Plounéour-Ménez: le toit du pays.

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Plounéour-Ménez est une commune du département du Finistère qui fait partie du Parc naturel régional d’Armorique. Plounéour-Ménez a été labellisée « Commune du patrimoine rural de Bretagne » en 2015.

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Plounéour-Ménez, le toit du pays. La paroisse appartenait à l’ancien évêché de Léon, mais à la limite des évêchés de Cornouaille et du Trégor (d’où la « légende des trois Évêques ») et se situe dans le massif armoricain et plus précisément dans les Monts d’Arrée. Son territoire est limité au sud par des sommets de l’Arrée (les Roc’h Ruz, Roc’h Tredudon et Roc’h Trevezel qui culminent tous les trois aux environs de 380-385 mètres) qui sont totalement englobés dans la commune car la limite avec les communes voisines de Botmeur et La Feuillée passe au sud des dits sommets ; le Queffleuth, qui prend sa source à proximité de celle de la Penzé (au pied du versant nord du Roc’h Trédudon), traverse les étangs de l’abbaye du Relec et se jette dans la Rivière de Morlaix, sert de limite communale avec Le Cloître-Saint-Thégonnec. Le village est à 250 mètres d’altitude, mais celle-ci s’abaisse jusqu’à 125 mètres dans la partie aval de la vallée du Queffleuth, au nord-est de la commune.

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La région de Plounéour-Ménez et des villages voisins du Léon a connu un âge d’or grâce au commerce du lin du XVIe et XVIIIe siècles, époque des grands commerces entre la Bretagne et l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et l’Amérique latine, via les ports de Morlaix et de Landerneau. Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région : les « julots » (en breton, au pluriel juloded), à l’imitation des marchands hollandais de Morlaix, les « Julius ». Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des monts d’Arrée, cette aristocratie paysanne (on parle parfois de « demi-nobles »), pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux, y compris à Plounéour-Ménez, même si ceux de certaines paroisses voisines sont plus célèbres.009-DSC06206

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Selon P. Hémon, dans un article publié en 1913, « la partie de notre département où les habitants en avaient atteint la plus grande connaissance semble être originairement la plus rapprochée de l’abbaye du Relecq, en Plounéour-Ménez. Les moines étaient très aimés de leurs vassaux, dans les affaires desquels ils se trouvaient immiscés continuellement, attendu que c’était le dernier-né qui jouissait des avantages attachés à la primogéniture ». L’abbé se trouvait donc souvent tuteur de son vassal en bas-âge, et avait pour toute la famille une tendresse vraiment paternelle ».021-DSC06218026-DSC06223

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« Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la toile est la seule activité industrielle de la paroisse. Elle constitue pour l’immense majorité de la population la source d’un revenu d’appoint qui s’ajoute au profit que les habitants de Plounéour-Ménez tirent de leurs terres peu fertiles. Plus largement les activités comme les tanneries, le papier ou encore le tabac sont fréquentes dans le Léon. (…) Ces marchands sont des personnes aisées : la valeur totale des biens inventoriés chez eux représentent au moins le quintuple de ce que possèdent la majorité des habitants de Plounéour-Ménez ; c’est-à-dire au moins 2 000 livres contre 400 livres, au début du XVIIIe siècle. (…) François Croguennec, qui en 1765, se fait construire une imposante demeure à Kergaradec-Bihan (depuis 1857 en Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec), le fil et la toile représentent 62 % de la valeur totale des biens inventoriés sur l’exploitation (…) qui porte sur plus de 10 000 livres. »

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Les Juloded construisirent de belles maisons à porche surélevé, dites « maisons anglaises » dont de nombreux exemples sont encore visibles à Plounéour-Ménez : près de la moitié des maisons de juloded qui ont été identifiées dans le Haut-Léon sont situées à Plounéour-Ménez, par exemple dans le village de Kermorvan qui garde la mémoire des familles Madec et Queïnnec, l’ascension sociale de cette dernière étant symbolisée par l’élection d’un de ses membres, Jacques Queinnec, comme député de la Convention. Certains Juloded étaient beaucoup plus aisés que la plèbe nobiliaire locale : en 1736, la maison de René Léon à Penher en Plounéour-Ménez dispose d’une surface habitable d’environ 300 m², soit plus que celle de nombreux manoirs. D’ailleurs certaines maisons de Juloded sont dénommées manoirs.027-DSC06224

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Ils construisirent aussi, implantés généralement à proximité d’un cours d’eau mais à l’écart des habitations en raison des odeurs, des kanndi ou « maisons à buée », avec une cheminée à l’un des pignons, une ou deux portes et parfois des fenêtres, consacrés au rouissage du lin. Celui-ci, placé dans un douet où les fibres de lin étaient mélangées à de la cendre, était foulé dans d’immenses auges en granite (cuve de buanderie) disposées le plus souvent à l’autre pignon, près de la cheminée indispensable pour chauffer l’eau. On en voit encore quelques-uns dans la campagne plounéourienne, au village de Resloas par exemple qui en comptait trois au début du XIXe siècle. Près de 230 kanndi dont des traces subsistent ont été recensés sur les trois communes de Plounéour-Ménez, Commana et Sizun. Cette activité s’effondra lors des guerres de la Révolution française et de l’Empire, en partie à cause du Blocus continental.024-DSC06221

