Histoire de la Bretagne: 1350-1500, le monde rural, les hommes et les femmes, les villes, l’économie…

LA PAYSANNERIE, LE MONDE RURAL

Ce monde a deux grands besoins: se nourrir et se vêtir. Tout vient de la terre. Le « Moyen-Age », c’est le monde rural, ce n’est qu’au XXème siècle qu’il y aura plus de citadins que de ruraux.

1.200.000 Bretons peuplent le duché, avec une densité plus grande sur les côtes aux terres plus généreuses. L’habitat est dispersé. Des hameaux de 2 ou 3 familles, des fermes isolées, avec, au pied de l’église, un bourg guère plus grand.

Les relations humaines sont primordiales. La vie s’organise autour de la « mesnie » (famille élargie), de la paroisse: de la solidarité dépend la survie. Les rendements restent très faibles (10-15 quintaux/hectare). Les modes de propriété sont variés et multiples comme les locations. Un cheval  peut valoir un an de revenus. Le paysan gagne moins que le maçon des villes. Mais l’image du paysan corvéable à merci doit être sérieusement revue! (3 à 6 jours de corvée par an!).

La forêt offre toujours ses multiples ressources et abrite nombre de métiers. Les landes suivent la déforestation; sur des terres pauvres, elles fournissent nourriture, combustible, engrais, toitures, litières, etc. Les « bleds » (froment, seigle, avoine, millet…) constituent l’essentiel de la production agricole. Le bocage progresse en parallèle avec l’élevage de bovins, au détriment des champs ouverts… La culture du lin et du chanvre, pour les textiles, est l’objet de soins minutieux et s’étend.

Les moulins à vent ou à eau prolifèrent un peu partout. Comme les fours dits « banaux », ils appartiennent en général au seigneur, leur usage est obligatoire… et payant.

Dans la maison (de pierre, torchis, bois) jouxtée par le jardin potager, le mobilier est réduit et se compose essentiellement d’une table, de bancs, de lits, de coffres…

LES HOMMES ET LES FEMMES

Il y a une minorité aisée (environ 10%), d’autres ont un niveau de vie correct (environ 40% de la population). Certains, (environ 30% vivent à la limite de la pauvreté, à la merci de la mauvaise récolte… et il y a les pauvres, ceux qui n’ont que leurs bras.

Mais face à la peste, à la disette et à la misère, il y a aussi les joies, les fêtes, les danses, les jeux…

chasseur de grenouilles - grenouillage

corvée de grenouillage

L’image du Moyen-Age obscur et calamiteux a été forgée après coup pour servir de repoussoir à la « Renaissance » romanophile, à la monarchie absolue anti-féodale, à la république naissante, au XIV° siècle de « progrès. » C’est le cas, par exemple, de la célèbre corvée de « grenouillage » dénoncée par les révolutionnaires comme un odieux abus.

Les droits féodaux sont multiples, liés souvent à des circonstances oubliées. Au fil des siècles, leurs manifestations deviennent parfois caricaturales et prétextes à réjouissances populaires. La misère est omniprésente, mais « normale » car impossible à juguler. Alors entre deu maux, le Moyen-Age se plaît à rire, chanter et célébrer la beauté de la création. Dans les paroisses, on élit au printemps des reines de beauté. Et l’on chante et danse dans les veillées des fileuses du Trégor, ce qui attire les foudres de leur évêque scandalisé! Là comme ailleurs, se perpétue la culture orale populaire, au rythme des « gwerz » et « sonnen » qui sont aussi la mémoire historique de tout le peuple.

LES VILLES

La campagne fait place aux cultures maraîchères, à une ceinture de manoirs et de châteaux, puis des faubourgs… C’est la ville. Sur 1.200.000 Bretons, 80.000 habitent dans une soixantaine de villes. (Nantes = 14.000 hab.; Rennes = 13.000 hab.; Vannes = 5.000 hab.; Fougères, Guérande, Morlaix = 4.000 hab)

La Bretagne comble son retard urbain. Les villes s’agrandissent s’embellissent. Les ducs n’ont pas de capitale fixe, se partagent entre Nantes, Vannes et Rennes. Conscients de l’enjeu, ils favorisent leurs « bonnes villes » en leur octroyant privilèges fiscaux et politiques. Le « capitaine » y représente le duc, préside le conseil des notables qui administre de fait. Le procureur des bourgeois, gardien des privilèges, est député de la ville aux Etats.

A la ville sont les autorités civiles et religieuses, les commerçants et les artisans s’y regroupent. Les marchés s’y abritent. Le Moyen-Age veut les âmes et les corps purs: les « étuves » sont nombreuses. Il existe aussi les pauvres… Peut-être 10% (?) de pauvres en période « normale ».

Il y a la masse des travailleurs, les manoeuvres, les compagnons, les tailleurs de pierre… Au moins 120 jours sont chômés par an (dimanches et fêtes). La journée de travail est plus longue en été. Les artisans et les commerçants sont soumis à des réglements tatillons… Ils sont organisés en corporations fermées dans lesquelles l’avancement est aléatoire. De puissants hommes d’affaires, commerçants enrichis, artisans gouvernent la cité. Ils influent sur la politique du duché, participent à son administration, s’allient à la noblesse.

Ces descriptions du fonctionnement de la vie en Bretagne concernent l’époque où les ducs Jean IV de Montfort (1364-1399), Jean V (1399-1442), François 1° (1442-1450), Pierre II (1450-1457), Arthur III (1457-1458), François II (1458-1488), la duchesse Anne (1489-1514)

L’ECONOMIE

La base de l’activité économique reste l’agriculture axée sur l’autoconsommation. Les besoins ne sont pas ceux d’aujourd’hui: la Bretagne exporte et importe. Ses activités sont favorisées par la relative paix intérieure, une monnaie forte, une politique ducale orientée qui conclut des traités de commerce, des Fandres à l’Espagne, en passant par la Norvège, la Suède et les villes de la Hanse. L’essor intérieur se traduit par l’amélioration des voies de communication et la multiplication des foires et marchés.

La Bretagne importe, exporte, transporte les vins qui désaltèrent… Ses draps et ses toiles qui habillent, ses voiles qui propulsent… Son sel, le meilleur pour la conservation des viandes et poissons, et ses hommes qui sont soudards, connétables, éboueurs ou universitaires.

Josselin construit entre 1008 et 1520

Château de Josselin (1008-1520)

Un commentaire pour Histoire de la Bretagne: 1350-1500, le monde rural, les hommes et les femmes, les villes, l’économie…

  1. à l’intérieur, les ducs restructurent l’administration, restaurent les finances publiques, stimulent l’économie et notamment l’agriculture et le commerce maritime en multipliant les traités avec la Suède, les Flandres, l’Angleterre, le Portugal, la Castillent …, créent, en 1365, une Chambre des Comptes, mènent une politique de grands travaux notamment en faisant construire de somptueux monuments, favorisent la vie intellectuelle en attirant les artistes célèbres et en créant l’Université de Nantes (1460)

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