC07740DSC07745

Publié dans cimetières américains en Europe, la Grande Guerre, Première Guerre mondiale, Romagne-sous-Montfaucon, Verdun; la Grande Guerre | Laisser un commentaire

La Haute-Chevauchée & l’Hôpital de Fleury-sur-Aire

Durant les quatre années de combat de la Grande Guerre, le département de la Meuse a été au cœur du conflit. Le site de la Haute-Chevauchée, en forêt d’Argonne, représentait un lieu stratégique pour les deux Belligérants. Les allemands, en particulier, avaient intérêt à s’approcher de la voie ferrée qui constituait la grande ligne de communication entre Châlons et Verdun afin de la paralyser ou la couper mais aussi de se donner possibilité de s’ouvrir, par Sainte-Ménehould, la route de Paris, en isolant à l’Est le camp retranché de Verdun.

DSC07001DSC07006

Après avoir, en vain, pendant toute l’année 1915 tenté de rompre le front pour atteindre leurs objectifs, les allemands contenus par les troupes françaises se sont installés défensivement ; alors commence la Guerre des mines : guerre insidieuse et particulièrement meurtrière, les Combats d’Argonne gardent la mémoire de 350 000 morts ou disparus. Fin septembre 1918, l’Argonne est libérée par la Première Armée Américaine aux ordres du Général Pershing. Cet ouvrage était le poste de commandement du Colonel puis du Général Marchand blessé deux fois en Argonne, mais qui fut aussi le célèbre Capitaine qui, en 1898, s’opposa aux Anglais à Fachoda.

DSC07009

D’octobre 1914 à la fin de 1915, les Allemands utilisent les mines en Argonne sur le front de Bolante, la fille morte et la cote 263 afin de créer des brèches dans les lignes françaises pour lancer des offensives qui finalement ne débouchent pas.

DSC07014

En s’efforçant de garder la suprématie sous terre, les sapeurs mineurs allemands, les pionniers, permettent à l’infanterie de conserver ses positions stratégiques sur les hauteurs du massif argonnais. Français et Allemands se livrent alors une guerre souterraine. Dans cette lutte, les deux camps adoptent les mêmes mesures préventives. Des appareils d’écoute déterminent la position, l’orientation et la distance des galeries  de combat. L’affrontement souterrain est  permanent, mené de façon aussi opiniâtre et impitoyable que les violents assauts en surface.

DSC07015DSC07020DSC07025

La ligne de front de la Haute-Chevauchée garde les traces de nombreux et impressionnants entonnoirs produits par l’explosion de mines souterraines. L’explosion souterraine  de la plus grosse mine allemande dans le massif d’Argonne, le 12 décembre 1916,  était chargée à 52,5 tonnes d’explosif. La croix de la Réconciliation est dédiée à la mémoire de « Tous les morts des combats d’Argonne ». Elle représente un acte marquant de la réconciliation franco-allemande.

DSC07029DSC07030DSC07034

Le monument ossuaire de la Haute-Chevauchée représente un soldat français dont le buste émerge d’un pylône massif et dont les mains reposent sur une épée pointée vers le bas. A l’intérieur, se trouvent les restes d’environ 10.000 inconnus recueillis sur le champ de bataille. A quelques kilomètres, la nécropole de la Forestière dénombre 2005 tombes de soldats français. Elle regroupe les corps issus des cimetières de la Forestière, de La Chalade, du Ravin des Sapins et du Ravin des Chênes.  A quelques kilomètres de cet emplacement, dans le bois de La Chalade,  un blockhaus protège l’accès du Chemin des Romains, près du carrefour de la Croix de Pierre. La casemate de béton a été baptisée au nom du lieutenant de Courson, tué en 1914.

DSC07035DSC07039DSC07040

Monument des Services de Santé de Fleury-sur-Aire : Dédié «A la mémoire des combattants blessés et des services de santé français et américains de 1914-1918», il est érigé par le sculpteur François Davin à l’emplacement d’un vaste hôpital militaire.

Sculpté de manière brute et massive, le groupe représente un médecin et une infirmière, formes ébauchées aux mains ouvertes en signe de dévouement, au chevet d’un soldat blessé taillé dans un bloc de pierre brisé. Il est inauguré le 24 octobre 1999 en présence du représentant de l’ambassadeur des Etats-Unis en France.