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Alimenté par l’eau d’une source, un douet servait à rincer le fil. Les dalles de schiste appelées « repamoirs » permettaient de reposer les écheveaux. Après une journée passée dans le kanndi, le fil était rapporté près de la maison. Il y était étendu sur le courtil et le soleil poursuivait le blanchissement durant 15 jours. Le cycle était répété de 6 à 9 fois et il fallait plusieurs mois avant d’obtenir un blanchissement correct. Un kanndi pouvait ainsi blanchir chaque année assez de fil pour fabriquer une centaine de toiles d’environ 120 m de long et de 0,90 m de large.

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Cet habitat contraste avec celui, beaucoup plus modeste, des paysans ordinaires qui vivaient souvent dans des longères caractérisées par l’habitat mixte (cohabitation des hommes et du bétail sous un même toit, parfois dans une même pièce) et de petites fenêtres, qui fut majoritaire du Moyen Âge au XIXe siècle. Des logis indépendants, avec séparation des habitats des hommes et des animaux, apparurent progressivement à partir du XVIIe siècle, d’abord chez la paysannerie aisée avant de se généraliser progressivement dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec même parfois l’ajout d’un étage. Des maisons à avancées (en breton apotheiz) sont aussi apparues, comme dans le nord de la Cornouaille voisine.056-DSC06253

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Les juloded dominaient le « corps politique » de la paroisse : en 1700, le greffier de la fabrique de Plounéour-Ménez se plaint qu’il est « difficile de trouver tous les douze [membres] ensemble pour délibérer à cause des voyages qu’ils font fréquemment au sujet de leur commerce ». Plusieurs Juloded semblent avoir eu à domicile des « prêtres habitués », c’est-à-dire à leur service et résidant chez eux, par exemple à Plounéour-Ménez chez Anne Pouliquen à Kermorvan et chez Guillaume Nicolas à Lesménez.

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Patrimoine naturel :

Les sommets des monts d’Arrée : Roc’h Ruz, Roc’h Tredudon (à son sommet se trouve un émetteur TDF), Roc’h Trevezel.

Les ardoisières (siuées sur le versant nord des monts d’Arrée).

La tourbière du Diry, en amont du bassin-versant du Queffleuth, au sud de l’abbaye du Relec, est zone Natura 2000 et classé ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique).

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Monuments :

L’église Saint-Yves et la croix de l’ancien cimetière.

Le calvaire devant l’église Saint-Yves.

Statue et inscriptions, porche de l’église Saint-Yves

L’ Abbaye du Relec et le village du Relec, site classé.

Émetteur de Roc’h Trédudon

L’Église Saint-Yves de Plounéour-Ménez, construite entre 1649 et 1684 Le portail de l’enclos paroissial date du XVIIe siècle et le calvaire qui y est situé de 1540. Le clocher-porche date de 16518, le porche étant à étage (rare).070-DSC06267071-DSC06268073-DSC06270

Le Manoir de Penhoat et son allée : (XVIe et XVIIe siècles), site classé, propriété privée. Ses origines remontent à la fin du XVe siècle, mais la majeure partie des bâtiments remontent pour partie au XVIIe siècle, pour le reste du XIXe siècle. Le parc, aménagé à partir de 1865, contient des espèces végétales rares et figure depuis 1992 dans le pré-inventaire des jardins remarquables du Finistère. Le manoir, ses abords et l’allée de hêtres sont site classé depuis l’arrêté du 14 mars 1946.076-DSC06273

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La Chapelle de Bodonou

100-dsc05795101-dsc05796113-dsc05808117-dsc05812Construite au début du XVIe siècle, la chapelle était alors plus longue qu’aujourd’hui, le clocher à double flèche surmontant le milieu de l’édifice. Restaurée en 1823, elle fut réduite de moitié, le clocher se retrouvant ainsi au-dessus du chœur, lui-même adossé au majestueux arc central de l’ancienne chapelle ce qui donne à l’ensemble une allure singulière pour la région.

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La légende de Bodonou est rapportée dans de nombreux ouvrages, toujours sous la même forme:

« En ce temps-là, la peste ravageait notre pauvre pays : les morts s’entassaient sur les morts, et les survivants, craignant la contagion, n’osaient les enterrer. De ce fait, tout commerce était suspendu, les marchés n’avaient plus lieu et les routes étaient désertes. Seuls quelques meuniers, ne connaissant que leur devoir, ou tentés par l’âpre désir du gain, continuaient leur travail d’aller chercher le grain à domicile et d’y apporter la farine…

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Un de ceux-ci, un jour, trouva sur sa route une belle dame, dont les petits souliers fins n’osaient braver la boue des chemins défoncés. La belle dame l’interpella :

– Meunier, meunier, ne pourrais-tu pas m’offrir une place sur tes sacs de grains ?

– A votre bon vouloir, ma belle dame ! Montez, montez mais où allez-vous ?

