Histoire de la Bretagne, les Plantagenêts, Saint Yves, la Guerre de Cent Ans et la peste de 1347

Les Plantagenêts (1113-1485)

Plantagenêt est le surnom d’une dynastie princière issue de la Maison de Châteaudun et dont les membres furent comtes d’Anjou et du Maine, puis par mariage roi d’Angleterre, ducs de Normandie et finalement ducs d’Aquitaine. Plantagenêt est d’abord le surnom personnel de Geoffroy V, comte d’Anjou et du Maine (1113-1128/1151). Il vient du brin de genêt qu’il avait l’habitude de porter à son couvre-chef, casque, heaume, toque comme emblème personnel, lorsqu’il chevauchait dans sa jeunesse à travers les landes.

Geoffroy d'Anjou - Monument sur sa tombe

Une descendance prestigieuse qui régna sur un empire, à la suite d’Henri II, le fils de Geoffroy V et aussi l’arrière-petit-fils de Guillaume le Conquérant. Nombre d’entre eux restèrent attachés à leurs origines de l’Anjou et du Maine: Geoffroy V est inhumé dans la cathédrale Saint-Julien du Mans; Henri II (né au Mans) et son frère Richard Coeur de Lion sont inhumés, aux cotés d’Aliénor d’Aquitaine (épouse d’Henri II) et d’Isabelle d’Angoulême (épouse de Jean sans Terre), à l’abbaye de Fontevraud (près de Saumur), fondée vers 1100 par Robert d’Arbrissel et qui constitue ainsi la plus grande nécropole des Plantagenêts en France.

Richard III fut le dernier roi Plantagenêt. Cependant, le lignage des Plantagenêts se perpétua jusqu’à aujourd’hui chez les Somerset. Après la Guerre des Deux-Roses et l’accession au trône des Tudors en 1485 avec Henry VII, le nom de Plantagenêt disparut.

Saint Yves Hélory de Kermartin, Yves de Tréguier ou simplement saint Yves dans la tradition catholique, est né vers 1253 et mort en 1303. Prêtre et official (vicaire judiciaire, juge ecclésiastique) du diocèse de Tréguier, il a consacré sa vie à la justice et aux pauvres. L’Église catholique l’a reconnu saint et le fête le 19 mai. Il est le saint patron de toutes les professions de justice                                             Yves Hélory entre le pauvre et le riche

Yves Hélory entre le pauvre et le riche

et de droit, notamment celle d’avocat. Il est également saint patron de la Bretagne. Sa fête tend de plus en plus à être considérée comme la fête de la Bretagne.

Yves Hélory (ou Héloury) est né probablement en 1253, dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy-Tréguier. À 14 ans, il part étudier à Paris, accompagné de son précepteur Jean de Kergoz. Il y fait ses humanités, suivant des cours de théologie. Ces premières études achevées, il étudie le droit à l’université d’Orléans réputée à travers toute l’Europe. Ses études achevées, il revient travailler en Bretagne à Rennes dans un premier temps, où il devient conseiller juridique du diocèse. L’évêque de Tréguier remarque ses talents et le presse de revenir à Tréguier. En 1284, il le nomme official, l’ordonne prêtre et lui confie successivement les paroisses de Trédrez et de Louannec, proches des terres de son enfance.

Yves étonne ses paroissiens en prêchant en breton, alors que ses prédécesseurs le faisaient en latin, rendant ainsi accessible au peuple la compréhension de l’Évangile et de son message. Il se déplace beaucoup à pieds dans la région de Tréguier, est vu plusieurs fois dans la même journée à des lieux différents et de bonne distance. Les gens l’apprécient pour sa façon de rendre la justice, il est réputé pour son sens de l’équité qui lui interdit de privilégier le riche sur le pauvre.

« Saint Yves était breton, avocat mais pas voleur, chose admirable pour le peuple ! ».

Son attachement aux pauvres et au soulagement de leur misère est de notoriété publique. Après une vie d’ascèse, de prière et de partage, mangeant très peu et vivant très pauvrement en distribuant ce qu’il a (il ne mangeait que deux œufs le jour de Pâques et tenait table ouverte pour les pauvres en son manoir), Yves Hélory s’éteint le 19 mai 1303. Ses obsèques à la Cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier où est érigé son mausolée, sont l’objet d’un faste et d’une ferveur populaire extraordinaire : « modèle des ecclésiastiques, avocat et père des pauvres, veuves et orphelins ».

