Histoire de la Bretagne – suites du traité d’Union de 1532

Voici la période la plus méconnue de l’histoire de la Bretagne pour laquelle on a pu parler d’âge d’or. A la suite du traité de l’union de 1532, la Bretagne « province » poursuit son essor économique et commerce avec toute l’Europe, poussant jusqu’en Amérique et vers le Levant.

1534: Premier voyage de Jacques Cartier au Canada.

Jacques Cartier le Malouin (1534: premier voyage au Canada)

Jacques Cartier le Malouin (1534: premier voyage au Canada)

1536: Mort de François III Dauphin de France et dernier duc couronné de Bretagne.

Après 1532, la Bretagne qui a connu une guerre perdue, trois mariages de raison, un contrat d’union imposé, est devenue « province », au sens étymologique du mot, du royaume de France. Face à la puissance de domination du pouvoir royal absolu et centralisé, la volonté d’être breton va s’affirmer au fil du temps.

Dans ce bras de fer, trois grandes phases peuvent être avancées. La première s’étale du traité d’Union (1532) à 1643. Les rois de France, de manière subtile ou pas, essaient de grignoter les droits bretons mais la Bretagne réussit tant bien que mal à faire respecter les clauses du traité. Qui plus est, face aux grands conflits européens, la Bretagne suscite assez peu l’attention: les préoccupations des rois sont ailleurs. Les Bretons vont en profiter pour être présents sur toutes les mers, stimuler leur commerce et multiplier leurs constructions grâce à leur climat, à leurs richesses économiques et à leurs ressources énergétiques abondantes.

1551: création du Présidial de Rennes.

1554: création du Parlement de Bretagne.

1598: Edit de nantes.

Louis XIV - Roi Soleil

Louis XIV - Roi Soleil

La seconde phase: à partir de Louis XIV (1638-1643/1715), ce statu quo va évoluer en raison même de la personnalité du Roi Soleil, de ses passions et de sa politique belliciste, nationaliste, dirigiste et mercantiliste. Deux visions du monde se confrontent dans cette période de transition et l’Europe va se déchirer fraternellement donnant naissance, entre autres, à une nouvelle « guerre de 100 ans » (1688-1815) qui va opposer la France à l’Angleterre. Dans ce contexte, non seulement la Bretagne, de par sa position, devient un point stratégique, mais elle est aussi un enjeu en raison même de son histoire récente. La seule politique qu’impose le roi est l’intégration forcée par le contrôle permanent, la répression systématique, la culpabilisation: c’est le règne des clichés souvent grotesques, du mépris total, des vexations indécentes, de la souillure abjecte. Les Bretons ne pouvaient accepter l’inaccepteble en raison même de leur personnalité et de leur histoire. En 15 ans de cette politique maladroite, mais cohérente, on condamne la Bretagne à la révolte: c’est l’affaire des Bonnets Rouges (1673 – Châteaulin – Colbert veut lever de nouveaux impôts) où, pour des raisons économiques et fiscales, toute la province menace de s’embraser.

1631: Richelieu, gouverneur de Bretagne

1645: Anne d’Autriche, gouvernante de Bretagne

Troisième phase: l’explosion de haine est à la mesure des décennies de frustrations et de rancunes accumulées: elle en dit long sur les sentiments profonds des révoltés. Des centaines de manoirs, de maisons, de châteaux sont dévastés, certains brûlés, quelques personnes tuées. Des insurgés de Cornouaille rédigent même leurs revendications: ce sont les fameux « codes paysans » dont le contenu fait déjà penser aux futurs cahiers de doléance de 1789.

Face à cette situation, le roi aurait dû être attentif et conciliant. En fait, lui et son administration, ne pouvant accepter ces « émotions urbaines  » et ces « fureurs paysanes », optent pour la répression, une répression incroyablement dure et injuste. Les Bretons n’auront pas d’autre choix que de se soumettre.

Il est évident que si Louis XIV avait réagit autrement, plus de cent ans plus tard, le cours de l’histoire aurait été autre de même que les choix politiques futurs des communautés concernées. Dès que ce roi absolu à la main d’acier disparaît, l’espoir renaît immédiatement. On pourrait parler d’une phase quatre. L’expérience aidant, le combat devient alors juridique et politique: il s’appuie sur la légitimité populaire, le droit coutumier et le traité de 1532. Il est pour l’essentiel, le fait des deux institutions qui représentent la légitimité de la province , dans le contexte de l’époque: les Etats et le Parlement. Les rapports entre ces structures et le pouvoir royal vont être extrêmement tendus, voire conflictuels, mais pour l’essentiel bénéfiques à la Bretagne alors que se profile à l’horizon l’aube d’une ère nouvelle: la Révolution.

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