– Plus loin que tu ne vas toi-même, meunier. Mais je m’arrêterai là où tu t’arrêteras.

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La belle dame monta et son poids sembla avoir allégé la charge du petit cheval qui trottait, trottait, comme un vrai bidet breton qu’il était. Et la conversation s’engage. La belle étrangère apprend l’épidémie qui ravage le pays; elle apprend que son conducteur, le meunier, a perdu sa femme et ses enfants de la terrible maladie, bref elle connaît dans tous ses détails la grande pitié de ce coin de Bretagne… Et elle s’apitoie.

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Subitement à un endroit de la route, le plus défoncé et le plus boueux, elle prie le meunier d’arrêter son cheval pour qu’elle descende…

– Mais, ma belle dame, nous ne sommes pas arrivés.

– Je veux descendre.

– Pas ici, voyons, vous enfonceriez dans la boue jusqu’aux genoux.

– Meunier, meunier; ne t’inquiète pas. Descends-moi.

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Le meunier s’arrête. Alors la belle dame :

– Meunier, tu fus bon et charitable. Pour te récompenser je te promets que la peste ne dépassera jamais cet endroit-ci. Et tu peux avoir confiance en moi : je suis Notre-Dame de Bodonou !

Ayant dit ceci, elle saute légèrement à terre qui, élastique comme un tremplin, la renvoie dans le ciel où peu à peu elle disparut aux yeux étonnés et émerveillés du meunier…

À l’endroit précis ou son pied céleste avait touché le sol, une fontaine vive et abondante jaillit, qui jamais depuis n’a tari…

Et la peste ne franchit jamais cette limite sacrée… »

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Gouesnou: le massacre de Penguerec

081-dsc05088Le massacre de Penguerec est un crime de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Il a eu lieu le 7 août 1944 à Gouesnou, près de Brest.  C’est un cas spécifique dans le pays, par son ampleur (44 victimes), et parce qu’il a été commis par la Wehrmacht et non la SS, sans préparation majeure contrairement au massacre d’Oradour-sur-Glane.

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Depuis le succès confirmé du débarquement du 6 juin 1944, notamment la percée d’Avranches le 30 juillet 1944, les Alliés progressent dans le nord-ouest de la France. Rennes a été reprise le 4 août 1944 et les troupes avancent pour libérer le reste de la Bretagne. Celle-ci étant une presqu’île et les mers étant sous contrôle allié, les troupes allemandes ne pourront s’échapper. Brest et son port militaire (bâtiments de surface et sous-marins) ont été bombardés mais restent une cible des troupes de Patton, notamment pour le ravitaillement.

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Les débuts : Des renforts appelés par les troupes situées à Gouesnou arrivent et passent par le lieu-dit de ‘Penguerec’, sur la route de Brest à Gouesnou. Arrivés à la ferme Phelep, à Penguerec, ils fouillent la ferme à la recherche de partisans et tuent 4 de leurs occupants. Seuls 3 enfants parviennent à s’enfuir. Les soldats arrivent ensuite au centre de Gouesnou – où se situe l’église – qui est sécurisée. Il est interdit à quiconque de s’approcher ou de mettre la tête à la fenêtre. Sébastien Le Ven (père) sera ainsi tué alors qu’il tentait de voir ce qui se déroulait.

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La rafle : Les Allemands décident alors de capturer toutes les personnes qu’ils découvrent dans le bourg ainsi que les voyageurs de passage. Ils emmènent ensuite leurs 42 prisonniers, âgés de 16 à 71 ans et dont 4 femmes, à Penguerec, à une quinzaine de minutes du centre du bourg, où ils fusillent tous leurs prisonniers et mettent le feu à leurs corps. Il n’y a aucun survivant.

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Découverte du massacre : La tension est forte jusqu’au soir et le couvre-feu exigé par les Allemands est respecté par tous. Sœur Paul, sœur infirmière, sort pour en savoir plus vers 19 h 30. C’est elle qui découvrira le charnier. Les corps sont difficiles à reconnaître et les victimes seront identifiées grâce à la liste des personnes manquant à Gouesnou. Neuf cadavres resteront non identifiés, il s’agit probablement de personnes en déplacement pour ou depuis Brest.

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Analyse : Le massacre de Penguerec est un crime de guerre puisqu’il s’agit d’un assassinat de populations civiles que ne justifient pas les exigences militaires. Par ailleurs, la 3e brigade antiaérienne de la Kriegsmarine ne correspond pas aux quatre critères déterminants pour les unités responsables de massacres de masse en France, tels que définis par Peter Lieb : leurs membres sont imprégnés par l’idéologie nationale-socialiste, elles ont combattu sur le front de l’Est, se perçoivent comme une unité militaire d’élite et ont déjà participé à des opérations de lutte contre les partisans.

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Le cas de Penguerec n’est pas unique ; deux jours auparavant, également en Bretagne, des unités de la Wehrmacht assassinent 25 civils à Saint-Pol-de Léon ; le 29 août, dans le département de la Meuse, des soldats de la 3e division de Panzergrenadiers fusillent 86 hommes à Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saux et Magnéville. Comme les massacres commis par la Waffen-SS, notamment à Oradour-sur-Glane et à Tulle, et même si le contexte est différent, la tuerie de Penguerec suit les principes de l’ordonnance de Sperrle et les ordres du haut commandement de la Wehrmacht.