DSC06956

Ce monument évoque également la brève rencontre dans cet hôpital de Fleury-sur-Aire entre l’ambulancier volontaire de l’American Field Service, John Verplank Newlin, étudiant à l’université de Princeton, grièvement blessé, et l’infirmière-major de l’Union des Femmes de France, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire. Fille de Georges Clemenceau, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire est en poste à l’hôpital de Fleury-sur-Aire de 1916 à 1918 après un séjour à Verdun. Elle y a pour charge la surveillance des salles de l’auto-chir n°3. Elle est l’auteur du livre Les Hommes de mauvaise volonté (1919) dans lequel elle livre son témoignage sur la vie de l’hôpital de Fleury-sur-Aire.

DSC06959

L’hôpital de Fleury-sur-Aire est connu principalement sous le nom d’H.O.E. 11 B. De mai 1916 à septembre 1918, il accueille 116 000 blessés ou malades. A l’apogée de son fonctionnement, il atteint la capacité de 1 220 lits et occupe 8 hectares. Il couvre le front Haute-Chevauchée – Avocourt – côte du Poivre.

DSC06960

Plus qu’un simple H.O.E. destiné à assurer les évacuations classiques, Fleury fait partie des hôpitaux de campagne dotés d’une des ambulances chirurgicales automobiles (ACA ou auto-chir) créées au printemps 1915. En conséquence, un quartier d’hospitalisation agrandi est construit. L’ensemble est desservi par la nouvelle voie ferrée 6 bis à forte capacité inaugurée en mai 1916. Ainsi, lors de l’opération de reconquête française du 20 août 1917 (2e bataille de Verdun), la structure est en mesure de traiter plus de 7 000 blessés en trois jours.

DSC06958

Plusieurs sommités médicales et chirurgicales de l’époque officient à l’hôpital de Fleury dont les professeurs chirurgiens des Hôpitaux de Paris, Jacques-Ambroise Monprofit, Raymond Grégoire et le futur académicien Henri Mondor. Henri Mondor arrive à Fleury le 3 juillet 1916, nommé à la tête d’une équipe chirurgicale de l’ACA n°3. Il y opère jusque fin 1917, puis rejoint la 10e armée française en Italie.

DSC06957

Publié dans La Haute-Chevauchée, Non classé, Verdun; la Grande Guerre | Tagué | Laisser un commentaire

Verdun ville

DSC06249DSC06254HOTEL DE VILLE – Salle des décorations : Dans un mobilier de style art nouveau signé Majorelle, la ville conserve les plus hautes distinctions reçues des pays alliés avec drapeaux, sabre d’honneur, diplômes et plaques commémoratives. Le livre d’or de la ville (œuvre de l’artiste nancéien Victor Prouvé) porte les signatures de nombreux chefs d’État et personnalités d’Europe et du monde en visite à Verdun.

DSC06259DSC06264

Les premières distinctions sont remises à la ville le 13 septembre 1916 lors d’une cérémonie à la citadelle souterraine, sous la présidence de Raymond Poincaré et en présence des représentants de Grande-Bretagne, Russie, Italie, Serbie, Belgique et Monténégro. De 1917 à 1929, 16 autres nations décerneront à Verdun leurs décorations les plus élevées.

DSC06268DSC06269DSC06273

Salle des livres d’or : Elle est inaugurée le 17 juin 1956 par le président de la République René Coty, ancien combattant de Verdun. Les livres d’or recueillent les noms, prénoms, grades, unités des combattants titulaires de la médaille de Verdun. Dans cette salle également les croix de guerre des neuf villages détruits « morts pour la France » du champ de bataille de Verdun ; objets retrouvés dans leurs décombres ; plan relief du champ de bataille ; tableau des citains (citoyens d’honneur) de Verdun sur lequel le nom du maréchal Pétain a été enlevé après la Seconde Guerre mondiale.

DSC06274DSC06285

Salle des souvenirs de guerre : Photographies, bustes, portraits des généraux Pétain, Mangin, Joffre, Nivelle, Guillaumat ; le célèbre ordre du jour du général Pétain du 10 avril 1916 « Courage… On les aura » ; autres documents rédigés par différents généraux ; manuscrit du colonel Driant ; vitrine consacrée à André Maginot ; photographies des destructions de Verdun, etc.

