Joyeux graffeurs brestois

29-DSC0967240-DSC0968345-DSC0968821-DSC0966401-DSC09644Les Renc’Arts Hip-hop se sont refermés sur la jam graffiti qui réunissait les C29 et les Crazy Partners, deux collectifs de graffeurs bretons, ce dimanche 2 avril, en fin de journée. À pied d’oeuvre depuis le vendredi pour certains d’entre eux, les artistes des deux « crews » (équipes, collectif) ont investi les murs du rond-point de Palaren, sous les lignes de chemin de fer.

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Plusieurs centaines de personnes ont déambulé durant le week-end des 1 et 2 avril pour voir l’évolution des différentes fresques, les graffeurs étaient satisfaits de se dire qu’ils seraient rapidement des milliers : « On a un peu déplacé le port de co’: à l’époque où les graffitis se faisaient sur le port, beaucoup de gens venaient régulièrement pour voir les nouvelles pièces. Avec ce nouveau mur, on fait le lien entre la station d’épuration, la plage et l’arrière du spadium, une nouvelle balade pour les amateurs de murs colorés ! ».

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Organisé en block party, ce dernier événement concluait la vingtième édition des Renc’arts Hip-hop, comme un bon gros gâteau d’anniversaire avec, en guise de bougies, le soleil et la musique de Dj Ronn et de ses invités.

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Inoubliable Ouessant!

008-008-DSC08708010-010-DSC08710011-011-DSC08711Je vais passer en revue quelques courtes descriptions de la vie au Créac’h, du phare de Kéréon, de l’optique de Fresnel, du phare d’Ar-Men, du phare et du port du Stiff et enfin du label « Produit des îles ».

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Un fils de gardien n’a pas oublié les « gommes carrées » (lance pierre) qu’il utilisait pour viser le haut du phare (du Créac’h) avec de petits galets ronds : « On entendait les galets ricocher en haut de la tour, mais on n’a pas fait ça très souvent car on savait qu’on aurait été grondés… ». Les jeux de billes, vélos et marelles devaient s’interrompre pendant la sieste des gardiens qui avaient assuré les quarts de nuit.

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Une auxiliaire de phare se souvient en riant que « les enfants au Créac’h ont vu le diable. Ils ont fait tellement de tours aux vieux gardiens que l’un d’eux s’était déguisé en diable et a surgi dans la centrale pour leur faire peur ! »

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Certaines nuits, lorsque le ciel était couvert, le son grêle des sonnettes retentissait à la porte de chaque logement. « Quand on entendait la sonnette » dit une épouse de gardien « on savait que les oiseaux étaient là. On les votait dans les rayons. Il était temps de prendre l’haveneau ». Car lorsque le temps est couvert, les oiseaux tournent autour du phare (du Créac’h), leur seul point de repère, parfois jusqu’à épuisement. Pendant longtemps, grives, étourneaux et autres passereaux, ont amélioré l’ordinaire des îliens.

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Kéréon. « Monumental et indestructible, c’est un château de tempête, un ouvrage de guerre, si rassurant lorsque la mer devient folle mais pesant comme une prison lorsque, à une encablure d’ici, les senteurs de foin coupé et la légèreté de l’air invitent à l’amour » Louis Cozan.

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Kéréon, c’est un château, un palais, une érection au milieu du Fromveur entre Ouessant et Molène. À ses pieds, le courant des plus puissants d’Europe, un courant qui lève des mers monstrueuses les jours de vives eaux quand la mer cherche à résister au vent.

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Le 15 décembre 1989, une vague fait exploser les hublots de la cuisine, puis ce sont ceux du deuxième et troisième étage qui cèdent, le phare (de Kéréon) est inondé. Les deux gardiens se réfugient ici et entre trois heures et six heures du matin, le phare bouge tellement qu’ils pensent leur dernière heure venue. On est face à la dualité de la vie de gardien entre « enfers » et « paradis » ? C’est l’émotion que suscite ce paradoxe qui en a construit la notoriété.

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« Ces tours que se bâtit l’enfance,

Pour mieux s’abandonner au rêve

Ont des allures de forteresse…

La mienne était ici dressée au milieu des eaux bouillonnantes,

Et je l’observais de ma chambre en imaginant mille histoires : Kéréon »     Aurélie Prouff

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Optique de Cordouan, 1823 – Première application de l’invention de la lentille à échelons par Augustin Fresnel.

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Jusqu’au début du 19ème siècle, la lumière des phares est réfléchie dans de grands miroirs paraboliques. Dès 1820, Augustin Fresnel imagine de non plus réfléchir la lumière, mais de la réfracter au travers d’une lentille découpée en plusieurs segments dont il n’utilise que la partie convexe utile à la réfraction. Cette optique a été installée au phare de Cordouan en 1823, où elle a remplacé un appareil de 12 réflecteurs paraboliques équipés d’autant de becs d’Argand.