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Un cargo et deux grands ponts à Brest

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L’histoire et la géographie de Brest ; c’est une ville spectaculaire, chahutée, découpée. Et la rade est un merveilleux théâtre.

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Les photos que je présente ici montrent que les ports se sont transformés, fini les immenses friches industrielles, place à des centres d’affaires et culturels au goût des années 2020.

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Le texte qui accompagne mes images porte essentiellement sur deux sujets : l’éolien offshore et les ponts au-dessus de l’Elorn entre Le Relecq-Kerhuon et Plougastel-Daoulas. Ils identifient parfaitement la rade de Brest.

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Pourquoi l’éolien offshore ? Un cargo transportant de très grandes pales d’éoliennes était amarré au quai du port de commerce ce 16 février 2017. Il y a quelques photos de la « Jacquelinne C ».

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Le Pont Albert Louppe : Fleuron de la technologie française, le pont est inauguré le 9 octobre 1930 par le président de la République française, Gaston Doumergue et par le maire de Plougastel, Mathurin Thomas ; trois jours plus tard, le 12, le pont est béni par l’évêque de Quimper accompagné de cinquante mille personnes. En 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande détruit la première arche du pont (côté Brest) pour le rendre inutilisable par les Alliés. En 1949, l’ouvrage est ré-inauguré après élargissement et reconstruction. Il est de nouveau élargi dans les années 1960. En 1994, alors que le pont en deux fois une voie connaissait un trafic moyen de vingt-huit mille véhicules par jour, il y avait de fréquents embouteillages gênant les habitants de Plougastel pour aller travailler à Brest, il a donc été construit le second pont de Plougastel, le pont de l’Iroise. À la mise en service du pont de l’Iroise, le pont Albert-Louppe est déclassé pour la circulation automobile ; il est réservé aux deux-roues et aux piétons. Le pont Albert-Louppe est labellisé « Patrimoine du XXe siècle ». Il tient son nom de l’ancien sénateur du Finistère et ingénieur Albert Louppe, né en 1856 et mort en 1927 alors qu’il était encore en mandat au Sénat ; en tant que président du conseil général du Finistère, il a obtenu la construction du pont quelques années plus tôt.

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Le Pont de l’Iroise : Le pont de l’Iroise a détenu un temps le record du monde de la plus longue travée en béton soutenue simplement par des haubans et non des piles, soit 400 m, pour une longueur totale de 800 m. Les concepteurs du pont doivent prendre en compte les vents parfois violents qui soufflent dans le travers de l’ouvrage. Ou encore son intégration dans un site classé, qui lui vaut en 1995, un an après sa mise en service, l’attribution du prix national des rubans d’or. Le pont de l’Iroise = 45 000 véhicules par jour, dans les deux sens. Sauf quand il est bloqué par des manifestations ou, plus rare, fermé en raison du vent, le besoin d’un pont supplémentaire ne se fait pas sentir. Quand le chantier a été achevé, on a constaté rapidement un effet pont. Les Brestois qui jusque-là quittaient la ville pour s’installer vers Saint-Renan ou Plabennec ont vu une nouvelle opportunité s’offrir à eux : habiter sur la presqu’île de Plougastel. Plusieurs communes alentour en ont tiré un réel bénéfice démographique.

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Le pont de l’Iroise enjambe l’Élorn entre Le Relecq-Kerhuon et Plougastel-Daoulas sur la RN165 qui relie Brest à Quimper. Parmi les ponts à haubans, il possède la troisième plus grande portée principale de France, derrière le pont de Normandie et le pont de Saint-Nazaire et avant le Viaduc de Millau. À la suite d’accidents dus à une vitesse excessive sur le nouveau pont et en raison du nombre de personnes l’empruntant pour aller travailler à Brest, un radar a été placé sur l’ouvrage, en direction de Brest, la vitesse étant limitée sur ce tronçon à 90 km/h. Construit entre 1991 et 1994 il supplée l’ancien pont Albert-Louppe, à proximité et en parallèle, qui est devenu réservé à la circulation des véhicules lents, aux cycles et aux piétons.

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Le tablier, d’un poids total de 26 500 tonnes est précontraint et formé de béton léger pour la partie centrale et en béton ultra-hautes performances pour le reste, les pylônes sont également constitués avec ce type de béton. La travée centrale mesure 400 m de longueur et a été mise en place par encorbellement, les travées de rive ont quant à elles été mises en place par lançage. Il peut s’enorgueillir de faire partie des plus grands ponts à haubans à nappe axiale.

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Le pont a été inauguré le 12 juillet 1994 par Édouard Balladur, Premier ministre en présence de Julien Querré maire du Relecq-Kerhuon. Il s’agit d’un pont à haubans, dont le tablier est directement supporté par une série de câbles. Il mesure 800 mètres de long, et 400 mètres séparent les deux pylônes.