La guerre de Cent Ans couvre une période de cent seize ans (de 1337 à 1453) pendant laquelle s’affrontent sur le sol français deux dynasties, les Plantagenêts et la Maison capétienne de Valois, lors de nombreux conflits, entrecoupés de trêves plus ou moins longues. Bien qu’aucune bataille d’importance n’ait eu lieu après 1453, la guerre de Cent Ans ne se termine officiellement qu’avec la signature du traité de Picquigny par Louis XI de France et Édouard IV d’Angleterre en 1475.

L’Europe traverse à cette époque une crise économique et démographique entraînant des conflits militaires, politiques et culturels. Pour répondre à ces enjeux, la modernisation de l’État et de la fiscalité est nécessaire mais fait naître des tensions dans toute l’Europe. Pour des raisons économiques, toute la côte atlantique est dépendante du royaume d’Angleterre et pour des questions de structuration de l’État, l’ouest du Saint-Empire entre dans l’orbite française. Entre les royaumes de France et d’Angleterre, il y a de nombreux contentieux en suspens telles la souveraineté sur la Guyenne (fief du roi d’Angleterre où les décisions de justice sont prises en dernier recours par le roi de France), l’Auld Alliance (Vieille Alliance, Auld Alliance en scots, une alliance entre la France, l’Écosse et la Norvège, aux dépens de l’Angleterre, qui tire son origine dans la saga des jarls des Orcades et de l’invasion de la Normandie par les Vikings. La Norvège n’y fit jamais référence. Cette alliance constitue la base des relations franco-écossaises de 1295 à 1746.

Philippe IV dit le Bel

Philippe le Bel

Elle remonte à 1165 lorsque Guillaume le Lion adressa une ambassade à Louis VII de France, la première trace écrite de cette alliance est le traité signé à Paris le 23 octobre 1295 entre les représentants de Jean Baliol et Philippe le Bel. Le 23 février 1296, le parlement écossais ratifie le traité d’alliance signé avec la France. Ce traité prévoyait que si l’un des États subissait une attaque de l’Angleterre, l’autre État envahirait l’Angleterre. Aux XIVe et XVe siècles, le traité fut invoqué à six reprises. Le 6 juillet 1560, le traité d’Édimbourg révoqua officiellement l’alliance, après 250 ans. L’Écosse devenue protestante s’alliait désormais avec l’Angleterre, protestante également. Cependant, certains points du traité restaient en application. Entre autres, les Écossais résidant en France et les Français résidant en Écosse disposaient sans recours de la double nationalité jusqu’à la révocation de ce point en 1903 par le gouvernement français) et la succession des derniers Capétiens. L’élément déclencheur du conflit est la confiscation de la Guyenne au roi d’Angleterre par Philippe VI pour félonie en 1337.

La guerre connaît plusieurs phases. D’abord, l’Angleterre remporte de nombreuses victoires, puis la France reprend l’ascendant à partir de 1364 et en 1378 les Anglais ne contrôlent plus que quelques villes sur le continent. Le découpage des deux royaumes en grandes principautés est administrativement performant, mais l’affaiblissement du pouvoir royal (les deux souverains sont adolescents) à compter de 1380, conjugué à un contexte économique difficile, conduit à une période de guerre civile dans les deux pays. Le royaume d’Angleterre en sort le premier et Henri V d’Angleterre profite de la folie du roi Charles VI de France et de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons pour relancer la guerre. Fort de l’alliance avec les Bourguignons, Henri V d’Angleterre, obtient la couronne de France pour son fils Henri VI au traité de Troyes en 1420. Cependant, le sentiment national naissant et la modification des circuits économiques rendent difficile le maintien des Anglais sur le continent. En 1429, l’action de Jeanne d’Arc est décisive puisqu’en prenant le contrôle de Reims et de Compiègne, elle coupe les possessions du duc de Bourgogne. Celui-ci est contraint à un rapprochement avec Charles VII en 1435. Les Anglais sont alors inexorablement et progressivement repoussés. En 1453, ils ne contrôlent plus sur le continent que Calais, et la paix est signée en 1475.

Les batailles ont fait peu de morts hors de la noblesse française, en comparaison aux victimes de la Grande Peste de 1349, mais les pillages ont eu des conséquences néfastes sur les populations civiles. La guerre a également des conséquences sur le commerce, et sur le plan religieux avec le Grand Schisme d’Occident qui oppose les papes de Rome et d’Avignon. Elle est marquée par l’affirmation du sentiment national et la rivalité franco-anglaise devient plus qu’un simple enjeu dynastique. De la même manière la mutation du Duché de Bourgogne en principauté indépendante génère un conflit de 200 ans avec les Habsbourgs.