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Elle est constituée de 8 panneaux jointifs formant un tambour dioptrique vertical. Afin de récupérer la lumière passant au-dessus de ce tambour, Fresnel installe de petite lentilles inclinées qui recueillent les rayons hauts et les dirigent vers l’horizon par le biais de miroirs. En partie basse, 4 rangées de 32 petits miroirs permettent de réfléchir la lumière uniformément vers l’horizon, prolongeant ainsi la durée des éclats. Par la suite, ces miroirs seront remplacés par des anneaux catadioptriques.

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Cet appareil, qui fut le premier du genre à équiper un phare, émerveilla le monde maritime par la vivacité de ses feux. Suite à ce succès, la commission des Phares va s’efforcer d’équiper le maximum d’établissement avec ces nouvelles optiques. Véritable révolution dans la technique d’éclairage des côtes, la lentille à échelons fut adoptée par les pays du monde entier.

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Ar-Men, l’enfer des enfers… Les gardiens nomment les phares à terre les « paradis » et les phares en mer les « enfers ». A l’extrémité occidentale de la chaussée de Sein, le phare d’Ar-Men est considéré comme le plus dur, « l’enfer des enfers ».

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Plus exposé que tout autre à la force du courant et des lames, ce petit phare à l’histoire mouvementée a acquis une dimension mythique. En 1921, le gardien-chef Sébastien Plouzénnec, qui observe un navire aux jumelles sur la plate-forme est emporté par une lame. Trois ans plus tard, un incendie se déclare dans la cuisine. La fumée envahit l’escalier alors que les 3 gardiens sont dans la lanterne. L’un d’eux est un unijambiste rescapé de la grande guerre. Ils doivent s’échapper par l’extérieur de la tour, s’accrochant au câble du paratonnerre, et parviennent à maîtriser l’incendie à la fin de la nuit.

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Les tempêtes sont nombreuses dans le Raz de Sein. En mars 1962, une lame fait exploser 3 carreaux de la cuisine pour s’engouffrer dans la pièce et défoncer la porte des toilettes. Le choc des vagues est si violent que la maçonnerie en tremble. Un baromètre tombe et se brise, un extincteur se vide de son contenu. Un mois plus tard, c’est la porte d’entrée qui est arrachée…

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Le phare du Stiff est un des phares de l’île d’Ouessant. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 juillet 2011.

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En 1699, Vauban décida d’élever au sommet de la falaise du Stiff, point culminant de l’île d’Ouessant, deux tours tronconiques accolées, l’une abritant l’escalier, l’autre les logements des gardiens et le magasin de stockage du charbon, que l’on peut toujours identifier dans l’architecture de l’édifice. Il est un des 6 premiers phares construits par Vauban et un des plus anciens phares de France encore en activité après celui de Cordouan.

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Le port du STIFF est le port le plus important de l’île. C’est via ce port que transitent les passagers ainsi que les marchandises. Il arrive parfois, par fort vent d’est que les mouvements des passagers s’effectuent au port de LAMPAUL.

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Le lancement de « Produit des îles » est un des moyens de soutenir l’activité insulaire. Le 31 mars 2017 se tenait à Sein l’assemblée générale de l’association les 11 Iles du Ponant (AIP) à laquelle adhèrent les principales îles bretonnes et l’Ile d’Aix. On y a parlé attractivité, aménagement du territoire mais aussi développement économique. Avec à la clé, la création d’une marque « Produit des îles ».

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Il y a encore quinze ans, l’activité économique insulaire se résumait au tourisme. Ce temps où les îles étaient peuplées uniquement de retraités de la pêche et de la marine marchande est révolu. Depuis quelques années, les îles attirent de nouveaux habitants. Des jeunes, qui viennent souvent du continent, veulent y vivre et y travailler. Les élus en sont conscients, ils font tout pour attirer ces nouveaux habitants et faciliter leur installation. Nombreux sont ces nouveaux venus qui créent leur propre boîte, renforçant ainsi le réseau économique existant.

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Ces derniers mois, l’AIP a décidé de lancer et d’accompagner une marque « Produit des îles ». Cette marque est un réseau de professionnels et de structures associatives, à même de créer de l’emploi et de donner de la valeur ajoutée à des produits, tout au long de l’année, les activités saisonnières sont exclues de ce dispositif. Cela concerne aussi bien la fabrication de produits alimentaires comme des biscuits et des fromages que des cosmétiques, mais aussi des services comme la restauration, l’hébergement, le nautisme, l’hôtellerie et l’artisanat, du bâtiment à la céramique.