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Le navire JACQUELINE C de type general cargo ship a été construit en 2009 et navigue sous le pavillon United Kingdom. JACQUELINE C affiche une longueur hors tout de 131m et un maître-bau de 21m. Son tonnage est de 9530 tonneaux. Il transporte des immenses pales d’éoliennes offshore.

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Les 6 projets actuels de parcs éoliens offshores en France ont de nombreux obstacles à franchir avant de débuter la phase d’exploitation: recueillir l’adhésion des populations, des marins et des élus, franchir les lourdeurs administratives et relever les défis techniques pour proposer un prix du MWh intéressant. Le Grenelle de la Mer prévoyait 6000 MW d’éolien offshore en 2020 : nous en sommes en 2016 à la moitié, un long chemin reste à faire !

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La France a pris son temps pour mettre en place les outils pour développer de zéro une filière complète d’exploitation des énergies marines renouvelables. Elle arrive à présent à son rythme de croisière pour exploiter au mieux le deuxième gisement européen que représente son littoral. Et qui sait, prendre un jour sa place sur le podium des grands pays producteurs d’énergie.

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A fin 2014, 2 488 éoliennes offshore sont reliées au réseau électrique en Europe. Elles sont réparties entre 74 fermes éoliennes dans 11 pays. Leur puissance installée cumulée atteint près de 8 045 MW, soit l’équivalent de la capacité de 5 réacteurs nucléaires de type EPR.

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En France, deux appels d’offres ont été réalisés dans le domaine de l’éolien offshore. Ils ont abouti à l’attribution de 6 projets de fermes éoliennes d’une puissance cumulée avoisinant 2 920 MW. Elles seront progressivement mises en service à partir de 2018. Un nouvel appel d’offres a été lancé en 2015.

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Les implantations d’éoliennes offshore se font de plus en plus loin des côtes avec des profondeurs d’eau croissantes : les fermes éoliennes sont, à fin 2014, situées en moyenne à 32,9 km des côtes avec une profondeur d’eau de 22,4 m. La France est à la traîne dans le domaine de l’éolien offshore.

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La Ria du Conquet

001-dsc03846En venant de Brest, c’est le premier paysage que nous offre Le Conquet : à marée basse, une immense étendue de plantes halophiles, qui ne détestent pas l’eau de mer, comme la salicorne, est traversée d’une multitude de petits étiers serpentant entre de compacts massifs végétaux qu’on appelle ici des glazinoù ( en breton glazenn = pelouse ). A marée haute, toute cette flore disparaît sous les eaux qui forment un vaste bras de mer dans l’arrière-port.

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L’endroit est un paradis pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui disputent aux goélands leur subsistance dans l’eau, le sable ou la vase. Les aigrettes garzettes s’y sont établies à demeure et perchent dans les branches basses des arbres abattus bordant au nord leur cantine quotidienne. Les tadornes de Belon s’y rencontrent aussi souvent en groupes pendant l’hiver.

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La ria du Conquet est le rendez-vous habituel d’une famille de cygnes tuberculés que viennent parfois visiter des cygnes chanteurs en cours de migration. Il n’est pas rare non plus de voir s’y poser quelques courlis cendrés au long bec coudé et exceptionnellement une grande spatule blanche affamée par de longues heures de vol. Le plus souvent, ce sont les petits oiseaux limicoles, tournepierres et bécasseaux, qui font le bonheur des ornithologues amateurs venus les observer. Le domaine préféré de la mouette rieuse se trouve tout à côté, sur l’étang de Kerjan. On y rencontre souvent le héron cendré, sentinelle immobile, guettant sa proie et même, si l’on a un peu de chance, un martin-pêcheur sillonnant la rive d’un éclair irisé.

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La Passerelle du Croaë : la passerelle a été érigée (en bois) pour la première fois par l’armée allemande, lors de l’Occupation. Très rapidement le bois s’est décomposé, elle a été reconstruite en pierre, béton cette fois-ci en 1950. Auparavant la traversée se faisait par barque.

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Ria désigne la partie avale d’une vallée qui est envahie par la mer. Ria est un terme d’origine espagnole. Exemple : La ria nommée Aber-wrac’h, qui se situe dans le Finistère, offre un paysage de toute beauté. J’aime beaucoup m’y promener.

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Un aber (mot celtique signifiant estuaire) ou une ria (mot galicien-portugais) est une baie formée par la partie inférieure de la vallée d’un fleuve côtier envahie, en partie ou en totalité, par la mer. La géographie internationale utilise le mot ria ; mais le mot breton aber est aussi utilisé. Un aber, comme une ria, est encadré par des versants, il ne doit pas être confondu avec une embouchure. Dans certains cas on peut aussi parler d’estuaire. Les abers ou rias peuvent se colmater par l’apport de sédiments fluviaux. À cause de leur situation abritée et de leur profondeur, les rias sont des lieux favorables pour servir de ports.

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Contrairement à un fjord qui est profond et à pentes latérales raides parce qu’il a été creusé par un glacier (on parle de surcreusement glaciaire parce qu’un glacier est capable de creuser en dessous du niveau de la mer), une ria désigne la vallée non glaciaire d’un fleuve côtier ennoyée par l’élévation du niveau de la mer (ennoyage tectonique ou dû à la transgression flandrienne), l’aber étant plus spécifiquement une ria en entonnoir largement ouverte vers le large ou selon certains géographes une ria caractérisée par un remblaiement alluvionnaire plus important.

