Histoire de la Bretagne: la guerre de 1487, la défaite de Saint-Aubin du Cormier en 1488 et Anne duchesse (1488-1515)

En mars 1487, Françoise de Dinan, ancienne fiancée de Gilles de Bretagne rassemble bon nombre de mécontents à Châteaubriant. Le roi de France promet 6 000 hommes pour chasser les princes (français) du duché (de Bretagne). En échange, les barons (Rieux, Laval, Rohan) signent un traité qui reconnaît les droits du roi sur le duché: c’est une véritable trahison.

Au lieu de 6.000 hommes, c’est une armée de 15.000 soldats qui pénètre en Bretagne par les places livrées par le maréchal de Rieux. François II réunit 16.000 hommes et 3.000 cavaliers à Malestroit; mais le discours séditieux de nobles bretons acquis au roi provoque la débandade des milices. Le duc se réfugie alors à Nantes, l’armée royale fait le siège de la ville à partit du 19 juin 1847. Nantes résiste farouchement: l’armée ducale et la milice bourgeoise groupées par quartiers reçoivent le renfort de milices paysanes de Basse-Bretagne. Canonnades, assauts, contre-attaques se succèdent. Au bout de deux mois de violents combats, l’armée françaises doit lever le siège, le 6 août. Le roi n’a tenu aucun de ses engagements, aussi le maréchal de Rieux fait volte-face et propose au roi Charles VIII d’obtenir le départ d’Orléans et des seigneurs français s’il laissait la Bretagne en paix. Rieux réorganise l’armée et contre-ataque le 25 février 1488. Il assiège Vannes qui se rend le 3 mars 1488. Les armées du roi de France ne conservent que la Guerche, Clisson, Vitré, Dol et Saint Aubin du Cormier (entre Vitré et Fougères).Le vicomte Rohan a échoué  dans son attaque de Guingamp. Ses places investies par le maréchal Rieux, il doit se soumettre au duc et passer en France où il retrouve le baron d’Avaugour. Le 15 avril 1488, une nouvelle armée française, concentrée à Pouancé, envahit le duché. (Pouancé est située dans le Maine-et-Loire, elle comprend la ville de Pouancé en elle-même, ainsi que le bourg de Saint-Aubin. Depuis le Moyen Age, Pouancé marque une véritable frontière entre la Bretagne, et l’Anjou. Cette position stratégique lui vaut la double dénomination de « Porte de l’Anjou, et Marches de Bretagne ». )

château de Pouancé

proche de Saint-Aubin du Cormier

L’armée française, forte de 15.000 hommes dont 6.000 Suisses est commandée par le jeune Louis de la Trémoille, âgé de 27 ans, est dotée d’une puissante artillerie qui abattent les murailles des places bretonnes qui doivent se rendre. De son côté, François II réunit péniblement à Rennes une armée disparate composée de 11.500 hommes dont 4.600 proviennent des contingents  alliés, Anglais, Allemands, Espagnols et Gascons. Le lundi 28 juillet 1488, les deux armées se rencontrent à Saint-Aubin du Cormier. Au premier rang des Bretons combattent à pied les princes étrangers, dont Louis d’Orléans, futur roi de France. François de Rohan, à 19 ans se fait tuer pour son duc tandis que son père combat dans les rangs de l’armée royale! L’armée bretonne est vaincue: elle perd 6.000 soldats, les Français 1.500. En fait l’armée royale était supérieure en nombre, en qualité et en discipline. Saint Aubin du Cormierest la défaite-symbole de la fin de l’indépendance, comme la victoire de Ballon (845) est le symbole de la création de l’Etat indépendant.

du duché à l'union, 1341-1532

l’histoire du duché est ancienne, riche, complexe

La Bretagne a perdu une bataille mais… la guerre peut durer d’autant que Rennes refuse de se rendre et le fait dire par Jacques BOUCHARD aux hérauts du roi. Les bourgeois de Saint-Malô, quant à eux, préfèrent se rendre pour essayer de sauver leurs richesses. S’il était possible de refaire une armée, il est impossible aux Bretons de reprendre cette « porte » stratégique. CHARLES VII envisage de conquérir tout le duché. Son chancelier GUY DE ROCHEFORT l’en dissuade, d’autant qu’il ne faut pas négliger le danger d’un sursaut national comme sous Jean IV. Le traité de paix est signé près d’Angers, au château du Verger le 19 août 1488. François II s’engage à expulser les seigneurs étrangers, à ne pas marier ses fils sans l’accord du roi. Celui-ci conserve Sant-Malô, Fougères, Dinan, Saint Aubin jusqu’au règlement de la succession du duc. Le roi retire son armée et n’exige pas d’indemnités. Le duc FRANCOIS II ne survit pas à la honte de la défaite et meurt le 9 septembre 1488.

née en 1477 à Nantes

Anne est duchesse à l’âe de 11 ans

Née le 26 janvier 1477, à Nantes, Anne est duchesse à 11 ans.

Elle épouse Maximilien d’Autriche en 1490, puis CHARLES VII en 1491 et enfin LOUIS XII en 1499.

Héritant d’une situation désastreuse, elle fait face avec lucidité. Obligée de se marier, devenue reine de France, elle poursuit jusqu’au bout la politique de son père en essayant de sauvegarder le trône ducal, sans t parvenir.

Anne est l’objet de toutes les convoitises: mais déjà, elle a un caractère souverain. à 11 ans, elle dit: « Je n’accepte aucun de mes prétendants! Mon tuteur (le maréchal de Rieux) en est irrité et m’interdit la ville de Nantes qu’il tient. J’irai donc à Rennes! »

Le 9 février 1489, Anne entre solennellement dans Rennes par la Porte Mordelaise. Le lendemain, Anne est couronnée duchesse en la cathédrale Saint Pierre et acclamée par la foule.

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2 commentaires pour Histoire de la Bretagne: la guerre de 1487, la défaite de Saint-Aubin du Cormier en 1488 et Anne duchesse (1488-1515)

  1. Pendant ce temps, que fait le maréchal de Rieux, le rebelle à sa duchesse?

  2. licorne dit :

    Ne serait-ce pas Charles VIII ?

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