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Ouessant, l’île aux cinq phares

036-DSC07164051-DSC07180006-DSC07132021-DSC07149Entre Molène et Ouessant, la traversée est marquée par le passage du célèbre courant du Fromveur, qui relie la manche à la Mer d’Iroise.

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C’est ainsi qu’un mercredi matin à 9h, après un réveil bien matinal, nous nous sommes retrouvées sur le port du Conquet, prêts à embarquer pour l’île la plus à l’Ouest de France Métropolitaine. La traversée Le Conquet/Ouessant dure environ 1h. Ce jour-là nous avons eu de la chance, il faisait presque beau, et la mer n’était pas trop agitée. Un petit arrêt sur l’île de Molène et nous débarquons vers 10h50 au port du Stiff à Ouessant. Là, nous partons vers La pointe de Penn Arlan, au sud-est de l’île qui abrite un joli petit port, base de la mise à l’eau de l’hydrolienne Sabella D10.

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L’île d’Ouessant, dispose d’un climat propice au développement d’une faune et d’une flore remarquable. Le sud est riche en végétation, on y trouve énormément de bruyère et d’ajonc ainsi qu’une multitude de fleurs sauvages et colorées. La partie nord est en revanche beaucoup plus rocheuse, rempart immuable contre la mer.

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Des phares majestueux se dressent autour de l’île, sentinelle de lumière, que vous pourrez approcher par la mer ou observer depuis la côte îlienne. On peut se promener sur les sentiers de randonnées qui parcourent l’île.

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Par son éloignement de la terre, la beauté rude de ses paysages, son histoire liée à la mer et à ses traditions, l’île d’Ouessant est une destination rare et particulière. A pieds ou à vélo, ce joli petit bout de terre est à parcourir sans modération.

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Le bourg d’Ouessant s’appelle Lampaul. Ses habitants sont appelés les Ouessantins. Ouessant fait partie du parc naturel régional d’Armorique et du parc naturel marin d’Iroise.

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La côte sud ouessantine est plus riche en végétation que la côte nord. On y trouve énormément de bruyère et d’ajonc, ainsi que de diverses sortes de fleurs sauvages et colorées à l’abri d’un mur ou au coin d’un buisson. Les ronces poussent à profusion sur l’île, et les mûres sont réputées pour leur qualité, elles se cueillent traditionnellement afin de réaliser tartes, confitures, sirops ou autres délices sucrés.

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La côte nord de l’île est beaucoup plus sauvage. On n’y trouve que de vastes parterres d’herbe. Les arbres sont assez peu nombreux à Ouessant. Aucune véritable forêt n’existe, et les seuls arbres se trouvent dans les jardins des particuliers ou dans le Stang ar glan (vallon humide situé au centre de l’île) ainsi qu’à proximité des lavoirs.

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L’île d’Ouessant est une terre peu cultivée. Cependant, malgré l’exposition des sols aux vents et au sel, l’agriculture reprend petit-à-petit sa place dans l’île. Depuis quelques années, les habitants n’hésitent pas à consacrer quelques parcelles de terrain à la culture de pommes de terre, de carottes, de salades ou autres légumes de base. L’île espère d’ailleurs obtenir son label rapidement.

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La faune – L’isolement dû à l’insularité, a favorisé l’émergence d’espèces endémiques, caractérisées par leur relatif nanisme. Si les chevaux nains d’Ouessant, ont disparu, l’île possède toujours, même si elle a été menacée de disparition, sa propre race ovine, le mouton d’Ouessant, la plus petite espèce de moutons au monde.

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« Il existait jadis une race de moutons nains. Elle tend à disparaître, comme a disparu une race également naine de chevaux. (…) Pendant l’hiver, ils sont libres. Pendant les quelques mois de la récolte, comme on ne peut pas les parquer comme à Molène dans un îlot, on les entrave. Ce sont les gamins qui ont mission d’aller les changer de place. Seulement les gamins, ça oublie. Alors de temps en temps on retrouve un mouton étranglé. Ces moutons en liberté, comment s’y reconnaître ? Chaque famille a une marque déposée, enregistrée à la mairie, une combinaison de trous dans l’oreille, et chacun reconnaît les siens. Ceux qui n’ont pas de marque sont présentés trois fois de suite au printemps, à la sortie de la messe. Si l’on ne retrouve pas leur propriétaire, on les vend au profit du bureau de bienfaisance. L’hiver, le vent cavalcade sur la falaise. Alors, on a fabriqué des abris à moutons : à hauteur de mouton, un noyau de pierres avec trois petits murs rayonnant en étoile. Selon la direction du vent, les moutons se tassent, pour dormir sous la lune, dans l’un ou l’autre des trois crans. »

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L’insularité a aussi favorisé le maintien d’espèces disparues ou en voie de disparition sur le continent. Ouessant est ainsi devenu le sanctuaire de l’abeille noire (Apis mellifera mellifera): cette espèce, qui avait presque disparu de France, est bien conservée dans l’île, milieu préservé des pollutions et des pesticides et à l’abri du varroa. Cette race d’abeilles a presque disparu du continent, remplacée par l’abeille jaune. L’association « Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne » protège, sauvegarde et développe cette race d’abeilles et vise à la réintroduire dans tout le Grand Ouest français.