La peste noire(1347-1351) ou La peste en Europe (1348)

masque protecteur de la peste

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l’économie, la religion et les arts. Ainsi, la peste noire de 1347–1351 a profondément marqué l’Europe en exterminant 30% à 50% de la population européenne. La population française quant à elle chuta de 41% sur la même période faisant 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l’époque. Cependant, plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l’époque.

La dernière peste d’Occident date de 1720.

Guerres et héros marquent l’histoire. Mais jusqu’en 1914, la maladie a toujours beaucoup plus tué que les épées, les flèches et les fusils.

En 1346, les Huns catapultent leurs morts dans la ville du comptoir vénitien de Caffa. Ravagés par la maladie et décimés, les assaillants se débarrassent ainsi de leurs cadavres! Les Vénitiens affolés s’enfuient à toutes voiles. Trop tard! le mal est avec eux: c’est la peste qui tue en quelques jours. Au fond des cales grouillent les rats, principaux vecteurs de l’épidémie. La peste noire est une des plus grande tragédie de l’histoire de l’Europe. En quelques mois, un tiers des Européens meurent. D’environ 73 millions d’habitants en 1300, l’Europe passe à 51 millions en 1350 puis à 45 millions en 1400. En Angletarre, l’espérance de vie passe de 25 ans en 1348, à 17 ans en 1376. Il faudra plus de deux siècles pour retrouver la population.

pendant cette période,

1378: grand schisme d’Occident (ou Grand Schisme): crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des XIV° et XV° siècles (1378-1417), divisant pendant quarante ans la chrétienté catholique en deux obédiences survient en Europe en pleine guerre de Cent Ans, à la faveur des transformations d’un système féodal qui ne répond plus aux besoins d’une société en pleine mutation. L’Eglise n’a plus le rôle culturel et social qui était le sien au début du Moyen-Age et qui l’avait rendue indispensable à l’exercice du pouvoir. Au Moyen Âge tardif, les mutations économiques induisent la création d’Etats modernes que l’Église n’a plus les moyens d’assujettir culturellement. Sur le terrain politique, cela se traduit par l’affrontement du roi de France Philippe le Bel et du pape Boniface VIII qui cherchent à affirmer la primauté absolue de leur pouvoir. En Italie, les luttes du Pape et de l’Emprereur débouchent sur l’affrontement entre Guelfes et Gibelins du XII° siècle au XIV° siècle. Ces tensions et conflits aboutissent dans un premier temps à l’installation de la papauté à Avignon puis en 1378, au Grand Schisme. Celui-ci, inscrit dans une crise profonde du sentiment et de la pensée religieuse, est marqué par deux successions pontificales simultanées, l’une à Rome et l’autre à Avignon (dont le tenant en titre est qualifié d’antipape). L’Église, dont une partie du rôle social et culturel a été pris en charge par la bourgeoisie depuis le XIII° siècle, sort moralement et spirituellement affaiblie de cette crise : le gallicanisme se développe, les particularismes nationaux s’exacerbent, le sentiment religieux se modifie, de nouvelles hérésies émergent.

1415: La bataille d’Azincourt (Artois) – pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, de 30 000 hommes, y tentent de barrer la route de Calais à l’armée du roi anglais Henri V, forte de 6 000 hommes, et débarquée dès septembre près d’Harfleur, qui d’ailleurs sera prise et occupée pour leur sécurité. La bataille fut une défaite importante pour le camp français : la cavalerie lourde, moins efficace par terrain boueux est transpercée par les archers en majorité gallois, équipés de grands arcs à très longue portée.

Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite grâce à l’invention des armes à feu. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l’épopée de Jeanne d’Arc, puis de l’investissement dans l’artillerie qui deviendra une spécialité française. Pour les Anglais, cette bataille restera l’une des victoires les plus célébrées.

1431: Jeanne d’Arc est brûlée.

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Un commentaire pour Histoire de la Bretagne, les Plantagenêts, Saint Yves, la Guerre de Cent Ans et la peste de 1347

  1. la Peste en Europe, la guerre de succession de Bretagne (1341-1364), Jean IV (1364-1399), Jean V (1399-1442) et François 1° (1442-1450) arrivent

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