DSC06290DSC06294DSC06299

La porte Chaussée, ou tour Chaussée, est une porte de ville située à Verdun. Construite en 1380 le long de la Meuse, elle était l’une des trois portes monumentales du Grand Rempart de Verdun. Remaniée en 1690, elle sert de prison militaire à l’État de 1755 à 1860 avant d’être rachetée par la ville en 1889. Elle est classée aux monuments historiques depuis le 21 mars 1881.

DSC06300DSC06303DSC06314

MONUMENT À LA VICTOIRE ET AUX SOLDATS DE VERDUN – Monument de trente mètres de haut érigé au sommet d’un escalier monumental entre deux imposantes murailles. Entre ville basse et ville haute, il s’insère dans une brèche ouverte par les obus dans l’ancien rempart qui ceinturait le Verdun médiéval. Au sommet d’une tour pyramidale, un guerrier franc de six mètres monte la garde, appuyé sur son épée, incarnant la devise née de la bataille « Verdun, on ne passe pas ». Au pied de la tour, une crypte abrite trois niches qui devaient à l’origine présenter sur des socles les livres d’or rassemblant les noms des soldats français titulaires de la médaille de Verdun.

DSC06319DSC06324

Le monument est inauguré le 23 juin 1929 lors des importantes fêtes célébrant la « renaissance » de Verdun en présence des présidents de la République, du Conseil, des Assemblées, de plusieurs ministres et du maréchal Pétain.

En plein centre-ville de Verdun trône ce que certains nomment le « Goldorak ». Il s’agit en fait du Monument « à la Victoire et aux soldats de Verdun ». Il se trouve plus précisément au bout de la rue de la Victoire en haut d’un gigantesque escalier de 73 marches creusé dans l’ancien rempart.

DSC06325DSC06335

Au sommet, une crypte se visite gratuitement. Elle conserve des livres d’or, des photos et coupures de journaux ainsi qu’un énorme fichier des combattants tombés sur les champs de bataille de Verdun et de ceux qui ont été décorés. Le gardien est là pour donner toutes les explications nécessaires et renseigner également sur les autres sites de Verdun. La crypte est surmontée d’un pylône supportant un impressionnant guerrier symbolisant la puissante défense de Verdun. Le tout est flanqué de deux canons russes pris sur le front allemand. Tout ça a vraiment de la gueule. C’est le projet de l’architecte Chesnay qui a été retenu par la municipalité de Verdun dans les années 20, et la statue du guerrier victorieux est due au sculpteur Jean Boucher.

DSC06336DSC06339DSC06341

Le monument inauguré le 23 juin 1929 est érigé au sommet d’un escalier monumental (73 marches) qui relie la ville basse et la ville haute, entre deux murailles percées de fausses meurtrières. Du haut d’une tour pyramidale de 30 m au sommet tronqué, un guerrier franc appuyé sur son épée massive monte la garde, le regard porté vers les champs de bataille à l’est. Au pied de la pyramide, une crypte abrite trois niches présentant sur des socles de marbres les Livres d’Or des soldats ayant combattu en Meuse (les Livres sont aujourd’hui visibles en mairie). A l’origine, une décoration spéciale, « la Médaille de Verdun » était décernée à chaque combattant de Verdun survivant.

DSC06350DSC06353

La crypte, d’abord prévue plus vaste devait être un ossuaire pour les restes épars trouvés sur le champ de bataille. Elle devait aussi accueillir les sarcophages des sept soldats inconnus après la cérémonie de 1920 à la citadelle et qui ont finalement été déposés au cimetière militaire du Faubourg-Pavé. De part et d’autre du monument, deux canons russes de la première guerre mondiale pris aux Allemands. Aujourd’hui, l’escalier est scindé en son centre par une cascade symbolisant la vie renaissante.

DSC06355DSC06359DSC06361

Le monument de la victoire est chaque année le théâtre d’une cérémonie patriotique particulière. La Flamme sacrée prélevée le 30 octobre sur la tombe du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe est acheminée par coursiers jusqu’au monument à la Victoire où elle arrive le 1er novembre. Après la cérémonie, elle est déposée dans la crypte et veillée par des associations patriotiques jusqu’au 11 novembre, jour de l’armistice où elle rejoint à nouveau Paris.

DSC06368DSC06370DSC06384

Les inscriptions sur le monument :

« Messieurs voici les murs où se sont brisés les suprêmes espérances de l’Allemagne impériale. C’est ici qu’elle avait cherché à remporter un succès bruyant et théâtral. C’est ici qu’avec une fermeté tranquille la France lui a répondu : « On ne passe pas ». Honneur aux soldats de Verdun Ils ont semé et arrosé de leur sang la moisson qui lève aujourd’hui » 13 septembre 1916. Raymond Poincaré.