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Par ailleurs, Ouessant et l’archipel de Molène abritent une colonie de phoques gris, qui est la plus méridionale d’Europe, principalement à la Pointe de Cadoran, sur la côte nord d’Ouessant, ce qui s’explique par les forts courants marins qui homogénéise la température de l’eau de mer, qui ne dépasse guère 15 degrés, les phoques gris ne supportant pas une température plus élevée.

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Plounéour-Ménez: le toit du pays.

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Plounéour-Ménez est une commune du département du Finistère qui fait partie du Parc naturel régional d’Armorique. Plounéour-Ménez a été labellisée « Commune du patrimoine rural de Bretagne » en 2015.

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Plounéour-Ménez, le toit du pays. La paroisse appartenait à l’ancien évêché de Léon, mais à la limite des évêchés de Cornouaille et du Trégor (d’où la « légende des trois Évêques ») et se situe dans le massif armoricain et plus précisément dans les Monts d’Arrée. Son territoire est limité au sud par des sommets de l’Arrée (les Roc’h Ruz, Roc’h Tredudon et Roc’h Trevezel qui culminent tous les trois aux environs de 380-385 mètres) qui sont totalement englobés dans la commune car la limite avec les communes voisines de Botmeur et La Feuillée passe au sud des dits sommets ; le Queffleuth, qui prend sa source à proximité de celle de la Penzé (au pied du versant nord du Roc’h Trédudon), traverse les étangs de l’abbaye du Relec et se jette dans la Rivière de Morlaix, sert de limite communale avec Le Cloître-Saint-Thégonnec. Le village est à 250 mètres d’altitude, mais celle-ci s’abaisse jusqu’à 125 mètres dans la partie aval de la vallée du Queffleuth, au nord-est de la commune.

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La région de Plounéour-Ménez et des villages voisins du Léon a connu un âge d’or grâce au commerce du lin du XVIe et XVIIIe siècles, époque des grands commerces entre la Bretagne et l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et l’Amérique latine, via les ports de Morlaix et de Landerneau. Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région : les « julots » (en breton, au pluriel juloded), à l’imitation des marchands hollandais de Morlaix, les « Julius ». Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des monts d’Arrée, cette aristocratie paysanne (on parle parfois de « demi-nobles »), pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux, y compris à Plounéour-Ménez, même si ceux de certaines paroisses voisines sont plus célèbres.009-DSC06206

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Selon P. Hémon, dans un article publié en 1913, « la partie de notre département où les habitants en avaient atteint la plus grande connaissance semble être originairement la plus rapprochée de l’abbaye du Relecq, en Plounéour-Ménez. Les moines étaient très aimés de leurs vassaux, dans les affaires desquels ils se trouvaient immiscés continuellement, attendu que c’était le dernier-né qui jouissait des avantages attachés à la primogéniture ». L’abbé se trouvait donc souvent tuteur de son vassal en bas-âge, et avait pour toute la famille une tendresse vraiment paternelle ».021-DSC06218026-DSC06223

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« Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la toile est la seule activité industrielle de la paroisse. Elle constitue pour l’immense majorité de la population la source d’un revenu d’appoint qui s’ajoute au profit que les habitants de Plounéour-Ménez tirent de leurs terres peu fertiles. Plus largement les activités comme les tanneries, le papier ou encore le tabac sont fréquentes dans le Léon. (…) Ces marchands sont des personnes aisées : la valeur totale des biens inventoriés chez eux représentent au moins le quintuple de ce que possèdent la majorité des habitants de Plounéour-Ménez ; c’est-à-dire au moins 2 000 livres contre 400 livres, au début du XVIIIe siècle. (…) François Croguennec, qui en 1765, se fait construire une imposante demeure à Kergaradec-Bihan (depuis 1857 en Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec), le fil et la toile représentent 62 % de la valeur totale des biens inventoriés sur l’exploitation (…) qui porte sur plus de 10 000 livres. »