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Les Abers dans le Finistère :

Aber-Wrac’h (Aber Ac’h);        Aber-Benoît (Aber Benniged);           Aber-Ildut (Aber Iltud)

La rade de Brest comporte plusieurs abers, dont ceux de l’Élorn et de l’Aulne.

l’Aber, situé dans la presqu’île de Crozon.

L’estuaire de l’Odet;                     La Laïta;                                    L’Aven:                        Le Bélon.

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Il y a une légère différence entre Aber et Ria, voilà ce que j’ai trouvé : « En breton le mot aber désigne la vallée d’un fleuve ennoyée par l’élévation du niveau de la mer. Un fjord est profond et à pentes latérales raides parce qu’elle a été creusée par un glacier et on parle de surcreusement glaciaire parce qu’un glacier est capable de creuser en dessous du niveau de la mer. Une ria en revanche est une vallée non glaciaire, creusée par une rivière ou plutôt par un fleuve côtier. La rade de Brest comporte plusieurs abers, ceux de l’Élorn et de l’Aulne. » C’est plutôt technique.

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La découpe la côte bretonne est une des plus importantes de France. Ces estuaires bretons, qu’ils se nomment rias ou abers, particularité remarquable, sont de petits sanctuaires où la nature exulte.

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De par leur configuration, ces estuaires bretons, où les mouvements de l’eau sont continus et où l’eau salée de la mer se mêle à l’eau douce des cours d’eau, sont propices au développement d’un écosystème particulier. Il y existe une faune et une flore originales qui ne se rencontrent que dans ces rias bretonnes. Cette richesse naturelle et fragile hébergée par ces estuaires bretons a déterminé la création de réserves ou de zones protégées. La qualité des eaux, régulièrement analysée, permet de conserver une vie la plus diversifiée possible. C’est à juste titre que certains connaisseurs ont qualifié ces rias de garde-manger naturel.

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Dans les Côtes-d’Armor, la rivière du Trieux, entre les pays de Trégor et de Goëlo, est un aber remarquable de la région. Une écluse à sas est à voir à Pontrieux. La ria proprement dite abrite des élevages ostréicoles.

En Ille-et-Vilaine, l’aber le plus réputé est certainement la vallée de la Rance. Ses rives découpées en de multiples rias accueillent de nombreux petits ports où les plaisanciers aiment mouiller.

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Dans le Morbihan, c’est la ria d’Étel qui fascine les randonneurs. De nombreuses îles et îlots, dont la fameuse île des Moines, font de cette ria un labyrinthe pour les navigateurs.

Dans le Finistère, la ria du Conquet rivalise avec l’Aber Benoît et l’Aber Ildut, tous trois avec leur charme paradisiaque unique.

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Ces estuaires bretons invitent, sans nul doute, aux randonnées vivifiantes et à la découverte de la nature sauvage ; ils sont un prétexte des plus agréables pour aborder les trésors que recèle la Bretagne.

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L’histoire de l’appontement pétrolier de Lanvéoc

02-dsc0349005-170201-port-petrolier-de-lanveoc407-dsc03496

57-dsc0360938-dsc03541L’histoire de l’appontement pétrolier de Lanvéoc commence en 1942, lorsque l’Occupant fait bâtir deux ducs d’Albe au large de la pointe de Lanvéoc, afin de pouvoir y faire accoster ses bâtiments de guerre. De la même époque datent les deux ducs d’Albe situés au large de la pointe de l’Armorique, de l’autre côté de la rade, à 3 km de là, spécifiquement conçus pour accueillir le cuirassé Bismarck. Contrairement à leurs homologues de la pointe de l’Armorique, les ducs d’Albe de Lanvéoc connaîtront une vie plus longue. En 1960, la France étant membre actif de l’OTAN, apparaît la nécessité de disposer sur la presqu’île de Crozon d’un parc pétrolier afin de garantir l’alimentation en carburant des aéronefs utilisant la base aérienne du Poulmic. Afin de ravitailler ce parc, un poste pétrolier est construit pour accueillir les pétroliers d’une longueur pouvant atteindre 180 mètres.13-170201-port-petrolier-de-lanveoc12

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S’appuyant sur les deux ducs d’Albe allemands, sur six gabions de palplanches et sur une vingtaine de travées reposant si besoin sur des piles intermédiaires, l’appontement offrait quatre postes, trois perpendiculaires à la côte, et un parallèle, s’appuyant sur les ducs d’Albe. La passerelle, de près de 600 mètres de longueur, permettait de circuler depuis la côte jusqu’aux postes et supportait les canalisations d’hydrocarbures jusqu’au parc souterrain situé en face de l’appontement. Un petit quai enfin permettait l’accostage des annexes.