DSC06391DSC06394

« Tous ceux qui ont été nos camarades de gloire et de misère, tous ceux qui ont dressé ici le mur de leurs poitrines afin que l’ennemi ne passe pas et qui, ayant été à la peine méritent d’être à l’honneur vont pouvoir se retrouver dans l’intimité glorieuse de votre Livre d’Or. Dans ce sanctuaire dédié au plus grand héroïsme humain, souhaitons que les hommes des générations qui nous succèderont viennent chercher des exemples et recueillir des leçons. » 27 août 1922. André Maginot.

DSC06396DSC06399

IIème Armée. Q.G. de Souilly, le 10 avril 1916.

Ordre Général N°9.

Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armes, les assauts furieux des armées du Kronprinz ont été partout repoussés. Fantassins, Artilleurs, Sapeurs, Aviateurs de la IIème Armée ont rivalisé d’héroïsme. Honneur à tous ! Les Allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier. Courage !… On les aura ! Gal PETAIN

DSC06405DSC06409DSC06410DSC06424

MESS DES OFFICIERS –  Edifié entre 1890 et 1893 sur les plans de l’ingénieur Guinot, créateur de la citadelle souterraine, ce superbe bâtiment est à la dimension qu’occupe l’armée à Verdun, principale place forte de l’Est, à la veille de la Première Guerre mondiale.

DSC06425DSC06429DSC06433

PLAQUE EN HOMMAGE AU GÉNÉRAL MANGIN –  Après l’échec de la tentative de reprise du fort de Douaumont (22-24 mai 1916), le général Mangin conduit, sous les ordres du général Nivelle, les opérations de reconquête victorieuse des forts de Douaumont et Vaux en octobre-novembre, puis le dégagement en avant de ces forts en décembre.

DSC06438DSC06444DSC06449

Publié dans Général Mangin, La Porte Chaussée, mémorial de Verdun, Verdun; la Grande Guerre | Laisser un commentaire

Un mémorial de la bataille de Verdun

Le Mémorial de Verdun est créé en 1967 à l’emplacement de la gare de Fleury-devant-Douaumont à l’initiative du Comité National du Souvenir de Verdun et de son président Maurice Genevoix.

DSC05717DSC05723DSC05726

Ancré au cœur du champ de bataille sur les lieux des combats de la Grande Guerre, le Mémorial de Verdun est un lieu majeur d’histoire et de mémoire, qui propose une immersion dans la bataille de Verdun à travers la figure du combattant qu’il soit français ou allemand.

DSC05727DSC05732DSC05741DSC05744

Fermé depuis septembre 2013 pour des travaux de rénovation et d’agrandissement, il a rouvert ses portes en février 2016 et propose une nouvelle scénographie. Le nouveau parcours se déploie sur trois niveaux au fil d’un parcours de découverte.

DSC05748DSC05754DSC05757

Créé en 1967, sous l’égide de l’Académicien et Ancien Combattant Maurice Genevoix, il compte parmi les principaux musées européens de la Grande Guerre.

DSC05763DSC05764DSC05766DSC05773

Près de 2000 objets de collection, une multitude de photos souvent inédites, des témoignages français et allemands et des dispositifs audiovisuels exceptionnels se mêlent dans un parcours de visite totalement renouvelé, pédagogique et empreint d’émotions, afin d’évoquer l’expérience combattante de ces hommes venus de toute parts.

DSC05783DSC05792DSC05801DSC05807DSC05810DSC05779

Dès l’entrée, le visiteur est invité à situer la bataille de Verdun dans le temps et l’histoire, puis à mettre ses pas dans ceux d’un soldat qui part vers les premières lignes. Au cœur de la visite, un spectacle audiovisuel de 100m2 évoque l’expérience combattante dramatique de ces hommes sur un champ de bataille dévasté, tandis qu’une crypte permet d’entrer dans l’intimité fragile d’un soldat exposé au feu des canons.

DSC05852DSC05853DSC05861DSC05865DSC05868

Le second niveau laisse découvrir aviateurs, artilleurs, états-majors qui prennent part à la bataille ainsi que la vie en Meuse aux arrières immédiats du front où les médecins travaillent sans répit. Le quotidien en France et en Allemagne est mis en scène au travers du regard des soldats en permission tandis qu’un film raconte la construction de la mémoire de la bataille de Verdun.