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Les Juloded construisirent de belles maisons à porche surélevé, dites « maisons anglaises » dont de nombreux exemples sont encore visibles à Plounéour-Ménez : près de la moitié des maisons de juloded qui ont été identifiées dans le Haut-Léon sont situées à Plounéour-Ménez, par exemple dans le village de Kermorvan qui garde la mémoire des familles Madec et Queïnnec, l’ascension sociale de cette dernière étant symbolisée par l’élection d’un de ses membres, Jacques Queinnec, comme député de la Convention. Certains Juloded étaient beaucoup plus aisés que la plèbe nobiliaire locale : en 1736, la maison de René Léon à Penher en Plounéour-Ménez dispose d’une surface habitable d’environ 300 m², soit plus que celle de nombreux manoirs. D’ailleurs certaines maisons de Juloded sont dénommées manoirs.027-DSC06224

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Ils construisirent aussi, implantés généralement à proximité d’un cours d’eau mais à l’écart des habitations en raison des odeurs, des kanndi ou « maisons à buée », avec une cheminée à l’un des pignons, une ou deux portes et parfois des fenêtres, consacrés au rouissage du lin. Celui-ci, placé dans un douet où les fibres de lin étaient mélangées à de la cendre, était foulé dans d’immenses auges en granite (cuve de buanderie) disposées le plus souvent à l’autre pignon, près de la cheminée indispensable pour chauffer l’eau. On en voit encore quelques-uns dans la campagne plounéourienne, au village de Resloas par exemple qui en comptait trois au début du XIXe siècle. Près de 230 kanndi dont des traces subsistent ont été recensés sur les trois communes de Plounéour-Ménez, Commana et Sizun. Cette activité s’effondra lors des guerres de la Révolution française et de l’Empire, en partie à cause du Blocus continental.024-DSC06221

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Alimenté par l’eau d’une source, un douet servait à rincer le fil. Les dalles de schiste appelées « repamoirs » permettaient de reposer les écheveaux. Après une journée passée dans le kanndi, le fil était rapporté près de la maison. Il y était étendu sur le courtil et le soleil poursuivait le blanchissement durant 15 jours. Le cycle était répété de 6 à 9 fois et il fallait plusieurs mois avant d’obtenir un blanchissement correct. Un kanndi pouvait ainsi blanchir chaque année assez de fil pour fabriquer une centaine de toiles d’environ 120 m de long et de 0,90 m de large.

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Cet habitat contraste avec celui, beaucoup plus modeste, des paysans ordinaires qui vivaient souvent dans des longères caractérisées par l’habitat mixte (cohabitation des hommes et du bétail sous un même toit, parfois dans une même pièce) et de petites fenêtres, qui fut majoritaire du Moyen Âge au XIXe siècle. Des logis indépendants, avec séparation des habitats des hommes et des animaux, apparurent progressivement à partir du XVIIe siècle, d’abord chez la paysannerie aisée avant de se généraliser progressivement dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec même parfois l’ajout d’un étage. Des maisons à avancées (en breton apotheiz) sont aussi apparues, comme dans le nord de la Cornouaille voisine.056-DSC06253

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Les juloded dominaient le « corps politique » de la paroisse : en 1700, le greffier de la fabrique de Plounéour-Ménez se plaint qu’il est « difficile de trouver tous les douze [membres] ensemble pour délibérer à cause des voyages qu’ils font fréquemment au sujet de leur commerce ». Plusieurs Juloded semblent avoir eu à domicile des « prêtres habitués », c’est-à-dire à leur service et résidant chez eux, par exemple à Plounéour-Ménez chez Anne Pouliquen à Kermorvan et chez Guillaume Nicolas à Lesménez.

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Patrimoine naturel :

Les sommets des monts d’Arrée : Roc’h Ruz, Roc’h Tredudon (à son sommet se trouve un émetteur TDF), Roc’h Trevezel.

Les ardoisières (siuées sur le versant nord des monts d’Arrée).

La tourbière du Diry, en amont du bassin-versant du Queffleuth, au sud de l’abbaye du Relec, est zone Natura 2000 et classé ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique).

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Monuments :

L’église Saint-Yves et la croix de l’ancien cimetière.

Le calvaire devant l’église Saint-Yves.

Statue et inscriptions, porche de l’église Saint-Yves

L’ Abbaye du Relec et le village du Relec, site classé.

