une des leçons du dernier Compostelle portugais (mai-juin 2011)

J’ai fait 42 jours de marche en compagnie d’un formidable ami. C’est la dimension du groupe idéal. En effet, c’est plus sécurisant que cheminer seul et c’est mieux que pérégriner en groupe de trois, il y en a déjà un de trop et alors, je ne vous dis pas quand on est quatre, c’est la colonie de vacances avec ses avantages et surtout ses inconvénients….Venons-en à cette leçon apprise au cours de ma cinquième année sur le Camino. La marche à pied m’a appris à penser.

randonneur Jean-Paul

admiration du paysage pittoresque

Marcher est donc devenu pour moi, mais – je crois bien – aussi pour mon ami Jean-Paul une philosophie. Lorsqu’on marche tous les jours pendant des semaines, huit heures environ chaque randonnée, il y a toujours des longs moments où l’on s’égare parfois très loin dans l’espace et dans le temps… au plus profond de nos pensées. Ce n’est effectivement pas le fait de marcher qui nous entraîne dans cette magnifique errance de l’âme. C’est le mouvement du corps, comme le décrit le philosophe Frédéric Gros in « Marcher, une philosophie », et le simple sentiment d’avancer qui donnent un élan à la réflexion.
Le fait d’être dehors, sous la forte chaleur ou sous le déluge, de sentir la terre, l’esprit s’ouvre aux possibilités de penser autrement que lorsqu’on est affalé dans son fauteuil comme d’habitude, dans l’environnement restreint de son appartement cossu. Le philosophe F. Gros évoque le rôle lié au positionnement du corps sur la pensée: « C’est le corps, éveillé aux possibilités spirituelles que délivrent la lenteur, la régularité, la patience de la marche, qui informe la pensée. […] La lenteur de la marche, au rythme régulier, égal, permet à la pensée de s’approfondir sur place.
Il y a différentes façons de marcher, même en pèlerinant pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle; on peut flâner, on peut parcourir de grandes distances, c’est l’épopée, ou alors on se promène, cette dernière façon de marcher est plus propice à la méditation. En fait dans une journée de randonnée, on connaît souvent ces trois stades.
Plus que toute autre activité, la marche casse les hiérarchies, les inégalités, les différences. Ce qui se partage alors entre marcheurs, ce ne sont ni des discours, ni des valeurs sociales, ni des références culturelles, ce sont des sensations élémentaires, comme la fatigue, la faim, la soif, mais ausi la joie que procurent les paysages, les arrivées. Attention que cette philosophie ne prenne pas une valeur politique, critique, revendicatrice: elle amène à dénoncer les mythes de la vitesse et à rejeter une civilisation de la connexion illimitée.
L’expérience de la marche nous amène à comprendre la dimension de l’élémentaire. L’élémentaire est conquis dans la marche en creusant l’immanence (ce qui demeure, agit et est contenu dans un être), jusqu’à faire surgir une énergie sauvage.

Un commentaire pour une des leçons du dernier Compostelle portugais (mai-juin 2011)

  1. pendant les première semaines, nous avons rencontré des situations fort originales, caucasses, qui nous ont enchantés et nous nous émerveillions devant ces drôleries et ces coïncidences. En fait nous avons connu l’Aventure avec un grand A. Ce qui devient de plus en plus difficile à moins de s’immerger parmi les peuples indigènes et tribaux qui vivent dans les forêts asiatiques ou tropicales ou bien avec le peuple mapuche…

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