Flânerie sur les remparts de Saint-Malo

Saint Malo, la cité corsaire : Fondée au septième siècle par un Gallois désireux d’évangéliser le pays d’Aleth, Saint-Malo reflète dans les épaisses murailles de sa forteresse l’indépendance d’esprit de la Bretagne… L’histoire de cette presqu’île rocheuse située à l’estuaire de la Rance est intimement liée à sa position géographique stratégique : convoitée par Anglais et Français que les habitants de Saint-Malo, les « malouins », combattirent avec une même ardeur, la ville connut un essor important à partir du XVIIIème siècle où elle acquit son aspect actuel ; de port de pêche et point de départ de nombreux exploits maritimes (le navigateur Jacques Cartier quitta son port pour partir à la découverte du fleuve Saint-Laurent en 1534), elle passa au statut de ville balnéaire à la fin du XIXème siècle, avec la construction d’un casino et d’un hôtel sur le Sillon.

160211-Sur les remparts de Saint-Malo-14DSC00785DSC00803DSC00816Saint-Malo Cité corsaire. Saint-Malo fut la plus grande cité corsaire des 16ème et 17ème siècles. Ses corsaires ont écumé les océans, pillant, dévalisant, rançonnant l’Anglais, l’Espagnol, le Hollandais. Pourtant la ville n’a pas bâti sa fortune sur la course car les butins accumulés étaient en partie encaissés par le Roi de France.

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Saint-Malo a bâti sa fortune essentiellement avec la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve et surtout du commerce interlope. Les Malouins doublaient le Cap Horn pour fournir, en objets de première nécessité, les colons installés au Pérou. Au 16ème siècle, les Espagnols payaient en or. Les Iles Malouines, près de l’Argentine dans l’Atlantique sud, rappellent par leur nom, ce commerce au long court malouin.

DSC00831DSC00842DSC00850DSC00865Les armateurs, pièces maîtresses du dispositif de course. A Saint-Malo Nicolas Magon et Danycan de l’Epine devinrent si riches qu’ils renflouèrent, sur reqête pressante des banquiers du roi, une grosse partie des caisses du royaume. Les corsaires et armateurs firent construire les plus grands hôtels particuliers intra-muros et les plus grandes malouinières dans le pays de Saint-Malo.

DSC00838DSC00845DSC00860DSC00871La tour Bidouane. Bâtie à l’angle nord-ouest de l’enceinte et sur une pointe du rocher qui porte presque toute la ville de Saint-Malo intra muros, la tour Bidouane remonte dans son état actuel au XVè siècle. Elle a un plan en fer à cheval très caractéristique des tours d’artillerie de cette époque. Elle présente encore dans sa partie inférieure des embrasures qui furent bouchées lorsque la tour fut transformée en magasin à poudre, de 1691 à 1889. C’est contre cette tour que les anglo-hollandais voulurent diriger en 1693 une « machine infernale », un vaisseau rempli d’explosifs pour détruire les remparts de Saint-Malo. Finalement celui-ci échoua sur des rochers situés un peu plus au nord-est, entre la ville et le fort National. L’ouvrage fortifié qui se trouve à l’arrière de la tour, du côté de la ville, est dénommé cavalier des Champs-Vauverts. Sa tourelle d’angle construite en encorbellement porte la date de 1652. La statue du célèbre Robert Surcouf (Saint-Malo, 1773 – 1827) se voit sur la plate-forme de cet ancien bastion. Entre les remparts et cet ouvrage se trouvait le parc d’artillerie. Les contreforts placés contre les murs servaient à empiler les boulets de canon dans les espaces délimités par ces derniers.

DSC00872DSC00882DSC00886DSC00894Robert Charles Surcouf (12 décembre 1773 à Saint-Malo – 8 juillet 1827 à Saint-Servan) est un corsaire français. Marin intrépide, il harcela sans répit les marines marchandes et militaires britanniques, non seulement sur les mers de l’Europe, mais aussi sur celles de l’Inde. Ses multiples exploits dans ce domaine lui valurent à la fois la gloire – il fut nommé membre de la Légion d’honneur le 26 prairial an XII (14 juin 1804) – mais aussi la fortune. Devenu armateur, il ne cessa d’accroître cette dernière. S’étant embarqué dès l’âge de 13 ans, entre désir d’aventures et besoin d’argent, Robert Surcouf pouvait se flatter, à la fin de sa vie, d’être un des plus riches et puissants armateurs de Saint-Malo, doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

DSC00915DSC00910DSC00922DSC00918DSC00897De vrais faux faits historiques dont les contes malouins ont seuls le secret… Le Corps de Garde, joyau niché à l’abri des remparts, hier poste militaire, aujourd‘hui halte culinaire. Une certaine idée du passé imprègne encore ces murs. Ecoutons le cliquetis des armes contre la pierre, l’écho des pas sur le pavé des ruelles, les lueurs pâles des lanternes jalonnant le passage des gardes de lucioles embuées… on reconnaît ce vent qui fait frissonner les gardes au tombé du jour, le cri des chiens qui filent au creux des pierres, les voix gaillardes des hommes prêts au combat, la couleur du vieux cidre et l’odeur fanée du tabac mouillé. Dès qu’on jette un regard furtif vers le large, ne distingue-t-on pas au loin l’ombre des navires ennemis qui viennent défier la cité ? La magie du lieu nous rattrape, le regard accroche ce goéland fier et silencieux bravant la dernière tempête d’équinoxe, et, sachons nous laisser bercer par ces instants moelleux passés dans le repaire enchanté…

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A propos gebete29

golfeur, photographe, randonneur et tireur à la poudre noire, retraité qui sintéresse à l'Histoire de la Bretagne
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