Émetteur de Roc’h Trédudon

L’Église Saint-Yves de Plounéour-Ménez, construite entre 1649 et 1684 Le portail de l’enclos paroissial date du XVIIe siècle et le calvaire qui y est situé de 1540. Le clocher-porche date de 16518, le porche étant à étage (rare).070-DSC06267071-DSC06268073-DSC06270

Le Manoir de Penhoat et son allée : (XVIe et XVIIe siècles), site classé, propriété privée. Ses origines remontent à la fin du XVe siècle, mais la majeure partie des bâtiments remontent pour partie au XVIIe siècle, pour le reste du XIXe siècle. Le parc, aménagé à partir de 1865, contient des espèces végétales rares et figure depuis 1992 dans le pré-inventaire des jardins remarquables du Finistère. Le manoir, ses abords et l’allée de hêtres sont site classé depuis l’arrêté du 14 mars 1946.076-DSC06273

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La Chapelle de Bodonou

100-dsc05795101-dsc05796113-dsc05808117-dsc05812Construite au début du XVIe siècle, la chapelle était alors plus longue qu’aujourd’hui, le clocher à double flèche surmontant le milieu de l’édifice. Restaurée en 1823, elle fut réduite de moitié, le clocher se retrouvant ainsi au-dessus du chœur, lui-même adossé au majestueux arc central de l’ancienne chapelle ce qui donne à l’ensemble une allure singulière pour la région.

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La légende de Bodonou est rapportée dans de nombreux ouvrages, toujours sous la même forme:

« En ce temps-là, la peste ravageait notre pauvre pays : les morts s’entassaient sur les morts, et les survivants, craignant la contagion, n’osaient les enterrer. De ce fait, tout commerce était suspendu, les marchés n’avaient plus lieu et les routes étaient désertes. Seuls quelques meuniers, ne connaissant que leur devoir, ou tentés par l’âpre désir du gain, continuaient leur travail d’aller chercher le grain à domicile et d’y apporter la farine…

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Un de ceux-ci, un jour, trouva sur sa route une belle dame, dont les petits souliers fins n’osaient braver la boue des chemins défoncés. La belle dame l’interpella :

– Meunier, meunier, ne pourrais-tu pas m’offrir une place sur tes sacs de grains ?

– A votre bon vouloir, ma belle dame ! Montez, montez mais où allez-vous ?

– Plus loin que tu ne vas toi-même, meunier. Mais je m’arrêterai là où tu t’arrêteras.

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La belle dame monta et son poids sembla avoir allégé la charge du petit cheval qui trottait, trottait, comme un vrai bidet breton qu’il était. Et la conversation s’engage. La belle étrangère apprend l’épidémie qui ravage le pays; elle apprend que son conducteur, le meunier, a perdu sa femme et ses enfants de la terrible maladie, bref elle connaît dans tous ses détails la grande pitié de ce coin de Bretagne… Et elle s’apitoie.

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Subitement à un endroit de la route, le plus défoncé et le plus boueux, elle prie le meunier d’arrêter son cheval pour qu’elle descende…

– Mais, ma belle dame, nous ne sommes pas arrivés.

– Je veux descendre.

– Pas ici, voyons, vous enfonceriez dans la boue jusqu’aux genoux.

– Meunier, meunier; ne t’inquiète pas. Descends-moi.

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Le meunier s’arrête. Alors la belle dame :

– Meunier, tu fus bon et charitable. Pour te récompenser je te promets que la peste ne dépassera jamais cet endroit-ci. Et tu peux avoir confiance en moi : je suis Notre-Dame de Bodonou !

Ayant dit ceci, elle saute légèrement à terre qui, élastique comme un tremplin, la renvoie dans le ciel où peu à peu elle disparut aux yeux étonnés et émerveillés du meunier…

À l’endroit précis ou son pied céleste avait touché le sol, une fontaine vive et abondante jaillit, qui jamais depuis n’a tari…

Et la peste ne franchit jamais cette limite sacrée… »

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Gouesnou: le massacre de Penguerec

081-dsc05088Le massacre de Penguerec est un crime de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Il a eu lieu le 7 août 1944 à Gouesnou, près de Brest.  C’est un cas spécifique dans le pays, par son ampleur (44 victimes), et parce qu’il a été commis par la Wehrmacht et non la SS, sans préparation majeure contrairement au massacre d’Oradour-sur-Glane.

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Depuis le succès confirmé du débarquement du 6 juin 1944, notamment la percée d’Avranches le 30 juillet 1944, les Alliés progressent dans le nord-ouest de la France. Rennes a été reprise le 4 août 1944 et les troupes avancent pour libérer le reste de la Bretagne. Celle-ci étant une presqu’île et les mers étant sous contrôle allié, les troupes allemandes ne pourront s’échapper. Brest et son port militaire (bâtiments de surface et sous-marins) ont été bombardés mais restent une cible des troupes de Patton, notamment pour le ravitaillement.