DSC05812DSC05838DSC05851

Au dernier niveau de visite, entièrement ajouté en 2015, les murs du Mémorial s’ouvrent sur le paysage environnant. Le champ de bataille se contemple et s’apprivoise à l’aide de bornes interactives, aux côtés d’un espace d’exposition temporaire, d’un centre de documentation, d’un lieu de détente et d’une salle pédagogique.

DSC05872DSC05876DSC05881DSC05882DSC05886

Fernand Ducom, ancien combattant et premier conservateur du Mémorial, précise le 7 octobre 1966 : « Il manquait au secteur de Verdun, à côté de ses forts et de ses cimetières, un endroit où la bataille pût être reconstituée et expliquée ».

DSC05893DSC05896

Le mémorial de Verdun est inauguré le 17 septembre 1967 en présence d’Henri Duvillard, ministre des Anciens combattants.

DSC05907DSC05910DSC05912

« Ce Mémorial a été édifié par les survivants de Verdun, en souvenir de leurs camarades tombés dans la bataille pour que ceux qui viennent se recueillir et méditer aux lieux mêmes de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus » — Maurice Genevoix.

DSC05921DSC05926DSC05931DSC05933

Un mémorial de la bataille de Verdun ? Pourquoi ? Parce que les survivants, bien au-delà de leur propre personne, veulent perpétuer le souvenir de tous ceux qui sont tombés, de Souville au Mort-Homme, du Bois des Caures à Douaumont. Parce qu’ils veulent commémorer une bataille qui a marqué un tournant décisif de la longue histoire des hommes. Parce qu’ils souhaitent que les hommes de demain, venant se recueillir au lieu même de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus.

DSC05936DSC05945

Une guerre devenue totale. La bataille de Verdun s’inscrit dans un conflit dont les dimensions stupéfient déjà ses contemporains. C’est bien la « Grande guerre » : grande par le nombre de pays engagés, grande par les sacrifices des civils et des militaires. Dix millions de soldats sont morts au combat entre 1914 et 1918.

DSC05948DSC05952DSC05955DSC05967

De différend localisé, le conflit s’étend à grande vitesse en Europe et dans le monde par le jeu des alliances entre les puissances coloniales. Chaque nation justifie son entrée en guerre par la menace d’agression qu’elle perçoit. L’Allemagne se sent prise en étau entre la Russie et la France. Pour attaquer la France, elle viole la neutralité belge, ce qui décide la Grande-Bretagne à soutenir la France. Celle-ci résiste : l’espoir d’une guerre courte disparaît. L’équilibre relatif des forces conduit à une interminable guerre de tranchées sur le front ouest. La guerre se transforme en une guerre totale où la puissance des armes engagées et des ressources de chaque pays deviennent décisives.

DSC05901DSC05902DSC05971

De 1914 à 1918 : la guerre omniprésente à Verdun. Alors que la bataille de la Marne (5-12 septembre 1914) stoppe l’avancée allemande vers Paris, la place fortifiée de Verdun devient le pivot Est du dispositif militaire français. Attaquée fin septembre, elle résiste mais se trouve enserrée sur trois côtés par l’armée allemande. La guerre de position fait rage en 1915 au sud et à l’ouest de Verdun : les soldats creusent des sapes et déposent des charges explosives sous les lignes adverses. Ces combats sans fin sont occultés par la « bataille de Verdun » en 1916. L’armée allemande veut s’emparer de la place forte pour réduire le saillant de Verdun et porter un coup décisif à l’armée française, déjà très affaiblie par les pertes d’un an et demi de guerre. Elle lance une offensive sans précédent le 21 février 1916. La résistance française est opiniâtre, mais elle ne parvient pas à reprendre les forts perdus de la rive droite qu’à la fin de l’année 1916. Les opérations de reconquête se poursuivent en 1917. Pourtant, seules les opérations franco-américaines de septembre 1918 permettent de repousser les troupes allemandes et de desserrer leur étau. Un mois plus tard, leur résistance s’effondre. L’armistice signé le 11 novembre clôt cinquante-deux mois de guerre en Meuse.

DSC05976DSC05977DSC05981

 

Publié dans artillerie lourde, la Grande Guerre, mémorial de Verdun, Verdun; la Grande Guerre | Laisser un commentaire