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Construit au début des années 1960, cet ouvrage a perdu de son intérêt d’une part à cause du retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966, d’autre part à cause des conditions nautiques défavorables environnant l’ouvrage. Menaçant ruine, l’ouvrage a cessé d’être utilisé en 1992 et a été démoli en 2001. Aujourd’hui, seuls subsistent les ducs d’Albe et les 6 gabions.

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L’appontement pétrolier de Lanvéoc s’appuyait sur les deux ducs d’Albe allemands, sur six gabions de palplanches, il offrait quatre postes de ravitaillement.27-dsc0352347-dsc03585

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Les bateaux inévitables des ports de BREST

25-170123-marina-du-chateau2430-170123-marina-du-chateau2945-170123-marina-du-chateau44207-dsc02662217-dsc02673192-dsc02647Tout au long du défilement de ces images, on va voir à plusieurs reprises des navires remarquables qui font partie du paysage portuaire de BREST. Ce sont : le « Captaine Tsarev, l’Imoca « PRB3 », la goélette « La Recouvrance », le remorqueur « Abeille Bourbon » et le transport de passagers « Enez Eussa III ». Je vais tenter de décrire chacun de ces bateaux, en relatant succinctement leur histoire, parfois rocambolesque.

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17 mai 2016 – L’épopée statique du « Captain Tsarev » touche à sa fin. Cet immense vraquier de 153 m de long, abandonné par son armateur depuis 2008, est resté durant près de huit ans à quai, au port de Brest. Au terme de nombreux rebondissements, la région a mis fin à ce feuilleton interminable le 10 mai 2016. Les Recycleurs bretons, société de recyclage de métaux basée à Plouigneau vont déconstruire l’immense carcasse. L’histoire du « Captain Tsarev » paraît invraisemblable. Ce cargo d’abord russe, qui a battu pavillon chinois, coréen, grec, puis panaméen, est arrivé à Brest en 2008, à la suite d’une avarie de propulsion, alors qu’il naviguait à vide, au large des côtes.

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Le coût du remorquage avait bien été pris en charge, mais au moment de régler les 400 000 EUR pour les réparations mécaniques, son armateur grec a pris la poudre d’escampette. Les marins, laissés en plan, sont rentrés chez eux. A ce jour, ils lui réclameraient encore près de 92 000 EUR.

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Le cumul des sommes impayées — dont son stationnement à Brest qui s’élève à 700 000 EUR — ont formé tout le nœud du problème. C’est la région et la chambre de commerce et d’industrie de Brest qui ont été forcées de prendre le relais. « La déconstruction du navire se fera entre juin et octobre 2016, et commencera à flot, avec le désamiantage, l’enlèvement des solides et le pompage des hydrocarbures. Puis ce sera au radoub, au port de commerce ». Impossible donc de se débarrasser de l’immense coque rouillée pour juillet et les fêtes maritimes de Brest 2016.

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14 août 2016 – Le dégagement de gaz carbonique sur le chantier de déconstruction du Captain Tsarev, vendredi à Brest, a fait cinq victimes. L’une d’entre elles, 60 ans, une personnalité du milieu maritime n’a pas pu être réanimée. Les quatre autres victimes ont été hospitalisées. Trois d’entre elles sont ressorties de l’hôpital de Brest, la quatrième restait sous observation, mais son état n’inspirerait pas d’inquiétude.

Trois personnes ont été entendues par les enquêteurs : l’une des victimes ressorties de l’hôpital et des PDG respectifs des Recycleurs bretons et de la Sib, société d’isolation brestoise. La première entreprise est la responsable du chantier de déconstruction du Captain Tsarev, après avoir remporté l’appel d’offres de la Région, au printemps dernier. La seconde était en charge du déflocage et du désamiantage du navire.

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Le système anti-incendie du navire s’est déclenché pour une raison inconnue. Ce système repose sur la diffusion de gaz carbonique, qui permet d’étouffer un incendie. La commande de ce mécanisme se trouve en dehors de la salle des machines. Il s’agit d’un système à commande manuelle et non automatique. Les bonbonnes de gaz du Tsarev se trouvaient près de la salle des machines.

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2 novembre 2013 – Saisie. 60-pieds en souffrance quai Malbert – Son propriétaire, une société polonaise, n’a pas payé son ponton depuis près d’un an. Des scellés ont été posés sur le 60-pieds (18 m) amarré devant le chantier du Guip. Le voilier avait pourtant débuté en fanfare sa carrière autour du monde.  Le 60-pieds Imoca qui a fait les grandes heures de la classe avec Michel Desjoyeaux et Vincent Riou (PRB), puis Anne Liardet et Samantha Davies (Roxy), attend depuis des semaines, mollement, sur le ponton de La Recouvrance, quai Malbert, après avoir été déplacé de la marina du château, où il était devenu des plus encombrants. 18 m de longueur, c’est 25 m de ponton immobilisés. Un an qu’on attend le règlement et on ne voit toujours rien venir, malgré nos innombrables relances.