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Les débuts : Des renforts appelés par les troupes situées à Gouesnou arrivent et passent par le lieu-dit de ‘Penguerec’, sur la route de Brest à Gouesnou. Arrivés à la ferme Phelep, à Penguerec, ils fouillent la ferme à la recherche de partisans et tuent 4 de leurs occupants. Seuls 3 enfants parviennent à s’enfuir. Les soldats arrivent ensuite au centre de Gouesnou – où se situe l’église – qui est sécurisée. Il est interdit à quiconque de s’approcher ou de mettre la tête à la fenêtre. Sébastien Le Ven (père) sera ainsi tué alors qu’il tentait de voir ce qui se déroulait.

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La rafle : Les Allemands décident alors de capturer toutes les personnes qu’ils découvrent dans le bourg ainsi que les voyageurs de passage. Ils emmènent ensuite leurs 42 prisonniers, âgés de 16 à 71 ans et dont 4 femmes, à Penguerec, à une quinzaine de minutes du centre du bourg, où ils fusillent tous leurs prisonniers et mettent le feu à leurs corps. Il n’y a aucun survivant.

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Découverte du massacre : La tension est forte jusqu’au soir et le couvre-feu exigé par les Allemands est respecté par tous. Sœur Paul, sœur infirmière, sort pour en savoir plus vers 19 h 30. C’est elle qui découvrira le charnier. Les corps sont difficiles à reconnaître et les victimes seront identifiées grâce à la liste des personnes manquant à Gouesnou. Neuf cadavres resteront non identifiés, il s’agit probablement de personnes en déplacement pour ou depuis Brest.

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Analyse : Le massacre de Penguerec est un crime de guerre puisqu’il s’agit d’un assassinat de populations civiles que ne justifient pas les exigences militaires. Par ailleurs, la 3e brigade antiaérienne de la Kriegsmarine ne correspond pas aux quatre critères déterminants pour les unités responsables de massacres de masse en France, tels que définis par Peter Lieb : leurs membres sont imprégnés par l’idéologie nationale-socialiste, elles ont combattu sur le front de l’Est, se perçoivent comme une unité militaire d’élite et ont déjà participé à des opérations de lutte contre les partisans.

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Le cas de Penguerec n’est pas unique ; deux jours auparavant, également en Bretagne, des unités de la Wehrmacht assassinent 25 civils à Saint-Pol-de Léon ; le 29 août, dans le département de la Meuse, des soldats de la 3e division de Panzergrenadiers fusillent 86 hommes à Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saux et Magnéville. Comme les massacres commis par la Waffen-SS, notamment à Oradour-sur-Glane et à Tulle, et même si le contexte est différent, la tuerie de Penguerec suit les principes de l’ordonnance de Sperrle et les ordres du haut commandement de la Wehrmacht.

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Un cargo et deux grands ponts à Brest

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L’histoire et la géographie de Brest ; c’est une ville spectaculaire, chahutée, découpée. Et la rade est un merveilleux théâtre.

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Les photos que je présente ici montrent que les ports se sont transformés, fini les immenses friches industrielles, place à des centres d’affaires et culturels au goût des années 2020.

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Le texte qui accompagne mes images porte essentiellement sur deux sujets : l’éolien offshore et les ponts au-dessus de l’Elorn entre Le Relecq-Kerhuon et Plougastel-Daoulas. Ils identifient parfaitement la rade de Brest.

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Pourquoi l’éolien offshore ? Un cargo transportant de très grandes pales d’éoliennes était amarré au quai du port de commerce ce 16 février 2017. Il y a quelques photos de la « Jacquelinne C ».

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Le Pont Albert Louppe : Fleuron de la technologie française, le pont est inauguré le 9 octobre 1930 par le président de la République française, Gaston Doumergue et par le maire de Plougastel, Mathurin Thomas ; trois jours plus tard, le 12, le pont est béni par l’évêque de Quimper accompagné de cinquante mille personnes. En 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande détruit la première arche du pont (côté Brest) pour le rendre inutilisable par les Alliés. En 1949, l’ouvrage est ré-inauguré après élargissement et reconstruction. Il est de nouveau élargi dans les années 1960. En 1994, alors que le pont en deux fois une voie connaissait un trafic moyen de vingt-huit mille véhicules par jour, il y avait de fréquents embouteillages gênant les habitants de Plougastel pour aller travailler à Brest, il a donc été construit le second pont de Plougastel, le pont de l’Iroise. À la mise en service du pont de l’Iroise, le pont Albert-Louppe est déclassé pour la circulation automobile ; il est réservé aux deux-roues et aux piétons. Le pont Albert-Louppe est labellisé « Patrimoine du XXe siècle ». Il tient son nom de l’ancien sénateur du Finistère et ingénieur Albert Louppe, né en 1856 et mort en 1927 alors qu’il était encore en mandat au Sénat ; en tant que président du conseil général du Finistère, il a obtenu la construction du pont quelques années plus tôt.

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Le Pont de l’Iroise : Le pont de l’Iroise a détenu un temps le record du monde de la plus longue travée en béton soutenue simplement par des haubans et non des piles, soit 400 m, pour une longueur totale de 800 m. Les concepteurs du pont doivent prendre en compte les vents parfois violents qui soufflent dans le travers de l’ouvrage. Ou encore son intégration dans un site classé, qui lui vaut en 1995, un an après sa mise en service, l’attribution du prix national des rubans d’or. Le pont de l’Iroise = 45 000 véhicules par jour, dans les deux sens. Sauf quand il est bloqué par des manifestations ou, plus rare, fermé en raison du vent, le besoin d’un pont supplémentaire ne se fait pas sentir. Quand le chantier a été achevé, on a constaté rapidement un effet pont. Les Brestois qui jusque-là quittaient la ville pour s’installer vers Saint-Renan ou Plabennec ont vu une nouvelle opportunité s’offrir à eux : habiter sur la presqu’île de Plougastel. Plusieurs communes alentour en ont tiré un réel bénéfice démographique.

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Le pont de l’Iroise enjambe l’Élorn entre Le Relecq-Kerhuon et Plougastel-Daoulas sur la RN165 qui relie Brest à Quimper. Parmi les ponts à haubans, il possède la troisième plus grande portée principale de France, derrière le pont de Normandie et le pont de Saint-Nazaire et avant le Viaduc de Millau. À la suite d’accidents dus à une vitesse excessive sur le nouveau pont et en raison du nombre de personnes l’empruntant pour aller travailler à Brest, un radar a été placé sur l’ouvrage, en direction de Brest, la vitesse étant limitée sur ce tronçon à 90 km/h. Construit entre 1991 et 1994 il supplée l’ancien pont Albert-Louppe, à proximité et en parallèle, qui est devenu réservé à la circulation des véhicules lents, aux cycles et aux piétons.

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Le tablier, d’un poids total de 26 500 tonnes est précontraint et formé de béton léger pour la partie centrale et en béton ultra-hautes performances pour le reste, les pylônes sont également constitués avec ce type de béton. La travée centrale mesure 400 m de longueur et a été mise en place par encorbellement, les travées de rive ont quant à elles été mises en place par lançage. Il peut s’enorgueillir de faire partie des plus grands ponts à haubans à nappe axiale.

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Le pont a été inauguré le 12 juillet 1994 par Édouard Balladur, Premier ministre en présence de Julien Querré maire du Relecq-Kerhuon. Il s’agit d’un pont à haubans, dont le tablier est directement supporté par une série de câbles. Il mesure 800 mètres de long, et 400 mètres séparent les deux pylônes.

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Le navire JACQUELINE C de type general cargo ship a été construit en 2009 et navigue sous le pavillon United Kingdom. JACQUELINE C affiche une longueur hors tout de 131m et un maître-bau de 21m. Son tonnage est de 9530 tonneaux. Il transporte des immenses pales d’éoliennes offshore.

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Les 6 projets actuels de parcs éoliens offshores en France ont de nombreux obstacles à franchir avant de débuter la phase d’exploitation: recueillir l’adhésion des populations, des marins et des élus, franchir les lourdeurs administratives et relever les défis techniques pour proposer un prix du MWh intéressant. Le Grenelle de la Mer prévoyait 6000 MW d’éolien offshore en 2020 : nous en sommes en 2016 à la moitié, un long chemin reste à faire !

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La France a pris son temps pour mettre en place les outils pour développer de zéro une filière complète d’exploitation des énergies marines renouvelables. Elle arrive à présent à son rythme de croisière pour exploiter au mieux le deuxième gisement européen que représente son littoral. Et qui sait, prendre un jour sa place sur le podium des grands pays producteurs d’énergie.

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A fin 2014, 2 488 éoliennes offshore sont reliées au réseau électrique en Europe. Elles sont réparties entre 74 fermes éoliennes dans 11 pays. Leur puissance installée cumulée atteint près de 8 045 MW, soit l’équivalent de la capacité de 5 réacteurs nucléaires de type EPR.

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En France, deux appels d’offres ont été réalisés dans le domaine de l’éolien offshore. Ils ont abouti à l’attribution de 6 projets de fermes éoliennes d’une puissance cumulée avoisinant 2 920 MW. Elles seront progressivement mises en service à partir de 2018. Un nouvel appel d’offres a été lancé en 2015.

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Les implantations d’éoliennes offshore se font de plus en plus loin des côtes avec des profondeurs d’eau croissantes : les fermes éoliennes sont, à fin 2014, situées en moyenne à 32,9 km des côtes avec une profondeur d’eau de 22,4 m. La France est à la traîne dans le domaine de l’éolien offshore.

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