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Ce bateau traînait pas mal d’impayés derrière lui. Le voilier fait l’objet d’une saisie conservatoire. Des scellés ont été posés sur le bateau. Les propriétaires seraient tout à fait capables de venir le rechercher et de s’en aller sans régler l’ardoise. Ils l’auraient déjà fait. Des huissiers essaient de recouvrer la facture qui avoisine aujourd’hui les 10.000 EUR. Quid de ce bateau qui a marqué en son temps la course océanique ? Faudra-t-il passer par sa mise en vente pour assécher ses dettes ? Quel était le programme de ce vieux bateau de course ? Racheté par une société polonaise dans le maraîchage, il avait été complètement repeint, et rebaptisé du maigre nom de « Fruit ». Recalé par l’organisation de la Barcelona World Race, pour des manquements à la sécurité, le bateau a traîné depuis 2010 sa misère dans différents ports européens.

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Complètement dépassé pour la course au large, bien trop encombrant et pas du tout conçu pour la croisière, c’est le genre de bateau qui aura du mal à trouver un acquéreur. À moins d’un musée ou d’une quelconque cité de la voile, ce genre de bateau risque de demeurer un fardeau jusqu’au bout.

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20 janvier 2017 – Cinq ans qu’il attend dans le port du château. L’ex PRB 3, aujourd’hui détenu par une société maraîchère polonaise, est le seul Imoca à avoir remporté deux fois le Vendée Globe. À l’abandon dans le port, le voilier fait grise mine et n’est plus le bienvenu. Son propriétaire continue de payer son emplacement. Le 60 pieds (18 m) qui croupit, depuis plus de cinq ans, à Brest, au port du Château, est toujours à l’abandon. Enfin pas complètement puisque son propriétaire continue de payer son ponton. Mais la poule aux œufs d’or n’est plus la bienvenue. Dépassé pour un Vendée Globe, le voilier de 18 m aurait pu faire le bonheur d’un skipper pour des courses intermédiaires. Mais le vent semble avoir tourné pour le bateau à l’abandon depuis plus de cinq ans à Brest.

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La Recouvrance est un aviso-goélette dont la construction a débuté en 1990 et qui a été présentée au public à l’occasion de Brest 1992. La Recouvrance est le bateau ambassadeur et la propriété de la ville de Brest. Son nom provient du quartier de Brest du même nom. Dans la paroisse de Sainte-Catherine (l’ancien nom de Recouvrance), on honorait une statue de vierge, Notre-Dame de Recouvrance qui a donné son nom au quartier. Recouvrer la terre c’est retrouver la terre : on priait Notre-Dame de Recouvrance pour faire un bon retour à sa terre de départ.

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La Recouvrance est une goélette à hunier, réplique des goélettes de type « Iris », un modèle dessiné par l’architecte naval Hubert en 1817. Ces bâtiments militaires étaient destinés au transport de plis urgents, à la surveillance du trafic marchand et à la répression de la traite des esclaves sur les côtes d’Afrique et aux Antilles. Elles portaient six caronades de 24 et leur équipage était composé de 50 à 60 hommes.

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Une caronade ou carronade est une pièce d’artillerie courte développée par la fonderie écossaise Carron à partir de 1779. Elle est mise en service sur tous les navires de la Royal Navy trois années après les essais sur le HMS Duke (vaisseau de 2e rang de 90 canons).

Les carronades n’étaient pas comptées dans le nombre de canons d’un vaisseau mais pouvaient constituer l’armement principal d’une frégate ou d’un brick. Par le biais de l’espionnage et des échanges techniques, la France, qui a pu constater à ses dépens l’efficacité de cette nouvelle arme à tir rapide pendant la guerre d’indépendance des États-Unis, mène des études à partir de 1786 (frères Perrier, fonderie et forge de canons d’Indret, en aval de Nantes) et développe ses propres modèles de carronades à partir de 1795.

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Depuis le début de l’année 2016, avec les coups de vent successifs, l’Abeille Bourbon est en alerte quotidienne. Le remorqueur basé à Brest assure la sécurité du rail d’Ouessant. Le 12 janvier 2016, l’Alouette 3 de la base aéronavale de Lanvéoc filme l’Abeille Bourbon qui vient en aide au Buse-Trio. Le cargo panaméen s’était réfugié en baie de Douarnenez en raison de la météo et de problèmes mécaniques.

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La houle et le vent violent commençait à le faire chasser sur son ancre, rendant sa situation délicate. Finalement, le cargo mouillait une deuxième ancre qui tenait bon. La Marine nationale a profité de l’occasion pour filmer le remorqueur. Le lendemain, l’Abeille Bourbon remorquait finalement le cargo jusqu’à Brest. La dernière intervention du remorqueur s’était déroulée le 31 décembre 2015 pour venir en aide au cargo Koningsborg.

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« L’Abeille Bourbon est en alerte 365 jours/an. Dès que les conditions de vent sont compliquées, l’Abeille Bourbon se positionne, prêt à intervenir, soit en mouillage à Camaret ou soit au Stiff à Ouessant, pour être plus près du rail si les conditions sont vraiment fortes. »

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L’Enez Eussa III fait partie de la flotte de six navires, appartenant au conseil départemental et exploités par la compagnie Penn ar Bed qui assure la desserte maritime des îles de la mer d’Iroise. Ici, au premier éperon, à la gare maritime du port de commerce.

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